‹ Cours d'antiquités monumentales professé à Caen (volume 2)Chapitre 3 sur 43 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Aperçu des changements qui s'introduisirent dans lu circonscription des provinces durant l’ère galloromaine. — Etendue des a'"', et 3,no. Lyonnaises et distribution géographique des pe-iples compris entre la Seine et la Loire. — Ksatnen des renseignements transmis sur cette partie de la Gaule par Slrabon, Pline et Plole'me'e d Alexandrie.

Nous commencerons l’intéressante revue que nous devons faire des monuments élevés en Gaule depuis, la conquête de Jules César, jusqu’à l’invasion des barbares au Vme. siècle, par la description de ces chemins établis aveetant de solidité et qui contribuèrent si puissamment à hâter chez nous la colonisation des arts et de la civilisation de Rome.

Avant tout, il nous faut jeter un coup-dœil sur les changements qui s’introduisirent dans la circonscription des provinces, et prendre connaissance des renseignements que nous ont transmis les auteurs anciens sur la géographie de la Gaule devenue romaine.

COURS

Nous avons vu dans la première leçon , que César trouva la Gaule partagée entre trois nations principales^ les Belges, tes Celles et les Aquitains , et nous avons fait connaître les limites naturelles ‘qui les séparaient les unes des autres ( ire. partie du cours, page 20).

Auguste qui donna tous ses soins à organiser un bon gouvernement chez les pfeuples conquis, forma trois nouvelles provinces de ces trois pays. Mais comme l'Aquitaine comprise entre les Pyrénées et. la Garonne n’était pas en proportion avec les deux autres, elle reçut i4 peuples détachés de la Celtique et s’étendit jusqu’à la Loire.

La Celtique perdit encore, vers le Nord , les Sequanais et les Helvétiens qui furent incorporés dans la Belgique, et son nom fut changé en celui de Lyonnaise.

Ainsi modifiées par les circonscriptions établies sous Auguste , les provinces de la Gaule étaient :

l°. La Belgique qui s'étendait depuis le Rhin jusqu’à la Seine et la Marne;

a®. La Lyonnaise placée entre la Loire et le Rhône r au midi; l’Océan oritannique, la Seine et la Marne au Nord, et qui correspondait en partie à la Celtique;

d’àntiquiti5s MONUMENTALES. I3

3°. U Aquitaine qui s’étendait depuis les Pyrénées jusqu’à la Loire;

4°. Enfin la Narbonnaise , ou province proprement dite, qui comprenait les contrées appelées depuis , Savoie , Dauphiné , Languedoc , Roussillon et Provence'., ce dernier pays tire évidemment son nom de l’ancienne dénomination romaine.

Mais ces quatre grandes provinces furent par la suite subdivisées en beaucoup d’autres; on en comptait 17 sous Honorius, vers la fin du IV“e. siècle.

La Belgique formait alors 4 provinces; deux Belgiques et deux Germanies',

La Lyonnaise était diviséeen ire., ame., 3m*., et 4 “®.

Le territoire des Sequanais qui avait été attaché à la Belgique par Auguste , était devenu une province séparée.

On distinguait la ire. , la ara*. Jquitaine et la l\ovempopulanie.

Enfin l’ancienne province était divisée en 5 parties : la Viennoise , les 1 re. et a“‘e. Narhonnaises, les Alpes maritimes et les Alpes grecques.

Les divisions précédentes ont été successivement établies sous différents empereurs.

COURS

Les deux Germanies furent , à ce qu’il garait, séparées de la Belgique très-anciennement et peu de temps après Auguste, sans doute parce que le voisinage des Germains rendait ces contrées plus difficiles à garder: les peuples qui les habitaient étaient d’origine germanique.

Dès l’année 280 , la Viennoise formait une province distincte de la iNarbonnaise ; on rapporte à Dioclétien l’érection de la Sequanaise , de la seconde Lyonnaise , de la seconde Belgique, de la Novempopulanie; et à Constantin celle des Alpes grecques et des Alpes maritimes. En 370 il est fait mention de l’Aquitaine seconde qui 11’existait point encore en 362.

Enfin l’on place sous l’Empereur Gratien , ( vers 375 ) la création des 3,n‘!. et 4rae- Lyonnaises et de la a™0. Narbonuaise.

Je ne m’arrêterai pas à tracer les limites qui furent assignées à chacune des 17 provinces , parce que vous les trouverez sur les cartes anciennes. Je me borne à vous faire observer que la seconde Lyonnaise répondait à peu près à la Normandie , et que la Bretagne , le Maine , la Touraine et l’Anjou , occupent le territoire de la 3*“e. Lyonnaise.

