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cumane , et qu’il fallait réunir le son de plusieurs instruments.
Ces portes étaient ordinairement au nombre de quatre ; mais dans les grandes occasions , lorsque le camp iut composé de cinq ou six légions , on en fit un plus grand nombre qui correspondaient ordinairement aux extrémités de la voie quintane. Hygin prescrit de creuser au-delà de chaque porte un petit rempart et un fossé qui interdise l’entrée directe du camp et qui force de faire un détour et de prêter le flanc aux soldats placés le long du rempart. Nous verrons que ce précepte a été suivi jusque dans le moyen âge.
Quoique Hygin ne dise pas clairement quelle était la disposition des différents corps de troupes dans le camp , il serait facile de s’en rendre compte et d’interpréter ses paroles , mais nous n’avons pas besoin d’entrer dans ce détail.
Des changements plus considérables survinrent dans l’organisation des troupes vers le règne de Constantin. Jusques au temps de Dioclétien les légions avaient, malgré quelques modifications , conservé leur ancienne composition de b,ooo hommes.
Peu d’années après, les corps nombreux furent réduits à peu de chose; et quand sept
DANTIQUITIÎS MONUMENTALES. 3ll
légions , arec quelques auxiliaires, défendirent la ville üAtnida contre les Perses , tout ce qui se trouvait renfermé dans la place, en joignant à la garnison les habitants des deux sexes et les paysans qui avaient déserté la campagne, n’excédait pas le nombre de ao,ooo individus (1).
D’après ce fait et quelques autres du même genre, il y a lieu de croire que la constitution des troupes légiounai res à laquelle elles de vai ent en partie leur valeur et leur disciplinant changée par Constantin , et que les bandes d'infanterie qui en retinrent le nom et les honneurs, n’étaient plus composées que de mille à quinze cents hommes.
Des recherches approfondies sur l’état des troupes romaines à partir du temps de Constantin seraient bien dignes d’occuper l’attention d’un amateur de l’antiquité, mais nous ne pouvons nous y livrer ici ; disons seulement que depuis Constantin jusqu’à la destruction de l’empire! d’occident l’admission des barbares dans les armées devint chaque jour et plus nécessaire et plus funeste. Les plus hardis d’entre ces peuples, qui mettaient leur bonheur dans la guerre, trouvant plu:i de profit à défondre qu’à ravager les provinces, non
(i) Gibb.jn, tumelll”. Amtnito, Marcellin, lit. 7(JX,cap.i.
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seulement s’enrôlaient parmi les troupes auxiliaires de leur nation, mais étaient encore reçues dans les légions et parmi les plus distinguées des troupes palatines .Ils acquirent la possession des avantages qui soutenaient encore la gloire de leurs anciens maîtres ( i).
Un pareil ordre de choses dut considérablement affaiblir la discipline militaire. Végèce qui , écrivait au I Vme . siècle nous apprend qu’alors les camps étaient bien moins réguliers qu’auparavant; le carré long était encore la forme la plus ordinaire, mais on les faisait aussi suivant les lieux, circulaires, demi-ronds ou triangulaires ; Végèce assure que bien souvent les armées en marche négligeaient tout-à-fait de se fortifier : et lorsqu’on prenait cette précaution on procédait de trois manières , suivant les circonstances.
Dans les cas ordinaires, lorsqu’on n’était pas pressé par le danger-, on se bornait à lever des gasons ou mottes de terre pour en faire un mur de 3 pieds et la dépression qui résultait de cet enlèvement formait le creux du fossé.
Suivant le second mode de circonTallation , la largeur du fossé était de 9 pieds et l a profondeur de 7.
(•} V. Gibbon , tome 111.
d'antiquités monumentales. 3i3
Enfin dans les cas pressanls on portait la profondeur du fossé à 9 pieds sur une largeur de 1 2 pieds , et l’on donnait 4 pieds de hauteur au parapet.
r ai cru devoir, Messieurs, vous présenter quelques notions générales sur le campement, mais je me hâte d’arriver à l’objet principal de cette leçon , à la description des camps ou enceintes retranchées élevées sous la domination romaine.
Je vais décrire rapidement plusieurs de celles que j’ai explorées en assez grand nombre dans le département du Calvados et dans les contrées voisines. Après cette revue j’essaierai d’émettre quelques idées sur les causes qui ont fait élever dans la 2e. Lyonnaise une si grande quantité d’enceintes , et sur l’époque à laquelle on doit rapporter l’établissement de ces forteresses.
