‹ Cours d'antiquités monumentalesChapitre 92 sur 126 · DES BAINS · texte numérisé non relu

DES BAINS

Nous allons maintenant passer en revue el décrire successivement les différents êdi* fiées que les Romains ont élevés dans nos contrées et dont il reste encore des ruines plus ou moins imposantes. Afin de suivre Tordre indiqué tout à l'heure (page 3), je dois commencer cette revue par les bains public» et particuliers.

Il y avait chez les Romains plusieurs espèces d'établissements dans lesquels on se baignait,

et que Fon connaissait sous les noms de therttïcb % de l(iv(ic¥& et de balttca»

Les thermes étaient de vastes édifices qui contenaient non seulement des bains , mais encore des portiques et des promenades plantées d'arbres , des salles où les philosophes et les rhéteurs faisaient des leçons publiques et lisaient leurs ouvrages, ou Ton s'exerçait à la lutte , etc. , et que Ton appelait gymnases ; en un mot les thermes étaient si considérabics, que pour donner une idée de leur étendue > Ammien Marcellin se servant, il est vrai, d'expressions hyperboliques, les compare a des provinces t in modum provinciarum extructa lavacra.

La vue générale des bains de Dioclélien , que j'ai reproduite sur la pl. XXXIV, d'après MontJFaucon , peut donner une idée de la grandeur et de l'étendue des thermes ; on citait aussi parmi les plus magnifiques de Rome, cent d*Àgrippa , de Néron, de Titus, de Caracalhr , d'Ântonin , dont il subsiste encore des restes considérables.

1 Mais il ne faut pas chercher de pareils établissements dans toutes nos villes de la Gaule; nous n'y trouvons souvent que des lavacra ou des balnea d'une dimension médiocre ,

d'antiquités monumentales. a3

auxquels ont été parfois réunies quelquesunes des dépendances des gymnases.

Je vais me borner , Messieurs , à indiquer rapidement quelles étaient les principales pièces d'un balneum.

Ces édifiées étaient plus ou moins grands , scion qu'ils étaient ouverts au publie ou simplement pour l'usage d'une seule famille.

Les bains particuliers ne se composaient guère que de 6 ou 7 pièces ( Vapodyterium, le bain froid ou frigidarium , le tepùlarium, IVtuve ou sudatio, la piscine chaude , et lepropnigeum ) , ainsi que vous pourrez le voir lorsque je vous parierai des maisons particulières.

Les bains publics se composaient au contraire de 10 ou 1 2 pièces et quelquefois davantage. Voici en peu de mots quelle était leur destination*

lïapodyterium était une salle de toilette ou Fon déposait ses vêtements avant de se baigner.

Ïa aquarium contenait un réservoir dans lequel l'eau était reçue et pouvait se clarifier, avant de se distribuer dans l'édifice.

Le wsarium tirait son nom de trois grands vases remplis d'eau chaude , d'eau tiède et d'eau froide. Ces vases communiquaient les uns

uigm

aux outres t si bien que lorsqu'on avait tiré de Teau chaude du premier vase, elle était remplacée par Peau tiède du second ; et celui-ci recevait une égale quantité d'eau froide Tenant du troisième vase qui était en communication avec le réservoir général approvisionné par r&quéduc. (V. Vitrave, liv. V , chop. X, )

Le Ukconicum , étuve chauffée par un hypocauste , avait ordinairement Tune de ses extrémités terminée en demi-cercle (i) et dans laquelle on trouvait un disque d'airain par rabaissement ou Pélèvement duquel on pouvait augmenter Pintensité de la chaleur ou la diminuer.

Le tepidarium était , d'après Vitrave , une étuve moins chaude que la précédente et en contact avec elle. r

Un autre appartement était consacré au bain d'eau chaude qui se prenait dans des espèces de baignoires , labra.

La petite cour ou le vestibule qui précédait le fourneau de Phypocauste s'appelait le prop> nigeum ou le prœfurnium.

(I) Vitrave recommande d'arrondir dette partie des bains afin que la tapeur chaude soit renvoyée d'une manière plus égale vers le centre après s'être répandue dans l'appartement. V. FfetJir. V, chap X.

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La partie froide du bain se composait du frigidarium , salles non chauffées dans lesquelles on demeurait quelques instants avant de sortir de peur urètre incommodé par un changement trop subit de température ;

De la piscina natatilis ou frigida lavatio , réservoir d'eau froide dans Lequel les personnes robustes se baignaient après le bain chaud et dont on faisait surtout usage en été ;

De Veleothesium où Ton se faisait frotter avec de Phuile ou des parfums.

Une curieuse peinture à fresque tirée des thermes de Titus à Rome , et qui représente l'intérieur d'un bain , vous aidera à comprendre cette disposition des pièces qu'on remi habituellement dans ces établissements. Je l'ai reproduite pl. XXXIV, n°. a.

On y distingue , sur le premier plan , deux salles sous lesquelles règne un hypocaustc arant son feu allumé (i).

L'une de ces salles , n*. 4 > paraît être la concamerata sudatio , ou étuve voûtée dans laquelle on suait.

On voit dans cette salle un petit fourneau

(1) J'ai donné dans la seconde partie du Cours, p. 17! »

dont la voûte était fermée par le bouclier df airain qui s'élevait à volonté au moyen d'une chaîne , de manière à laisser sortir plus ou moins de vapeur chaude. Cette partie de La peinture laisse beaucoup à désirer , et il est d'autant plus difficile de se faire , d'après elle, une idée juste de la disposition du laconicum , que cette pièce avait, à ce que Ton croit, reçu des modifications depuis Vitruve , et qu'il n'est pas aisé d'accorder ce qu'en dit ce dernier avec ce que l'on trouve de relatif à cette partie des bains dans d'autres auteurs.

Près du laconicum est la salle du bain ( n°. 5), qui n'en est séparée que par un corridor ; on y voit plusieurs personnes dans une grande baignoire, labrum ; tout au tour sont des siège» établis le long de la muraille.

Plus loin est représenté le vasarium (n°. 6), avec les trois grands vases dont j'ai parlé précédemment , placés à des niveaux différents : le prehûer ou lè moins élevé contenant l'eau bouillante , le second l'eau tiède et le troisième l'eau froide. ;

Au second plan et derrière l'étuve à suer se voit la salle appelée tepidarium (n°. 3.)

Au-delà du tepidarium, on distingue la salle froide , frigidarium (u°. a), qui dans quelques

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bains servait *ussi , à ce que Fon croit , d'apodyterium.

Et au dernier plan , n°. 1 , Veleothesium ou salle des parfums.

Les bains s'étaient tellement multipliés à Rome qu'il y en «(tait plus de 800 dans cette ville au témoignage de Publius Victor. Sur ce nombre plusieurs étaient publics, et Ton y entrait sans rien payer. Dans quelques uns qui étaient affermés, les baigneur* devaient payer une légère rétribution. Enfin les autres appartenaient à de riches habitants et n'étaient pas publics.

Quoique Ton suivit en général les mémos principes pour la construction des bains , il ne faut pas croire qu'ils fussent tous absolument de la même forme ; ils durent varier selon l'emplacement qu'on pouvait y consacrer , selon l'importance des cités , suivant le caprice de ceux qui les faisaient bâtir dans leurs maisons. Aussi pour avoir une idée exacte de ces monuments , est-il nécessaire d'examiner et de comparer quelques-uns de ceux qui ont été découverts sur différents points de la France.

