ITINÉRAIRE D’ANTONIN
L’itinéraire d’Antonin est divisé en deux parties, Y itinéraire terrestre (i) et Y itinéraire maritime (a).
L’itinéraire terrestre peut se comparer à un livre de poste ; il se compose d’une suite de tableaux indiquant les noms des villes ou des stations par lesquelles on devait passer pour aller de certains points principaux à d’autres points plus ou moins éloignés, dans les différentes provinces de l’empire, et la distance comprise entre chacune de ces localités intermédiaires.
Dans la partie méridionale de l’empire, les ■ routes sont successivement indiquées en allant «
du couchant vers l’orient, depuis les colonnes d’Hercule jusqu’en Arabie; mais dans la partie septentrionale , on suit une marche inverse ; de sorte que les routes de l’Espagne , de la Gaule et de la Bretagne sont indiquées les dernières. (3)
(l) ItIEKRARIUM PROVINCIABCI1 OMRIUM 1MPSBII ART ONlIfl ABCCSTI.
(a) ImPERATORIS ANTOR1R1 AttGUtTI ' 1T1EKR A BIl’U lf ARITIUlm. Ut navigant quæ liltora tenens misse debeat , aut quæambire, incipiens à güdibus vel extremi Afriei , perducet féliciter.
(3) Velera romanorum itioeraria tire Augusti Aotoniai itinerarium , curante P.Weaieling — un vol. in 4°.
COURS
L’itinéraire de mer indique les ports et les lieux maritimes dont la connaissance pouvait être utile au navigateur.
L’itinéraire paraît devoir être rapporté à la 2e. moitié du IVe. siècle , et ne peut » malgré sa dénomination , convenir à aucun des Antonins; car il y est fait mention de Constaniinopolis , de Maximianopolis , etc , villes qui n’ont reçu les noms sous lesquels elles sont désignées que long-temps après la mort de ces empereurs (i).
Mais si l’itinéraire, tel que nous le possédons, ne date que de la fin du IVe. siècle, il paraît bien certain que long -temps auparavant , et même très-anciennement , on avait dressé de pareilles feuilles de route dont on a fait successivement de nouvelles éditions.
J’ai disposé sur la planche XTY les paragraphes de l’itinéraire qui se rapportent à des routes de la am<1. et de la 3me. Lyonnaise, et aux îles voisines de ces deux provinces ; je vais
(i) Il y a lieu de croire que la Mé'opotamic, cédée aux Perses par Jovien , en 564 > après ane longue guerre . était perdue quand l’itinéraire a été écrit, car on D’y a Tait aucune mention des villes de cette province.
Manncrt pense avec beaucoup d’autres savants que l’éditeur de l’itinéraire est Ælllicus, qui écrivait dans la 1*. moitié du V». siècle, et dont la cosmographie se trouve jointe aux plus auciens manuscrits du l’itinéraire.
d’antiquités monumentales. 3i
essayer de suppléer par quelques détails au laconisme de ce catalogue (i).
N.°f .Le premier itinéraire indiqué sur le tableau est celui de Carocotinurn à Augustobone , capitale des Tricasses. Cet itinéraire qui nous indique une route partant de l’embouchure de la Seine, et se dirigeant de l’Ouest à l’Est jusqu a Troyes , par huit stations , est un des plus intéressants de ceux dont j’ai à vous entretenir. ( voyez la pl. XIV, paragraphe 1 <=»•.).
Carocotinurn , voisin de l’embouchure de la Seine, puisqu’il n’était qu’à xo lieues gauloises ou 5 lieues actuelles de Lillebonne , a été placé par la plupart des savants dans le voisinage de Harfleur, mais on n’a pas encore de notions précises sur le lieu qu’il occupait.
La position de Lillebonne est bien connue ; à six lieues gauloises, à l’Est de cette ville, était une station nommée Loturn qui devait se trouver aux environs de Caudebec , dans le voi-
(1) Nous avons suivi l’édition de l'itinéraire donné par Dora Bouquet ( recueil des historien de France, i”. volume. , page 10S), parce que cette collection se trouve dans presque toutes les grandes bibliothèques. L’orthographe des noms de lieu est peutêtre pins conforme à celle des manuscrits dans l’édition de Wesseling qui nous parait préférable sous plusieurs rapports.
siimge de 1 abbaye de Saint-Wamlrille (i), et à - 1 7 lieues.de Lotion , le lieu nommé Latornagum qui était Kquen (a).
Ritumagus indiqué à g lieues gauloises audelà de cette ville , devait être Radepont ou quelque localité voisine.
De Ritumagus la route est conduite par Petromantalum éloigné de 16 lieues, que l’oria souvent cherché à Mantes, niais que MM. l*abbé Belley et Danville placent bien plus probablementjprès deMagny(Eure); par Paris indiqué à 18 lieues de Petromantalum ; par
(i) M. l'abbé Belley rapporte qu’on lit* La Hum et même Loium dam certain» ’manuscrita~de l'itinéraire ; il penae que ce Loium. qu’on devrait peut-être prononcer l.ojum , est identique avec un lien qui a existé anx environ»- de Fontenelle on de Saint- Wandrille , et qui ‘était connu au VI* et au VIII* siècle sous le nom de Locium.
Voir le 19* volume des mémoires de l’Académie des ins»' criptions f page 654* . * " 0 '
(a) M. l’abbé’Relley a prouvé d’une manière incontestable que le texte de l’itinéraire a été altéré, dans les manuscrit», et qu’il faut lire Rolomag «m an lieu de Laiomagum et Ritunagum au lien de Ralon.agam ( v. planche XIV). Cette restitution est absolument nécessaire; car, soit que l’on parte de Lillebonne ou de Paris, les distances marquées par l’itinéraire ' forcent de placer Latomagum à Rouen et Ratomagum è l’est de cette ville. D’ailleurs M. l’abbé Belley rapporte que dans le plus ancien manuscrit de l’itinéraire qui soit à la bibliothèque dn roi , et qui lui paraît avoir été écrit vers la fin du IX* siècle, on lit Ru tomago pour Laiovnago. ,Cc manuscrit fournit donc une preuve de l’altération intrdSoite dans les. autres.
d’antjquïtÎIs MÛMUMENTALES, . 33
Melun, également à 18 lieues dedans, par Montereau-sur-Yonne, à la lieues de Melun , ' » par Sens, à 1 3 lieuesde Montereau, et finalement par Troyes, a 16 lieues de la station précédente (i).
La réunion des distances indiquées dune ville à l’autre forme i3o lieues , au lieu que le . total indiqué par l’itinéraire en tête delà co-** lonne ( voyez le poin^ A , paragraphe i«. , * '
pl. XIY ) est de i53 lieues ; à ce sujet je dois vous prévenir que, dans beaucoup • d autres itinéraires, V addition ne donne point exactement la somme des distances indiquées de ville à ville.
iV°. a. L'itinéraire inscrit dans le a”«. paragraphe du tableau, est celui de Rouen àLutèce par Mediolanum et par Dreux. La première station mentionnée à 9 lieues de Rouen, et à r4 * * de Mediolanum est Uggade. Danville place cette station au Pont-de-1 'Arche; M. Rever l’indique dans une commune voisine nommée Les Damps , où l’on a découvert des médailles et
(0 Plu.ieo„ manuscrits de l'itinéraire indiquent nn lien nommé C™, entre Sens et Troyes. La distance d’,/^m.
Tj ‘ ,Zm 7 M‘ éMlaée * 17 ,iCUM’ «* cell<= ^ Ctanam i 4uguiloboae b 16 lieue*.
