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CHAPITRE III

Édifices prives de la ville et de la campagne. — Maisons de ville. Aperçu de leurs distributions les plus ordinaires , soit dans les habitations les plus considérables , soit dans les dénie mes de médiocre étendue. — Une maison de Pompeï. — Peu de maisons gallo-romaines déblayées et étndiécs complètement dans nos villes anciennes de la Gaule. — Des villte. — Il en est resté* des vestiges considérables dans les campagnes. — Importance et intérêt de ces ruines. — Description d'un certain nombre de villœ eiplorécs en France et en Angleterre. — Notions résultant de ces découvertes. — Conclusion.

Les édifices prives se divisent naturellement en deux classes : les maisons de ville et les maisons de campagne. Je commencerai par vous entretenir des premières ; mais comme ces bâtiments, en général moins solidement construits que les monuments publics, ont disparu presque totalement , et qu'on chercherait en vain dans nos villes quelques restes de maisons gallo-romaines, assez complets pour éclairer

lesdeseriptions que les auteurs nous ont laissées, il me faudra recourir à celle des maisons de Pompeï,par Mazois, pour vous donner quelques notions sur les édifices qui vont faire l'objet de cet entretien.

Ce n'est pas qu'il n'existe encore , dans nos villes anciennes , quelques fondations de maisons gallo-romaines ; mais elles ne sont plus visibles depuis long-temps. Ensevelies sous la terre ou recouvertes par les constructions qui se sont succédées de siècle en siècle, le plus souvent leur existence n'est pas même soupçonnée , et se révèle seulement ♦ lorsque l'érection de nouveaux bâtiments oblige à fouiller profondément le sol. Mais alors on n'aperçoit encore que des parties d'un édifice qui ne permettent pas de se faire une idée juste de sa disposition primitive , ni de son étendue.

Sous la domination romaine.il y avait, comme à présentée grandes maisons pour les personnes riches et des maisons disposées pour le logement du peuple.

On appelait insulœ les bâtiments qui servaient de demeure à plusieurs familles , les maisons de loyer divisées en différents loge-

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ments ; et domus ou œdes privatœ ceux qui étaient occupés par une seule famille (i).

Ces dernières offrirent souvent une grande magnificence , lorsque le luxe fut porté à son comble à Rome et dans les provinces : quelques unes étaient de véritables monuments.

Je vais essayer de vous offrir rénumération des principales pièces d'une grande maison romaine , et de vous indiquer leur destination , en m'aidant surtout de l'ouvrage de Mazois sur les ruines de Pompeï ; mais il ne faut pas oublier que beaucoup de maisons , même considérables, n'eurent pas toutes les dépendances qui vont être indiquées , et n'offrirent pas invariablement la même distribution : la nature des emplacements, le goût et les besoins divers des propriétaires , durent à cette époque , comme à présent t apporter des modifications notables dans la disposition des pièces.

En avant de la maison se trouvait une petite place appelée vestibule , dans laquelle ceux qui désiraient entrer se tenaient avant d^être

Le prothyrum était le passage par lequel on pénétrait dans l'intérieur de V atrium.

(I) V. Antiquités romaines, par Alexandre AcUm ; t. H.

On trouvait dans ce passage la loge du portier, cella ostiarii (i.) , et quelquefois une autre pièce qui servait de vestibule dam quelques habitation» de médiocre étendue (a).

U atrium était une galerie carrée t ayant au centre une cour découverte impluvium , au milieu de laquelle un bassin compluvium recevait les eaux pluviales.

atrium était décoré de peintures et de portraits de famille (3); le maître de la maison y recevait ses clients. Il y avait plusieurs sortes

atrium.

V atrium toscan, que Ton a trouvé à Pompeï dans un grand nombre de maisons , et qui était presque le seul usité dans les premiers temps , avait sa toiture soutenue par quatre poutres se

(1) On clouait des marteaux aux porte» ou Ton y suspendait des sonnettes , comme on le fait de nos jours : H portier demandait ordinairement leurs noms à ceux qui frappaient, et il les admettait ou les refusait selon les ordres qu'il avait reçus./ Antiquités romaines, par Alexandre Adam ; t. \\.J

(2) Mazois, ruines de Pompeï.

(3) Uatrium s'appelait aussi cavœdium : il parait que l'atrium *t prenait parfois dans un sens colIectif,et signifiait non seulement la galerie avec Y impluvium , mais encore toute la partie de la maison qui l'entourait. La dénomination de weedium ou cai-eulia s'appliquait particulièrement aux portiques adoaaés à l'habitation ou galerie de l'atrium ( Portieus tectœ vet iaqututatj.