Nos villes gallo-romaines paraissent toutes avoir eu au moins un bain public, et l'on a trouvé dans quelques-unes d'entre elles plu-

sieurs bains particuliers. Je vais tous faire connaître le résultat des fouilles ou des explorations qui ont été pratiquées à différente* époques

dans plusieurs de ces Tilles.

Bains de Bâyeux. Les bains de Bayeux n'ont été explorés qu'en partie et seulement dans le cimetière de l'église St.-Laurent. Celle-ci étant implantée sur les ruines , il n'a pas été possible de pousser plus loin les fouilles , et l'on ne peut que faire des conjectures sur l'ensemble et Timportance du monument. Ces recherches ont eu lieu en 18*1 , sous la direction de M. Surville, ingénieur des ponts et chaussées, et de M. Lambert : l'un et l'autre ont rédigé un mémoire sur le monument et dressé un plan de la partie des constructions qui fut déblayée : je me servirai du plan de M. Lambert (pl. XX XIV , fig. 3) , pour indiquer la destination probable des pièces reconnues en 1821 (1).

Parmi ces pièces , quelques-unes munies

(1) La Société des Antiquaires de Normandie ayant fait continuer les fouilles dans la rue St.-Laureut, A l'époque où cette rue fut repavée (1826), M. Lambert a ajouté aur le plan dressé en fS2t , l'indication des mu rai Mrs décourertea dams

elles complètent l'appartement , a*. 14.

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d'hypocaustes étaient consacrées aux bains chauds. Dans les .autres se trouvaient sans doute le bain froid et les dépendances ordinaires des b<rins publies.

Les premières sont indiquées sur le plan sous les n°\ 1 , 2 , 3 et 4.

Dans la salle n°. 1 , on trouva les petits piliers de brique d'un hypocauste qui avaient supporté le plancher.

Les plus élevés de ces piliers avaient environ un pied ip de hauteur ; leur largeur était de 10 pouces.

Le propmgeum ou fourneau de Thypocauste se trouvait en À ( V. le plan) , et présentait un grand intérêt. On y voyait une espèce de cavité hémisphérique dont la voûte construite en briques avait été écrasée , mais dont les pieds droits indiquaient suffisamment la forme ; dans ce prœfurnium s'ouvrait une voûte ou arceau à plein cintre 6, ayant deux pieds environ de hauteur et se prolongeant à quelque distance (V. le point c) sous le pavé de la salle n°. 1(1).

Les pièces n°\ 2 et 3 paraissent avoir été des dépendances de la salle n°. 1 ; une autre

(I) Mémoire sur les thèmes antiques de Bayeux , par M. Surtitle, Caeo I»?2 ; publié par l'académie de Caeo.

3o COURS

salle n°. 4» dont on n'a déblayé qu'une trèspetite portion , était aussi chauffée par un hypocauste, et tout porte à' croire que d'autres salles existaient dans cette direction. Malheureusement dans l'incertitude où Ton est resté sur le nombre , rétendue et la disposition de ces appartements , il est bien difficile de se prononcer d'une manière absolue sur la destination de celles qui ont été découvertes de ce côté, et il faut se borner à dire qu'elles faisaient partie du bain chaud des thermes de Bayeux.

Un aquéduc n°. 5 servait probablement à amener l'eau nécessaire pour le bain ; il se dirigeait vers les appartements qui existaient sous l'église ; les eaux inutiles étaient ensuite rejetées par un canal voûté E F , qui passait au-dessous des pièces 7 et 9.

Le niveau de la pièce dont on a reconnu le pavé en D, était , d'après M. Surville, élevé de près de deux pieds au-dessus de celui de la salle voisine (n°. i ). La salle n°. 6 était aussi à un niveau plus élevé que la pièce parallèle n°. 8 , de sorte que les eaux trouvaient un écoulement facile dans la direction E F que suivait l'égout.

11 nous reste à parler des pièces , n01. 7,8, 9 , 10, 11 , 12 et 14, qui devaient dépendre

d'antiquités monumentales. 3i

de la partie froide du bain ; la pièce n°. G entourée d'une espèce de corridor , n°. 7 , avait été construite avec une certaine magnificence. Les murs étaient en brique , mais ils portaient un placage en marbre blanc : deux degrés existaient dans le mur g g et servaient sans doute à descendre jusqu'au pavé qui était en pierre de Caen. Ce pavé présentait deux niveaux différents : dans la partie de l'appartement ou du bassin qui était en A , vers la rue St.-Laurent , il se trouvait de o m. 40 plus élevé que dans la partie située en H ; celle-ci était encore plus haute que le dallage de la cour n°. 8 , et le canal E passant sous le pavé du corridor n°. 7 , servait comme je l'ai dit à l'écoulement des eaux. La présence de ce canal , les marches pratiquées dans le mur g et même la présence du corridor n°. 7 , annoncent bien une piscine ou réservoir d'eau pour le bain : la différence dans le niveau du pavé avait probablement pour but de permettre aux baigneurs de plonger plus ou moins avant dans l'eau , selon qu'ils se plaçaient dans l'une ou dans l'autre partie du bassin.

La pièce n°. 8 était une cour pavée en pierre de taille et au pourtour de laquelle régnait un caniveau ou petit canal découvert , destiné à

3a cours

conduire les eau* reçues de la piscine n°. 6 , dans l'aquéduc de décharge E dont la voûte à plein cintre s'ouvrait en L au niveau du dallage de la cour. ,

Dans l'appartement n°. 10 , on a trouvé des débris de placages en marbre. M. Surville pense que les contreforts ou saillants accolés aux murs m m à l'intérieur , et les encoignures n ont servi de base à des colonnes ou à des pilastres ; le pavé était plus élevé que celui de la cour n°. 8.

1 Dans les pièces n°\ ta et i3 , dont on n'a mis à découvert que des portions , les murs ont présenté des traces de placages en marbre. Enfin la grande pièce n°. 1 4 serait , d'après M. Lambert, la piscina natatilis ou le grand bain froid , dans lequel on pouvait nager. La partie semi-circulaire A, serait cette galerie schola dans laquelle se tenaient ceux qui attendaient qu'il y eût place dans la piscine pour t descendre à leur tour.

En nous abstenant de toute conjecture hasardée , nous devons borner à cet aperçu ce qui concerne l'explication des thermes de Baveux. Nous n'oserions nous prononcer sur la position du pérystyle ou de l'entrée principale du monument, il existe d'ailleurs d'autres

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constructions au-delà de l'appartement n°. i4> à Test de la rue St. -Laurent ; l'exhaussement du sol dans la rue dite de Bretagne , au nord de l'église , donne misai à penser que l'édifice s'étendait assez loin de ce côté ; toutefois en examinant sa position par rapport au centre de la cité de Bayeux , il serait assez naturel d'admettre que l'entrée du bain était tournée ▼ère ce centre et se trouvait ainsi au sud ou à Pest. Dans cette hypothèse , on pourrait peutêtre chercher Vapodyterium dans la pièce n\ 1 2. Toutefois rien ne prouve que l'entrée de l'édifice ne fut point ailleurs.

Quant aux marbres et aux autres matériaux employés à la décoration du monument , vous pouvez en juger par les fragments que voici (i); ce sont des marbres blancs , probablement d'Italie , ou des Pyrénées ; des marbres indigènes , notamment quelques morceaux de marbre de Vieux , des pierres du pays , polies , des enduits couverts de peintures , etc.