. 34 . COÜK# ‘ :’s
quelques constructions antiques (i) ; Mv Le* Prévost pense qu’il faut préférer l’opinion de Danville, parce que le passage de la Seine est plus facile au Pont-de-l’Arche, et que des constructions romaines nouvellement découvertes portent à croire que cette ville est située au centre de la station antique.
*■ 1 4 lieues gauloises, ou 7 lieues actuelles,
entre Uggade et Mediolanum,z 1 1 7 lieues de Mediolanum à Dreux, indiquées par l’itinérâire, forment à peu près la distance qui sépare ces localités ; mais aa lieues entre Dreux et Diodurum , que Danville suppose avoir été à Jouare , près de Pont- Chartrain ( Seine- et- Oise ) , et i5 lieues de cette dernière station à Paris, font 37 lieues gauloises ou 18 »/a de nos lieues, ce qui excède un peu la distance en ligne directe ; on peut donc supposer quelques déviations dans la route.
iV0. 3. L’itinéraire de Ccesaromagus (Beauvais) à Lutèce , (pl. XIV, n°. 3.) conduit la route par Petromantalum , localité dont je viens de parler, et par Briva Isarœ , indiqué à i4 lieties de Petromantalum , et à ib • */ ..•< • ^ ' • ’•
(t) Notice »ar la station romaine Uggade et sur l'antiquité do Poot-de-l’Arcbe. — £rrnu> , i8i5.
DAKTIQOTTÉS MOîrmHElTTAtH6. 35
. deLutèce. Jusqu’ici Pontoise a toujours été regardé comme leBrira Isarœ de l’itinéraire. M.Le Prévost préfère Beaumont-sur-Oise ; il se fonde sur ce que dans la route de CarocoLinum k Troyes par Paris , que nous venons d’examiner , et qui devait passer par Pontoise , il n’est pas question de Briva Isarœ ( voir sur la pl.
. ** XIV l’itinéraire n°. i ). M. Le Prévost remarque encore que, dans cet itinéraire, la distance de Petromantalum à Lutèce n’est que de 18 lieues , tandis que , dans l’itinéraire de Beauvais ;
% à Paris, le meme intervalle est de 27 lieues; il suppose que cette différence provient de ce que, dans le premier itinéraire , la route suit la ligne directe , au lieu que , dans le second , elle est " ramenée à Beaumont à partir de Petromantalum , pour y retrouver la ligne de communication la plus courte entre Beauvais et Paris. Son opinion est que ce chevauchement d’une direction à l’autre avait pour but d’indiquer deux routes d’une manière expéditive. Quoi qu’il en soit, le chemin tracé par l’itinéraire n est pas direct, puisquil est uiene d abord par Petromantalum , pour revenir à Paris, au sud; la route de Lillebonne à Lisieux va nous offrir la même bizarrerie.
, COtiRS '•*
3ri
N°. 4- L’itinéraire qui se présente ensuite sur le tableau (pl. XIV f est celui de JAllebonne à Dreux par Breviodurus (Brionne) Noviornagus ( Lisieux ) , et Condate ( Condé - sur - Iton ). Nous trouvons entre Lillebonne et Breviodurus 17 lieues (environ 8 1/2 de nos lieues actuelles ) , distance qui s’accorde avec celle de
Lillebonne à Brionne.
Pendant long-temps on avait placé Brevio durus à l’ont-Audemer ; niais 011 ne trouvait pas 17 lieues gauloises entre cette ville et Lillebonne, tandis que Brionne , qui offre d’ailleurs avec Breviodurus une analogie de nom bien frappante , se trouve à la distance voulue. C est ► tout récemment que MM. Viel, A. Le Prévost, et de Gerville, ont rétabli Breviodurus dans sa véritable position ; maintenant il doit rester d’autant moins de doutes que Brionne renferme des antiquités romaines.
Ajoutons cependant que MM.E.Gaillard et A. Canel placent Breviodurus au Pont-Authou , bourgade située à 5/4 de lieue environ de Brionne, en considérant que les anciennes voies paraissent sediriger plutôt vers cette localité que vers l’autre , et quelle renferme aussi des antiquités romaineà (i). Malgré cette circonstance
(1) ■ Non» feron» obserïcr, dit M. Canel , que Brionne est , à
d’antiquités monumentales.
sans doute très -remarquable , nous croyons devoir placer Breviodurus à Brionne, et suivre en cela l’opinion de M. Le Prévost.
Nous trouvons ensuite dix-sept lieues gauloises (8 lieues ij-i ) indiquées de Bi ionneà Lisieux, a4(.ia lieues) de Lisieux à Condé, et io (5 lieues) entre ce dernier lieu et Dreux; ce qui fait en tout 68 lieues gauloises ou 34 lieues actuelles entre le point de départ et celui d’arrivée.
J’ai déjà dit un mot ( p.35 ) des déviations que l’on reiuarqiiedans la route tracée parf itinéraire de Lillebohne à Dreux. Ccttç route efitété bien plus directe par Mediolanum et le coude qu’elle -
Toi d’oiseau , i pim de dil-sept !1cuC9 gauloises de Ju'.oLarm ( I9,a33 toises) et n mains de 17 lieOcs de /Vu», omagus. Pont- Au-' tou se trouve a la mime distance de Noviomagus que Brionne ; mais il est i moins de 17 lieues du Juliibona, toujours i vol d’oiseau. En faisant la part des déviations et de l’usage adopté par les Romains de compter comme complètes les lieues cornmcncées , nous trouverons Pont Autou dans la position voulue: Urionue,.au contraire, sera de pins en plus éloigné de Juliobona.
Il n’y a point , il est vrai,ao lieues gauloises de Pont Autou i holomagus , comme le vent !a carte de Peutingcr, mais Brionne est dans le même cas. J’ajouterai que Pont-Autou , recevant nn plus grand nombre de voiçs romaines, devait avoir une importance plus marquée. L'analogie , indiquée entre le noiu de Brionne et «elni de Dreviodurum , n’est peut-être pas d’un grand puids pour' la solution de la question. L'établissement antique de Brionne , situé aussi sur le bord de la Risle , pourrait également avoir eu un nom dans lequel serait entré le mot brive ut* briva qui signUie pont. »
r it
COÜUS
décrit en -venant de Brionne' à Lisieux , doit
vous convaincre de plus èn plus que les routes ? de l’itinéraire d’Antonin ne sont pas toutes tràcéeldansWé direction unique, et que parfois oïl les a fait devier pour indiquer les di*tauces comprises entre des stations intermédiaires. /. * • ■ " i ■
Nous devons encore remarquer par rapport à l’itinéraire de Lillebonne à Dreux par Lisieüx , que l’énoncé du nombre total des lieues n’est pas d’accord avec le détail des distances Je villeà ville; après avoir attenti- 1 ’Wces réelles et les avoir de ntinéraire, M, Le Pré- *é convaincu que l’énoucé somfcbce totale est correct \ que Ter- .
reûr le "trouvé (jatisle nombre de lieues indiqué de Îîsieut à Dreux , et qu’au lieu de 34 lieues, il y en a 44 entre ces, deux villés(i). % , !
(i) « Si de la distance totale de Lillebonne à Dreui, d)t M.Lç*
• Prévost, nous retranchons les trcute-qtiatie lieues gauloises de
• Lillebonne 4 Lisieux par Brionne, il nous restera 44 lieues (49.SyG
• toises ) , suivant un calcul',, et seulement. trente-quatro(38,55S'
« toises) suivant l’autre^ Or , de Lisieux à-Drcux , il y a , 4 vol ■« d'oiseau , environ 48,000 toises ; et comme, daas le, çalcul « des distances ,'lcs H omar ns comptaient comme complètes les « lieues comcâencécs , ef que , malgré la rectitude habituelle de ,
« leurs alignements , il faut toujours porter- quelques, centaines.
