‹ Cours d'antiquités monumentales professé à Caen (volume 2)Chapitre 37 sur 43 · COU K · texte numérisé non relu

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Des tombeaux creusés dans le sol et revêtus de pierres plates ont été exhumés à Colombiers, sur le bord de la voie romaine allant de Bayeux au Bac-du-Port (Y. la page 1 46) ; on a trouvé des agraffes et différents objets antiques près des squelettes qu’ils renfermaient , et M. Lambert, qui les a visités, ne doute pas qu'ils ne* dussent être regardés commeappartenantà lere gallo romaine. Des découvertes du même genre ont été faites dans l’arrondissement de Lisieux par M. de Formeville , à Vieux , aux environs de Valognes , dans le département de la Seine- Inférieure , en un mot, dans toutes les parties de la Gaule. Auprès des squelettes renfermés dans ces tombeaux, on a trouvé assez ordinairement des bracelets en cuivre, dont quelques-uns étaient ciselés, des poignards ou coutelas en bronze ou en fer, des grains d’une sorte de porcelaine ou d’émail coloré et d’autres objets paraissant avoir été enfilés et portés en collier ; de petits vases de verre et quelquefois des agraffes en or.

Le musée d’antiquités de Rouen renfermes cercueils gallo-romains en pierre , dont un est couvert de sculptures assez remarquables , et dont l’autre, tout uni , offre le fragment d’inscription suivant :.... verini sevkri fiu.

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La ville de Rouen a fourni plusieurs autres cercueils antiques ; en 1 8a8, on y trouva , dans la rue du Renard, deux cercueils de plomb , qui furent alors observés et décrits par M. Langlois. L’un des cercueils n’avait que 4 pieds 8 pouces de longueur sur neuf pouces de largeur, à la tête, et six pouces aux pieds ; le couvercle en était plat. Les débris humains qu’il recélait étaient de proportions telles qu’ils ne pouvaient provenir , selon toute apparence , que d’une jeune personne de douze à treize ans au plus. A la tête du squelette étaient une médaille en bronze de Posthume père, et deux petits vases de fabrique très-élégante : le premier en verre fort mince, delà forme d'un simple gobelet ; le second d’une terre extrêmement légère et de couleur bronze antique , avec la formule ave , écrite en beaux caractères et accompagnée de quelques ornements fort simples (i).

Le second cercueil renfermait le squelette d’un enfant de deux à trois ans ; il n’avait que i pieds 10 pouces de long sur 9 pouces de large

(1) V. mon rapport sor le. travaux de la société des antiquaire* de Normandie, année 1818. Une c!,o;e k remarquer, c’est que lue ossements que recélait ce sarcophage étaient colorés en vert ; l'analyse chimique a prouvé que cette couleur était dne > l'oxide dt cuivre.

et 8 pouces de profondeur. Près du squelette était un hochet ou jouet , consistant en un anneau de bronze de u pouces i/a à trois pouces de diamètre, auquel étaient suspendus et enfilés, comme les patenôtres d’un chapelet, deux défenses de sanglier, un anneau de bronze, quatre médailles romaines du même métal, une petite sonnette quadrangulaire, un tronçon de coquille turbinée, deux globules de biscuit ou d’émail d’un vert tendre , striés dans leur pourtour.

Les trouvailles de tombeaux ont été très-fréquentes dans la Champagne , l’Alsace , la Lorraine , la Bourgogne , et ont donné lieu à diverses notices.

On trouve dans X JÜsacia illuslrata}deSchœp llin, et dans l’histoire de Strasbourg, par Silherman , une note sur des sépultures antiques composées de tuiles à rebords disposées de manière à former un toit, et qui portaient le nom delà VIIIe. légion (i). Ces tombeaux , tout-à-

(i) Un champ situé à une demi-lieue de Strasbourg est encore jonché de briques romaines portant la marque de la VIII* légion , et la position de ce lieu favorable pour l’obirraation du pays pourrait faire croire que ce fut lé l'établissement occupé par la VIII* légiun : peut-être n’en était-ce que la biiqueterie.

V. les Antiquitie de l’Altaet par MM. Schwcighauter el de Golbcry , p. 7;.

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fait semblables à ceux que nous avons décrits déjà (pagea57), recouvraient des squelettes entiers.