Vers la fin du 4me. siècle on était dans l’usage de distinguer uue partie de la Gaule méridio-

u’ANTIQULTIiS monumentales. l5

nale sous le nom des 5 provinces ou des 7 provinces , et de désigner plus particulièrement le reste sous le nom de Gattiœ , les Gaules. Le plus ancien monument qui atteste cettedistinction est une lettre du concile d’Arles tenu en 373 , qui est adressée à tous les évêques des Gaules et des 5 provinces ; plusieurs autres actes confirment cette division. Il s’est élevé parmi les savants quelques doutes sur la question de savoir quelles étaient les cinq provinces qui formaient ainsi un département séparé ; mais Banville, dom Bouquet et autres donnent d’excellentes raisons pour prouver que c’étaient l’Aquitaine, la Novempopulanie , la Narbonnaise , la Viennoise et les Alpes maritimes ; la variation qui se trouve dans l’indication du nombre des provinces mentionnées tantôt au nombre de cinq, tantôt au nombre de sept, vient sans doute de ce que la Narbonnaise et l’Aquitaine qui n’ont été divisées que dans la a me. moitié du 1 Vnie siècle, étaient souvent considérées comme ne formant que deux provinces , au lieu de quatre.

Il serait trop long de vous faire l’énumération des villes delà Gaule, et de vous indiquer l’étendue de leurs territoires, je n’entrerai dans

l6 COORS

ce détail que pour la province que nous habitons , et les pays voisins jusqu’à la Loire.

Deuxième Lyonnaise. La partie de la Norman die qui est au-delà de la Seine , sur la rive droite de cette rivière, comprenait deux peuples , les Caletes et les F eliocasses qui appartenaient originairement à la Belgique ; on suppose qu’ils furent réunis à la Lyonnaise, dès le temps d’Auguste ; ils ont été compris dans cette province par Pline et par Ptolémée.

Juliobona , Lillebonne , était la capitale des Caletes dont le territoire , pagus caletensis , est aujourd’hui la paysdeCaux. Auga? ou Augusta? autre ville romaine se trouvait à l’extrémité du pays de Caux , à une lieue de la ville d’Eu qui a dû la remplacer (i). Rotomagus, Rouen, qui devint métropole de la ame. Lyonnaise , était la capitale des F eliocasses; de son nom on fit dans la suite Pagus Rotomagensis ou Rotomensis , le Rournois.

Sur' la rive gauche de la Seine le pays était occupé par les Eburovices\ leur capitale, Mediolanum, était située à deux lieues au Sud delà

(i) Voir le mémoire publié par M. Estaneelin, «ur les raines romaines trouvées près de la ville d’Eu. ( Mémoire s de la société des Ai ti^uaires de t\ormandi$ , tome 11 , Caen i8i5.)

d’antiquités mon jjmentai.es. f]

ville actuelle d’Evreux. Plus au Nord otà l’Ouest, les Lexoviens avaient pour chef-lieu Neamagus dont les ruines se voient encore au Nord-Ouest de Lisieux. Au midi étaient les Sait ; leurs établissements principaux devaient se trouver à Exmes Oximurn (i) et à Séez, aujourd’hui chef-lieu d’un diocèse.

La capitale des Viducasses, dont le territoire s’étendait dans les arrondissements de Falaise, de Caen et de Vire , parait avoir été Arigenus; on en retrouve les restes dans le village de Vieux et dans celui de Fierville sur la Guyne, à deux lieues de Caen. Les Bajocasses au Nord et au Nord-Ouest des Vidueasses avaient pour chef • lieu Auguslodurus y aujourd’hui Bayeux. Trois villes occupaient la presqu’île du Cotentin , c’étaient Crociatonum dont M. de Gerville a fixé la position à Samt-Côme-du-Mont , à une lieue de Carentan, sur la rive gauche de la Douve ; Alauna , capitale dés Unelli , dont on voit les ruines à Alaume, à la porte de Valognes, et Coriallum , que M. de Gerville a placé dans les mielles de Cherbourg.

* Cosedia, Coutances, se trouvait au Sud des villes précédentes.

fi) Je viens de découvrir l’emplacement de la ville romaine d’Oximum au midi d’Exmes , dans les communes de Chauffoar et de la Uiiquetièrc. * »

, g COURS

Enfin plus auSud encoreet en approcliant de la Bretagne, les Abrincatui avaient pour capitale Avranches, qui porta d’abord le nom A'Ingena.