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d’aNTIQÜITÉS MONUMENTALES.
7V“. 5. L’itinéraire nous donne aussi la route de Lillebonne à Evreux, sans indiquer de station intermédiaire j la distance est estimée à 34 lieues gauloises ( pl. XIV , paragraphe 5 ).
Cette route devait passer par Rreviodurus qui se trouve précisément à moitié chemin , c’est-à-dire à 17 lieues de LilLebonne et de Mediolanum (1). ;
,/V0. 6. L’itinéraire de Valognes à Rennes f n°. G, pl. XIV ) indique un total de 77 lieues r mais l’addition des nombres écrits entre chacun des points intermédiaires mentionnés donne 108 lieues. * #*• .
Nous trouvons d’abord entre Valognes et Coutances 20 lieues gauloises ; c’est à peu près la distance qui sépare ces deux villes , et les recherches de M. de Gerville ne laissent plus de doute sur la direction de la voie antique dans cette région du département de la Manche , où
• de toises pour les déviations , il est clair que c’est la somme ■ totale des distances qui est juste loi , et que les chiffres de déc tail doivent être modifiés aiosi qu’il suit. De Lisieux à Candi
• 39 lieues gauloises ; de L'ondi a Dreux >4 lieues et quelque
• chose. •
(i)Tont porte à croire que c’est la môme qui est marquée sur la table de l’eutinger , entre Lillebonne et Dreux par Condé (pl.
-XV) et dont il va être question plus loin.
4o v ». • . cours ‘ \ .
elle est encore reconnaissable sur plusieurs points, et connue sous le nom de chemin Perrey. ...
Entre Coutances et Rennes , ritinérâire mar- gué deux stations, Fanum Martis et Fines ; la première placée à 3a lieues gauloises de Coutances, la seconde à 27 lieues àa Fanum Marti?
et à 29 de Condate. v
.Comme il y a de Coutances à Rennes environ 2 5 lieues à Vol d’oiseau ( 5o lieues gauloises ) , al est impossible de.trajtyer entre ces deux villes la distance indiquée par l’itinéraire.
Cherchant à m’expliquer cette difficulté , j’ai.
' /Supposé que le paragraphe de l’itinérairè qui nous occupe pouvait bien se rapporter a deux ‘ directions différentes y et indiquer en inertie teints Impute de Valognes à Rennes , Cpndate, v et Une route incidente allant de Coutances au Fanion Martis des Curiosolites , Cdrseult, près de Mpaift (^®t^)agg 1 8 ) , de sorte que , §i cette hypothèse était fon^^y-ilfijudrait, pour trouver la distance réellement indiquée entre Yalognes
et Rennes . commencer par faire abstraction
* ■ v . « -• . . . "JL-,
des 3a lieues indiquées entre nUni Martis. Si
Je dois conver
*et in-
tercalation d’un
itinéraire au mfiieu d’ün au^re n’ést poitY'dé-
là’ ANTIQUITES MONUMENTALES. i\\
montrée, et que, à vol d’oiseau , il y a au moins 38 lieues gauloises entre Coutances et Corseult ; mais un résultat qui ni a frappé , et qui mérite , je crois , d etre noté , c’est que si l’on fait abstraction des 3a lieues indiquées entre Coseilia et Fanum Martis , l’énoncé sommaire de la distance totale (77), se trouve à une unité près , d’accord avec l’addition des nombres du détail qui donnent alors 76 au lieu de 108 ; et comme il y a, à vol d’oiseau, environ 36 ou 37 lieues (74 lieues gauloises) entre Yalognes et Rennes, la distance réelle serait également à peu près conforme à celle que l’itinéraire indique , si mon hypothèse était fondée j^i).
Quoi qu’il en soit , la position de Fines est encore fort incertaine; quelques personnes l’ont placé à Feins, à 6 six lieues au nord de Rennes: je serais porté à le chercher plus au nord comme
; i (1) M. de Gerville , dont les recherches ont déjà beaucoup éclairé la géographie de la partie occidentale de la a». Lyonnaise ( département de la Manche ) , pense qne le Fanum Martis de ^itinéraire était à St. -Pair au-delà de Granville, où l’on a trouvé des antiquités romaines ; mais comme cette localité n’est point à 3a , mais seulement à ta lieues gauloises de Coutances, M. de Gerville appuie son opinion de différents raisonnements exposés dans une dissertation qui sera prochainement publiée et que l’on pourra consulter avec autant d’intérét qme de profit.
M. l’abbé Belley a placé Fanum Martis à St. -James.
coons y-.Ji,
Ma faitDanvil!e(i), à peu près à moitié chemin de Coutances à Rennes, et à 29 lieues gauloises de cette dernière ville.
Vous voyez par ce qui précède , Messieurs que les routes tracées dans l'itinéraire sont en petit nombre comparativement à celles qui de- . vaient exister dans nos contrées; une remarque que vous aurez faite encore, c’est que l’itinéraire . n’indique qu’une seule route de ta Bretagne ( celle de Valognes à Rennes ) et aucune des autres parties de la troisième Lyonnaise.
L’itinéraire maritime (pl. XIV, n° 7) ne • fait que mentionner les îles qui environnent nos côtes, et que j’ai déjà citées (page 19), ; sans donner d’indication précise de leur position» v • • .•
CARTE DE PEDTINOER.
. Outre les itinéraires contenant les noms
des villes ou des stations avec • là distance
de . l’une à l’autre > tel que celui que nous . Ye/tons d’examiner , et que l’on appelait itinéraires écrits. ( itineravÿi nçtata ) r il y avait
ji) Banville croyait que Huinea entre Avraoches et FontonOa pouvait «présenter ccfte atation»»*»* ; < ^ ii
dVîCTIQUITÉS MOlâMI-NTAT.ES.
des itinéraires figurés ( itineraria picta ), es- * • . v. • pèces de cartes géographiques sur lesquelles on voyait le tracé des routes, le cours des fleuves et la position des villes. % f. 4
Le seul itinéraire figuré qui soit parvenu • • jusqu’à nous, est celui que l’on désigne vul- • gairement sous le nom de carte de Peutinger , parce qu’il avait appartenu dans leXVI®. siècle à Conrad Peutinger , noble littérateur d’Augsbourg , le premier savant de l’Allemagne qui se soit occupé de réunir des antiquités. C’est ' une grande carte ayant 21 pieds de longueur sur un pied de hauteur et offrant l’indication des routes, le contour des côtes maritimes , le • • t »
cours des fleuves , les lacs, les noms des villes r .»
,, des provinces, etc. ' , , ‘
Cette carte était peinte sur 12 feuilles de < parchemin, dont une a été perdue, de sorte *•
que nous n’avons point le Portugal , l’Espagne r ni la partie occidentale de l’Afrique; vers l’est, au contraire, la carte nous montre les parties *
de l’Asie les plus reculées, qui aient été connues des Romains. ' y
Lorsqu’on examine la carte de PeutiDger on est choqué par le désordre apparent et la •. confusion quelle semble offrir dans toutes ses m
parties ; les pays n’y sont point placés suivant
44 •' >. ■; v COURS
® leur position géographique , leurs limites res- . pectives et leur grandeur réelle. On les a rangés arbitrairement les uns à la suite des autres , de
l’est à l’ouest, sans avoir égard à leur figure ni . à leurs latitudes et longitudes, déterminées par d’autres géographes. - ' . ♦ / .y
Dans la partie de l’empire qui correspond à la Gaule , tous les fleuves qui coulent du midi au nord sont indiqués comme se dirigeant d’orient en occident. On a suivi la niêuie marche dans la position relative des villeis , et celles qui occupent la partie septentrionale se trouvent k Touest ou à l’ouest-nord-ouest des villes de la partie, méridionale. ’ .' > .