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croisant a angles droits : cette toiture inclinait de tous côtés vers le centre de la cour.

La même disposition existait dans V atrium tetrastyle , seulement quatre piliers ou colonnes, placés aux angles de V impluvium, supportaient les poutres du toit à leurs points de jonction.

Dans Vatrium corinthien , les colonnes de support étaient beaucoup plus nombreuses , et l'impluvium plus spacieux. Cet atrium était en «sage pour les grandes maisons.

Vatrium displuviatum avait ses toits inclinés en sens inverse des précédente, de manière à déverser les eaux pluviales en^dehors de la maison , au lieu de les conduire dans Vimplusrium.

Enfin, dans Vatrium testudinatum. la cour centrale était couverte d'un toit un peu plus élevé que celui des galeries, à peu près comme ceux que nous voyons dans nos marchés couverts (1).

Autour de la galerie de Vatrium régnaient des appartements destinés à divers usages , ayant tous leur issue dans cette galerie, et dont

(I) L ioter?âlle, ciiaunt estre le. deux tvito, perme«fnlt àla

TlTtiïtfiait'" '"""V""'"" " 0'*»«rer le. «Merle.

quelques-uns servaient de triclinia (i) ou de salles de festin.

Il y avait souvent dans V atrium un appartement consacré aux dieux lares, lararium; il n'était quelquefois distingué que par l'image figurée ou symbolique de ces divinités , peinte sur les murs ; mais le plus souvent on y dressait un petit autel et des statues (a).

A l'extrémité de V atrium , en face du prothyrum, était le tablinum, et deux autres pièces plus petites , appelées ailes , communiquant avec lui. Le tablinum et les ailes renfermaient l'image des ancêtres, les livres, les archives et les papiers concernant les affaires du propriétaire t ainsi que les documents relatifs à la charge qu'il exerçait.

Les fauces qui étaient des passages ou corridors , comme le nom l'indique , servaient à

(I) Triclînium signifle salle à manger à trois lits : les salles qui n'avaient qne deux lits s'appelaient biclinia. Dans les premières salles, les frôla lits étaient disposés le long des murs , des trois côtés de la salle, de sorte que l'un des côtés restait libre pour le service. La table était au centre des troU lits, et tous les convives pouvaient fneilimcut y atteindre. Dans les salles a deux lits, elle était placée de mémo , c'est-à-dire entre les deux lits. Les gens riches avaient dea triclinia diversement orientés, puur tomes les saisoos.

W Maxois , Ruines de l'umpeï.

communiquer de V atrium au péristyle , en passant, l'un à droite , l'autre à gauche du tablinum et des ailes.

Le péristyle offrait , au-delà du tabUnum , une galerie surmontée de colonnes, comme celle de V atrium corinthien , mais dont le développement était plus considérable. Des appartements étaient distribués autour de ces galeries; un espace carré , entièrement découvert et planté de fleurs et d'arbustes» devait offrir , au centre , l'image du préau de nos cloîtres d'abbayes.

Les ceci correspondaient à nos salons.

Vexèdre était une autre grande salle de conversation.

On trouvait aussi parfois dans les habitations des gens riches un jeu de paume sphœristerium , et des salles destinées à d'autres jeux.

A cette énumé ration des différentes pièces d'une grande maison , il faut ajouter :

Le bain , composé ordinairement d'un apody terium, d'un frigidarium , d'un tepidarium, d'un sudatorium et d'un eleothesium.

La basilique

La pinacothèque ou galerie pour les tableaux. La bibliothèque ou salle pour les livres.

y6 cours

Les cuisines et les officines pour la préparation du pain.

Les écuries, les remises et les magasins. Enfin an nombre plus ou moins considérable de chambres a coucher et de logements de domestiques. Pour faciliter l'accès de tontes ces pièces , on ménageait au milieu d'elles de petites cours atriola , tantôt rondes , tantôt carrées , et parfois garnies de colonnes comme l'atrium et le péristyle.

Les parties des grandes maisons, donnant sur les rues , renfermaient quelquefois des boutiques louées à des marchands , et qui ne communiquaient point avec l'intérieur. Sous la domination romaine , comme aujourd'hui , des boutiques étaient ainsi accolées à beaucoup de maisons , elles formaient un des principaux revenus des propriétaires (i ).

Certaines maisons offraient aussi des portiques ou galeries le long des rues.