Bains de Lillebonne. Les bains de Lillebonnc n'ont , comme ceux de Bayeux , été déblayés

(I) Les fragments, mit sous les yeux de l'assemblée, se trouvent dans le Musée de la Société des Antiquaires de Normandie où ils ont été déposés en 1825, par M. Lambert.

qu'en partie , et Ton ne peut que faire des conjectures sur l'ensemble et l'étendue de r édifice. J'ai figuré , pl. XXXIV , le plan des pièces qui avaient été mises a découvert Tannée dernière lorsque j'ai visite Lillebonnc ( 1 829) ( 1 ) . Je vais m'aider de ce plan que je dois à M. Gaillard , pour vous faire connaître la distribu-

tion du monument.

Trois salles ( n°\ 3 , 3, 4 ) , dont le pavé reposait sur un hypocaustc , formaient les principales dépendances du bain chaud.

Le fourneau qui servait à chauffer ces trois pièces avait son ouverture dans la salle n°. 1 . 11 présentait , comme à Bayeux , une espèce de conduit a , dans lequel se trouvaient deux ouvertures latérales, donnant issue à la chaleur à droite et à gauche.

Des deux cotés de ce prœfurnium , en X et en Y , deux niches très^troites , chauffées par les deux ouvertures latérales du fourneau , ont été regardées par M. Gaillard , comme des Étuvcs à suer.'

La salle n°. a offrait dans son pourtour

(1) J'ai eu l'avantage de faire cette ?iaite de compagnie a?ec M. Auguste Le Préfoat.

trois baignoires établies sur des hypocaustes et construites en maçonnerie , cimentées comme celles des bains de Saintes dont j'ai parlé dans la seconde partie du Cours ( page 173 ) ; elles étaient comme ces dernières , incrustées

de tuyaux placés verticalement dans l'épaisseur du mur.

La baignoire b qui était tout près et au-dessus du fourneau a t devait donner un bain très-chaud ; les baignoires c d plus éloignées du foyer étaient beaucoup moins chauffées.

CUIT se communiquait de Thypocauste de la salle n°. 2 dans celui de la salle n°. 3 , par trois ouvertures, Tune centrale, voûtée à plein cintre ayant près d'un mètre de hauteur ; les deux autres , carrées et beaucoup moins grandes (1).

(I) La cave de l'hypocauate qui était parfaitement ronser- ▼ée quand nous l'avons visitée en 1829 , avait elle-même 3 pieds environ de hauteur sous le pavé des appartements. Les piliers qui supportaient ce plancher étaient comme ailleurs ( V. la 2a*. partie du Coura page 171) formés de briques carrées séparées les unes des autres par une coache d'argile on de mortier. Ces piliers étaient en général à huit pouces les ans des autres.

Le plancher de ciment qui surmontait la cave de l'hypocsuste présentsit quelques différences dana son épaisseur , suivant les salles.

Cette salle n°. 3 était une grande étuve sèche , et M. Gaillard y place le laconicum; toutefois elle ne devait pas offrir la chaleur intense que Ton trouvait ordinairement dans cette partie du bain , puisque le foyer en était partagé par la salle n°. 2 , qui devait absorber une partie de la chaleur avant qu'elle put se communiquer aux autres appartements.

La salle n°. 4 » encore plus éloignée et en retour d'équerre , devait être moins chaude encore ; son hypocauste ne communiquait d'ailleurs avec celui de l'appartement n°. 3 que par une seule ouverture. M. Gaillard regarde cette salle comme un tepidarium.

Il est resté une grande incertitude sur la destination des autres pièces du bain de Lillebonne qui ont été mises à nu; M. Gaillard croit que le n°. 5 était Y aquarium , parce qu'un aqueduc venait y aboutir (i), et cette circonstance parait justifier sa conjecture ; il n'est pas aussi certain que Yeleothesium fût placé dans la salle n°. 7 : M. Gaillard est cependant de cet avis et rien ne s'oppose à ce que l'on admette son opinion. Les n°".

(1) Cet aqueduc était construit en moéllon et en clmmt. Il «e ramifiait du coté du nord. — V. la pl. XXXIV.

D'ANTIQUITÉS MOMIMKNTALES. 37

8-, 9, 10 , voisins de l'aqueduc, étaient des dépendances du bain froid dans lesquelles nous ne pouvons voir , comme M- Gaillard , la pi»cina natatilis ou grand bassin à nager.

M. Gaillard regarde le n9. 1 1 , comme l'apoditerium; effectivement la façade du bain devait être du côté du nord tourne vers le centre de la ville. C'est là que devait être la principale entrée (i) , et par suite l'apoditerium ou salle de dépôt pour les habits des baigneurs : mais les fouilles incomplètes ne permettent pas de décider si telle était la destination du n°. 1 1 .

Le grand appartement n°. i a parait avoir été une salle de réunion. C'est là que fut trouvée la belle statue en marbre déposée au cabinet d'antiquités de la ville de Rouen.

Plusieurs salles avec des hypocaustes reconnues tout près et à l'ouest , des pièces 9,10, il, ( V. le point n°. i4 1 ) » on* fait penser à M. Gaillard qu'il y avait dans l'édifice deux bains accolés et destinés l'un aux hommes, l'autre aux femmes, comme dans beaucoup de monuments du même genre élevés sous la domina-

(1) Les bains de Lillchonnc Avalent aussi une issue du côté du sud au-deia des pièce* 12 et 13.

38 cours

tion romaine. Malheureusement les fouilles gênées par des constructions voisines n'ont point été poussées assez loin pour qu'on ait acquis la preuve de cette conjecture , et l'on ignore jusqu'où pouvaient s'étendre de ce côté les dépendances des bains de Lillebonne.

Un grand nombre de débris de placages en marbres de différentes couleurs , et surtout la statue trouvée dans la salle n°. 12, prouvent que cet édifice était, comme celui de Bayeux , décoré avec une certaine magnificence.

Bains de Valogwes. Valognes, Al aima, avait des thermes dont on voit encore quelques vestiges dans le village d'Alaume et qui furent déblayés par ordre de M. Foucault, intendant de lagénéralitédeCaen , très-zélé pour les recherches archéologiques ; on dressa le plan des parties de l'édifice qui furent explorées , mais les notes qui furent alors rédigées ont été perdues.

Montfaucon qui avait reçu ce plan de M. Foucault, n'ose en donner une explication complète et s'exprime ainsi en le citant :

« Suivant les mesures qu'on a remarquées , <c tout le plan devait avoir environ 45 toises « ou 270 pieds de long , et la largeur n'est « qu'environ la moitié de la longueur. Si

ANTIQUITÉS MONUMENTALES. 3p

« Ton voulait hasarder une conjecture, on pource rait dire que les trois pièces qu'on voit en en- « filade du côté de Feutrée (i , a , 3,fig. i , pl. « XXXV), sont la chambre froide, la chambre

« tiède , et la chambre à suer , et que les deux « pièces rondes (7 , 8) étaient pour les bains. La « grande galerie qui a a5 toises de long , « (n°. 1 3) et les autres grandes salles pourraient « avoir été des lieux d'exercice comme il y « en avait dans les thermes de Rome , mais « je suis fort éloigné de rien garantir de tout « ceci (1). »

Nous sommes d'autant plus portés à adopter l'opinion de Montfaucon , qu'il ne reste aujourd'hui du monument que quelques pans de murailles , et que l'inspection des lieux ne pourrait nous fournir de grandes lumières , à inoins que des fouilles ne fussent recommencées sur des points où il se trouverait peut-être encore quelques fondations. J'ajouterai seulement un mot à l'explication malheureusement bien incomplète que je viens de vous lire.

