DRUIDIQUES
Figures encreux ou en relie/JJ n petit nombre de pierres celtiques portent des figures gravées en creux ou en relief, que plusieurs antiquaires
(i) Voy. Thé Bt*uthi4$ofCornwall,oii cette pyramide e*t gravée.
ont regardées , vraisemblablement à tort, comme <les hyérogliphes ; il est impossible de savoir dans quel but ces figures ont été tracées, et peutêtre quelques-unes sont-elles moins anciennes que les monuments qui les portent.
Trois ou quatre exemples suffiront pour vous faire connaître en quoi elles consistent. A Saint- Sulpice-sur-Rille , près de l'Aigle, on remarque sur l'un des supports de la table d'un dolmen , trois petits croissants gravés en creux et disposés en triangle.
Près de Lock-Maria-ker ( Morbihan ) il existe un dolmen dont la table est couverte en-dessous d'excavations rondes d'un pouce et demi de largeur , disposées symétriquement en. cercles , ce qui donne au tout l'apparence de la surface d'un crible (i).
Dans la même commune on cite un autre dolmen dont un des supports est chargé de moulures verticales, arquées par le haut , et rangées par lignes les unes au-dessus des autres.
Les sculptures les plus compliquées qile l'on ait découvertes en Brétagne sur des pierres druidiques , se trouvent à l'intérieur d'une cel-
(i) Antiquité! de la Brétagne , par M. de Frewiaville , première partie , p. »8.
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Iule placée à l'extrémité de l'allée couverte dont je vousai déjà parlé ( voir p. 8G et pl. ll,fig. 5 ), et qui est située près du golfe du Morbihan* Elles se composent de cercles , de croissants et de plusieurs autres figures inscrites dans des encadrements de différentes formes. La représentation de ces bizarres sculptures a paru dans lt? VIIIe volume de la Société des Antiquaires de France, où vous pourrez l'examiner (i).
Bassins. J'ai dit un mot ( page 76 ) des rigoles pratiquées sur la table de quelques dolmens ; il me reste à parler de cavités plus considérables qui ont été appelées bassins de pierre par les antiquaires anglais (2). Ces bassins sont ordinairement arrondis, et les plus grands offrent un diamètre de deux , trois et quatre pieds, avec une profondeur proportionnelle, On en a vu jusqu'à quatre creusés dans la même pierre.
Plusieurs cavités semblables ont été remar^ quées en Angleterre sur des blocs placés dans des cercles druidiques, et auprès de quelques dolmens , co qui a fait supposer qu'ils avaient pu contenu* de l'eau pour, les sacrifices.
(t) Yoyes aussi l'ouvrage de M. de Frenoiimlle , première livraison.
(») V. le douzième volume de VArckeolcçia.
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D'autres bassins creusés dans des pierres en forme de cône tronqué , ( v. pages 73 , 74 ) , au haut de quelques pierres pyramidales, ou au sommet de certains rochers consacrés au culte druidique , paraîtraient avoir servi de vases grossiers pour déposer des offrandes.
Pierres trouées. Quelques pierres druidiques ( peulvans , dolmens et autres ) sont percées de part en part de trous arrondis et quelquefois carrés, d'un diamètre plus ou moins considérable ; tel est l'un des supports du dolmen des bois de Tries , dont je vous ai déjà parlé ( v, pl. II , fig. a ).
Ledocteur Borlase a remarqué plusieurs pierres trouées en Angleterre ; il rapporte que dans certaines localités on faisait passer les enfants dans ces cavités pour les empêcher dëtre rachitiques , et que des hommes de tout âge pratiquaient avec confiance le même remède pour la guérison des douleur».