Pour mieux faire comprendre la position relative des pièces que je viens de mentionner, j'esquisse sur le tableau (pl. XXXVI), le plan d'une maison romaine, non pas d'une maison aussi complète , aussi magnifique qu'on

(l)Cicéron parle de ses boutiques dans sa correspopdance avec Alticus. V. Cic. ad Atticum , lib. XIV , epist. 9.

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pourrait la supposer d'après les document» que nous possédons , mais d'une demeure telle que beaucoup de gens riches devaient en occuper à Rome ou dans les provinces , et comparable à ce que nous appellerions aujourd'hui un Iwtel, t ,

. Je suppose que la façade de cette maison , qui tdqane sur une rue , offrait un certain nombre de boutiques , aaaû{i);

L'espace désigné sur ce plan, par le n°. i , sera le vestibule ; vient ensuite le prothyrum ou l'entrée couverte (n°. a), avec le logement du portier bb;

Puis 1- atrium (n°. 3), entouré de différentes pièces ccc. Vous voyex, par le nombre des colonnes , que cet atrium est corinthien ; le point D , indique la citerne compluvium au centre de Vimpluvium.

Les appartements 4,5,6, sont le tablinum avec ses ailes , et les pièces n°\ j , 7 , les fauces

(I) Les boutiques se fermaient au moyeu de planches qui sVngrenaient par leurs extrémités dans deux rainures pratiquées , l'une dnns le seuil , l'autre dans le linteau de l'ouverture. Les planches glissaient ainsi à la fols dans les deux coulisses, et la porte achevait de clore l'ouverture de la boutique : ce système était encore très- usité chea nous il y a quelques année» , cr beaucoup de boutiques sont enrorc fermées de cette manière.

ou couloirs par lesquels on passait dans le péristyle ; les deux pièces ,8,9, pourront être Tune un ttïclinium , l'autre une salle de conversation OU (PC us.

Nous placerons derrière les appartements qui bordent V atrium , d'un côté les cuisines et les officines ( boulangeries , offices , etc. , etc. ) , avec quelques logemenis de tiomcstiques ^n • 10, 11 , 12);

De l'autre diverses dépendances , telles que magasins, écuries, remises, etc., etc. (i3, i4i i5).

Toute la partie antérieure était la partie publique de la maison , celle où le maître du logis recevait ses clients : le reste, plus particulièrement destiné à la vie intérieure, formait la partie privée où les étrangers ne pouvaient entrer sans y être invités (1).

Le péristyle occupe un assez grand espace , au milieu de cette seconde partie de Tédifice dont je continue de construire le plan. Les lignes 17, 17, 17, figurent les allées dans le parterre , où je place aussi une pièce d'eau (point E).

Les appartements que j'indique le long du

(i) v. vitruTc, lit. vi, §. 8.

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péristyle par les chiffres 18 , 19, peuvent être considérés , les uns comme des salles où les femmes travaillaient , ou comme des chambres cubicula ; les autres , comme des triclinia ou cœnationeg, car il y avait dans les grandes maisons plusieurs salles à manger dont on se servait dans les différentes saisons , suivant leur orientation : on pourrait aussi y placer la bibliothèque.

Je place au fond du péristyle le sacrarxum ( 1 ) ou oratoire (n°. 20), plusieurs chambres dont je ne déterminerai pas la destination (31 , 22 , 23 , 24) y et au milieu d'elles un passage ( n°. 25 ) , communiquant à une porte de derrière que l'on désignait sous le nom de posticum ou pseudothprUm,

Enfin , à l'angle droit de l'édifice est une petite cour corinthienne atriolum, C, entourée de chambres à coucher ou de cabinets (nM. 2C, 26, 26) , et à l'angle opposé , les cinq pièces d'un bain (n°\ 27 , 28, 29/30, 3i ).

Si nous voulions augmenter l'importance de la demeure dont nous venons de construire le plan , nous pourrions indiquer en P , derrière les appartements qui bordent le péristyle , à

(I) ht sacrarium serrait aussi do trd-or; on y déposait les objets les plus pr cri eux de la maison.

droite et à gauche , une basilique (i) , un sphœristerium , plusieurs atriola entourés de chambres , des xistes , des exèdres et les autres pièces que j'ai citées comme dépendances d'une maison du premier ordre.