Camp de la butte d’Escubes. Le camp d’Escures près de Port-en-Bessin, se trouve comme beaucoup d’autres sur une langue de terre, espèce de promontoire dépendant de la ligne de hauteurs qui borde les côtes de l’arrondissement de Bayeux, et dont j’ai fait con-
cocus
naître la direction dans mon essai sur la topographie géognostique du Calvados (i). Le plateau situé sur cette éminence est défendu par des pentes très-rapides, excepté du côté où il s’attache aux hauteurs voisines, et il a suffi detablir de ce côté un barrage ou rempart en terre, E, qui s’étend de l’un à l’autre des bords de la presqu ile(V. la figure 8, pl. XXXI).
La butte d’Escures domine sur la vallée d’Aure et sur la campagne de Port-en- Dessin, où il y avait un établissement sous la domination romaine, puisqu’on y a trouvé des constructions antiques. Pour ceux qui connaissent ces localités, il n’est pas douteux que le camp ne fut destiné à protéger le port et la vallée voisine. i
De là on pouvait correspondre par des signaux avec beaucoup d’autres positions élevées. On a trouvé à plusieurs reprises des agraffes en bronze, des médailles romaines et plusieurs objets antiques dans l’enceinte ou dans le voisinage du camp d’Escures.
Camp de Castillon. La commune de Castillon, près de Palleroy, tire son nom d’un
(i) Un Yolunie in-S* a?«c allai et coite. Pari» > Lance , rua du Bouloy , n°. 7.
d’antiquités MONUMENTALES. v 3 I 5
camp dans lequel nons trouvons le même système de défense qu’à Escures et qui renferme le château , l'église et une petite agglomération de maisons ; on y a trouvé des débris d’armures (i). Le promontoire à peu près triangulaire qui forme l’enceinte (V, la fig. troisième, pl. XXXII) est défendu de deux côtés par des valons escarpés et par la Drôme ; de l’autre ( vers le midi ) par une longue terrasse haute de ia à i5 pieds.
De Castillon on peut distinguer le camp d’Escures qui en est éloigné d’environ 3 lieues il» en ligne directe (a).
Camp de Banville. La colline de la Burette à Banville , sur la rive gauche de la Seule, à ija lieue au nord du pont de Reviers, est une éminence calcaire formant presqu’île , défendue par la rivière de Seule et par un ravin profond; elle ne s’attache aux plateaux voisins que par un isthme assez étroit que l’on a barré au moyen d’un rempart, suivant le système que nous avons remarqué dans les deux localités précédentes; un autre rempart parallèle au
p) Renseignement communique psr M. Dubois , curé de Castiilon. L’un des Tillages voisins du camp s’appelle hameau Valiun.
(i) On m’annanee qu’il existe d’autres tetrauchement* dans les bois du Tronquay, A trois quarts de lieue de Castillon.
co u as
premier, séparait la péninsule en deux parties. Ce second fossé a été upplati par les travaux de culture, et n’est pas aussi prononcé que le premier, mais il est visible encore (i). On a trouvé en défrichant la terre, sur plusieurs points de ce camp antique, des rangsdegros clous à crochet que les habitants ont supposé avoir servi pour attacher les tentes , et tout récemment un homme défonçant la terre du coté du bord le plus abrupte du camp, a rencontré trois rangs de grandes pointes en fer scellées dans la roche, qui paraissent avoir été ainsi disposées pour empêcher d’escalader le rempart.
Le camp de Banville est en vue deCourseulles , de Bernieres et de la campagne située entre Caen et la mer; il domine le cours delà Seule et se trouve très-bien placé pour empêcher de remonter cette rivière.
Une mosaïque , des briques et des tombeaux découverts dans les environs , me portent à croire que ce camp estd’originegallo-romaine;
(i) Il ne faut pas confondre avec l’ancien camp des travaux qui n'ont rien de commun avec lui , quoique placés à l'extrémité de la presqu’i'e de la Btrettc.
. Ce sont de» fossé* dessinant la forme d’un polygone , et dont on connaît parl’aitciueiil la date. Cet ouvrage lut l'ait , m'a-t-nn dit , dans le siècle dernier ( ) par des soldats en garni-
son à Coursenlles.
!>’ ANTIQUITÉ» MOmJMEMTALES. 5l 7
c>es tombeaux- dans lesquels se trouvaient des squelettes et des anneaux de bronze me paraissent- annoncer le IVe. siècle ; peut-être le camp était-il, avec ceux que je vais indiquer sur la rive opposée de la Seule , occupé par les soldats mentionnés par la notice comme ayant leur résidence, à G ramona (i).
