‹ Cours d'antiquités monumentales professé à Caen (volume 2)Chapitre 34 sur 43 · POSUIT · texte numérisé non relu

POSUIT

Quoique l’usage de brûler les morts ait été ge'néralement répandu pendant les deux premiers siècles de notre ère , on a souvent encore à cette époque enterré des corps entiers.

Pline rapporte que certaines personnes préféraient être inhumées dans des solia, en terre , et que Marcus Varon fut ainsi enseveli , entouré de feuilles de myrthe , d’olivier et de peuplier noir , suivaut l’usage des pythagoriciens (i). Il est constant que l’usage d’ensevelir les corps se conserva dans certaines familles de l’Italie ; et évidemment il en fut de même en Gaule, car au milieu des cimetières remplis d’urnes , on a presque toujours trouvé quelques corps entiers accompagnés des vases que j’ai signalés comme habituellement placés à l’entour des urnes cinéraires (a).

(i) Qain defunctos sese roulti fictilibnr soliis candi maluerc : sicut V«io , pitbagorro modo, in mirti et olea atque populi niffri foliii ( II». XXXV, t ij).

(j) Je suis «ssp i porté * croire que l’incinération des corps

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A l’appui des généralités précédentes, perraettez-moi, Messieurs, de citer quelques exemples , et de vous présenter l’exposé sommaires de résultats obtenus pardes savants qui ont soigneusement exploré plusieurs cimetières antiques.

Cimetière de Gièvres (Loir-et-Cher). D’après l’intéressante notice de M. Jollois (i) , le cimetière antique de Gièvres, l’antique G abris ( a), est situé à peu de distancede la route de Bourges à Tours, indiquée par la table de Peutinger. A l’occident du cimetière passait une autre voie romaine dirigée du Nord-Ouest au Sud-Ouest , traversant le Cher à Chabris et passant par Ro-

a été plus ou moins généralement usitée , à la même époque , suivant les parties de la Gaule, ce qui expliquerait pourquoi ou trouve si peu d'urnes dans certaines contrées, tandis qu’elles sont extrêmement communes dans d’autres.

(i) Tout cc que nous rapportons ici est extrait du mémoire de M. Jollois sur l’ancien cimetière de Gièvres.

(a) D’après les recherches de M. Jollois, la station romaine était placée au nord du cimetière antique; on y trouve fréquemment dea médailles, et l’on y voit une grande quantité de tuiles à rebords, des fondations de murailles arec assises de briques , des tuyaux de chaleur eu terre cuite de forme rectangulaire, dont les bords extérieurs étaients sillonnés de raies faites exprès pour établir une forte liaison avec le mortier ; des menles en poudingue de 18 pouces de diamètre, des fragments d’amphores ,etc., etc. En considérant l’espace occupé par ces débris ou pourrait reconnaître avec asaez de précision ' l’étendue de l’ancienne ville.

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morantin , Chaumont , Millançay , où l’on trouve des vestiges antiques , Neung, qui offre l’emplacement d’une ville romaine et un cimetière fort riche , la F erté- Saint- Aubin et Orléans. Au-delà de Chabrii , vers le midi , cette route passait par Estrée - Saint - Genoux , la Boche- Pozaj , et arrivait à Poitiers : de sorte que les points extrêmes de cette antique communication, indiquée sur la carte de Peutinger, étaient Genabum et Limonum.

On a trouvé dans le cimetière de Gièvres une quantité considérable d’urnes de la forme indiquée pl. XXIX, fig. i. Quelques-unes étaient d’une couleur tirant sur le rouge ; mais le plus grand nombre avait une couleur noire ou bistrée qui paraissait due à l’application d’un vernis , quoique la pâte de la poterie fût noire.

La plus grande partie de ces vases renfermait des débris d’osbrûlésetdescendres(i).Plusieurs aussi étaient vides et n’ont été trouvés remplis

(1) Oa a trouvé à Gièvres deux urnes accolées , dont l’une renfermait des cendres et des reste» d'os brûlés, et dont l’autre vide était fermée par un espèce de vase A téter bouché luimême avec une médaille de l’empereur Claude*

Les deux urnes étaient couvertes d’un plat un peu creux en poterie commune.

M. Jolloi» suppose qne ce petit monument était consacré A la mémoire d’un enfant chéri, ce qne paraîtrait indiquer le vase A téter placé près des cendres.

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que du sable même du champ dans lequel ils avaient été enfouis.