• • Maintenant , Messieurs , je vous demande la permission de vous entretenir non plus d'un édifice idéal , mais d'une maison réelle , de vous soumettre le plan d'une maison de Pompeï : je choisis de préférence , dans l'ouvrage de Mazois (a) , une maison d'une étendue médiocre (pl. XXXY1 y fig. 2) , dans laquelle nous ne trouvons plus toutes les dépendances ni la régularité des grandes maisons privées , parce qu'elle vous montrera comment les édifices se modifiaient suivant les besoins dé la famille et ses facultés pécuniaires.

Mazois explique ainsi la distribution de l'édifice et la destination des pièces qui le composent :

« Cette maison , dit-il , a deux boutiques sur la rue , la plus petite (A) appartenant au maître

(1) Les basiliques privées offraient , en petit , l'image des basiliques publiques , dont il sera question dans une autre conférence.

(2) Mazois , Ruines de Pompeï , ft£. I , pl. XIII.

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de la maison qui y faisait vendre les produits de ses biens. La seconde D était destinée a un marchand de profession , qui logeait dans des chambres situées au premier étage , comme l'indique un escalier en bois dont les premières marches en pierre sont encore visibles*

« On entre par le prothyrum ( n°. 2 ) dans Y atrium toscan (n°. 3), bien reconnaissable à son impluvium (n°. 4)- Autour de Y atrium sont distribuées diverses pièces ( n°\ 5,5,5). En face de rentrée est le tablmum (n°. 7) f ouvert également à ses deux extrémités , afin de laisser apercevoir un petit jardin (n°. 11) dont les arbustes cachaient l'irrégularité , et qui remplace en partie le péristyle. Les pièces 8 et 9 sont des ceci ou salles de réunion ; entre elles et le jardin est une espèce de promenoir couvert (n°. 10), qui donne entrée à un petit cabinet ( n°. 23 ) , dont la fenêtre s1 ouvre sur le parterre , et a une autre salle 1 2 qui paraît avoir été le triclinium , ou le lieu de réunion de la famille.

« Dans le passage 1 3 , on trouve l'escalier 1 4, qui conduisait aux appartements supérieurs, et un réduit 1 5 où se tenaient peut-être les esclaves en attendant qu'on les appelât. Le petit cabinet 16 parait avoir été le logement d\m

d'entre eux .Le passage n". 1 7 conduit à une porte dederrière (postieum), ouvrant sur une autre rue, et qui était utile pour le service de la maison.

« La cuisine n*. 18 est reconnaissante à sa cheminée et à ses dépendances , a et b. La pièce obscure 19 servait sans doute à serrer le bois , le charbon et les provisions de cuisine. Le passage n°. ao fournissait aux domestiques une communication facile avec Y atrium , sans qu'ils eussent besoin de traverser les pièces ou galeries réservées à leurs maîtres. »

Ainsi vous voyez dans ce plan , Messieurs , une maison sans péristyle , dans laquelle cette pièce est remplacée par un petit bosquet de forme irrégulière»

En effet , le péristyle annonce déjà des maisons d'une certaine importance , et Ton a dû le sacrifier dans les demeures d'une étendue médiocre : un grand nombre de celles qui ont été exhumées à Pompeï en étaient dépourvues.

L1 atrium , au contraire , était indispensable ; on le retrouve partout , même dans les plus petites maisons privées.

Celle dont vous voyei le plan, n*. 3 (même planche) , est de cette espèce ; car elle ne se

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compose que de six pièces , disposées aux deux extrémités de V atrium.

L'entrée ou prothyrum n°. i conduit dans un atrium n°. 2 , appelé displuviatum , c'està-dire qui déversait ses eaux en-dehors de la maison. On avait pratiqué dans l'épaisseur du mur de V impluvium n°. 3 det encaissements pour y planter des fleurs.

Un escalier de bois ( n°. 5 ) conduisait a l'appartement qu'occupait le mattre du logis et sa famille. Quoique l'escalier soit entièrement détruit , il est facile de reconnaître comment la rampe était faite , car l'artiste Ta répétée sur le mur.

Les pièces 6,7, étaient destinées à recevoir les étrangers et les amis. L'esclave qui veillait à la garde du rez-de-chaussée , devait coucher dans la pièce 8 , où il se tenait aussi pendant le jour. La cuisine 9 , placée sur le corridor , était fort petite.

Cette maison offre , comme la précédente , un exemple de ces boutiques dans lesquelles les propriétaires faisaient vendre , pour leur propre compte , les productions de leurs biens ruraux. C'est ce qu'indique la porte de communication de cette boutique n° loavecl'afrttim(i).

(!) V. MmoU, Ruine* île Pomptf.