D'abord, il paraît qu'une espèce de vestibule ( atrium ) ou de péristyle A , précédait la salle n°. 1 que Montfaucon regarde comme

(1) L'antiquité eipliquée tome 111, seconde partie, page 302.

4o cours

la salle d'entrée; cette salle communiquait d'une part, avec l'appartement n°. 2 que Montfaucon suppose avoir été le bain tiède , et de l'autre avec une vaste pièce n°. 1 1 qui parait destinée à donner accès aux piscines 7,8, aux pièce» qui les avoisinent (10 , 12), et à la grande pièce n\ 9.

La salle d'entrée ( n°. i ) , celle dont je viens de parler ( n°. i o ) ou peut-être l'appartement n°. 13, pouvaient aussi servir de lieu de dépôt pour les habits ou àPapodyterium •

Au lieu de placer comme Montfaucon le sudatarium dans la salle n°. 3 f on pourrait peut-être le chercher dans la salle n°. 4* dans les murs de laquelle le plan indique une grande quantité de tuyaux de chaleur , et qui selon toute apparence était au dessus d'un hypocauste dont le fourneau propnigeum était peut-être en C près de la pièce n°. 5.

D'autres, fourneaux existaient probablement dans d'autres parties de l'édifice ; nous voyons encore des tuyaux de chaleur indiqués dans le mur D de la grande salle n°. 9, dont je n'oserais indiquer la destination , à moins qu'on ne la regarde comme Veleothesium que l'on pourrait aussi placer au n°. 6.

La grande pièce n°. 1 3 , que Montfaucon

d'antiquités monumentales. 41

suppose , vraisemblablement avec raison, avoir été destinée aux exercices , offrait vers le centre une porte B qui servait de ce côté à entrer dans les bains ou à en sortir. Il est à remarquer que les murs de cette espèce de cour ou de grand vestibule étaient garnis intérieurement de contreforts : la pièce n\ i4 qui succède, présente aussi le long des murs , des contreforts ou bases de pilastres plus écartés les uns des autres , mais réguh'èrement espacés comme dans la i™. salle. Ceux qui étaient des deux côtés de la porte b offraient plus de saillie que les autres , peut-être parce qu'ils supportaient des colonnes.

J'ignore quelle pouvait être la destination des murs n°. i5.

Le ruisseau indiqué sur le plan (n\ 16) , fournissait probablement l'eau qui était nécessaire pour rétablissement.

Bains de Saintes. En parlant des hypocaustes, dans la seconde partie de nos conférences (V. tome 2 , p. i^3) , je vous ai présenté une vue et un plan de la partie la mieux conservée des bains que Ton voit à Saintes (pl. XXII).

L'édifice est situé au pied d'un coteau auquel il était adossé. Il devait faire face à la Cha-

rente qui en est toute voisine , et c'est vraisemblablement de ce côté qu'était l'entrée principale. Des fragments de colonnes qui gisent encore sur le sol , et qui ont été trouvés dans une Touille , en i8ii, m'ont présenté 26 pouces de diamètre , ce qui, en supposant qu'ils aient appartenu à un péristyle d'ordre corinthien (1), nous donnerait une hauteur de 21 pieds 8 pouces pour la colonne entière ; si nous ajoutons le tiers de cette hauteur pour le piédestal et le quart pour l'entablement , nous pourrons déterminer approximativement la hauteur de la façade de l'édifice. Suivant ces données elle devait être de 34 à 35 pieds (2),

Les deux baignoires portées sur des hypocaustes (À — B, fig. 1 , pl. XXII), et auxquelles on accédait par des salles placées en E et en F , pouvaient se vider dans un petit canal ou

(1) On toit au musé 3 d'Antiquités de Sainte* , un chapiteau corinthien provenant de la fouille de 1811 et dont les proportions s'accordent avec celles des fats brisés dont je parle ici ; mais on a trouvé aussi un chapiteau dorique et il reste quelqu'incertitude sur l'ordre qui décorait ce péristyle.

(2) Il serait possible que les colonnes n'eussent point eu do piédestal complet et qu'elles fussent assises sur une base moins élcfée, ce qui réduirait de 2 a 3 pieds peutêtre la hauteur de l'édifice.

égout G — H , creusé dans le pavé de la cour voisine , et qui se rendait à la Charente (v. le plan u°. 2) , ce canal recevait aussi, à ce qu'il parait , les eaux de Taquéduc qui alimentait rétablissement ; l'excédent de ces eaux se rendait vers le point G , où il était reçu dans le canal dont je viens de parler (1).

Au-delà des salles F D E, pl. XXII ,fig. 1 , se trouvaient <f autres appartements , et plus loin dans la maison occupée par le propriétaire , cinq petites chambres de forme semicirculaire placées sur une ligne droite , et coupées par un mur de refend, dans lequel M. deCrazannes a vu des tuyaux de terre cuite (2). Ces pièces ont chacune six pieds de diamètre dans œuvre , et ressemblent assez a des baignoires qui auraient été établies le long du mur d'une salle ou d'une petite cour , comme on en remarque aux thermes de la rue de la Harpe , à Paris.

Il est bien à regretter que les bains de

(1) Renseignement verbal communiqué par le propriétaire du terrain. L'aquéduc était conduit le long du coteau auquel le bain était adossé. M. de Crazannos pense que ce canal était alimenté par le grand aqueduc qui amenait ses eaux à Saintes , et dont il sera question plus tard.

(2) Antiquités de la fille de Saintes, p. 47.

Saintes n'aient pas été complètement explorés , et que Ton se soit arrêté après la découverte de l'extrémité figurée pl. XXH. On doit regretter plus vivement encore que la ville de Saintes ait refusé d'acheter cet emplacement que le propriétaire voulait lui céder pour une somme modique (la à i5oofr.); car il est à craindre que les injures de l'air , et la main des hommes , n'aient bientôt fait disparaître les curieux débris qui subsistent encore. On a trouvé , dans ces ruines , des peintures à fresque , composées de bandes rouges, jaunes et bleues , des placages en marbre t des fragments de laitier de fer de différentes couleurs qui avaient été incrustes dans les murs à l'intérieur , genre de décoration assez ordinaire à cette époque , et que nous aurons occasion de remarquer dans d'autres édifices*

Vous voyez que nous sommes loin de connaître l'ensemble des bains de Saintes ; la plupart des salles que j'ai pu observer paraissent avoir appartenu à un bain chaud; les salles du bain froid étaient sans doute plus loin vers le N.-O. (i).

(t) Milita , qui uoit visité les bain* de Saintes , pensait qu'Us avaient pu faire partie de la maison de quelque

d'antiquités monumentales. 45

Bains db Drêvant (Cher). Nous devons a M. IJazé de Bourges la description de deux bains antiques très-intéressants , découverts tout récemment dans les ruines de l'ancienne ville à laquelle a succédé le bourg de Drévaitt a une lieue de St.-Àmand. M. ITaxé a dressé des plans au moyen desquels j'essaierai de vous faire connaître les principales dispositions . de ces deux édifices.