Avec les urnes cinéraires on a découvert à Gièvres une grande quantité de petits vases. Les plus nombreux ressemblent à ceux que j’ai figurés sur la pl. XXIX , fig. 16 , 17 , 18, 19,. 20, etc. C’étaient des espèces de bou- , teilles à ventre très-renflé , à goulot fort étroit , n’ayant pour la plupart qu’une anse. Ils étaient tous vides et ne contenaient qu’un peu de sable. Il y en avait de différentes grandeurs. Les plus forts n’offraient guère plus de 7 pouces de hauteur sur un diamètre à peu près égal à l’endroit du plus grand renflement. La plupart étaient faits d’une terre légère , demi-cuite et perméable à l’eau.

Les fouilles ont aussi produit un grand nombre de coupes en poterie rouge ornée , semblables à celles que j’ai décrites précédemment (pages 197 et suivantes), et que vous avez examinées sur la pl. XXIY , des gobelets de forme cylindrique, des assiettes et de grandes amphores, dans lesquelles on n’a jamais remarqué que du sable et point de cendres.

Près de ces différents objets, on a exhumé à Gièvres, comme dans presque tous les cimetières gallo - romains , une grande quantité

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de clous qui ue diffèrent point de ceux dont nous nous servons encore aujourd’hui, et qui sans doute provenaient au moins en partie du coffret qui renfermait les vases et les objets confiés à la terre (1). Enfin, l’on a trouvé bon nombre de médailles, notamment du règne de Claude , des fibules , des anneaux et un fragment de miroir en métal.

M. Jollois fait observer que le terrain du cimetière antique de Gièvres n’est qu’une espèce de sable de couleur jaunâtre , et que les ouvriers étaient presque toujours avertis de quelque trouvaille par l’aspect noirâtre du sol, provenant du mélange du sable avec des cendres et du charbon. Les urnes n’étaient qu’à six ou sept pouces de profondeur, ce qui fait que beaucoup d’entr’elles avaient été renversées et brisées par la charrue.

Tout près du cimetière , on a reconnu une aire d’environ 7 pieds sur 5, formée de sable agglutiné et endurci , qui était évidemment le pavé de l’ ustrinum , et sur lequel on

(1) M. Jollois a remarqué cependant que parmi tes clous il y en avait de fortes dimensions qui n’auraient pu servir à cet nsage, qu’autant que les planches du coffre auraieuteu nue épaisseur très-considérable.

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voyait encore une couche de charbon et un* niasse d’os calcinés (i).

Cimetières de Soing et de Neung en Sologne. On a depuis long-temps déjà exhumé à Soing , prèsdeRomorantin , en Sologne, une très-grande quantité de vases funéraires de différentes formes, en terre, et de belles urnes de verre, qui font l'ornement des cabinets où elles ont été déposées (2). La plupart des urnes en verre recueillies dans cette localité sont unies , mais quelques-unes offrent à l’extérieur des ornements et des guirlandes de feuilles en relief; elles paraissent avoir été coulées dansdes moules. M. de La Saussaye , qui a fait pratiquer de nouvelles fouilles à Soing, se propose de donner une description complète de ce cimetière qui, outre les vases funéraires , a fourni des figurines , des ustensiles en métal et une grande quantité de médailles. On peut supposer que des personnes de distinction ont été inhumées dans cette localité , et M. de La Saussaye annonce

(1) On * trou Té & quelque distance de U, sur la mime ligue, un autre emplacement d 'uttrinum , et il est possible qu’il y eût encore d’autres emplacements semblables.

(aj^’ai tu des vases cinéraires du cimetière de Soing dans les collections publiques de Tours et d’Orléans , chez M. Pclieuz à Beaugency , et à Blois chez M. de la Saussaye qui en a réuni un très-grand nombre. Beaucoup d’autres amateurs en possèdent.

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qu’il a reconnu remplacement de l’ancienne ville qui alimentait le cimetière Ainsi , Messieurs, vous voyez la preuve de coque j’avançais tout à l’heure : que la réunion des sépultures peut conduire à re trouvère ert aines localités importantes , dont l’existence estcomplètcment oubliée.

Le cimetière deNeung, (1) qui a déjà fourni de belles urnes et beaucoup d’autres objetsanli. ques, et qui comme celui de Soing est tout près d’une ville gallo-romaine , doit être également décrit par M. de La Saussaye , auquel on devra bientôt l’exploration de plusieurs autres lieux de sépulture, dont il indique l’existence , à Millançay, entre Neung et Gièvres , à Cheverny, entre ce dernier village et la ville de Blois ; à Nouan-le-Fuselier , sur la route d’Orléans, à Vierson , et sur quelques autres points de l’Orléanais et de la Sologne.