Troisième Lyonnaise. Au midi du département de l’Orne étaient les Aulerci Cenomani, dont la capitale Suindinum a donné naissance à la ville actuelle du Mans , et les Aulerci Diablintes , dont le chef-lieu JSœodunum était situé à deux lieues, à l’Est, de Mayenne, là où se trouve aujourd’hui le village de Jublains. Les Arviens occupaient aussi une partie du département de la Mayenne; les ruines connues sous le nom de Cité d'Erve , sur le bord delà rivière du même nom , entre Sarges et Saint- Pierre , à six lieues environ , au Sud de Jublains , remplacent >ur ville principale, Fagoritum.< Les Turones, les Andegaues et les Nannetes , étaient, comme vous le savez, trois peuples habitant les bords de la Loire, et qui avaient pour capitales Ccesarodunum. (Tours), Juliomagus\ (Angers) et Condivicnum (Nantes). Dans la presqu’île de la Bretagne se trouvaient les Redones et leur ville Condate , Rennes; les Cu* riesolites et les Osismiens", le village de Corseult, entre Dinan et Lamballe, renfermé des vestiges* encore remarquables de la ville des Curioso-

D ANTIQUITÉS MONUMENTALES. jg

lites, et l’on croit que Karhaix , département du Finistère, occupe le même emplacement que Forganium, capitale des Osismii. Au Sud- Ouest de la presqu’île habitaient les Corisopiti, au territoire desquels répond le diocèse de Quimper, et au Sud, les Fenetes , dont la capitale Dariorigum , a dû précéder la ville de Vannes, (i)

Les côtes de la Normandie partageaient avec celles de la Bretagne le nom de Tractus jfrmo ricanas, et les îles de Jersey, Guernesey,: Aungny , Ouessant , Sein , Houat et Bell'isle étaient connues sous les noms de Cœsarea,

Sarrma, Ridua, Uxantis , Serf a, Siata et Fin dais.

Munis de ces notions préliminaires sur la position des peuples et des principales villes du pays que nous habitons, il nous sera plus facile d etudier les auteurs anciens qui ont traité de la géographie de la Gaule.

Ces auteurs n’ont point connu tous les lieux

(0 1 para it certain que le, O.sismii occupaient la partie oc cidentale de la Bretagne dan, toute .a largeur , et q„e Je,

£3cPè d -11 *** fai‘ mCDfi0" P°Ur preMière ** ^n,

la not.cc de. province,, n'étaient primitivement qu’une portion de. Om, mu , qu, devenue distincte et indépendante par ieC ; ~nt d’U“ éVêChé 4 Qui“pCr-V- Notice

COURS

dont ils ont parié; ils ont travaillé d’après dos renseignements incomplets, et souvent fautifs , aussi ne donnent-ils que desgénéralités renfermées dans des espèces de catalogues ; leurs écrits sont cependant très-précieux, il faut tenir compte des difficultés qu’ils ont éprouvées , à une époque où les sciences géographiques étaient encore dans l’enfance.

Strabon, qui vivait sous Auguste, est un des plus agréables à lire; il entremêle ses descriptions géographiques de détails intéressants sur les productions de la Gaule , sur son commerce et les mœurs de ses habitants. Malheureusement il s’étend moins sur la Gaule septentrionale que sur la Gaule méridionale, qui était mieux connue de son temps; il donne cependant sur le commerce des habitants de Lisieux et du pays de Caux,des détails très-importants, dont j’ai eu l’honneur de vous entretenir dans la Ire. partie du Cours ( voyez page 5 7 ).

Ptolémé* d’ Ai/exaudrie, célèbre mathématicien , géographe et astronome, fleurissait dans la première moitié du deuxième siècle de l’ère chrétienne, sous les Empereurs Trajan , Adrien et Antonin-le-Pieux.

Sa géographie n’est, à proprement parler, qu’un tableau indiquant d’une manière assez vague , la position des différents- peuples et de leurs villes capitales. Cet aperçu renferme beaucoup d’erreurs graves comme vous pourrez le reconnaître par le fragment qui concerne le pays situé entre la Seine et la Loire , et que j’ai transcrit sur la planche XIIIuie. (voir l’Atlas). Les deux premiers paragraphes de ce fragment donnent un aperçu d!e& côtes comprises entre la Loire et la Seine; ainsi nous y voyous figurer d’abord, à partir de la Loire jusqu’à l’extrémité de la presqu’île de la Bretagne, le port Brivates , Brest ? (i) , puis l'embouchure de V/Iérus aujourd’hui la Vilaine ; le port V indana , dont la position est incertaine , mais (pie Banville croit devoir placer à l’entrée du golfe du Morbihan (a), et le promontoire de Gobée qu’on prend généralement pour le cap Mahé.