Le premier bain offrait dans son ensemble une forme symétrique fort singulière, eptame vous pouvez le voir pl. XXXV , fig. a. Examinons successivement les différentes pièces qui ont été reconnues :

D'abord , il est évident que Ton entrait dans la galerie , n°. a , par quatre portes

BBBB.

Pour arriver à ces portes , il fallait traverser un emplacement n°. 1 , qui n'a point été déblayé et dans lequel devait exister une cour carrée , dont le pourtour était peut-être garni de constructions.

Romain opulent , et comme ils sont peu étendus , il doutait qu'ils eussent été publics. Ii est probable au moins que la tille de Saintes renfermait d'autres étr* Missrments de même espèce et que celui dont il nous reste des traces n étaU pas le seul.

/fO COURS

La grande salle ou galerie n°. 2, qui correspondait aux quatres portes , et embrassait toute la largeur de l'édifice , avait 95 pieds dans la direction de la ligne E D, et 24 pieds de profondeur.

Dans ce vestibule , s'ouvraient plusieurs portes c c c, par lesquelles on entrait dans les pièces centrales disposées en croix et dans les pièces placées de chaque côté et terminées par des absides semi- circulaires ,

L'une de ces deux parties de l'édifice, celle que j'ai désignée par la lettre R, paraîtrait avoir été destinée au bain <Peau chaude , car la salle n°. 3 avait son pavé suspendu sur un hypocauste , et M. Hazé a cru reconnaître en D , les vestiges d'un fourneau qui , en ohauffant cette salle , servait peut-être aussi a chauffer l'eau nécessaire pour cette partie du bain ; des trous pratiqués dans les murs et qui paraissent avoir contenu des canaux de plomb (d e f)y sembleraient justifier cette idée: le n°. 6 renfermait un bassin terminé circulairement , dans lequel on descendait par trois marches , et qui devait se remplir par le petit canal g.

Si de l'abside R , nous passons à l'abside Q,

d'antiquités monumentales. 4?

nous serons frappés de la similitude de ers deux constructions , nous y voyons aussi deut conduits h i disposés comme ceux que nous avons remarqués en e et en d dans l'abside R ; du reste point d'apparence de fourneau de ce côté. Le n°. 9 renfermait d'ailleurs une grande piscine P dans laquelle on descendait par des marches fort étroites et qui ne devait contenir que de l'eau froide. Le n°. 10 offrait une autre baignoire plus petite ; un tuyau k le alimentait probablement cette baignoire et la précédente , et versait ses eaux en / et en m » où l'on voit des ouvertures.

La partie centrale de l'édifice était consacrée^ selon toute apparence , aux étuves ; en effet , dans la pièce n°. i4 » qni était peut-être une cour , des cendres amoncelées ont annoncé l'existence d'un fourneau : l'ouverture placée en o devait chauffer la grande salle du transept n\ i3 , dont le pavé était sur un hy~ pocauste. De cette grande salle la chaleur se communiquait par deux ouvertures dans l'appartement n°. 12.

L'appartement 11 était un vestibule. On ne peut rien dire sur la destination des appartements triangulaires N N qui n'ont pas présenté de portes ; du reste il ne faut pas trop s'é-

tonner de trouver des appartements sans ouvertures apparentes , car bien souvent les fondations qui subsistent ne s'élèvent plus au niveau du seuil des portes anciennes, et vous aurez l'occasion de vous en convaincre, si vous examinez attentivement les ruines antiques ; ceci s'explique d'autant mieux , au moins pour certaines localités , que le pavé des appartements des rez-de-chaussées , paraissent avoir été placés à un niveau assez élevé au-dessus de la base des fondations , probablement pour se garantir de l'humidité.

La destination des appartements ou couloirs G et H , n'est pas plus facile à expliquer que celle des pièces N N.

Les fouilles au moyen desquelles on a reconnu cet édifice , n'ont pas été faites sans interruption , et lorsqu'elles ont été terminées, des parties de murs avaient été fortement endommagées , de sorte qu'il n'était plus possible d'observer tout ce qui eût pu conduire à bien comprendre la destination de chaque pièce. Mais tel que M. Hazé a pu l'observer , ce monument offre encore un grand intérêt t et on doit lui savoir gré d'en avoir conservé le souvenir.

Le second bain de Drévant s'élevait comme

le premier au fond d'une cour; mais il était précédé d'un portique soutenu par huit colonnes (0 , C , C, fig. 3 , planche XXXV) dont une des bases était encore en place ; des fragments de chapiteau , trouvés près de cette base , ont appris qu'elle appartenait à l'ordre corinthien.

Le diamètre du fut , d'environ 2 pieds, indiquait conséquemment une hauteur de 20 pieds pour les colonnes du péristyle.

Sous ce portique , et à peu près au centre , se trouvait, en B, une niche qui avait renfermé , à ce que l'on croit , une statue de bronze dont plusieurs débris ont été retrouvés.

Deux entrées existaient aux deux extrémités du même mur, l'une en E, l'autre en D.

Dans la pièce n°. 1 , à laquelle on accédait par la porte E, se trouvait un propnigeum ou fourneau d'hypocauste (H G) qui chauffait la salle n°. 2. Ce fourneau soigneusement voûté avait 9 pieds de longueur sur cinq pieds et quelques pouces dans sa plus grande largeur. Deux piliers placés en G soutenaient de ce côté l'arcade de la voûte. Une petite chambre était établie au-dessus de ce fourneau. M. Hazé suppose avec beaucoup de vraisemblance que ce pouvait être un réser-

voir destiné à chauffer de l'eau f le caldarium du bain.

La salle n°. 2 offrait des particularités trèsremarquables. En t t étaient , comme à Lillebonne , des deux côtés du fourneau , d'étroites niches ou couloirs dont on a peine à comprendre la destination. Au point Z se trouvait une espèce de cheminée , qui paraissait avoir beaucoup souffert de la violence du feu. La présence de ce foyer est une chose digne de remarque ; il y en avait un autre tout pareil en Y clans la salle n°. 3. Il eut été bien intéressant de découvrir comment se dégageait la fumée de cette cheminée : mais vraisemblement il n'était plus possible de le voir lors des fouilles , car M. Hazé n'en parle point.

On peut supposer que des baignoires étaient placées dans l'hémicycle K et le long des murs en L et en M. La chaleur se communiquait de la salle n°. 2 à l'appartement n°. 3 , par les trois ouvertures n o p , absolument comme aux bains de Lillcbonne (v. la page 35).

Une petite pièce (n°. 12 ) accolée à la salle n°. 2 , pourrait avoir été un réservoir , aquarium, qui alimentait le caldarium au moyen de conduits qui n'ont pas été retrou-

d'antiquités monumentales. 5i

yés : nn aqueduc A, A, amenait l'eau dans ce réservoir (i).

La salle n°. 3 parait avoir été le laconicum du bain ; M. Ilazé croit qu'au centre de l'ouverture N était un second fourneau qui aurait été allumé dans la petite cour n°. 1 1 .

Les salles n°\ 4i 5 et 8 étaient de plain pied et paraissent avoir appartenu au bain froid ; dans l'appartement n°. 4 un trottoir t , t , t , ou bordure plus élevée que le reste du pavé , régnait le long des murs; à l'extrémité du n°. 5 était une grande baignoire ou piscine P, de trois pieds de profondeur , dans laquelle on descendait par trois marches.

