‹ Cours d'antiquités monumentalesChapitre 48 sur 126 · CHAPITRE VIÏl · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIÏl

Réflexions sur les erreurs commises par ceux qui ont suppose aux Gaulois des arts appartenant a une civilisation avance'e. — Conclusion. — Tableau synoptique des antiquités celtiques.

Hors des édifices et des objets que nous avons examinés jusqu'ici , il n'en est pas que nous puissions regarder comme celtiques , si nous voulons nous restreindre aux limites du vrai. En cela notre opinion s'accorde avec celle de M. Dulaure que nous avons combattue sous un autre rapport.

a Ceux qui supposent aux Gaulois, dit-il, des édifices somptueux et des arts appartenant à une civilisation avancée , tombent dans des erreurs de temps et de lieux. Ils tombent dans des erreurs de temps , parce qu'ils confondent les Gaulois indépendants et encore dans l'enfance de la civilisation avec les Gaulois soumis au joug , façonnés aux mœurs et aux usages des Romains ; ils se méprennent aussi grossièrement que le ferait celui qui , pour peindre

1 état des sciences et des arts du XVe. siècle chez les Français , irait emprunter ses couleurs dans les productions du XVIIIe. »

« Ils tombent dans une erreur de lieux , lorsqu'ils s'autorisent du témoignage de quelques écrivains qui parlent des Gaulois en général et qu'ils attribuent aux habitants du centre et du Nord de la Gaule les mœurs des Gaulois de la Narbonnaise devenus Romains près d'un siècle avant que César fit la conquête des autres nations de la Gaule (i). »

Dans ce qui précède , Messieurs , j'ai dû me borner à vous donner des principes généraux au moyen desquels vous puissiez vous livrer sans guides à l'étude des antiquités celtiques. C'est à vous de faire l'application de ces principes et de les féconder par vos propres observations.

Je regrette d'avoir été forcé de vous présenter souvent des probabilités plutôt que des faits positifs en traitant les questions qui se rattachent aux monuments que nous venons d'examiner ; car ces hésitations laissent nécessairement du vague dans les idées , mais nous

( •) Mémoire déjà cité dans le deuxième volume de la Société de» Antiquaire* de France , p. |56.

d'antiquités monumentales. *63

avons des notions si incomplètes et si peu certaines sur tout ce qui touche à 1ère celtique , qu'il ne faut pas craindre d avouer notre ignorance relativement à une foule d'objets importants.

Cet aveu que j'aurai souvent à vous faire , même en parlant de temps moins anciens, me semble bien préférable à des assertions hasardées , et à cet égard vous partagez , j'en suis sûr, ma conviction.

La science des antiquités n'a que trop longtemps, comme tant d'autres connaissances humaines, été en proie à cette manie de tout expliquer, à qui des faits douteux suffisaient pour établir les conjectures les plus hardies.

Mais aujourd'hui le temps des hypothèses est passé ; l'archéologie devient de plus en plus positive et ne se fonde que sur des faits rigoureusement observés.

Grâces à cette véritable manière de procéder, elle a fait de nos jours des progrès immenses, t*t maintenant elle présente la même certitude que les sciences physiques d'observation.

Je termine cette première partie du cours en mettant sous vos yeux le tableau synoptique des antiquités celtiques.

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