Le Rhin,, par exèmple , dont le cours nàtu,rel est du sud.au nord dans une grande étendue de pavs, est figuré sur la carte comme coulant de l’est à l’ouest , et l’embouchure de ce fleuve* qui se trouve assez loin de celle de la Seine , est marquée tout près d’elle. Gesoriaeum ( Bou- ' logne ) est indiqué précisément à l’ouest, de . Ratumagus (Rouen) ; Cogiallum (Çher- ;bourg), à la même latitude, que Subolinum (le
^ Mans). : ; V ./ Ç?
. ' Vous pouvez jugerde. cette disposition sitt» ^plière par le fragment que voici , et qui représente la -France occidentale ( pl. X-V) ;'vous
■d’ahtiqcités MoirmiHNTALF-s. ; /|5
voyez comment, par suite de ce système, la
• côte de la presqu’île de Bretagne a été rappro-
* cliée de celle de la Saintonge, et le golfe d’Aquitaine, représenté par une espèce de détroit qu’on serait tenté de prendre pour l’embouchure d’une grande rivière.
. Ce n’est point par ignorance qu’on a procédé delà sorte, et la longueur exorbitante de la carte , comparée à sa hauteur, prouve bien que . cette disposition a été calculée. On ne s’est point proposé de faire une carte géographique correcte; on a voulu seulement représenter les grandes routes de l’empire ; aussi la carte ne mentionne-t-elle absolument que les villes placées sur ces routes, et une multitude de cités importantes ont-elles été omises parce qu’elles ne se trouvaient pas dans cette condition, au lieu que des localités de peu d’importance ont été marquées.
Si l’on avait proportionné la hauteur du tableau à sa longueur , il eut été d’une incommodité manifeste , outre qu’il serait resté entre •* les routes un grand nombre de vides inutiles. L’auteur a donc pensé qu’il fallait se borner à l’espace nécessaire pour figurer les grands chemins , abstraction faite de l’étendue et de la ' forme des pays qu’ils parcourent ; et prenant
OOliUS
d'empire dans sa plus grande longueur de l'est à l’ouest, il lui a fait subir du nord au sud cette • sorte de compression, d’écrasement, qui rend si singulière à nos yeux la carte de Peulingcr.
Pour faire comprendre le système adopté dans la confection de cette carte, Bergier ( Histoire des grands chemins de Teinpive romain ) la compare à un arbre dont les branches , ail lieu de s’élever perpendiculairement , ont été épanouies , couchées et fixées sur la terre , de manière à ne pouvoir s’étendre qu’en ligne horizontale.
«Supposez, dit-il, qu’il, y ait un grand « arbre qui jette ses branches en rond vers « toutes les parties du monde également, et « que quelqu’un divisât ledit arbre par ledia- « mètre de sa rondeur en deux parties égales , « par une ligne qui allât du midi au sépten- « trion ; puis qu’il vint à plier par force les « branches méridionales et septentrionales , et « les détourner partie à l’orient, partie à l’occi- « dent , par égale portion , il arriverait que les « extrémités de certaines branches voisines et a qui se touchaient quasi l’une l’autre dans a leur situation naturelle , en allant ainsi èn « contraires parties, se trouveraient séparées ! ’« d’un très-grand intervalle, comme au con--
l>’iirtIQi:iTÉS MOKUMEIfTALES. 47
« traire elles viendraient à approcher les ex- « trémités des branches orientales et occiden- « taies, desquelles elles étaient auparavant fort a éloignées.
« II en est quasi de même des grands chemins « de l'empire représentés sur la carte de Peutin- « ger; ils sortent de la ville de Rome comme cc les branches de leur tronc , et se portent en a rond par toutes les parties de la terre. L’aucc teur de ladite carte les a pris de là avec les ce rameaux qui en dépendent , chargés de leurs * villes , cités , gîtes et postes, comine bran- « ches chargées de leurs feuilles, et a faitprene< dre l’adresse vers l’orient ou l’occident à tous « ceux qui prenaient leur route au midi ou au « septentrion. Par ce moyen , les resserrant les « uns près des autres , il n’a pas eu besoin de <c grande largeur en sa carte. Et tout ainsi que « les feuilles d’une branche ne changent point cc le rang et situation qu’elles avaient entr’elles, cc encore que la branche soit détournée de sa « posture naturelle en une autre: ainsi le rang cc et l’ordre des villes qui étaient sur un cercc tain chemin, n’a point été changé, quoique le « chemin ait été tourné de l’une des parties du « monde à l’autre. Il n’y a que cette différence, « que l’ordre qui tend du midi au septentrion
couns
« en la nature, tend de l’orient à l’occident en
« la figure; le tout sans détriment de la Ion- "
« gueiir des chemins qui est seule considérable « au sujet de ladite carte (i). »
Pline rapporte (L.III)qu’ Agrippa, qui avait établi pîosieurs nouvelles routes , fit peindre , dans le portique du palais l’image de l’empire romain. Selon toute apparence , ce tableau re- . présentait les fleuves , les mers , les montagnes, les routes, en un mot l’ensemble de l’empire, •
-. mais non pas avec sa forme réelle , car si chaque chose eût été à sa place , l’observateur eût eu d’abord devant les yeux les déserts de l’Afrique : l’Italie se serait trouvée à un niveau
■ ' " . - \ fl • •
-{1} Bergier compare aussi la disposition des différente* parties de la carte de Peotinger â celle que prendraient les diverses parties d’an morceau de pâte que l’on allongerait en tirant sur 3 lai de dent côtés. ■' *,'*.«.*
« Comme il arrive, dit-il, qn’en allongeant une tuasse de a pâte , telle partie était près d'nne autre*, qui par l’action de . « la main s’en retire bien en arrière ; telle partie était devant , « qui demeure en arrière, et telle étaitâ droite qui se glisse i « gauche i il eu -est [arrivé de même aux terres , prèvinces ét < cités de l’empibe. Car eti l’allongeant si exorbitamment , et- le ' a réduisant â quelques routes, il est arrivé que les mers et les s térres 6e sont pareillement allongées comme des boyanx , et que les provinces se sont mises â l’étroit dans .une largeur si s resserrée, etc. »( Bergicr , hist. du grandi chemins de l’empir$ •
. rtmM. Liv. U1 .) :
Digiti
oole
X) Aw^iquitiîs MorruiWENTi.iEs. 4q
- déjà assez élevé , et les régions septentrionales 1,0 l’empire auraient été figurées à uih> haiilea " où les noms de lieu et leurs signes représentatifs eussent été difficiles à distinguer.
Mannert , savant antiquaire allemand, pense que la carte de Teutinger est une édition perfectionnée de celle d’Agrippa , et que telle est la cause première de sa forme comprimée (i).
Quoi qu il en soit, Messieurs, cette édition , qm a servi de modèleà la copie qui nous reste , nç peut etre rapport éeau premier ni audeuxième siècle de 1ère chrétienne, car elle offre beaucoup de details qui ne conviennent ni au temps d’Auguste, ni à celui de plusieurs de ses successeurs.
