‹ Cours d'antiquités monumentales professé à CaenChapitre 24 sur 44 · I) ANTIQUITÉS MONUMENTALES · texte numérisé non relu

I) ANTIQUITÉS MONUMENTALES

A rextrémité «le ce xyste et du crypto-portii{ue se trouvait dans lejar«liu un pavillon que Pluie appelle SES DÉucES, et qui ^ renfermait ;

D abord un appartement tres-chaud(n®.32), ayant vue, d’un côté sur le xyste , de l’autre sur la mer, et de tons les deux recevant le soleil :

son entrée répondait à une pièce voisine, et une de ses fenêtres donnait sur la galerie.

Dans le mur placé en re-^ gard de la mer était une élégante alcôve (A) , qui pouvait être #parée de l’appartement on réunie avec lui, au moyen de rideaux efd’nne cloison mobiles, que l’on ouvrait on fermait à volonté j elle contenait un lit et deux chaises j les pieds du lit étaient tournés vers la mer la tête vers les bois ; de côté SC trouvaient des maisons de campagne. Trois fenêtres présentaient à l’œil ces trois vues difléccutes.

In capite ^ysti deincefys crypto-poi^cûs , horti dix-

^ cri, AUOBES MEI;

.52. In hâc heliocaminiis (juidem ; alia xystum, alià niare,vtraque soient, cubu cttlum eiuteni vctlvis , cryplo-porlicum fénestrâ prospicit.

Quà mare , contra parUtem medium zotheca per quam eleganter, recedit , quoi specularibiis et velis obduetbi. reductisqne modb ad/icitur cubiculo , modb aiifertur. Lectum et duos cathedras capit : à pedibus mare , à tergo villœ, h capite silvte : tôt faciès locorum totidem fenestris et distinguit et miscet.

• Mil»’ *■

il .Slllqj stitAll à ,ta:. .

couns

^ «pprtrmrnt coraimi'

j^Bibre â concher (55) :

^ dit Pline , on n’enlen- ^it E»*** des esclaves, loannnre de la mer ou le des vcols J les éclairs le jour même ne pouvaient y pénétrer à moins que fon n’ouvrit les fenêtres.

Qg^^e tranquillité profonde venait de ce qu’un double oiur exisuit du côté du jai^in , et que - le bruit se Uvuvait absorbe dans- le vide (bb) ménagé entre les (lenx murailles.

A cette chambre était joint un très-petit bypocanstc(n\ 34) , dont la cbalcur se répandait ou se comprimait , à volonté , par une étroite ou- Tèrture.

Enfin on trouvait une antiebambre (n°. 35) , et un appartement j(n°. 56) c|ui recevait les rayons du soleil dès le matin , et les gardait oblhjuemeut jusqt^e da“»

l’après-midi (i)«

(1) Pline énuméraut, * 1* *

55. Junctum eat euhiculiim noctis'et somui. Non illud voces servulorum , non maris murrnttr^non tenipestatum motus, nonfulgurum lumen , ac ne dient quidem sentit, nisi fenestris apertù. Tarn alli aiditique secreti ilia ratio , quod interjacens andron parietèm cubiculi hortique distinguit , atque ita omnetn sonum mediâ inanitfite consumit-

54. Applit^tum est aibiculo hypocaustiun perejcignum y quod angustâ fenestrâ suppositurn cahrcni , ut ratio exigil , aut ejffundit üulretinet. *

55. 56. Procceton inde et cubiculum porrigitur in solem : quem orientem statim exceptum , uîtrh meridiem , obliquum quidem , sed tamen servat.

I de sou épitre, les a»ant»ges

d’antiquités monumentales.

Le plan que je viens de vous présenter ne peut être . que fort arbitraire , et n’est -pas aussi satisfaisant qa’on le^ désirerait , 'mais il facilite beaucoup l’intelligence du texte de ■Pline (i). " • “

D’après cette restitution , une grande allée ou place d’elercice pour les esclaves aurait été placée en H , H, à proximité des logements qui leur étaient assignés.

