LE MANS
RE.VNES.
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NOTICE DBS GAULES.
La notice des provinces et des villes de la Gaule paraît avoir été faite sous le règne d'Honoriiis , lorsque le pape Zozime gouvernait l'église romaine. EÏle nous apprend quelles étaient alors, dans chaque province , la métro pôle et les villes capitales. Plusieurs cités avaient été ruinées par les barbares, et des - circonstances diverses avaient sans doute fa* vorisé l'accroissement de quelques villes, qui étaient devenues des capitales préférablement à d autres. La notice est donc un monument précieux , propre à éclairer la géographie de la Gaule au Ve. siècle ; nous allons en extraire ce qui a rapport à la a*. Lyonnaise et à la 3r.
l'ouvrage intitulé t roticia otiaqoi diohitatoh f ce* obibrtis ,
TOM OCCIPKIITIS, OI.TBA ABCAOII aoROBIIQOB TBMPOBA t BT IR «I M CNIDI PANCIBOLI COMUKHTA HUM J an Toi. fo-folio ; dtUf Schttll ,
histoire de le littérature romaine , t. III , p. S45 ; dans le cours d'histoire moderne protesté , en 1839, par 11. Ooiaot, troiaième volume.
L'abbé Dnboe ( hiitolre critique de la monarchie française ), llézerai ( hiatoire de France ), Gibbon ( histoire de la décadence de l'empire romain ) et plusieurs autres historiens te sont occupés aussi de la notice dei dignités de l'empire et peuvent être consultés avec fruit.
**ÀJfTlQUrH6 MOKLMIÏIfTAlJÏS. 85
PftOVIIfClA lUGDUNENSlS SBCU5DA. K°. VII.
mitropolu. Cwitas Rotomagensiwn ( Rouen ).
Civilas Bajocassium . (Baveux).
Civitas Abrincatum , (Àvranches).
Civitas Ebroicorum . (Evreux ).
Civitas Sagiorum . • ( Séez ).
Civitas Lexoviorum . (Lisieux).
Civitas Constanti* . (Coutances).
tftOVIlfCIA UJGDUlfBNtfS TBBTIA. »«\ IX.
m£tbofoli§. Civitas Turonorum . . ( Tours)* Civitas Cenomannorum (Le Mans).
Civitas Redonum . . (Rennes).
Civitas Andicavorum . ( Angers).
Civitas Namnetum • . ( Nantes ).
Civitas Coriosopitutn . ( Quimper).
Civitas Venetum . . . ( Vannes ).
Civitas Ossismorum . • (Carbaix?) Civitas Diablintum . . (Jublains).
Les métropoles de chaque province sont devenues des archevêchés , et les villes capitales ont formé des évêchés suffragants. C'est ainsi que la hiérarchie ecclésiastique s'est greffée sur
celle de lad mini st ration romaine (i); il est à remarquer que le rang des évéchés entr'eux était eicore, au XVIIIe. siècle, celui qu'on voit dans la notice des Gaules.
Les villes mentionnées par cette notice dans les deuxième et troisième Lyonnaises, le sont cgalen.entdans les fragments de l'itinéraireou de la carte de Peiitinger que nous avons examinés, à l'exception de la ville de Séez, civitas Sagiorum , et de celle de Qu imper, civitas Coriosoqitum. Il y a lieu de supposer que ces deux villes prirent dans le IVe. siècle une importance qu'elles n'avaient point eue dans les trois siècles précédents.
Vous avez pu remarquer que, dans la notice des provinces de la Gaule et dans celle des dignités de l'empire , les villes sont désignées
(i) Comme les circonscriptions religieuses ont ét calquées sur celles qui existaient à l'époque de l'introduction du chmtiani*me , on peut tirer un grand parti de cette circonstance pour n trouver les limites des différents peuples ; malheureusement nn même diocèse comprend quelquefois plusieurs peuples réunit. Pour citer un exemple pris dans le Calvados : le ter* ri luire des Viducasses s'est partagé entre les diocèses de Séez , de Lisienx et de Bayeux , ce qui rend fort obscures sur plusieurs points les frontières des Vidueasses, des Lexoviens et des Bajocasse*. Les évêques ont fait oussi parfois des échanges qui ont modifié les limites primitives des diocèses.