. Selon Scheyb et quelques autres savants, la
(.) Æthicns noos apprend que , sons te consulat de J. César et d- M. Antoine, on envoya dan, tontes 1rs prorince» des ageu, char ge, de «-enquérir de» nom, de lieu et de uoler le. distances qui . x.sta.ent entre chaque localité, afin que run , au m de
former uu tableau géographique de tout
I empire.
Ce travail terminé , M. Ve,pa,ianu, Agrippa apporta toute .ou attention 4 remplir le» lacune» qui s’y trouraleut encore.
U y ajouta ce qui avait rapport aux route» établie» par »e.,' «oln, dan» les Gaule» , en Espagne et sur les bord» du Danube , .'
et forma de l’ensemble de ce» renseignement, un itinéraire de tdute» le» provinces de l’empiæ ; il ü, e„ même temj.s peindre une carte universelle du monde , dont celle de Peutioger n’est peot être qu’une copie perfectionnée et réduite. W ’
cocrr.s
table de Peatinger serait uh monument- 1 IVe siècle ; elle aurait été dressée sous le règne de Théodose *, c’est dé là que lui est venu le nom de table thëodosienne , sous lequel ou l’a
souvent désignée. '
Mais une autre opinion résulte d’un examen plus attentif de la carte : d’abord , là subdivision de la Gaule , qui fut faite par Constantin ou par .spn père Constance , n’y est point indiquée; on n’y trouve que l’ancienne division en Gaule Celtique , Belgique et A qui-
tanique. , \
. En second, lieu , les Francs sont placés sur la rive droite du Rhin, et les Bataves paraissent paisibles possesseurs de leur territoire , tandis qu’il est certain que sous le règne de Constance-Chlore , l île des Bataves fut occupée par les Francs que Von appela Salièns , par les Cha- .* maves , les Frisons , etc. , et que les Francs occupaient une partie de là Belgique , non sans être inquiétés par les armes romaines, • triais sa ps être repoussés au-delà dn.Rhim ■* Enfin , on ne trouve sur k cartç aucune ville .’ , qui annonce l’époque de Constantin ni meute* celle deses, prédécesseurs. L’itinéraire fait mention de la ville de Diocletianopolis en Macé,- ‘ doine , qui s’appelait Edesse avant le règne de
Digitize
D'\JftHpj'lTik MO IV DM F NT AI. LS. 5i
Dioclétien ; la table , au contraire, désigne cette • ville sous le nom d’Edesse ; elle rie fait aucune mention de la province que, suivant Aurélius Victor , Galère forma aux dépens de la haute et de la basse Pannonie, et qu’il nomma Valérie , en 1 honneur de son épouse. La
/ taWe ne Peut non plus rapportée au temps d’Aurélien , parce qu’on y voit figurer Pal myre . floi issante, avec des routes qui y conduisent en passant à travers le désert , tandis que cette ville a été détruite par cet empereur et ne ,sest jamais rèlevée de ses ruines. Enfin , dans ■ ^ ^ Ce , vers Constantinople , la carte in-
dique P ors uli ( écrit Porsu/is) , qui devint Maxînïïnianopolis sous Maximin.
Mannert établit par des raisonnements basés sui 1 examen de la carte, qu’elle doit remonter au temps d’Alexandre Sévère ( vers l’an u3o), et quelle ne peut guère être rapportée à une époque plus ancienne ni plus récente.
Mais si la carte de Peutinger est un monument du IIIe. siècle , il est évident que le seul exemplaire qui soit parvenu jusqu’à nous est une copie écrite à une époque bien postérieure. Là forme des lettres annonce le XIIIe. siècle , et l’on ne peut douter que le copiste ne fût un .chrétien du moyen âge , quand on considère
•• coulis
■certaines interpolations faites dans quelques;
parties de ,1a carte. AiuSi , dans les déserts de l’Arabie, voisins de l’Egypte, on voit l’iuscrip*: ; lion suivante : Désert où les fils d'Israël ont erré pendant quarante ans. sous la conduite ' de Moïse. Près d’une montagne figurée dans la. même région , on Ut :Jci ilsrecurènl la loifisr. y
lç mont Syna, . i . ‘ ;. ' ' • • .
Mannert attribue la copie qui nous est par venue à l’auteur anony me des annales de-'Cof- -, jnar. ll se tonde d’abord sur ce que le cbrQ«£, queur, parlant de ldi-même , s’exprime â.ttsi ^ /
L’an i ai peint -une cariedu monde sur
douze morceaux de parchemin, v ‘
Comme la copié qui nous est restée a été écrite dans. le ^ll^. siècle, et', quelle se composé de ir morceaux qu’il est évideut
qtleda parUevQccidentJde était sur une ri'., fouille qui seàt perdue, il faut convenir V* ces detix circonstances favorisent singulièrement l’opinion de Mannert. Il remarque aussi què le copiste a\ donné à la forêt des Vosges et à la forêt Marcieruie ( i ) une étendue béait-, epup trop. 'considérable;; qu’il a -reptésêpté çes deux forêts par des arbres de différentes
if ( ■ • i **'»"' * * '• • i .
' (i) Çette furftt ,dont piirleàœiuiep .Marcellin (TiV;X.X,-SS),
aujourd'hui la forêt noire * u« tt n*e 'droit® du $Uafe ■ f ’* -
• >\\prrrQmTÉs JttÔNüMEKTAiis. • 53
pèct’S couverts de feuilles, et que ce sont les • . *
> seule* qui soient figurées sur toute la carte , d où il conclut que cette représentation est une addition du copiste, et qu’il devait habiter un pa)s peu éloigné de ces deux forêts.
Au leste, si, comme nous venons de le voir,
1 écrivain du XIII". siècle s’est permis quelques additions, elles ont été excessivement rares , et il a dû partout ailleurs copier servilement son * • . modèle. Nous devons dire toutefois que cette transcription n est point correcte; nous voyons, par exemple , la Loire t Ligcr ), désignée smis le nom de Iligcr , la Batavie écrite Patavia •
( V. pl. XV), et je pourrais citer une grande quantité d’autres fautes d’orthographe de ce genre. * V ' v *. •/
Avant d’écrire les noms de lien,dn a fait le tracé des routes en indiquant, par un point
d’arrêt, remplacement de chacun; puis en se hâ« ■ tant de faire les écritures , on a non seulement défiguré des noms et altéré les chiffres des distances , mais encore omis d’inscrire quelques ; •,
villes dont la place est restée vide sur plusieurs
‘parties delà carte. Toutes ces fautes proviennent, sans doute, de la précipitation avec la- •' ' '
quelle le copiste a travaillé; mais peut-être aussi
de l’état de détérioration dans lequel la cartet
‘.'•7 ‘ COUJ1S
modèle devait se trouver au XIIIe siècle, après mille ans d’existence. - .