Si je ne craignais de vous fatiguer , je vous lirais la description que donne Pline de sa maison de campagne de Toscane ; elle est peutêtre plus intéressante que celle de sa maison de Laurente et plus précise dans quelques parties, de sorte que nous pourrions en reconstruire le plan avec moins d’incertitude : je vous engage au moins. à lire la lettre dans laquelle Pline décrit cette charmante demeure ; c’est la 6*. du livre V. On trouve dans ses autres lettres

nombreux qae piéeenUit la ^tuatio#de Laurcnie, dit en parlant d’OsUe, qni en était tout toisin , qu'il y Aralt là Iroia baina, dont on pouy/ill faire uaage, chose fort com* mode , lorsque l’on était .trop pressé pour chauffer celui de U. maison. '

(t) Pline ne parle que de rhabitaiion du maître ; il y aaait probableipent à Laurente une autre enceinte de maisons pour loger les récoltés et les laboureurs, txV/a agraria et fruc~ tuaria.

lOO

COURS

quoiq(iios details inléressatits sur fes-habitations qü’U possédait à Tiisculum , à Tivoli , à Preueste (i) , et prcs^du lac de Côme.

Je vais maintenant vous entretenir de maisons de campagne très-considérables , et' offrant entre elles plus d'’un rapport , découvertes les unes en France , les autres en Angleterre où un savant, M. Lysons , s'est appbqiié avec un xèle et 'une persévérance bien dignes d'éloges , à l'exploration des villœ élevées dahsl domination romaine.

Villa de Woodchester. — La maison de campagné , découverte à Woodchçster , est un des établissements de ce genre' les plus considérables que l'on ait exhumés. Pour se reô^re compte de la description de ce curieux édifice , il' est bon de jeter les yeux sur le plan figuré pl. XXX VII , d’aprt's celui de M. Lysons. ,

L'entrée principale de cette villa paraît avoir été placée ^ E ; elle .consistait dans une grande porte voûtée entre deux autres' arcades plus petites , ainsi que l'on pouvait en juger par les fondations (n“*. i , a , 3^.

(l) Ilahes causas cur ego Tuscos meos , Tiuculania, Tlbiirtinii , Prenëstiniaque meis pr<eponàm.{ Eprstol. Fl, lib. F.)

d'antiquités monumentales. iôi

La porte ceVitrale ^vait au moins i5 pfeds de largeur , et les deux autres seulement 4 pieds..

Cette entrée donnait dans une grande eour B ou atrium majus , de i5B pieds s^ i4i.

Sur le côté droit de cette cour , vers le N.-E., on voyait un corps-dc-logis ayhnl contenu des bains , et consistant dans une galerie ( n’. 4 ) > de 65 pieds 8 pouces sur lo pieds 4 pouces d'un appartement à côté ( n% 5 ) , de "24 'pieds sur 1 4 ; d’une autre espèce de galerie ( n“.,6) , de^ 4^ pieds 9 pouces sur 9 pieds 4 pouces , sous laquelle étaient des restes de murs , indiqués sur le plan par une ligne poi^tuéo , et ^i paraissait avoir soutenu un pavé , chauffé par un hypocaustc voisin. La pièce suivante (n®. y) ayant i3 pieds 7 pouces sur 9- pieds 4 pouces,, était vraisemblablement un apodyterium où chambre de toilette. Près d’elle , un appartement ’(n®. 8) , de. 9 pieds i o 'pouce^ ,gur 8 pieds 10 pouces , était peut-ôtre un lacomeum ou chambre à suer. Un corridor conduisait .au bain ( n“. 9), qui avait 1 1 pieds 6 jiouces rar 8 pieds I pouce, et \e pt'cefurnium ou foùmeau se trouvait entre ce bain et la chand^'e à suer (n®. 10).

, Au centre de ce corps-de-logis , semble avoir

été une petite cour couverte ’flfnoïum (C) , au Sud-Est de laquelle se trouvait ûn appartement (n°. 1 1), qui devait avoir 30 pieds sur lo, en supposant qu’il s’étendît jusqu’au mur de clôture A ; on y remarquait en a , six pierres supeiposées , formant une espèce de piédestal de 5 pieds de hauteur , probablement pour une statue.