Dans toutes nos anciennes villes gallo-romaines , on a trouvé des restes de maisons dont quelques-unes devaient être d'une certaine magnificence, à en juger par les belles mosaïques qu'on y a découvertes : ces vestiges dont malheureusement l'exploration a été faite partiellement, comme je l'ai dit déjà , et trop imparfaitement pour fournir des notions sur la distribution des édifices , étaient presque tous à un niveau plus bas que le rez-de-chaussée des maisons aujourd'hui habitées, et correspondaient aux caves.C'est ainsi qu'on trouve encore parfois des mosaïques antiques à Bavay , à Nîmes , a Vienne , à Reims , à Arles , à Autun et dans d'autres villes importantes qu'il est inutile de citer (i).

Cette circonstance résultant de l'exhausse-, ment du sol et des rapports plus ou moins considérables qui ont eu lieu dans les villes , s'est présentée presque partout et s'explique facilement.

Si l'on explorait avec soin certaines villes qui ont été déplacées , et dont les restes n'ont

(I) Lrs belles mosaïques, déposées par les soins de M. Artsud au muaée de Lyoo , ceîks de* musées de Vienne t de Nîmes, eic, etc. , ont éié trouvées a de pareils oiveaui.

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pas été recouverts par des constructions modernes, on recueillerait évidemment des notions assez exactes sur détendue des maisons privées, et les fouilles à faire ne seraient pas très-dispendieuses. Quelquefois des travaux de défrichement favorisent ces recherches » et elles seraient aujourd'hui très-avancées , si Ton avait profité des occasions qui se sont présentées.

Cest ainsi que les travaux de l'ingénieur Hubert , au vieux Lisieux , auraient pu nous faire connaître , si elles eussent été dirigées dans ce but , la disposition exacte des maisons qui bordaient les rues encore visibles de cette cité, et dont les fondements furent exploités pour la confection de la grande route voisine.

M. Artaud , de Lyon , rapporte dans son ouvrage sur les mosaïques du Midi de la France, qu'en i8io,on a trouvé à St.-Volban, arrondissement de Belley (Ain) , les ruines d'une bourgade gallo-romaine , située le long du Rhône. On y remarqua une rue parallèle au cours du fleuve , dont les maisons offraient des murs ayant encore dans quelques parties 4 à 5 pieds d'élévation ; ils étaient enduits d'un mortier colorié ; quelques-uns étaient peints à fresque.

On vida les appartements encombrés de terre , et l'on y reconnut des salons , des ca-

binets, des cuisines dans lesquelles se trouvèrent encore des os de mouton (i).

Cette rue se trouvait a a ou 3oo pas du village actuel , dans un terrain en friche (2).

Un très-grand nombre de découvertes du même genre ont été faites en France. Des bourgades, de pentes villes, sur lesquelles on ne possédait aucuns renseignements , ont été mises à nu à différentes époques : malheureusement on n'a pas fait beaucoup d'attention à la distribution de ces édifices privés ; on n'en a pas levé de plans , et maintenant il ne reste plus de ces découvertes qu'un souvenir confus t dont nous ne pouvons tirer aucun parti pour expliquer la destination habituelle des appartements des petites maisons de nos contrées : on peut toutefois regarder comme constant , que dans les maisons de ville d'une certaine importance ,

(1) La plupart de ces pièces étaient parée* de petits cailloux de différentes couleurs , comme le Rhône en charrie , rangés sans drssin régulier , mais disposés avec soin sur un bain de mortier.

La rue, qui pansait au milieu des deux rangs de maisons , était elle-même pavée avec des cailloux tirés du lit du Rhône, mais plus gros que ceux employés pour le rez-de-chaussée des maisons.

(2) Ce terrain ayant été acheté par des habitants de St.- Volhan et mis en culture , le» travaux entrepris à cet effet Aient découvrir les maisons gallo romaines dont nous parlons.

on suivait , comme en Italie , les plans dont Pompeï nous offre des exemples si nombreux et si intéressants. La Gaule , devenue romaine, adopta pour les édifices privés , comme pour les édifices publics , les préceptes des architectes romains, et se modela sur l'Italie, jusque dans ses moindres habitudes.

Dans l'état où se trouvent les débris de constructions privées , on conçoit qu'il est impossible de rien affirmer sur la hauteur des édifices : il est probable que l'élévation des maisons variait comme aujourd'hui, suivant l'importance des villes et leur population , mais que beaucoup n'avaient qu'un ou deux étages dans nos cités gallo-romaines.

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