CHAPITRE V
Objet du chapitre. — Du peu de vestiges apparents que présentent aujourd'hui les établissements gallo-romains. — Observations à ce sujet.- — Examen des différents genres d'appareils usités dans les constructions romaines.— Mosaïques et paves des édifices.— Description des poêles ou hjpocauste*.— Placages et ornements des murs.*— Tuiles des toits , etc., etc.— Objets répandus le plus abondamment dans les lieux habités sous la domination romaine. — Poteries. — Poteries ronges ornées de bas-reliefs.—- Détails sur les procédés suivis pour la fabrication des vases de cette espèce.-* Poteries noires. — Poteries grises et rougeâtres plus ou moins soignées. — Figurines en terre cuite.— Petites meules et autres ustensiles.
Après avoir parlé des voies romaines et de la position des villes mentionnées dans les itinéraires, il convient de vous enseigner les moyens de reconnaître remplacement de ces villes et de tous les établissements de quelqu'importance qui ont existé en Gaule sous la domination romaine.
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D'abord , Messieurs , si Ton excepte certains monuments qui par leur masse et leur solidité ont résisté mieux que les autres à la destruction, tels que les murs militaires, les amphithéâtres, les aqueducs et quelques aul t es édifices que je me propose de décrire plus tard , les constructions qui nous restent de l'époque romaine , ne consistent ordinairement que dans des débris de murailles enfoncés sous terre ; bien souvent les villes ont laissé si peu de traces que la «charrue se promène librement, et qu'à peine quelques pans de maçonnerie se montrent à la surface du sol, là où elles ont existé.
Cet état de choses a paru difficile à expliquer, et pendant long-temps des hommes recommandables par leur savoir et leur critique ont méconnu l'emplacement des anciennes villes,indi« qué cependant par des ruines bien reconnais* sables.Mais aujourd'hui que les observations se sont répétées,que des fouilles ont été entreprises sur un grand nombre de points, que partout on a pu constater les mêmes faits, il n'y a plus moyen de douter. Il est d'ailleurs lacile de comprendre , avec un peu de réflexion t comment la destruction des établissements gallo-romains est aussi avancée , et d'apprécier la puissance des causes qui ont agi depuis quatorze siècles.
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En effet, Messieurs, les constructions romaines ruinées par les barbares au quatrième et au cinquième siècle, n'ont cessé d'être exploitées depuis cette époque et de fournir des matériaux pour d'autres constructions. La chronique de Fontenelle (Saint • Wandrille) ,. nous apprend que l'église de ce couvent fut bâtie dans le Ville, siècle aux dépens des mouuments de Lillebonne, (i) et Ion se figure à peine quelle prodigieuse quantité de monuments antiques ont été détruits dans les siècles suivants, surtout dans les XIR, XIIIe. et XI Ve. siècles, où Ton bâtit tant d'églises; et plus tard, au XVIe. et au XVIIe. siècles, que les villes-sacrifièrent leurs monuments les plus précieux pour se procurer des places plus vastes et des rues plus larges.
Sans nous reporter à des temps éloignés , de nombreux témoignages nous attestent que, dans le siècle dernier, les ruines romaines ont fourni une énorme quantité de pierres pour rencaissement des grandes routes. D après le témoignage de Uingénieur Hubert plus de
(l)Erinh«rdu«cdiûca?il batilicata bratUtimi Micbaofit archaJigeli, licct roodico | pulchorrimo (amen ordificio allatia videlicet pet ria ai JoLioaona caatro qaoodam oobiliatimo ac firtnisimo. — Cbron, Funtan. Apud Acher,
i58 couns 5oo charretées de matériaux furent extraites de l'ancien Lisjeux pour la route de cette ville à Caen. M. Rêver rapporte que vers le même temps trois ou quatre cents mètres cubes de briques et de décombres, avaient été pris au vieil Evreux pour un usage semblable : et de nos jours , seulement depuis ao années, combien n'avons-nous pas vu détruire de murs . antiques! Lorsqu'on réfléchit à toutes ces destructions^! doit être étonné qu'il existe encore en Françe tant de débris de constructions romaines.
Quoi qu'il en soit, pour rechercher les places qu'ont occupées des établissements dont il reste le plus souvent si peu de traces apparentes , il est essentiel de bien connaître > non seulement les caractères qui distinguent les constructions romaines, mais encore tous les objets du même temps qui peuvent indiquer l'ancienne habitation des lieux où ils se rencontrent. C'est pourquoi je vais présenter quelques notions sur les murailles romaines ; sur certains accessoires des, édifices > tels que les hypocaustes 9 les pavés , les mosaïques , les placages d'ornement, les tuiles des toits, etc., etc; enfin sur les poteries et sur quelques autres objets qui ont été d'un usage journalier durant l'èregallo- Tomaine.
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