' . La première révélation que Ton ait eue de la carte est venue de Trithémius, littérateur distingué , qui écrivait en i5oy à l’un de ses amis qu 'un tableau des terres et des mers était à vendre à fforms , mais qu’il rie poiwak se résoudre à en donner quarante florins qu'on , en demandait. La carte fut achetée par Conrad.” Celtes, autre savant , qui la légua en mourant à* Conrad Peutinger, dhez lequel il avait demeuré péndant'plusieurs années. • • ' *- . V - •
. Feutinger , j uste appréciateur du’ trésOr qui 1 lui était confié) se proposa d’en , fai as jouir le monde sa*ant, au moyen de la gravure- sur cuivré, et il obtint à cet effet un privilège en iSi 1 ; mais il fut si peu satisfait des premières épreuves, qu’il renonça ài son projet de publication. .-• > * : • . ; . • 7-,
4° années après la mort de Peutinger, arrt- ! “ vée en 1 547-, Marc Velser retrouva dans sa bibliothèque 'quelques fragments de là Carte, èt les mit au jour avec un commentaire. Plus heu- * reux dans une nouvejle recherche , il retrouva enfin l’original que l’çii croyait përdti. H eriTit? feire unè cqpiosnrTïne échgllè réduite, dé rplps
V ANTIQUITES MOWDMBWTALJeS.
de moitié , qu’il s’empressa d’adresser au fameux Ortelius. Ce savant géographe , alors ma- • lade , la remit à Morétus , célèbre imprimeur , son ami , et ce fut par ses soins quelle parut enfiu en 1 5q8 ( i ). •;
L’original , resté dans la bibliothèque de Peutinger, fut vendu, en 1714, à un libraire,' ; par Ignace Peutinger, doyen de l’églised’Elwang. Revendue, en 1720, au prince Eugène pour la somme de 100 ducats, elle fut déposée, après sa mort , dans la bibliothèque impériale de Vienne , où elle se trouve encore aujourd’hui.
C’est d’après ce monument authentique que Scheyb publia de nouveau , en ^53 , la carte de Peutinger. Il apporta le plus grand soin à l’exécution de cette iconographie , et reproduisit le modèle avec une scrupuleuse exactitude.
Cependant, le débit de cet ouvrage n’ayant pas été considérable , on n’en tira qu’un petit nombre d’exemplaires , et les planches furent bientôt oubliées. Elles furent même adjugées, dans une venté, à une personne qui se proposait de les foudre pour en convertir le cuivre
• • • r v . #►] Jài’S *
(•) Cette carte qui fait partie de plusieurs atlas a en outre été reproduite daos le Ftolémée de Uurcius, dans les œuvrer de Vclser , dans VOrl/is ddinealio de Ilotn , dans l’iintoire de»
, grands cb uiin» de l’empire romain parBergier, etc.
cocns
jv »>.* . -
à son usage, lorsque l’académie de M:inich s’empressa de les racheter, fit faire un nouveau tirage , et chargea l’un de ses membres les plus recommandables, le savant Mannert , de la rédaction du commentaire. Cette notice , composée de 44 pages in-folio , fut réunie aux segments de la table, et forme avec eux un volume qui a paru à Leipsick eu i8u4 (i)i C’est dans ce livre qu’il faut étudier la carte de Peutinger , et que j'ai pris le fragment que je viens de vous présenter (pl. XV ) (a).
Les localités ordinaires sont simplement indiquées par un point d’arrêt dans les lignes formant le tracé des routes; les villes capitules sont
( l) TABULA ITIBEB A B I A PBUT1BGBB1 A» A , PRlUCM ÆHI IBCUA «T BOITA A FBABC. CHBISTOPII. OB «Cil BïO H DCOtlII. UKMO CtlBCOOICK V1BDOBOB1 COLI.ATA , BMBBOATA ET BOVA COBBADI II A S B BBn I STBO - DUCi lOB B INSTBUCTA , STUDIO BT UPBEA ACADEMIE LITTKBA Ht’Sf BKr.l.E ■ OBACBSBIS. LIP»:* )Sj4.
'(a) Le fragment présenté pl. XV ayant été cvaçtement calqué sur la carte de Sclieyb , il est bon de faire observer que , pour indiquer les diverses couleur» de la carte originale , cet auteur s’est servi du système employé dans la représentation des signes héraldiques.
Ainsi , la mer et les fleuves ont été ombrés avec des hachures inclinées de gauche à droite pour indiquer la couleur verte ;
Les murs des édifice» sont parsemé» île points exprimant la couleur jaune ;
Les toits couverts de lignos droites et parallèles sont rouges dans l’original ;
Les routes et tes lettres majuscules sont de la inéiae couleur
Digi
JVANTIQTUTéS MOmrMCNTAr.ES. J7
pour la plupart distinguées par deux, tours (i ) *,
les villes d'un ordreplus élevé par un plus grand nombre de tours réunies au moyen d’un mur.
Quelle tpie soit l'importance des lieux, s’ils possèdent des eaux chaudes ou froides renommées par leurs qualités curatives, ils sont figurés par une cour carrée entourée de maisons , et représentant un établissement de bains. Les prétoires ou tribunaux supérieurs, sont souvent indiqués de la même manière.
La position des villes est assez exacte par rapport au cours des fleuves limitrophes de l’empire; ainsi, on ne remarque pas sur la rive droite du flhin les villes qui se trouvent sur la rive gauche.
Mais il tien est pas de même pour les fleuves de l’intérieur. La carte les conduit dans des . lieux fort éloignés de ceux où ils passent réellement ; ainsi le Mans et Angers sont placés sué la rive gauche de la Loire ( pl. XV ) , Mecliolanum Aulercorurn ( Evreux ) sur la rive droite de la Seine , Luliobona sur la rive gauche , etc. La Loire est en outt e prise pour la Seine ;
car on la fait passer par Paris , et la Seine pa-
Le reste de la carte est noir dans l’original comme dans la
copie. ; ■ ....
( i) Je di< p’iur ta plup irt, car il y en a quclqiies-<ines,telle que
*1» ville de ruais, qui1 ue sont point désignée» de cette manière
f cou iis
rait représenter la Somme dans une partie notable de son cours.
Dans la région occidentale de l’empire , la table indique seulement les barbares les plus rapprochés des frontières , tels que les Chauves, les Francs, etc. (pl. XV), avec lesquels ‘ les Romains étaient souvent en hostilité. Elle ne mentionne point ceux qui habitaient des contrées plus éloignées.
L’étude de la carte de Peutinger peut donner lieu à une multitude d’observations imper-:"', tantes. Pour m’attacher à la région qui nous intéresse spécialement , je vais examiner avec vous les routes comprises entre Boulogne-sur- Mer et les rives de la Loire.
Route de Boulogne à Chartres et à Paris. Nous -.voyons au -dessous du fleuve fcatavè^ . écrit sur la carte flumçn Patabus, une route * partant de Gesoriacum , Boulogne-gui’- Mer , ’ port très- importadt sous la domination romaine, et par lequel on communiquait -le plug souvent avec la Grande-Bretagne. Cette route
se divise en trois embranchements , dont le plus méridional tend vers Luliôbona , en passant par Gravinum (i). \ ' /> ' 'C ' *' * -
•(i) Depuis Boulogne juiqiu'* Blrit-Ciltçhtc , prit'de Ccéci en
JîVïfTIQniTliS MONUMF.HTALE9. 5q
Grcvinum est indiqué à io lieues gauloises de Lillebonne , à la même distance que Carocotmum de 1 itinéraire ( voir la page 3i et l.a pl. XIV, n° i) , ce qui a lait supposer a quelques géographes que la même station avait été mentionnée sous deux noms différents ; mais si , comme on le croit généralement , Carocotinum était près de Hailleur, il ne pouvait se trouver sur la route de Boulogne, et conséquemment son identité avec Gravinum ne saurait être admise (a).
Un X est marqué sur la carte entre Boulogne et Gravinum ; il est évident qu’il y aurait erreur , si ce chiffre était destiné à exprimer la distance de Gesoriacum k Gravinum , puisque Boulogne est à plus de 5o lieues gauloises de Lillebonne, et l'on peut supposer que les dix lieues indiquées s’appliquent à une localité intermédiaire dont le nom a été oublié.