^ La galerie (n“. 1 4) avait 48 pieds de longueur sur 7 pieds 5 pouces de largeur : peutêtre servait-elle‘’à accéder à l’appartement n". 13', qui avait lo pieds 9 pouces sur 10 pieds 4-pouces, et à l’appartement n®. i3 , un peu plus ^and , , qui pourraient avoir l’un et l’autre contenu des baignoires.

Sur le côté opposé’ de la grande cour ( B ), se trouve un autre corps-de-logis queM. Lysons croit avoir été consacré à loger des domestiques ou des esclaves : on y voyait d’abord une entrée de- 1 1 pieds siBT ,10 (ri®. 1 5 ) , une petite cour atrib/wm ( ri®. 16) , de 63 pieds sur s3 ; une grande salle ou lieu de réunion pour les domestiques (u®. 17), ayant io5 pieds de longueur su/ 30 .pieds 9 pouces de largeur ; suivant M. Lysons (i) ,^-une espèce de dortoir

(i) Dans l'expiicatien det viUte, découvertea ea ADglelerrci

d’antiquités monumentales. io3

(il®. i8) ;-puis des chambres à coucher ( n°'. 19 , aô , ai , aa, a3, a4, et peut^^e aussi n®< 25). ' '•

De la grande coutf extérieure (B) ou atrium majus , on entrait ^dans, la cour intérieure (A), espèce. de cour d’honneur, comme on en voit encore dans, la plupart de nos anciens châteaux. L’entrée ou prothyrum était en (F), elle avait 9pieds de large et 38 de profondeur.

Sur trois côtés de cette cour était ,im crypto-portique ou allée couverte ’ pavé en mosaïque. • ‘ '

, La partie de ce eryj^o-pôrtique , orientée au Nord (a6), avait 1 1 4 pieds de longueur sur i o de largeur , excepté le long de, l’appartement central n®. 3o , qui formait saillie et rétrécissait d’un pied la largeur du corridor. A. l’Ouest (n®. 37) , la longueur ckt corridor était de 62 pieds 5 pouces 8ur9 pieds a pouces de largeur , et de 6a pieds sur 8 ip à l’Est (n®. 38). Sous le pavé du crypto-portique étaient des conduits de brique ; les débris des fourneaux qui avaient servi à l’échauffer , furent trouvés de chaque

côté de la cour en l et en m.

j« suii en génëinl l’opinion de ■l’anteur qnt le* a 'déëritea , quant à la destination des piicta^

io4 . î’ -rr- çoüRS ■ ' '

Au centre de la partie Nord de ce magnifique crypto-portique s’ouvrait la principale pièce , ayant 48 pieds i o pouces en carré ( n®. 3o); c’était probablement une salle à manger, triclinium, ou un petit atrium. On y remarquait les bases de quatre piliers pour supporter le plancher qui , selon toute apparence , était disposé comme celui d’un atrium tétrastyle.

Il y avait sons le plancher des conduits croisant à angle droit, pour répandre la chaleur. Le pavé, de la plus grande richesse, ofirait sur les côtés en-dehors de| quatre piliers , des carrés dans des carrés ; au centre , des cercles, renfei-mant un compartiment^ octogone orné de figures d’animaui. Dans un autre compartiment compris entre ce cadre central et la cour , on, voyait une figure d’Orphée ou d’Apollon jouant de la lyre (i).

Les euhes qui formaient cet élégant pavé , avaient été évidemment placés et incrustés dans le ciment ■, avant d’être polis au moyen du frottement : oti y remarquait düTérentcs nuances de bleu, de rouge , de blanc, de gris et dé brun.

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(I) M. Lysons pense que cette figure étsk celle d’Apollon : ee dieu parait avoir étti leprcsenté dans certains triclinia de luxe ,1 et l’on sait qae^ckcz-Lucullas la plus belle salle A maui'cr tiïak 1a s<Hu Â’Jiuvilont *. ^

■; lin;’ iii: ■ i.i •

D’A^TIQUITÉS MONUMENTALES. lo5

Certîiines parties paraissaient avoir ét(J altérées et décolorées par ractiou du feu ; 'cogui fit penser que l’édifice qui sunnontaiitC® pavé était en grande partie en bois : et cpi’fl avait ^ détruit par un incendie.