M. Schweighauser rapporte que devant Strasbourg , là où passe aujourd’hui , et où a dû passer en tout temps la route qui se dirige vers le centre de la France , on a découvert il y a quelques années un squelette renfermé flans une sorte d’auge en pierre grossièrement taillée j ce squelette était accompagné d’un verre de la fabrication la plus élégante ; c’est un gobelet entouré d’une sorte de réseau en verre colorié, maintenu par de petites pointes en verre à la distance d’une ligne et demie des bords. Le verre du réseau est colorié en pourpre. Autour du haut du gobelet on voitcucore les restes d’une inscription prouvant que cet objet précieux avait été offert à l’empereur Maximien , qui apparemment en avait fait présent à un officier enterré auprès de Strasbourg. Dans les notes qu’il a bien voulu me transmettre, M. Schweighauser parle aussi d’un certain nombre de tombeaux découverts à 4 lieues de Strasbourg, auprès de Marlenheim, célèbre résidence des premiers rois Francs. Ces tombeaux consistaient en six plaques de pierre plus ou moins tiavaillées et dont on avait formé des

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cercueils. Le lieu où ils ont été trouvés a fait penser d’abord qu’ils étaient du commencement delà monarchie française, maison a fini par découvrir dans la bouche d’un squelette une petite médaille qui, par elle-même ainsi placée, indiquait que le tombeau était payen. C’était une pièce de Constantin.

D'autres tombeaux ou cercueils , formés de même de plusieurs pierres, ont été exhumés en assez grande quantité sur un monticule appelé Luppberg , et situé près de Durstel , non loin de Saur-Union. Dans ceux-ci, on trouva toute sorte de colifichets et surtout des grains en verre paraissant avoir servi de colliers. Des tombeaux et des objets semblables ont été observés près de Wezelis, en Lorraine, et sont décrits dans les mémoires de la société îles Antiquaires de France. On y a découvert des médallies, et l’on peut regarder comme un fait constaté quils appartenaient au temps de Constantin (i).

Ce que je viens de dire suffit pour vous faire connaître le mode de sépulture le plus usité au IVe. siècle.

(il Renseignements communiqué» par M. de Schwtighauser, ■le l’institut.

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Quelques cercueils munis d’un couvercle bombé, convexe ou triangulaire, et ornés de sculptures , sont évidemment restés à nu1 et n’ont point été engagés dans la terre ; les autres ont été enterrés à une petite profondeur, et quelques-uns ont dû être recouverts d’une pierre tuinulaire (1).

Je n’ai plus qu’un mot à ajouter:

Nous avons vu dans la première partie du Cours que long-temps après l’introduction des mœurs romaines dans la Gaule , ou avait élevé des tumulus, ainsi que le prouvent les médailles trouvées souvent au milieu de ces tertres funèbres ; que certains tumulus étaient même des derniers temps de l’ère galloromaine. Des observations faites sur plusieurs points de la France m’autorisaient à

(t) Il est probable que dès celte époqoe on commença à représenter le défunt couché snr la tombe, genre de tombeau qui fut usité au moyen âge, et qne, pot» préserver la statue du mort de» intempéries des saisons auxquelles elle eût été exposée dan» cette position hurisontale , on éleva dans quelques lieux des arcades ou niche» cintrées que nous retrouveron* en étudiant les tombeaux du moyen âge. Je u'ai cependant pas d’exemple» 4 citer à l’appui de cette supposition. Les pierres tmiiulaircs paraissent avoir été bien plus rares au 111* et au 1V>- siècles, que dans le ll';dans ces temps moins heureux on s'occupait pins du cercueil que des accessoire» qui pouvaient le faire remarquer.

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parler ainsi. En Alsace , par exemple , un trèsgrand nombre de tumulus paraissent du IV*. siècle; dans quelques-uns de ceux qui ont été nivelés , on a trouvé, près des squelettes qu’ils renfermaient, des médailles de Décence avec le monogramme du Christ. Quelques tumulus doivent donc être rangés parmi les tombeaux gallo-romains de la ae. époque, et plusieurs de ceux qui se rencontrent dans nos contrées littorales sont peut-être du temps auquel les Saxons firent des irruptions sur nos côtes; ils pourraient même ne dater que de la fin du Ve. siècle ou d’une époque moins ancienne encore.

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