Tomdet Saimt-Uhsut. Au lieu indiqué- sur le np. 94 de la carte de Cassini , sous le nom de- Tombet Saint- U rsin , h 3|4 de lieue à l’-est du camp de la Burette, il existe un enfoncement carré creusé dans la terre et qui semble avoir été établi pour cacher des troupes, afin quelles ne pussent être aperçues par l’ennemi (x). Cette grande cavité profonde de 1 5 à ao pieds et qui n’a pas moins de aoo pieds en carré a été habitée long-temps après l’époque romaine, car ou y distingue encore à rase terre
(i) Ttintacs conoins t-aiu* nov.* intronisa oamnoin m. ni? ion» «mm ico. V. la page 79.
(a) Les troupes préposée» à la garile de la eûte pouvaient se tenir daos cette embuscade ois elles étaient à l'abri du vent de mer, pour tomber ensuite 6 l'iuiproviste sur les Piralna Saxons. Uans son mémoire sur les «nias romaines de l'arrondissèment de Mortagne , M. Vaugcois cite, pris de Mériéres. une cavité <pii parait avoir le plus grand rapport svec cçllc de Saint-L’nin.
bon nombre de murs que je me propose de faire dégagerau moyen de plusieurs tranchées. Cassini indique ce point comme un village ruiné.
Je tiens de M. Léchaudé que des médailles romaines ont été trouvées au Tombet Saint- Ursin.
Camp de BERNiàRES. Tout près du Tombet Saint-Ursin se trouvent les restes du camp de Bernières indiqué d’une manière inexacte sur le n9 94 de la carte de Cassini. On ne saisit pas bien aujourd’hui l’ensemble des ouvrages qui ont existé , mais il est facile de reconnaître que l’emplacement était très-favorable pour surveiller la côte; j’ai déjà décrit cette position en parlant de Grannona dans la notice des dignités de l’empire ( Y. les pages 79 , 80 ), et ma statistique monumentale renferme quel* ques détails assez curieux sur les découvertes qui ont été faites dans les environs de ce camp. A coté , on remarque , comme à Saint- Ursin, une cavité à laquelle on accédait par quatre chemins creux , et peut-être cette disposition du terrain a-t-elle été motivée par les mêmes causes.
Une autre forteresse existait , à Saint-Aubin,
c’ANTIQUrr^S 4MO»ÜME!ÎTAr.CS. 3l^
»ur un ferrai» que la mer a envahi en grande partie on y a trouvé des constructions , dei médailles et divers instruments en métal.
Castillon de Béxoüvu.le. Le camp de Bénouville placé sur le bord de l’Orne, près de l’endroit où devait aboutir la voie romaine venant de Baveux (Y. la pl. XIX et ce qui a été dit pages 1 45 , *46)» présente la forme d’un carré long (fîg. a,pl. XXXl).De deux côtés A. B. l’enceinte est défendue par un vallum dont la hauteur varie depuis 5 jusqu a 1 5 pieds (*) et des autres côtés C. D. par l’escarpement naturel du terrain; j’y ai remarqué des fragments de tuiles à rebords.
Camp db Mocr/r. Il existe un& chaîne d’éminences qui domine sur toute la campagne de Caen et sert en quelque sorte de limites à cette contrée que l’on désigne sous le nom de Pays d’Auge. Le camp de Moult, qui se nomme La Hague, est assis au sommet de cette chaîne , et défendu eu partie par l’escarpement naturel du terrain. Du côté où il se trouve de niveau avec les terres environnantes un rempart con-
(i) Le rempart le plot haut r»t ver* le couchant; lani doute parce que de ce o6ti lr> Une» l'elèvent en pente douce et dominent un peu le cemp.
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sidérable le mettait à l’abri des attaques. L’enceinte est presque carrée , elle borde l’ancienne voie romaine de Vieux à Lisieux et pouvait servir à intercepter le passage. De ce camp on aperçoit ceux de Campandré et du Plessis, éloignés de 1 1 lieues , la butte Saint-Clair- La Pommeraye et plusieurs autres points élevés.
On a trouvé près du camp quelques médailles de Constantin, en petit bronze (i).
Camps dO’oezy et d’Escores. L’enceinte retranchée de la bruyère d’Ouezy , à une lieue de Moult (v. la pl. X XXI ), a la lorme d’un carré long un peu rétréci vers l’une de ses extrémités; elle est située au haut d’un coteau incliné vers le midi , d’où l’on distingue Escures , Quevrue et quelques autres points anciennement fortifiés.