D’après les recherches de M. de La Saussave, les médailles trouvées avec les urnes dans cette partie de la France , sont presque toutes des deux premiers siècles de l’ère chrétienne ; celles du temps de Néron sont les plus communes , et

(1) NeuDgsetromre, comme je l'ai dit pagua63, «ur U roie antique qui allait de Gabrlt h Genabum.

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l’on n’en trouve guère de postérieures aux Antonins.

En secondlieu, les urnes en verre, qui, comme je l’ai dit, paraissent avoir servi aux personnes les plus éminentes, ont quelquefois été réunies de manière à faire présumer que certaines parties des cimetières étaient plus particulièrement que les autres affectées aux inhumations des notables.

Il paraît aussi qu’il existe quelques différences dans les formes et les dimensions des urnes de chaque localité, ce qui s’explique tout naturellement, puisque nous voyons les mêmes différences dans les produits de nos fabriques de poteries , même peu éloignées les unes des autres.

Enfin , M. de La Saussaye a remarqué des grouppes d’urnes séparées des autres et en quelque sortes l’écart , qu’il suppose appartenir à une époque où déjà l’usage d’incinérer les corps n’était plus général et s’était seulement perpétué dans quelques familles.

Cimetière de Tours. Le cimetière romain de Tours était situé à l’Est de la cité, à peu de distance de la voie qui allait à jévaricum , Bourges, par Tasciaca et Gabris. On l’a découvert il y a

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quelques années en creusant le canal qui unit le Cher à la Loire; mais on n’ en a vraisemblablement traversé qu’une partie ; il paraît que lés urnes déposées dans le musée de la ville ont été exhumées dans remplacement de la Garre, près de la Magdeleine (i)t et que plusieurs étaient rangées avec ordre le long d’un mur souterrain. Les urnes étaient en terre cuite ou en verre, et accompagnées des mêmes objets que celles de Gièvres.

Cimetière de Bordeaux. D’après les calculs de M. Jouannet , on a dû exhumer environ 20,000 urnes du cimetière romain découvert aux sablières de Terre-Nègre , dans la région Nord-Ouest de Bordeaux. Ces urnes étaient pour la plupart en terre , de la forme de celles que j’ai figurées sur la planche XXIX , n°. i , et munies d’un couvercle un peu bombé, ayant un bouton plat au centre. Quelques-unes seulement étaient en verre (2).

(1) Renseignements communiqués par MM. Noël Chainpoiseau et Dujardin, membres de l'academie de Tunrs.

(a) De cimelière de Terre-Nègre était destiné, hcc qu’il paraît, aux sépultures du peuple ; les tumbeaux de la classe riche ou Seulement aisée, bordaient la foie publique plus piès des remparts.

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Un a découvert à Terre-Nègre une urne de famille, ayant a pieds de hauteur, ao pouces de grand diamètre, 8 pouces au goulot, 6 pouces à la base. Un carreau de terre cuite, muni de deux boutons lui servait de couvercle. Ce vase, armé de trois grosses anses, renfermait une quantité considérable de cendres, d’ossements , et deux lacrymatoires de verre. En-dehors et contre l’urne, était appliqué un cordon perpendiculaire, forme' de sept petits vases pareils , emboîtés les uns dans les autres.

De belles coupes en terre rouge, ornées de figures en relief, des vases de différentes formes, des lampes , des fioles en verre , des styles , des clefs, (1) des anneaux, etc., etc., accompagnaient les urnes cinéraires comme à Gièvres et dans les autres localités déjà citées.

Parmi les observations intéressantes faites à Terre-Nègre par M. Jouannet, il en est une que je crois devoir particulièrement vous signaler

(1) La plupart des clefs antiques trouvées à Terrc-Xègre diffèrent de» nôtres, comme beaucoup d’autres découverte» ailleurs (v. pl. XXX. ), par leur tige plate , épaisse, équarrie, par leur petit anneau plu, propre à suspendre l’instrument qu’à aider la uiainquis’en servait ; parleur panneton, composé de trois à quatre longues dents fortes et quadrilatères séparées les unes des autres dans toute leur hauteur; enfin par la pose même de ce panneton qni n’est poiut sur le plan du reste de la clef, tuais qui lui est perpendiculaire.

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en rapportant les propres expressions du savant antiquaire bordelais.