Au Nord de la presqu’île, à partir du pro-

(i) Banville et plusieurs autres savants croient que Brivatas portas était Brest , en considérant les déplacements plus considérables que Ptolémée fait subir aux lieux et aux peuples dans l’indication qu’il en donne.

(a) M. de La Pylaye , membre de plusieurs sociétés savantes il Fougères , pense que le Findtina portas de Ptoléruée était

Audierne , au S.-O. de la presqu’île de Bretagne.

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montoire de Gobée, sont indiqués : le port Staliocanus , dont Danvil.'e a fixé l’euiplacement dans le fond de la rade de Loo-Christ, au Nord du cap Mahé ( i et l’embouchure du Têtus, que quelques-uns placent dans la baie du moût Saint-Michel et d’autres plus à l’Ouest. Vient ensuite Ysdrigenus Biducesiorum (a); cette ville que la plupart des savants placent, je crois avec raison , à Vieux , près de Caen , aurait été, suivant Ptolémée, située près des côtes de la Bretagne , à peu près vers Saint-Malo ou Avranches. C’est probablement ce qui aura déterminé quelques savants à la chercher de ce * côté ; Mannert défend aussi , sur ce point , l’exactitude de Ptolémée et ne pense pas <\n’Arigenus ait été dans la partie de la II “,e. Lyonnaise qui correspond au Calvados (3). Nous reviendrons plus tard sur cette question de géographie qui nous intéresse spécialement.

(i) Cet auteur rapporte que la positioo dans laquelle il place le port Staliocanus s’appelle encore le Port Stiocan, et que, d’après D. Lobineau , on y voyait les vestiges d’un port construit en briques et en ciment.

( a)On suit ici la version de Ptolémée. publiée par Dom-Bouquet ( Recueil de» historien t de France , volume i p. 7a. )

Dans d’autres Éditions on trouve Argenii fluvii Oit ta. L’édition de la collection des historiens de France diffère sous plusieurs autres rapports de celles qui ont été publiées ailleurs.

(3' Géographie ancienne. 1 — 7a.

d’ ANTIQUITÉS MONUMENTALES.. a3

Après Arigenus , Ptolémée indique Crociatonum , l’embouchure de l’Orne, Lisieux et l’embouchure de la Seine.

L’auteur passe ensuite aux différents peuples dont lîs territoires sont voisins des côtes précédentes , et les énumère en suivant une marche inverse t c’est-à-dire à partir de la Seine jusqu’à la Loire.

Ainsi , sur les bords de la Seine , il indique les

Caletes et leur capitale Juliobona, les Lexovii,

les Unelli ( Unelles), les Biducesii , les Osismii , qui ont pour capitale Vorganium , et qui sont les plus rapprochés du pi omontoire de Gobée, enfin, après ce promontoire, sur la côte Sud de la Bretagne , les Vendes , les Samnites qui bordent la Loire , et que l’on regarde comme identiques avec les Nannettes ou habitants du pays de Nantes.

Les détails que donne Ptolémée sur des peuples qui occupaient l’intérieur des terres montrent l’incertitude de ce géographe sur leur position et sur la délimitatioa de leurs territoires ( voyez la IIP"6, partie du tableau, planche XlII^e'. Il n’entre pas dans mon plan de discuter les erreurs de Ptolémée, mais bien de vous faire connaître son ouvrage, afin que vous puissiez l’étudier. Pour citer seulement unexem-

*4 COURS »*'

pie de ces erreurs , il étend jusques sur 1© bord de la Seine les Abrincatui , (peuples de rAvranchain) qui étaient séparés de ce fleuve par les Bajocassirù ( habitants du Bessin), les Lexovii et les Aulerces-Ëburovi ques ; il prolonge le territoire de ces derniers ' depuis la Seine jusqu’à la Loire, tandis qu’ils étaient bornés au Sud par les Carnutes , les Cé~ nornans et les Diablirites ; enfin il repousse les « Rhedones jusques sur le bord de la Loire , vers Nantes, etc. , etc.

Pour nous, le principal mérite de Ptolémée est peut être d’avoir mentionné la ville capitale * de chaque peuple ; car ces villes ont changé de noms par la suite, et ceux qu’elles portèrentdans le Ier. et le llme. siècle de 1ère chrétienne seraient moins bien connus, si Ptolémée n’avait . pris soin de les indiquer.