La hauteur du vallum est de 6 à 9 pieds à partir du fossé dont la largeur peut être de 1 2 pieds à l’ouverture.
Le camp d’Escures se trouvait sur la hauteur occupée par cette commune (2), à 1 lieue qa au sud du camp d’Ouezy; il s’appelait camp de
(1) Remcignement communiqué par M. l’abbé de U Rue* M fttttit. avons déjà trtr dans l*armadia.eiï»cnt du Bayeôx un camp «ituù aur une butte d'Escurei. Celte analogie de nom est à remarquer.
d’antiquités monumentales. 3a i
César et dominait le chemin haussé allant de Percy à Jort (Y. la page 1 4 ( tt la pl. XIX). De ce point la vue s’étendait fort loin vers le midi , sur les bords de la Dive et sur les campagnes del’Hiemois (i)s Le camp d’Escures a été détruit depuis le partage des biens communaux, mais on sait que la forme en était carrée et qu’il était entouré de fossés de 1* à i5 pieds. On y a trouvé des morceaux de poterie ; les champs voisins ont offert des puits- bouchés et des fondations de murailles.
Camp de Qüevrue. Le camp de Quevrue est situé dans le bois du même nom à l’est de St.- Pierre-Sur-Dives, arrondissement de Lisieux , au sommet d’une éminence d’où la vue s’étend fort loin sur plusieurs riches vallées du pays d’Auge et sur la campagne de Caen et de Falaise. On distingue de Quevrue les monts d’Eraines , la butte Saint-Clair, la Pommeraie et, je crois, celle de Campandré, également couronnée par nu camp retranché. Celui de Quevrue esta peu près carré entouré d’un vallam et de fossés peu profonds (d’environ 4 à 5 pieds), mais bien conservés et tracés sans interruption. (Y. la fig. 6 , pl. XXXI).
M. Duchesne,qui en est propriétaire, a trouvé
l») Statistique de l'arrondissement de Falaise pai M. Galeron.
5 a* cou n s
daus cette enceinte des poteries, des pavés r des fragments de pierres taillées, etc., et l’on peut croiie qu une habitation existait vers le milieu.
On m a assuré qu il se trouve un autre camp dans le bois de Quevrue et que des fossés allant du Nord au Sud se prolongent dansla forêt sur une longueur de plus d'un quart de lieue (t).
Grand camp du Catellier a. saint- désir r phLs Lisieux. La plus vaste enceinte retranchée que 1 on puisse citer dans le département du Calvados est celle qu’on trouve encore , auprès de Lisieux, dans les communes de Saint- Désir et de La Motte. Cette énorme enceinte,.
(Ph XXXir,qui n a pas moins de 5,4oo pieds en longueur ni de 3,f»oo en largeur, est défendue naturellement par trois vallées profondes et par un grand retranchement aaaa ajant une hauteur de i % a r5 pieds sur une largeur île 3o à 4o pieds a la base. On a trouvé au centre de ce rempart, que l’on a détruit sur plusieurspoints pour en répandre les terres dans la campagne, un assez grand nombre de morceaux de fer dispersés dans la terre. L’enceinte porte
(i) M. le docteur Le Grand , membre de la société de» Antiquaire» de Normandie, qui a signalé le premier le camp de Qaerrue sc propose d’esaminer et rempart lorsqu’on couper» t U partie du boi* où il tiist».
d'antiquités monumentales. 3a3
encore le nom de Castellier el le hameau voisin est désigné sur la carte de Cassini sous la dénomination de porte du Castellier.
Les ruines de de la ville romaine de Novio magus se voient à ija lieue de cet endroit vers le Nord-Est.
Camp du mont Hélert sur la touque. Le petit camp d’Ouilly sur le bord de la Touque, à une lieue de Lisieux , est construit d’après le même système que ceux de Castillon et d’Escures près Bayeux. C'est une pointe escarpée entourée de vallons de deux côtés et défendue du côté des terres par un fossé et un retranchement assez élevé. On domine de là sur toute la vallée jusqu’à Pont-l’Evêque , et l’on ne peut douter que ce poste n’ait été établi pour surveiller cette fertile contrée qui devait être exposée aux incursions des pirates.
Camps du Pin et de Cantelou. Il existe au Pin , dans un bois situé à une demie lieue de la voie romaine allant de Lisieux à Pont- Audemer ( Y. ce qui a été dit page i43) , un camp carié que je n’ai pasencore visité, mais que l’on me signale comme romain j cette opinion me paraît d’autant plus vraisemblable que 1%