POTERIES CELTIQUES
Nous ne possédons pas encore de notions certaines sur l'art du potier dans les Gaules avant la domination romaine (i), et je n'ai que des observations peu nombreuses et bien incomplètes à vous présenter sur cette partie de nos antiquités celtiques. U est d'autant plus difficile de distinguer les poteries gau-
(i) M. Alexandre Brongniart , membre de l'Institut, et directeur de le manufacture royale de Serres, prépare en ce moment un ouvrage complet aur l'histoire de l'ait du potier en France; on attend atee impatience cet important travail , qui bientôt noua rérêlera dea fait* du plus haut inlcrtt.
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loises qu'excepté dans les tumultis elles se trouvent presque toujours mélangées avec des poteries gallo-romaines , les mêmes lieux ayant été habités avant et après la conquête de César.
De peur de confondre ces deux espèces de poteries , je vais me borner à vous faire connaître quelques-unes de celles qui paraissent incontestablement antérieures à la domination romaine.
La poterie découverte dans le tumulus de Fontenay - le -Marmion (Calvados) est formée d'une terre noire mal préparée et remplie de petits cailloux , qui a produit une pâte courte et sans liaison. Tous les morceaux que j'ai examinés sont fragiles et très-peu cuits ; leur cassure n'est jamais nette , mais toujours celluleuse ( pl. XI , fig. i — a ). Leurs surfaces internes et externes ont une couleur approchant de celle de la rouille , et qui est due au commencement de cuisson qu'ils ont éprouvée ; à l'intérieur la terre est demeurée d'un noir intense ( pl. XI , fig. i). Soumise à l'action du feu, la poterie dont je parle prend extérieurement une couleur rouge - brique ; l'intérieur reste noir ; elle devient plus fragile après cette opération qu'auparavant.
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Les vases découverts à Fontenay ne paraissent pas avoir été faits à laide du tour, ils ne portent aucunes moulures ; ils ont seulement été frottés à l'extéiieur avec un outil qui les a polis irrégulièrement , de manière qu'ils offrent des facettes plus ou moins lisses ( v. la pl. XI ). Quant à la forme de ces vases , elle est exactement indiquée par le dessin que j'ai l'honneur de vous présenter ( pl. XI ) , et vous vous rappeliez ce que j'en ai dit en parlant du tumulus dans lequel ils avaient été renfermés ( p. i36).
Les poteries celtiques qui ont été découvertes près de Dieppe offrent dçs caractères tout-à-fait ressemblants à ceux que je viens d'indiquer. D'après les observations de M. Féret , « la pâte de ces poteries n'est pas solidement liée; elle est pleine de parcelles de silex et si mal préparée qu elle contient des portions de cailloux de la grosseur d'une petite fève ; la couleur en *est noire et brun foncé. Cette pâte a peu de consistance ; lorsqu'elle est sèche , on la casse avec la plus grande facilité , et on peut la broyer sous les doigts : si on l'humecte , elle représente assez bien des morceaux de vieille écorce qui auraient été long-temps exposés à la pluie. Si l'on soumet les fragments de cette
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poterie à l'action d'un feu violent, ils se colorent en rouge à leur surface interne et externe , tandis que l'intérieur reste noirâtre ; on serait donc tenté de croire que cette poterie n'a pas été cuite. Quant aux formes , ajoute M. Féret, elles annoncent tout- à- fait 1 enfance de l'art ; excepté quelques fragments où l'on reconnaît l'usage du tour , les autres ont appartenu à des vases qui paraissent avoir été moulés sur une forme intérieure et polis avec la main , ou taillés à l'aide de quelque instrument. Sur plusieurs fragments on reconnaît à la surface extérieure , des coups d'une espèce de doloire. Les ornements consistent dans des filets mal conduits et dans de petites hoches sur le hord de l'orifice (i). »
Les descriptions précédentes s'accordent assez bien avec celle que font les antiquaires anglais de la poterie découverte dans plusieurs tumulus de la Grande - Brétagne (2) , et cette analogie est bien intéressante à noter ; mais il est probable que les Celtes avaient des poteries plus solides , moins grossières que celles
dont je viens d'indiquer les caractères, et peu
(1) Mén». de la Soc. dei Antiq. de Norm.,vol. m , p. Go. (a) Korrif Rrcw., introduction to Ibc Ut-aulieftof Englaod and
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d'antiquités monumentales. aàp,
différentes de celles dont j'ai trouvé un trèsgrand nombre de fragments dans les ruines de plusieurs maisons rurales de construction galloromaine; car la simplicité des mœurs primitives dut se conserver assez long-temps dans les campagnes. Je vous parlerai de ces poteries lorsque nous étudierons les antiquités gallo-romaines, et je pourrai vous en montrer de nombreux échantillons recueillis dans le département du Calvados.
Mais , je le répète , nous sommes d autant plus éloignés de connaître l'état de l'art du potier avant la domination romaine que les vases funèbres , les seids que nous puissions avec certitude rapporter à une époque aussi reculée, ont des formes particulières qui étaient peut-être commandées par des motifs superstitieux.
Obsen>atton. Parmi les objets d'art que nous venons d'énumérer nous ne voyons que des instruments dont la matière a pu résister aux atteintes du temps ; aucun de ces meubles en bois qui devaient garnir les maisons gauloises n'est parvenu jusqu'à nous(t)v
(i) Le* gaulois travaillaient.!* boit avec une certaine habileté ; il* avaieut tien char* de plusieurs espèces; quelque* médailles celtique» uffrent la rc|irc»colaliun de sièges munis de dussitr»
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Le petit nombre de faits que nous avons recueillis est donc loin de pouvoir nous donner la mesure de l'industrie, dans la Gaule, avant l'occupation romaine, et l'opinion que Ton essaierait de s'en former ne saurait être basée que sur des inductions fort incomplètes.
rt montés snr quatre piedf (i); on Mit aussi qae les corbeille! d'osier fabriquées en Gaule excttèreut l'admiration des Romains.
(r) Norris Brevrer , ouTiage cité p. 4o.
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