La salle n°. 8 servait d'intermédiaire entre celle que je viens d'indiquer et un autre appartement n°. 7 dont le pavé était porté sur un hypocauste. Le fourneau de cet hypocauste avait son ouverture dans une petite cour n°. 6 , plus basse que les pièces environnantes, et dans laquelle on entrait de l'extérieur par une porte placée en h.

(I) Le mur était traversé par un tuyau en plomb de 6 centimètres de diamètre ; le conduit eitéricur A A était formé de toiles creuacs accolées et enveloppées dans une couche épaisse de mortier.

5 a coims

Il est difficile de se prononcer sur la destination de la pièce n*. 9, et sur celle des pièces Hw 10 et i3 qui n'ont pas été complètement déblayées.

Le corridor n°. 14 servait pour accéder à la petite cour n°. 11 et à la pièce n°. i3.

Il est probable que le bain avait une grande entrée du coté opposé au péristyle, et il n'est pas facile de dire quelle salle servait d'apodyterium ; peut-être Véleothesium était-il dans la salle n°. 7.

Bains de Vienne. Les bains publics des villes gallo-romaines du midi de la France , paraissent avoir été d'une grande magnificence. Les marbres d'Afrique et d'Italie avaient été prodigués dans la décoration de ces édifices , dont malheureusement on n'a bien observé que certaines parties.

Les bains publics de Vienne s'étendaient dans tout l'espace qu'occupe la salle de spectacle , la maison de la Charité et l'ancienne maison de ville. L'historien Chorier (1) rapporte qu'une des piscines de ces bains était

(I) Antiquités de Vienne , un fort toi urne in-8*. publié en I6â9 , réimprimé à Lyon en 1828.

d'antiquités monumentales. 53

de forme ronde , qu'on y descendait par trois marches en marbre, et que le fond était en marbre vert antique ; qu'autour de la salle régnaient des sièges en marbre de Paros.

Les colonnes qui décoraient l'édifice étaient de différentes couleurs.

Long-temps après Chorier , la construction de la salle de spectacle , qui fut fondée sur une des parties les plus importantes de l'édifice , amena de nouvelles découvertes. On vit alors une pièce de 27 pieds sur 19 , pavée en marbre Africain brèche antique sanguine (1) , le tout enveloppé d'un cadre bleu Turquin. Un petit canal recouvert en pierre calcaire faisait le tour de la salle et se déchargeait dans de grands égouts ou cloaques souterrains , par différents conduits. Les murs de cette salle étaient revêtus de marbre blanc appliqué dans un mastic rouge , et retenu par des crampons en fer artistement ajustés.

Du côté du nord, cinq portes s'ouvraient dans cette salle ; on y montait de l'extérieur par un escalier de cinq marches , dont la largeur était égale à l'espace oeeupé par les cinq portes.

(1) V. le guide des étrangers à Vienne (hère) , par M. Rey , professeur à l'école de peinture de Lyon. Lyon 1819.

Les pieds droits de celles-ci étaient décores de pilastres en marbre africain , avec base et chapiteau de marbre blanc, ainsi que l'attestaient les débris accumulés au pied des portes (i).

Lors de la construction de Phospice de la Charité , qui occupe une autre partie de remplacement des bains f on découvrit, dit encore M. Rey , une quantité prodigieuse de marbres , des tronçons de colonnes et de statues, des bas-reliefs d'un bon travail , des tuyaux de plomb pour distribuer les eaux dans les différentes salles , etc. , etc.

Avant la construction de la salle de spectacle , on voyait aussi des gradins formés de rochers artificiels sur lesquels les eaux de la Gère venaient se précipiter en cascades avant d'entrer aux bains (2).

Nul doute que les bains de Vienne ne fussent des plus magnifiques et qu'ils ne répondissent

(f) On voit encore, sous Ta vaut-scène du théâtre de Vienne, des vestiges de cette partie de 1'éditicc antique.

(S) Sénëque parlant dans sa 86e. lettre à Lucilias.do luxe que les Romaine déployaient dans leurs bains, dit combien ils aimaient te murmure des eaux tombant en cascades près de ces établissements.

Ainsi les bains de Vienne con liraient ce que dit Scnèque, de ce goût pour les eaux tombant avec fracas.

à rimportance de cette cité. ïï est fâcheux qu'il ait été impossible de les explorer dan» leur entier et de lever un. plan général de l'édifice^

Baihs de Nismes. Malgré les mutilationsmalheureuses qu'ont subies dans le siècle dernier le* bains de la ville de Nismes , on peut comprendre la disposition de ce bel établis-sèment , en étudiant celle dès canaux et des pièces d'eau qui ornent le charmant jardin public de cette ville , et qui ont remplacé les- bains ; Tune des cours carrées du bain a été restaurée d'après les dimensions qu'elle offrait au moment de la découverte : on a même rétablf les colonnes qui en décoraient le pourtour, mais on Ta transformée en un vaste bassin et les colonnes baignent à moitié dans une nappe d'eau qui s'étend dans toute l'étendue de la cour (i).

Thermes de Julien a Paris. Les ruines antiques que l'on voit à Paris , rue de la

(I) On n'a point encore publié à nu connaissance de bonne description des bains de Nismes . et l'on n'a que des notiona imparfaites snr ce beau monument qui doit être étudié sur place par ceux qui visitcut le midi de la France.

56 cours

Harpe , où elles sont encore connues sous le nom vulgaire de Palais des Thermes de Julien y ont fait partie d'un vaste édifice dont les bâtiments et les cours s'étendaient au midi f à peu près , jusqu'aux environs de la Sorbonne ; au nord, jusqu'à la rive gauche de la Seine ; à Test , jusqu'à la rue St. Jacques. A partir de la rue de la Harpe , de vastes jardins bornes au nord par la Seine , se prolongaient à l'ouest jusqu'à l'église de St.-Gerraain-des-Prés , où un canal communiquant à la Seine leur servait de limite (i).

On sait que Clovis et plusieurs autres rois de France , habitèrent le palais des Thermes , et Fortunat rapporte que Childebert se rendait de ce palais à l'église St.-Vincent, aujourd'hui St. -Germain-des-Prés , en passant par ses jardins (2).

Ainsi les ruines qui subsistent et qui ont

(1) V. Dulanre, hist. de Parii , t. 1*. ; ce casai derait traverser remplacement de la cour et de l'église des Petits-Auguatins (aujourd'hui le palais des beaux-arts ), et descendre parallèlement à la rue de ce nom > jusqu'au quai Malaquais.

(2) Aune époque postérieure, les rois de France transférèrent leur demeure dans la cité» et y bâtirent un autre palais sar remplacement du palais de justice actuel ; ce qui fit donner aux bâtiments des Thermes le nom de palais tieux. C'est ainsi qu'il est désigné dans la chronique de l'abbaye de Vcsclay , écrite au XII». siècle.

d'àNTIQUITÉS MONUMENTALES. 57

appartenu à des bains , ne sont qu'une petite partie du palais que les empereurs romains ou leurs généraux avaient habité et que nos premiers rois habitèrent après eux.