« Le soin religieux, dit-il, avec lequel les anciens désignaient tout endroit occupé par quelque sépulture, ce soin d’abord uniquement destiné à prévenir la violation du dernier asile, mais d’où vinrent dans la suite les épitaphes, les autels, les tombeaux fastueux, enfin le luxe et les vanités du cercueil, nous l’avons retrouvé à Terre-Nègre dans sa primitive simplicité. Là j’ai reconnu qu’un ou deux blocs de craie gros comme le poing , déposés à quelques pouces de la surface , au-dessus de l’urne et du cercueil , tenaient lieu au pauvre bitu r ige d’ un monument indicateur plus dispendieux. Toutes les tombes ne nous ont pas offert cette particularité , mais nous l’avons assez souvent rencontrée pour quelle attirât notre attention et devint à nos yeux un indice qui ne nous a presque jamais trompés. En l’apercevant ,. nous étions à peu près sûrs d’arriver bientôt à quelque sépulture qui n’avait pas encéire été fouillée (1). »

Les recherches de M. Jnuannet ont prouvé que les deux modes de sépulture, l’incinération

(1) Mémoire de M. Jouaonct dam le volume publié , en i8'o, par l'académie de Bordeaux.

cours

et l’enterreraent étaient en usage dansle même temps chez les Bituriges , mais que le premier mode était le plus généralement suivi à l’époque où l’on inhumait à Terre-Nègre; le nombre des urnes était à celui des corps comme 20 est à 1 .

L’une des tombes les plus curieuses qui aient été observées à Bordeaux , montrait à quelles places, lorsque le corps était inhumé en entier , on déposait les vases qui accompagnaient ordinairement les urnes. Ce cercueil avait 6 pieds de longueur, 2 pieds i/a de largeur et 3 pieds de profondeur; il était garni d’un mur de 1 pied i;a d’épaisseur. Le cadavre était couché sur un lit de mortier de deux à trois pouces ; près de sa tête se trouvaient deux vases , un autre près de la hanche droite , et une grande coupe à côté des pieds.

Deux médailles , enveloppées dans un morceau d’étoffe , dont l’oxide conservait encore l’empreinte, avaient été déposées dans la bouche du cadavre.

Quant à l’époque précise à laquelle on cessa de brûler les corps à Bordeaux , M. Jouannet, en considérant les médailles qui accompagnent les urnes , est porté à croire que cet usage ne s’est pas conservé dans ce pays beaucoup audelà du second siècle de lere chrétienne, et que

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te changement qui s’opéra dans la manière d’inhumer coïncide avec l’établissement du christianisme. Ainsi sur plusieurs centaines de médailles recueillies dans le cimetière de Terre- Nègre, où elles étaient communes, on n’en a pas trouvé de postérieure à Antonin (i).

Cimetière antique de Dieulouard (Meurthe). Dieulouard r s’est élevé sur les ruines de Scarpona, ville indiquée dans l’itinéraire d’Antonin, entre Tullum et Divodurum , et qui s’étendait particulièrement sur la rive droite de la Moselle. O11 y voit encore les ruines d’une forteresse de construction romaine, et les terres mélangées de débris do toute espèce indiquent évidemment l’emplacement de nombreuses habitations qui ont disparu.

Le cimetière de l’antique Scarpona vient d’être exploré par M. de Saulcy , membre de la société des Antiquaires de Normandie.

(1) M. Jotiannet rapporte que depuis 10 an* toutes les pièces trouvées à Terre-Nègre ont passé sous ses yeux et qu’il n’en a vu ni d’antérieures à Néron, ni de postéiieures aui Antouins; il s’est cependant rencontré deux ou trois Auguste et quelques Claude , mais si frustes et si peu reconnaissables qu’ils ont semblé devoir être rangés parmi les monnaies adventicesquirestèrent encore en circulation long-temps après la mort du souverain. M. Jouanuet réduit doue à la durée d’un siècle celle de la primitive destination du cimetière de Ttne-Nègre.

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Les urnes cinéraires qu’il,y a trouvées étaient pour la plupart en terre cuite, comme dans les autres cimetières (1), et presque toutes recouvertes d’une tuile ou de quelques tessons d’amphores. Au-dessus de cette couverture on voyait souvent un lit de terre surmonté de quelques pierres brutes , disposées comme celles remarquées par M. Jouanuet dans le cimetière de Terre-Nègre;

Quelques-unes avaient aussi été renfermées dans des colfres composés de deux» châssis en pierre,, superposés l’un à l’autre.

D’autres urnes étaient recouvertes par des vases brisés beaucoup plus grands, ou même entourées de tous côtés de fragments d’amphores.