Ponthieu , ccltf route était la mémo que la voie ou cbao^ve d’Amiens. ù'Etrèc-f auehie elle conduisait au passage de la Somme & Abbeville, et passait à la ville d^En. Entre ces 'doux localités le nom de l’ancienne chaussée subsiste encore à Sair.t-hlcrc-ü-Cauchii. Do la ville d’Eu on la trouve jusqu’auprès de Dieppe , ■Jmis a -Gr.-iinvilln, et de Grainvillc jusqu’à Lillebonne. (Voir te dix-neuvième volume de l'académie dei In. ver : plions et Bell- 1 lettre/.)
(a) Lillebonne était au point d'intersection des voies de Caroeatlnum à Auguatoboue et de Bononia à Breliudurum.
? emtfts *
Cette partie de la carte présente d’ailleurs des fautes bien plus graves, car on y voit les Csismii inscrits au nord de Boulogne et les Venetes sur la rive droite de la Seine.
A 18 lieues de Lillebonne , la route arrive à ‘ Hrevlodurus , où elle se partage en deux embranchements , l’un allant à Paris par liaturnogusy Rouen; lUturnagus , Radëponf , et l'ctrumviato , probablement identifique avec fc Petromantahnn de l’itinéraire ( voir la page 3.2); l’autre se dirigeant vers Autricum, Chartres , par Alediolanurn Aulercoriun , EvreuX , Condé'sur-Iton et Dreux.
Roule de Falognes à Tours. Nous trouvons ensuite une autre voie partant de la mer et se dirigeant à'Alauria, Yalognes, à Subrlinum. le Mans et Cæsarodunurn, Tours. Cette voie est d’autant plus importante pour nous quelle traverse les départements du Calvados et de l’Orne, et que l’itinéraire ne donne point de renseignements sur les villes qui se succédaient dans cette direction.
La carte indique 7 lieues de Valognes à Crociatonum (Saint-Cpme-du-Mont)', 2 1 lieues de
celle derniere ville à Augustodurus , >J\ <Y Augustpdurus à Arcçgenus ; puis Nudionnurn et Subdinurn , sans indication de distance.
t>’ ANTIQUITES MOM!MFj\T.\r.F.Ss 6.»
M. de Cw ville estime à 4 lieues la distance comprise entre les limites d’A/auna et de Crc- C'ntonum , ce qui n’excède que d’une demilieue l’indication de la carte.
Jxs ai lieues marquées entre Crociatonum et Augutodurus nous donnent les io ou il lieues qui existent entre Saint-Cùme et fiayeux; mais il n’y a pas lieues gauloises ou 12 lieues actuelles entre Bayeux et Anxgenus , Yieux. J,es chiffres sont inscrits sur la table de manière que l’un des X est séparé des autres chiffres par la trace de la route(X XIII), et l’on peut supposer que ce trait partageant le nombre, a fait répéter mal à propos une dixaine, puisque la distance réelle ne demande que \[\ lieues gauloises au plus (voyez la pl.XV).
Entre Arœgenus ctlXudiüimuin, que l’on regarde comme Jublains, et entre i\u,dionnum et Subdinum il n’y a pas de distance indiquée; vous remarquerez entre Arevgenus et Nudiounurrtf un point d’arrêt qui montre que le copiste a oublié d’écrire un uom de lieu.
Entre Subdinum et Cœsarodunum la carte • indique un Fuies que Banville reporte à tort sur la route de Subdinum à Autricuni ^ Chartres (t), et qui se trouvait à 1G lieues gau-
(») Notice tic ta Gaule , page 3oÿ. Celte encur fient peut être
cotms
loises de Subdinum. M. Cauvin du Mans , antiquaire distingué, place ce Fines à Vaas, sur la frontière du Maine (a) ; la carte n’indique point la distance comprise entre Fines et Cœsarodunurn.
Route de Cherbourg à Rennes. Comme je l’ai dit précédemment , Coriallurn était situé près de Cherbourg, il est marqué à a8 lieues gauloises d tCosedia, Coutances. Cette dernière ville est figurée comme capitale, et de plus avec un rempart, crénelé comme on en. voit à Samarobriva^ Amiens, et à plusieurs autres cités ( V, pl.&Vj. • Entre Coutances et Rennes se trouve Lege-
. ■ » . -V < . ùtr-f
de ce que Danville avait son» les yen* nne oopie fautive de la
carte de I’eulinger. Celle qui sc trouve dans la collection de 1). Bouquet, ( i". volume ) est inexacte dans le tracé de bà route du Mans à Aulricum , et le nom de celte dernière ville n’est point écrit près du signe qui la représente ; on a également oublié d'iudiqucr la distauce qui la sépare de Suindinum , et quiest de So lieues gauloises sur la carte de Scheyb.(V.la pl.XV).
(a) D'après les renseignements de M. Cauvin , des restes de la voie romaine de Subdinum b Cucarodunum ont été observés sur les territoires de St.-Mars-d’OusilIé,, Mayet ,l Verneil, Vaas , Chenu , etc. ( Sarthe ) et de Brèche , Indre-et-Loire' j le chamin d’Ecommoy 4 Vaas conserve le nom de chemin des Romains.
La r.onle de Subdinum à Autrienm parcourt de l’ouest à l’est le territoire du Luart, de liouer et de Lavaré ; elle porte le nom de chemin de César, et est pavée avec du laitier de fer, dans plusieurs de scs parties. .. . . ' " •/ -, . . ^
Digi
d’antiquités moiuimfntai.es.
dia. M. l’alibé Belley , dans un savant mémoire qui fait partie du 4ie. volume de l’Académie des inscriptions , regarde cel'te ville connue identique avec 1 lngena de Ptolémée (voyez le tableau pl. XIII) et ne doute pas qu’il ne s’agisse dAvranches. Effectivement, la table indique 1 9 lieues entre Legedia et Coutances, et comme la distance entre ces deux villes est de ai,ooo toises, la distance de l’itinéraire ne surpasse que de5oo toises la distance réelle , différence peu considérable qui peut d’ailleurs provenir de . l’inégalité du terraiu et des sinuosités de la route. Cette conformité entre la distance itinéraire et la distance réelle est donc une preuve manifeste que Legedia est Avranches, et réciproquement que Cosedia occupait l’emplacement de Coutances. A partir de Legedia , la route décrit un demi-cercle qui semblerait indiquer une ’ déviation (voyez la pl. XV). Rennes est placé à 48 lieues gauloises de Legedia ; la distance, réelle est également, en ligue directe, de a4 à a 5 lieues.
Route de Reginea à 7’o«r^Uneautré voie,partant des bords de là nier, passe pa rReginea, Fanuni AJartis, Condate , Sipia , Çômbaristum, Juliumagum,Robrica, et arrive à Tours, Cœsarodunum.
.-<v>oiïtnis >•
Jiegùiea paraît .avoir existé là oùec trouve Ér^ . quy, petit pou fcovti;e'St.‘Briéux et St.-Malo ( 1 ) V Fanutn Marti *. était probablement Corseu,lt> capitale deji-Çpi'iosülites. On ne peut conseflvei* aucun doute sur la position de Çondatç,ïtentiés>*. . D’après Dan ville Sipia, devait être placé à l'en»»dppit appelé V i-Sèche ( Ille-et-V illaine), et Cçm-. baristum à Cambrée (a), entreSegré etPouaneé,' t (JVIajn&rét-Loire). ,
. Dans ses recherches historiques sur l’Anjou,
JVIv Podinr, cprrespondaut de l’Institut , a placé Robiica à Orval, sur la rive gauche, de la Loire . il me paraît impossible d’admettre qqe cêtté station, indiquée sur la route d’Apgers à Tours, pût se trouver ailleurs que dans le voisinage de Beaufort ou: de Longué , sur la rive droité de
la Loire où les vestiges de l’arfctéffoe volé Vov -mairie ont été reconnus pai’ M. Bodin lui-, nième {5). Telle est d’ailleurs l’opinion de M. lé
\ • ■* Ar-
(i) Voyez Danrille , notice de la Gaule. Mi.de Lapylaie , du Fougères , m'annonce qu’il .lient de trouser a Ërquy beaucoup de tuiles romaines , ce qni confirme l’opinion dp Daprille. ‘
(a) D’autres ont checohê.’Combariilum Su Liob d’Angers ; mais . celte, ritle n’ast qu’à quatre lieues d* Angers , et la labié marque seize lieues gauloises ou hnit lieues actnelleç.entre cestieuxiilles.