Si tous visitez ce monument , vous remarquerez d'abord , derrière le mur en planches qui sert de clôture le long de la rue de la Harpe , un aqueduc ou égout dirigé parallèlement à la rue , puis un prœfurnium ou petite cour placée en avant d'une arcade de fourneau , dans laquelle on descendait par deux escaliers.

Au-delà des vestiges de ce fourneau» qui évidemment chauffait un hypocauste, existe un emplacement découvert dont les murs latéraux , à droite et à gauche , offrent des niches alternativement carrées et rondes , et qui paraissent avoir renfermé des baignoires pour les bains d'eau chaude*

Apres avoir traversé cet emplacement , autrefois voûté , et aujourd'hui à ciel ouvert , on entre dans une pièce servant de vestibule à une vaste salle qui a été gravée dans plusieurs ouvrages, et qui mérite toute l'attention des curieux* Les dimensions de cette salle sont de 58 pieds sur 56 (ï). Ses voûtes

(1) V. recherches historiques sur te palais des Thermes , par M. Gilbert de la soc. roy. des antiquaires de France.

cour.s

en arêtes et à plein cintre , s'élèvent jusqu'à 43 pieds au-dessus du sol (1).

Du côté du nord , les fouilles qui ont été pratiquées à 2 ou 3 pieds , dans la partie nord de la salle , ont fait découvrir au-dessous du mur, diverses dispositions qui paraissent annoncer qu'il y avait là un bassin d'eau froide ou pisci n a natatilis. D'ailleurs la position culminante de cette salle , relativement aux piècesqui l'entourent, porte à croire qu'elle recevait directement l'eau dbun aquéduc. Des découvertes faites à diverses époques ont prouvé que cette eau venait d'Arcueil, où l'on voit encore des parties assez considérables d'un aquéduc de construction romaine > et sur lesquelles Jacques de Brosse , architecte , a élevé un nouvel aquéduc en 1624.

L'architecture de la grande salle des Thermes est remarquable par la simplicité de ses ornements. On y voit de ^belles fenêtres à plein cintre ; trois arcades , dont une plus élevée

(1) Cette Toûte est si solide qu'elle a supporté pendant un temps fort long et dontOD ne pourrait assigner les limites , une épaisse couche de terre cultivée en jardin et plantée de grands arbres. On sait que les Romains plaçaient quelque* fois de la sorte dea Jardins sur les plates-formes de leurs maisons saus que celles-ci fussent endommagées.

que les deux autres , décorent les faces des murs ; dans le mur méridional , l'arcade centrale affecte la forme d'une grande niche semicirculaire , et Ton a cru reconnaître , dans des trous pratiqués au milieu de cette niche et des arcades latérales , la trace des conduits qui servaient à l'introduction de l'eau destinée aux bains (i).

Sous la grande salle régnent des souterrains qui s'étendaient , d'un coté , jusqu'à la Seine , et de l'autre jusqu'au couvent des Mathurins; il faudrait un plan pour faire comprendre la disposition de ces galeries souterraines , dont on retrouve encore le prolongement d'un côté dans les caves de l'hotcl de Cluny , mais dans lesquelles on ne peut pénétrer qu'à une petite distance.

Les murs des Thermes sont en petit appareil avec des chaînes de briques, ce qui semblerait s'accorder avec l'opinion qui attribue la construction de l'édifice à Julien.

Le plan de ce monument n'a point encore été publié , et Ton doit vivement désirer qu'un architecte habile s'occupe de le rétablir

(I)V. notice tarie patois des Thermes et l'hôtel de Cluny, brochure in-12 sans nom d'auteur.

60 coiras

diaprés les fondations observées dans les maisons voisines (i).

Comme aucun des plans que je vous ai présentes, ne donnent toutes les parties d'un bain du i er. ordre , il faudra pour vous faire une idée juste de la magnificence de rétendue et de la régularité de ces édifices, vous reporter à la vue générale des bains deDiocléticn (pl. XXX IV).

Permettez-moi de vous soumettre quelques réflexions résultant de l'examen que j'ai pu faire de plusieurs édifices consacrés au bain sous la domination romaine.

Les trois vases dont parle Vitruve (V. p. 24), et que j'ai cités en parlant de la peinture des bains de Titus (p. 26 ) , pourraient bien avoir été dans beaucoup d'établissements, remplacés par des réservoirs en maçonnerie comme des baignoires , placés sur des hypocaustes. La disposition de plusieurs réservoirs de ce genre immédiatement au-dessus du foyer dePhypocauste, tel que celui reconnu à Drevant (V. le point G, fig. 3 , pl. XXXV), semble donner à cette

(1) M.Albert Le Noir, architecte,savant antiquaire, s'est diton chargé de cet important travail ; nous désirons vivement qu i» fasse paraître l'ouvrage qu'on annonce de iui sur ce

sujel.

d' ANTIQUITÉS MONUMENTALES. Gl

supposition une grande probabilité , car l'eau qu'ils contenaient devait acquérir promptement un degré de chaleur assez élevé. On a pu voir par la pl. XXII , qu'à Saintes chaque baignoire avait son fourneau particulier près de la petite cour qui terminait Pédifice au S.-E. , ainsi Peau quelles contenaient, si elle n'était pas destinée à remplir d'autres baignoires au moyen de caneaux de plomb ou de toute autre manière , n'était certainement pas chauffée dans des vases pareils à ceux dont parle Vitruve. Il est d'ailleurs certain t comme je crois l'avoir dit déjà, que depuis le temps de cet architecte, les bains avaient reçu diverses modifications.

Dans les ruines que j'ai visitées , j'ai presque toujours observé des salles qui ont dû appartenir à des étuves sèches , à des salles dans lesquelles la transpiration était provoquée par la chaleur que devaient produire l'hypocaustc et les tuyaux en terre cuite incrustés dans les murs ; mais dans aucune je n'ai vu de traces d'un appareil qui aurait été destiné à fournir de la vapeur d'eau , d'où je serais tenté d'admettre que le Laconicum était simplement au moins dans beaucoup de bains une étuve sèche ayant à la voûte une soupape pour diminuer au besoin l'intensité de la chaleur ,

mais dans laquelle on ne faisait point usage de yapeur d'eau.

Dans les ruines que j'ai visitées , ou dont j'ai trouve de bonnes descriptions , le foyer de l'hypocauste était construit à peu près comme à Bayeux , à Drévant et à Lillebonne , avec des dimensions variables pour l'ouverture cintrée du fourneau ; mais on a remarqué parfois une disposition différente dans le foyer. ÀuViel-Evreux, par exemple, M. Rêver a trouvé dans une construction qu'il suppose avoir été Têtu ve d'un bain, un fourneau établi le long d'un mur qui était traversé dans toute sa longueur , de tuyaux semi-circulaires en terre cuite , destinés à rerevoir la chaleur et la fumée et à la conduire sous le pavé de l'appartement voisin. Ce foyer était recouvert de grandes briques inclinées, ce qui lui donnait la forme d'un appentis ; voici du reste (pl. XXXV fig. 4) une Yue de ce singulier fourneau d'hypocaustc.

Des bains antiques ont été découverts à Metz , à Langres , à Angers , à Autun , etc. , et dans beaucoup d'autres villes du nord et du centre de la France.

Au Mans , des thermes ont été reconnus il y a déjà long-temps dans la rue de Gour-

D* ANTIQUITES MONUMENTALES. G3

daine (i), et tout récemment M. Richclct a retrouvé l'aquéduc qui apportait l'eau nécessaire à rétablissement.