Enfin les cendres des malheureux, trop pauvres r sans doute, pour que leurs proches pussent acheter une urne cinéraire , étaient tout simplement déposées dans la terre , et recouvertes de fragments d’amphores. Plusieurs fois, M. de Saulcy a rencontré également les cendres déposées , soit sur de petits plateaux de poteries

(1) Près de l'une de ces nroes on rencontra un rase de verre renfermant plusieurs morceaux d'une flûte romaine. Il est probable que cet instrument avait appartenu au mort dont tes cen dre* étaient renfermée» dans l'urne voisine.

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brisés , soit entre deux tessons d’amphores, soit enfin recouvertes d’une simple tuile semi-circulaire.

M. de Saulcy a remarqué dans presque tous les vases cinéraires qu’il a vidés que le fond était occupé par une petite couche de gravier de deux à trois lignes d’épaisseur, et sur laquelle reposaient immédiatement les cendres et les débris d’ossements recueillis après la combustion du corps»

Parmi les urnes nombreuses exhumées à Dieulouard, sous la direction de M. de Saulcy, on en trouva une en terre rouge recouverte d’un vernis. noir et portant, grossièrement écrit avec une pointe, le nom du mort qu elle renfermait: PICCIENUS.

Plusieurs squelettes ont été observés parmi les urnes. Presque tous étaient étendus sur le dos, ayant la tête tournée vers l'Orient, et plusieurs avaient des vases déposés près d’eux. Les médailles découvertes dans ce cimetière étaient d’Auguste r d’ Agrippa, de Néron , d'Adrien, de Macrin, de Constantin, de Claude, de Quintiilus et de Tetricus.

Plus de cent autres cimetières antiques ont été reconnus, à ma connaissance, dans diverses localités, soit près des villes dont le nom ancien

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nous est connu , soit à peu de distance d’établissements gallo-romains détruits, et sur lesquels on ne possède aucuns renseignements.

Au Sud de Litlebonne , sur le bord de la voie qui conduisait de cette ville à la Seine , et de là à Brionne, M. Davois de Kinkerville a découvert un assez grand nombre d’urnes cinéraires. Près de Dieppe , sur la commune de Côtecôte , un cimetière reconnu par M. Féret, a fourni près de 100 urnes, qui, d’après les médailles trouvées en même temps, paraissent remonter au siècle des Antonius, et dont plusieurs sont de'posées dans la bibliothèque publique de cette ville. M. Féret possède un nombre considérable de documents relatifs à des trouvailles de sépultures faites sur différents points du même arrondissement.

On inhumait, à ce qu’il paraît, aux deux extrémités de la ville d’Exmes, sur le bord de la voie que j’ai décrite (le chemin Hausséj. En effet, l’on a trouvé dans le Champ-des-Merveilles (t) , au Sud de l’ancienne ville, des vasès qui , selon la description qui m’a été faite, doi-

(t) La voie romaine qui se dirige aur le Merleiault pour aller •ans doute gagner Planches et Tourouvre, passe le long du champ des Merveilles oü elle m'a été montrée par M. Le Métayer, adjoint de Ginay ; elle y est pavée en laitier de fer.

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vent avoir renfermé des cendres, et M. de Colleville vient de découvrir d’autres urnes, évidemment cinéraires , sur le penchant du monticule qui bornait au nord la ville romaine.

A Bayeux , le champ des urnes était , selon toute apparence, à l’Ouest et au sud-Ouest de l’enceinte murale , là où se trouvent la rue de la Poterie et les jardins qui bordent la rue des Terres. On y a découvert à plusieurs reprises une grande quantité de fragments d’urnes cinéraires et des médailles des empereurs Claude, Néron, Vespasien, Nerva, Trajan, Adrien, Antonin-le* Pieux, etc., etc. (i)

A Jort on découvre des urnes dans les jardins qui bordent la principale rue du bourg, et Vieux a fourni dans le siècle dernier des urnes et des cippes portant des inscriptions funéraires.

Je ne finirais pas, si je voulais citer tous les renseignements que j’ai réunis sur les lieux où

(l) On peut tirer encore une autre induction favorable a l’opinion que j’émets ici, de la position du cimetière chrétien qui fut placé à l’opposite du cimetière romain près de l’églisç Sâint-Exupère. Dan» plusieurs ville» anciennes , j’ai remarqué que les premiers chrétiens ont choisi pour leurs sépultures des lieux directement opposés* ceux qui étaient occupés par lescimetières payens.

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