•' (à) Cette v, oie romaine > se dirigeait d’Angels par Beaafort , Vivy ( via vtiui ) , Allunnes , Buurgueil , KMigne, St. -Patrice j . .Langeais , ( qui est. i’AUnguat itniit iléus de ‘Grégoire de‘ Tours ) , 6t.-M»r*;la-Plle , Luyues et St.- Cyty J
file, ne se mdotieà Ig surface du sal que dans uo petit
1S A.vnociTÀj ’ é P
baron de YValcknaer, membre de l'Institut , tlont ,,ai^ü':itd doit être pour nous dun grand poids ; il pense que la station Robrica se trouvait au midi de Beaufort, vers le lieu nommé le Pont de la Tronne ( i ).
Roule de Brest à Poitiers. Plus au snd , une autre route , qui part encore du bord’ de la mçr , de Gesocribate, Brest, se dirige vers Limonum, Poitiers, en passant successivement par Vorgium ( Carhaix ) , écrit Vorgamum dans Ptolémée; Su Uni , que l'on place nu pont de Soûle sur Je Blavet , près du ronüiient: de cette riviere avec celle de Suel (Morbihan) ; Dartoriturn , dans lequel il est facile de reconnaître Dariorigum , capitale des Ven êtes; Daretie , aujourd'hui Rieu , sur la Vilain e-, Portusnamneturn, Nantes, écrit par corruption Portuhamnetu ; et Segora, station placée au point de jonction de la route de Nantes
nombre ,ie localité* ; ailleur. elle e.t couvertede tcrtc et de »»bje, déposé, par le, inondations successive» de la Loire et de l'Otliion’ et il faut creuser à vingt , trente ou quarante contirhétre, pour la trouver. Dans le, marais et dan, le, prairie,, on peot suivre », trace en été, en remarquant que J’berbe mûrit plutôt qu'ailb-ur, sur la ligue qu’yllc parcourt.
V. Itecbercbes historique, sur l’Anjou par AI. Bodin, tom ,ér ) (.) Mémoire, de J'Jnstitut Ruyai de France ( Académie dé. inscription, et belle.-lettre, ), tom. 6 page 573 et suiv
64 'é /.-vv- V*
à Poitiers avec une àutre route venant- d’Angers. . - . ■ : -i • . i ’ . ' ■ > .
Je serais porté à croire que Segora occupait l’eui placement de la ville de Doué. Il est vrai qué la distance d’Angers à Doyé e^t de liénes gauloises , au lieu de 1.8 indiquées sur 1^
- cârte( i), et celle dePoué à Poitiers de 36 au lieu de 33; mais cette différence entre l’indication '• de la carte et la ,dislanée réelle n’èst pas trésçônsidérable , et Doué, qui renferme, .d'ailleurs . des antiquités romaines, est placé sur lé bord d’une voie antique allant de Poitiers à Angers (a). . •» . ■ ; .t v , •*.* **
v Je ne pousserai pas plus loin l’examen de là partie de là table qui. correspond à la France , occidentale ; mais- pbur mieux graver dans -votre mémoire oè que je viens de dire sür ia
(1) .(«suppose que le nombre XVl/l écrit au-dlssns du noua Segora dan* la carte de l’eutingcr s'applique à la dislance co^i prise entre Juliomagus et Segora qui se trouvé placé à l'em branchement de déu< routes (voir)# planche XV J, et dans celte hypothèse la distance lie Mantes à Segora n'aurait point été marqués.-.
. Si l’oo admet au contraire qne les r8 lienrs gantoises doivent être rapportées a l’intervalle compris entre Nantes ét Segora, 'il. est évident que le nombre est infiniment trop farbfe et ne peut indiquer la distance qui sépare ces deux Idéalités l’une de l'adlre, puisqu’elles sout éloignées de plus de 4o lienes gauloises.
(é) M. Oudin place irgorn’ 'à Montreuil - liellsy qui se trqirvë à: peu près a 33 lieues .gauloises de Poitiers, et à ao àtt tooh.s d’Aogor» ; j’ignore si l’on y a trouvé des vestiges de constnictkàs lu ma inc J. - ' - ’ < ■ -
o’aNTJQUITES MONUMENTALES. 67
position des localités qu’elle mentionne dans la deuxième et dant> la troisième Lyonnaise , je vais le reproduire sous forme de tableau, et transiormer en quelque sorte en itinéraire écrit cette partie de l’itinéraire figuré.
Route de Boulogne a Chartres par Lillcbonne et Dreux .
l°cMU‘ qui n'*rp-,rlen“i':nt roim * u d,uxi4»,„
Lieux indiques par la carte. Locaiitéscorrespondantes, Nonib.de lirxn-a
gauloises comprises d'n ue localité à l'autre.
Gisotuco *
- ’ Jf** S* , VA si v ^
quod nuuc Bonouia.
* f • v' |i;*' Su'**
Oiitirvm]
rirti V /
LotiosasA
BaxroniJio.. ..... .
Mediolano-
AcTEnconiM (1), *. . . .
CoRfllTR. « . ..... ...
BoOlOGKI-SVK lUa. .
GaAlSTILLR P. ..... .
( Seioe-I il férié ure).
Lillkeouss. . . .
(Seine-Inférieure).
Bbiokim
( Eure. )
i XVIII.
ËVBBUX* • • • • • sans indication do distance.
Gord i
( Eure).
Duaocimo* . Daacx
Aut.'cW. ........ J Csait.m
(1) Les filles indiquée» par deux tours sur la carte de Peutin,
ger ont été écrites en majuscules.
0^ COURS >■
Einbranchemml de lirionne à Petrumvidcum :
■ ^ vr'wqs cL’ime
caUté à Vautre.
BMVIODOtO • •/• .1 Bwoiu»* . • > ^ y
Ratümagüs. ...’.; Rotin. . . • • •• .
RtrCM AQCS .
. >' '* !*■ xx.> .*
BiBifOKT, ► • • •! ' ; VIII. '
(Seioelnférieure.) \« -,
?mv«rtico. , : . . . . lîeo pré» •! ,
( Eur«< J ' r * ».
Nota. Celte rbnleconduit ensuite à Augu4obon'e j(TiVjei )-eo pasiant per Paria. / .• i • «v
Route de Valognei au Mans et a Tours-. v* ;
AUBiu. . . . . . . . v Viéoeeae. * > - »
GeOlICI ACOHRSB. • ... .
Aucuaronuaq. • . ... .
àbaegenue. < ' '
TiUDIONNOM. . :
Sl’BDINSîUlt . . . . .. . ." f
Fi**». /, «...
Casaioburo. .. .
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panent per
Sairt Côu« . ...
pr*a Carentan.
Baykux , i ... I,
Vieux. . a- • .' .
{ Caivadu» ), ■