Au Vicil-Évreux , des bains ont été explorés par M. Rêver; le plan de la partie déblayée a été gravé dans son ouvrage sur cette ville antique.

A Poitiers , si Ton adopte l'opinion de M. Dufour , des thermes considérables ont existé sur remplacement de la place Royale (2).

A Périgueux , si riche encore en débris d'édifices gallo-romains, M. de Taillefer cite six bains dont plusieurs peut-être appartenaient à des particuliers , mais dont un au moins était public, si Ton en juge par l'importance et IV tendue de ses ruines (3).

Les bains de Cahors , dont il reste des murailles apparentes dans cette ville,ont été décrits par M. de Crazannes.

En un mot, il n'est pas de ville d'origine gallo-romaine , dans laquelle on n'ait retrouvé à diverses époques des vestiges de bains antiques , et je pourrais facilement indiquer encore une centaine de découvertes de ce genre ; mais il serait inutile d'en citer un plus grand nombre.

(i; Esaais uiatoriques sur le Maine par M. Renouard t. 1er., page 55.

(2) De l'aocien Poitou et de sa c cpitale , par Dufour, p. .10"?.

(3) Antiquités de Vésone par M. le comte de Taillefer, l. 2, p 83 et 84.

Nous aurons d'ailleurs occasion d'examiner quelques autres bains qui faisaient partie de villœ ou maisons de campagne , dont nous parlerons dans la prochaine conférence.

Ce qu'il est bon de remarquer , c'est la quantité considérable de £ains existant chez nous sous la domination romaine. Chaque ville avait son bain public et des bains particuliers ; il y avait même des bains dans de simples bourgades , dans certains villages : ce qui montre combien les mœurs , les habitudes romaines, s'étaient profondément enracinées dans la Gaule.

On prenait le bain après l'heure de midi jusqu'au soir avant le souper ( Cœna ) , et l'on croyait que cela aidait à la digestion , excitait l'apétit.

Alexandre Sévère permit d'ouvrir les bains la nuit, dans l'été, et d'après Juvenal, c'était la nuit que les riches romaines se rendaient aux bains accompagnées d'un grand nombre d'esclaves (i).

(1) Balnca nocte subit , couchas et castra moveri. Noctc jubet ; magno gaurict sudare lumullu. Qùum Lssata gravi ceciderunt brachria massa, Callidus ut crislœ digiios impressit aliptes Ac su in mu m dominas f< mur cxtlamare coegit.

( y. satyre FI , vers 416 et suivj

La personne chargée des détails du bain, s'appelait balneator , les capsarii gardaient les habits, le fornicalor devait entretenir le feu du fourneau , les tractatores ou massiers avaient pour fonction de manier ou pétrir les membres pour les rendre plus souples.

Les aliptœ étaient chargés de racler la peau du baigneur avec un instrument en corne, en ivoire ou en métal , appelé sirigil ou stri* gilis , afin d'enlever la crasse et les matières grasses sorties par la transpiration (i) ; vous voyez, pl. XXXIV (A, B, C, D) , quelques-uns de ces instruments recourbés d'un côté , et creusés de l'autre en forme de cuillers.

Les aliptœ y frottaient aussi les baigneurs avec des parfums , dans ïeleotkesium , et alors on les désignait sous le nom (Tunguentarii ou A'unctores ; ils se servaient de linges ou de torchons, pour essuyer le corps du baigneur. Les parfums servant à l'onction étaient de deux sortes ; les uns avaient la consistance de nos pommades grosses; les autres, liquides, étaient des huiles parfumées.

On exécutait, divers exercices plus ou moins fatigants, et de nature à provoquer la sueur

(1) Horace. Sat. 1 1—7-1 IO.-MartU1, XIV. :»I.-Sen , <!p. 95.

66 cours

avant de recevoir des frictions de strigil ; ainsi Ton balançait des masses pesantes avec le bras , on prenait des postures forcées.

Eaux minérales. Je n'ai parle que des établissements dans lesquels on faisait usage de l'eau commune , soit chauffée , soit a la température ordinaire ; les Romains faisaient aussi grand cas des eaux minérales , surtout de celles qui étaient chaudes. Beaucoup de villes durent leur importance , souvent même leur existence , à la source bienfaisante qui sortait du sol sur lequel elles étaient assises.

Ainsi la carte de Peutinger indique en Gaule divers établissements ducaux thermales ainsi désignés :

Aquis Cahdis.—Wchj.

Aquis Neri. — Néris-les-Bains ( Allier).

Aquis Bormonis. — Bourbon-FArchambaut (Allier).

Aquis JNisencii. — Bourbon-Lancy ( Saôneet-Loire ).

Aquis Segete. — Issctigeaux cnVelay, d'après Danvillc.

Aquis Segeste. — • Fcrrièrcs , entre Sens et Orléans ?

Aquis Sestis. — Aix en Provence (i).

(1) L'itinéraire cite aussi divers établissements du mime

Ces lieux, encore renommés de nos jours par leurs eaux minérales , sont désignés sur la carte d'une manière particulière et très apparente ( Voir page 57, 2*. Partie du Cours ) ; et Ton a trouvé, dans presque tous, des débris de colonnes et de sculptures attestant la richesse des constructions romaines qui y avaient existé.

Mais la carte de Peutinger est loin d'indiquer tous les établissements de ce genre existant sous la domination romaine. Il n'est pas jusqu'à de modestes eaux ferrugineuses dont les vertus curatives n'aient alors été connues et appréciées ; les débris de constructions trouvés près de ces sources , dans des lieux isolés et à peine connus , attestent qu'elles n'avaient point échappé à nos ancêtres (1).

Quoique de nombreux débris de constructions romaines découverts près des sources d'eaux chaudes , attestent qu'il y avait , comme aujourd'hui, dans ces localités, des établissements plus ou moins considérables , on n'a pas , que je

Heure dont quelques-uns, comme Aqnat Tarbelhca (Tarbe*?), ne font pas mentionnés sur la carte de Peutinger.

(I) V. Bourignon , notice aur la source minérale d'Arcfaangay , près St.»Jeao-d'Angely. — M. Audierne, délai la sur les bains de St. -Salvador , département de la Dordogne. — Plusieurs autres mémoires dans dirers recueils de Sociétés savante?.

68 cours

sache t donné de détails précis sur leur disposition ; il est probable que des baignoires et des piscines, plus ou moins vastes , étaient disposées dans ces bains comme dans les autres, et qu'ils offraient aussi dans leur ensemble la forme carrée. La carte de Peutinger représente la plupart des villes, où se trouvaient des eaux chaudes , par des bâtiments disposés en carré autour d'une cour (i).

(0 Quelques chambres des bains de l'empereur , à Aix-la- Chapelle , peuvent donner une ide*c de la manière dont les «ailes devaient être disposées. Elles sont voûtées en pierre et reçoivent la lumière d'en haut; 11 parait qu'au XVIK siècle, on voyait a Aix-la-Chapelle des piscines rondes , au milieu de salles voûtées , recevant le Jour par une ouverture circulaire pratiquée au centre de la voûte , et laquelle était surmontée d'une lanterne ou clocheton. — Ces bains établis au moyen âge avaient été, à ce que l'on croit, imités de ceux dcCharlemagne, qui vraisemblablement étaient peu différents des bains romains.

d\ntiquitrs monumentales. 69

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