De chaque côté de ce n^agnifique appartement régnaient deux passages ou galeries f)aVés .en mosaïc[ne ; l’un (n®. 3i ) , de 38 pieds 4pouce|.sur 7 pieds 6 pouces; l’autre (n°. 3,3), de 30 pieds 4 pouces sur 7 pieds 6 poucc^s.'*

Il y a lieu de penser que le premier corridor n.® 3i , placé au S. O. , conduisaîl aux appartements d’hiver; car le h®. 33 , aucpiel il accède directement, offrait une pièce carrée de 3o pieds 10 pouces de diamètre, .dont le pavé en mpsaïque' reposait sur un hypocauste , et qui était en outre garantie du froid , d’un côté, par '^un double mur placée 6 pouces de distance du mur intérieur ( 1 ). '

Des ornements du pavé ofiraient non-seulement des compartiments réguliers , comme beaucoup de mosaïques; mais aussi une inscription fort détériorée , dans lacpielle cependant cm crut reconnaître ces mots ; Bonvm eventvm *

(I) Od a T», dans là description de (page 04 n°. 15), tiue les appartements d'huer araient des mors plus épais .que les appartements d’été.

COURS

,io6

BENE COUTE. Une chosc a remarquer , c'est que IVta grec (H) y avait été employé pour TE iromaim Nous avons beaucoup d'exemples de ce mélange des lettres grecques aux lettres romaines , dans les inscriptions qui se trouvent sur les poteries (i). Les murs s’élevaient encore à' trois pieds' au-dessus du pavé, et ils ofiraient des traces évidentes d’un revêtement en stuc , peint à frcscpie. . i (, ■ . : ,j| {>

Tout porte à croire que cette pièce était un ■triclinium on salle à manger d’hiver ., et que les

44 étaient des chambres à coucher avec des cabinets , tels qpie Pline les mentioime dans sa desr cription de Laurente. Elles avaient été pavées en mosaïques et chaufiees par des hypocaustes. On trouva même, en-dehors des pièces 36, 87, '43.,. aux points n, o et p , les ouvertures des fourneaux où l’on allumait le feu.

Le n.® 48 , qui avait 34 pieds 4 pouces sur 20 pieds , pourrait aypir servi de salon ou de triclinium ; car nous avons vu , par la description

(I) Voyez l’euai que j’ài publié fur les poteries gsilo-rotnai* nés, trouvées au Mans, in-/*, imprimé i Caen en I8î9. —Le mélangealelcltres grecques et latine» semblerait annoncer que des artistes grecs travaillaient à la confection des mosaïques et des poteries romaines.

d’antiquités monumentales. 107

lie 'Pline, t{ue ces appartegients étaient' assez multipliés dans les maisons de campagne.

^ Trois jiièccs de grandes dimensions (n®*. 5i , 5a, 53) étaient san^ doute destinées à la vie publique , plutôt qu’à la vie privée : la plus grande des trois (n®. 5i), qui offrait 5o pieds de longueur sur 38 de largeur , parait avoir éfe une espèce de basilique ou de gi-ande salle publique : on remarque , au centre ( v. le plan), des fondations de murs dont l’établissement devait avoif eu pour but de consolider le pavé, et d’en empêcher l’affaissement.

Cette piè(^ communiquait avec le n.® 5a , vestibule bordant la porte d’entrée ou prothyrum , et qui avait 48 pieds sur 36. '

La pièoe n.® 53 i à droite de la porte d’entrée, qui avait 28 pieds en carré , paraît , ainsi que la précédente , avoir été une salle de réception ^M>ur les clients, et il y a lieu de supposer que ces deux pièces étaient précédées d’un portique. La richesse avec laquelle elles avaient été décorées semble d’ailleurs justifier la supposition qui vient d’être faite sur leur destination. On reconndl que des placages en marbre recouvraient certaines parties des murs et que d’autres avaient été peintes à fresque. XJn chapiteau dorique, une base , le fût d’une autre colpnne, des

y Coo<?It

to8 • ■ COÜRS >

(fébris 'de petites cstatues , dqjit quelqùes-'uiïs en marbre de Paros deux médadles en ^an<l bronze , l’une Adrien , l’autre de ÏMcille , et un grand nombre de petites médailles du Bas-Empire furent reeueillies dans-' ce§ deux pièces (ï). '