* Pline vivait sous Yespasien et Titus ; ce qu*it dit delà partie de la France qui correspond à ta secondeetà la troisième Lyonnaise est compris dans un paragraphe fort court dont voici la traduction.

« Dans la Lyonnaise sont les Lexoviens , les « Yeliocasses les Gallètes , les Veneti , les.

« Abrincatui, les Osismii. Là coule le célèbre-

d’ antiquités monumentales.

0 , * * <éi

« Liger(la Loire); là line péninsule remarqua-- « ble s’avance dans l’Océan depuis les limites « Osismiennes (i) : on lui donne 6a5 milles de « circuit et ia5 de largeur; Plus bas sont les « Ptannètes. Dans les terres se trouvent les « Eduens, lesCarnutes, tous deux alliés des « Romains, les Boii, les Aulerques, tantEbu- « roviques que Cenomans; les Meldes , peuple a libre ,lesParisii, les Trecasses, lesAndécaves». a les Yiducasses , les Badiocasses , les Unelles,. « les Cariosvélites , les Diablintes , les Rhe- « dones , les Turônes , etc. (a). »

Coin me vous le voyez, l’énumération dePline,. est d’une telle insuffisance que nous y trouvons, beaucoup moins de faits que dans les catalogues de Ptolémée.

Pomponius Mêla et lès autres géographes sebornent à des généralités semblables.

On peut hardiment affirmer que tous lesauteurs anciens fournissent moins de renseignements sur la géographie de la Gaule, quela carte de Peutinger et les tableaux ou catalogues connus sous les noms cT Itinéraire-

(i) Pline perle ici de la presqu’île de la Bretagne.

(a) Pline liv. IV, traduction de M. Ajasson de Grandsagne % meu-bre de la société des Antiquaires de Noiniaudic. p. »S3.

COURS

èC Jntonin , de Notice des provinces de la Gaule , et de Notice des dignités de l'empire ; ils ont été dressés à une époque où les moyens de communication s’étaient multipliés et où la position des villes était mieux connue. Ces monuments sont donc pour nous d’un grand prix , malgré leurs imperfections ; nous allons les étudier avec quelqu’attention.

d’antiquités MONUMENTALES. *7

. CHAPITRE m.

Continuation du sujet. — Notions préliminaires sur le» mesures de distance usite'es en Gaule sous la domination romaine. — Itiperaire d’ Antonio. — Explication1 de la partie de cette table qui se rapporte à la a", et la 3». Lyonnaise. — Carte de Peutinger. — Son origine probable et son importance. — Examen d’un fragment de cette carte figurant la France occidentale. — Un mot sur la Notice des dignite's de l’empire , et sur le parti qu’on en peut tirer pour l’avancement de la géographie ancienne. — Notice des Gaules. — Observations relatives aux noms des villes gallo-romaine». *

Pour comprendre l’itinéraire d’Antonin , et la carte de Peutinger, il faut connaître la valeur des deux mesures itinéraires usitées en Gaule*e sousla domination romaine :1e mille et la lieue .

Le mille se composait de 1,000 pas ( environ 7 56 toises 7) et la lieue de i ,5oo pas ( i , 1 34 toises ). A l’époque ou l’itinéraire a été dressé , la première mesure était usitée dans toute la province romaine , mais on se servait habituellement de la seconde dans les autres contrées de la Gaule. Cette différence dans la ma-

*8 '* COURS

nière de compter les distances nous est attestée par Aininien Marcellin qui dit formellement qu’à partir de la Saône, on ne comptait plus par .„*■ milles, mais par lieues. Exindè non rnillenis passibus, sed leucis itinera metiuntur (1).

La carte de Peutinger, dont nous parlerons tout à l’heure, confirme le témoignage d’Animien Marcellin ; car on y voit, près de Lyon , une note avertissant que, depuis l’extrémité (le la Gaule jusqu’à ce point qui touche à la province, les distances indiquées sont des lieues.

Du reste, il faut remarquer que la lieue Gauloise était désignée tantôt sous le nom de , lieue, tantôt sous celui de mille, et que souvent le mot millia ri indique point des milles romains , mais des lieuds Gauloises , lors (qu'il

s'applique à la partie des Gaules où cette me-

sure était usitée-.

Bornons-nous , pour le moment, à la connaissance de ce fait ; plus tard, lorsque je vous parlerai des colonnes milliaires, j’aurai à présenter des considérations qui seraient ici prématurées.

(i) Ammien Marcellin, lir. Vf.

UANTIQUIT^S MONUMENTALES.

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