u'awtiquit^s monumentales. 87
par les noms des peuples dont elles étaient capitales y ce changement de nom fut général vers la fin du IV*5, siècle dans la Gaule Celtique ( i ). Augustodut us devint alors la cité des Bajocasses , civitas Bajocassium , puis Bajocce, Bayeux ; Lutetia , capitale des Parisii prit le nom de Paris; Limonum, métropole des Pictaves , celui de Poitiers ; Cœsa* romagus , chef- lieu des Bellb vaques , celui de Jfeauvais; Ccesarodunum, capitale des Turons, devint Tours ; Julio ma gus des Andegaves , Angers; Dariorigum des Venètes, Vannes; tngena des Abrincatues, Avranches ; Condate
(i) Le même changement n'eut point lien dans la Ganle narbennaise. Voici comment l'abbé Bclley explique cette différence ( Mim.dê Cacad.dtt ln$erip., t. XX.) :
• Les peuple* do la Gaule oarbonnaisc , conquit les premiers, lurent dépouillé* de leur* ville» et perdirent leur ancienne forme de gouvernement. »
«Au contraire , lé* peuplés dé la Oaule- celtique , traités plus doucement par leurs vainqueurs , conservèrent leurs villes, leurs terre» et l'autorité de leurs sénats. Ces assemblées se composaient , comme Ton sait , des notables dé chaque cité ou pays et les noms des- peuples qu'elles gouvernaient Turent par là suite appropriés aux villes môme où elles tenaient leurs réunions ; la même chose ne pouvait avoir lieu daos la Gaule narbonnaise.»
On pourrait, je crois, donner plusieurs autres raisons du changement qui s'opéra dans les noms des villes de la Gaule celtique* au lVv siècle..
cïes Redones , Rennes ; Nudionnum des Diablintes, Jublains, etc., etc.
Quelques villes , cependant , conservèrent le nom qu'elles avaient porté auparavant ; de ce nombre est la ville de Rouen , capitale des Véliocasses et des Calètes , qui a continué de s'appeler Rotomagus.
Plusieurs monuments prouvent que dès la première moitié du IIIe. siècle on désignait quelquefois les villes sous le nom des peuples dont elles étaient capitales.
La ville de Vieux est appelée civitas Fi lucassium dans l'inscription du marbre de Thorignyqui est do lana38; le rbéteur Euinène, parlant dans un panégyrique adressé à Constance Chlore du rétablissement de la ville d'Autun, qui avait été ruinée pendant les guerres civiles , la nomme civitas Eduorum.
Toutefois, l'usage de désigner les villes par leur nom ancien, subsista long-temps encore ; nous avons vu qu'elles sont presque toutes indiquées de cette manière dans l'itinéraire d'Antonin ; la nouvelle nomenclature ne fut généralement adoptée que vers la fin du IVf. siècle (i).
(i) Alors cet usage fut consacré dans des actes émanés de
l 'a utoiilé souveraine ; on lit dans quelques édita de l'empereur
Va.'entinirn I". : Dulum Trevetis ( à Trères), dulum Pai 'mt (4
Paria),«fe(,.inJlimi,(a Keinis ) coi. TUcod. , l. IV-Xll-V- Vif.
d'awtîquit^s monumentales. 89
Dans l'aperçu bien rapide et bien incomplet que je viens de vous présenter , Messieurs , j'ai cherché à vous faire comprendre combien de lumières on peut tirer de la comparaison de Pitinéraire , de la table et des deux notices. Qu'il me soit permis de vous annoncer, en terminant, la prochaine publication d'un ouvrage capital sur les itinéraires , par M. le marquis de Fortia d'Urbar* (a*), M. le colonel La Pie , M. le baron de Walkcnaer, M. Hâse, M.Guérard et MV Bureau de La Malle. Ce beaw travail, dont la supériorité est garantie par des noms si justement célèbres et si respectables, est attendu avec impatience du monde savant; il éclairera d'un nouveau jour la géographie ancienne de la. France.
(1) M. le marquis de ForlU , dont le geuéros itc égale le sa* voir, t'est chargé des frai» de publication*
9o couns