Telles sont , Messieurs , les généralités que j'avais à vous présenter sur des monuments qui pour la plupart sont désignés assez ordinairement sous le nom àe pierres druidiques. Avant de passer à l'examen d'une autre classe d'antiquités celtiques | permettez-moi de vous faire remarquer que ces pierres ( peulvans, dolmens et autres )
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ont été l'objet d'un culte superstitieux longtemps après l'introduction du Christianisme , aussi bien que les arbres et les fontaines. Les actes de plusieurs conciles en font foi : « Si des « infidèles ( dit un canon du concile d'Arles « tenu vers 45a ) allument des flambeaux ou « révèrent des arbres , des pierres ou des fonce taines f et que l'évêque néglige d'abolir cet « usage dans son diocèse, il doit savoir qu'il « est coupable de sacrilège. »
Le vingt-deuxième canon du concile tenu à Tours en 567 enjoint aux pasteurs « de chasser « de l'église tous ceux qu'ils verront faire dea vant certaines pierres, des choses qui n'ont « pas de rapport aux cérémonies de l'église , et « ceux qui gardent les observances des gentils. »*
Plusieurs autres conciles se prononcent à peu près de la même manière contre l'adoration des pierres f et celui de Nantes ( tenu dans le VII*: siècle ) ordonne de les enfouir profondément pour qu'elles ne puissent jamais être retrouvées. Malgré toutes ces recommandations les mêmes abus existaient encore dans le IXe. siècle , ainsi que le prouvent les capitulairesdeCharlemagne.
« A Tégard des arbres , des pierres ou des « fontaines ( dit ce prince )y où quelques in- « sensés vont allumer des chandelles et prati- » quer d'autres superstitions, nous ordonnons
« que cet usage soit aboli ; que celui qui , suf- « fisamment averti , ne ferait pas disparaître de a son champ les simulacres, qui y sont dressés, « ou qui s'opposerait à ceux qui auraient reçu « Tordre de les détruire , soit traité comme « sacrilège. »
Il serait facile de multiplier les citations de ce genre ; on pourrait même prouver que la vénération dont certaines pierres ont été longtemps l'objet , n'est pas entièrement perdue de nos jours (i) , et sans doute nous trouverions bien plus de traces encore des anciennes superstitions , s'il restait un plus grand nombre de monuments celtiques , et si l'on n'avait adroitement substitué d'autres croyances aux ancicn-
(i) La pierre levée de Colombien (v. pl. m , fig. i , cl la page 67 ) doone lieo à des pratiques assea ridicules : les Jeunes filles qui désirent »e marier doivent , selon la tradition* , monter snr la pierre , y dépoter «ne pièce de monnaie , puis santer du haut en bas. On m'a assuré que quelques jeunes filles se soumettent a cette épreuve lorsqu'elles croient n'être aperçues dfe personne.
— M. le baron de Montbret , membre de l'institut, ayant visité en i8ao un dolmen situé près de Guérande , trouva dans les fentes de cette pierre des flocons de laine couleur de rose , fiés avec du clinquant ; on lai dit dans le pays que ces objet* avaicB» été confiés à la pierre, par des jeune» filles , dans l'espoir d'obtenir la feteur d'eue mariées dans l'aunée^ et que ces dépôts se ravalent toujours en cachette des curés. ( Trcisiémê r*pp. $mr lm trav. éc /• «O*. du J*t. d9 Franc*. )
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nés. Telle fontaine qui était en vénération depuis les temps les plus recalés a été placée sous l'invocation d'un saint , et quelquefois \a cro\x a été plantée dans des lieux où des pierres avaient attiré pendant long-temps le respect et l'adoration de nos pères (i).
(i)II paraîtrait que très anciennement plusieurs peuples Orientaux auraient en comme le» Celtef un respect religieui ponr les pierres ; M. Ring t'eut livré sur ce sujet à des recherches curieuse* et très-étendues. ( V. son ouvrage premier volume. )
Les Hébreux eux mêmes avaient du penchant pour le culte des pierres et pour les pratiques Mipersli lieuses qui n'y rattachent, pub que Mofse leur défendait de les adorer. Ntc iniignem lapide m pont tU in ttrrâ vestrû ut adontu $um ( Lcv. cap. aG , v. 1. ).
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