Les cUfiereüts appartements, placés à droite de là cour (depuis le n". 54 jusqu’au ri*. ÔS’), et auxquels on accédait par le passage n®, 33 , par les cryptri-portiques n*’. 26 et 28, et probablement encore par d’autres issues , ont été regardés comme des appartements- d’été y^rce qu’ma seul, le n“. 57 , était cha;uffé par us^l^ocàuste ; les Antiquafres anglais ÿ ont vu dés ckambirfes à coucher et des triclinia , comme dans l’autre côté de l’édifice. •* > ,

En avant de l’appartement figuré sous \e ,rt?. 25-, et dans la direction dû Sud-Est, réçnait assez loin un 'mur , que je n’ai point indifpié sur le plan , et le long duquel se* trouvaient des constructions qui paraissaient avoir servi d’étables ou d’écuries; à l’extrémité opposée de l’édifice, les murs se prolongeaient en ee ,‘ et il existait sans doute de ce coté des appartements

j[i} M. Lysons les re({irde comne des exedres ou salons dans lesquels on trouTait des siégea pour la conrersa^ion. Voir Antiquities of H'oodàhestir pages 9,10,11,15. ^

d’antiquités, Monumentales. 109

ou des dépendances dont la destination n’a point été indiquée les Antiquaires anglais.

ViiAA 'de, Bignor en Sussex. — Une autre ** * ,

villa très-remarquable , décrite par M . Lysons , est celle de Bignoï* en Sfissex (i).

Bignor est un village agréablement situé è neuf milles de mer, sît milles de Pcworth , et à peu près à la même distance d’Arundel. Une route romaine 7" venant de Chichcstcr (l’ancien Regnum des Romains) , passait à un (]ùart de lieue de cette paroisse. Richard de Circnccster y a placé une statiôn qu’il appelle ad dectmum , et qui n’est pas mentionnée dans l’itinéraire d’Antonin.

Il y avait, dans cette paroisse, un champ nommé /e champ de la ville , et une- tradition attestait qu’un établissement important y avait existé. Cependant on n’avait pas' encore signalé 'de ruines romaines dans Bîgnor , lorsqu’ en 1811 la pharrue mit à nu une mosakpie et quelques traces de murailles qui éveillèrent l’attention , et déterminèrent à exécuter dc8;> fouilles pendant trois années consécutives. Vous rerharquerex d’abord sur ce plan, figuré

(I) Voy. le tome XII de l’Archéologie liritannique. ^

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pl. XXXVîI , une coüf à peu près carrée , autour de laquelle régmit un: long corridor ou crypto-portique qui“ rers le Nord

f n®. I ') une longueur de 160 pieds \ de TEst à rOuest (i). ■ ' ■ - '

Le crypfo jporn'çfwe méridional (n°. 3) , qui se prolongeait parallèlement au crypto-portique septentrional , avait une largeur d’environ 8 pieds, comme le'crypto portique de T Ouest. Ce côté ne formait pas un angle droit avec les autres ; mais il suivait une ligne diagonale , comme le plan l’exprime. Il y avait du même côté , suivant le plan , un autre crypto-portique parallèle et contigu n®. 4* M. Lysons n’a pas donné de détails sur cette partie de l’édifice , non plus que sur quelques autres pièces , indiquées dans le plan qu’il a publié 'et dont celui-ci est une copie réduite.

Le petit appartement placé près de l’angle NÔrd-Ouest du crypto-portique dont*:il faisait partie, contenait un pavé en mosaïque, au centre duquel se trouvait une grossière repré- 'sentation de la tète dé Méduse." Cette mosaïque

(l)On remarqaait en Aies fondations d'un mur, mais il n’est pss prt)bable que le crypto-portique f(U interrompu ; et si ce mur s'élevait au-dessus du pavé, ce qui est douteux , on peut supposer, qu’il était percé d’une porte.

D AXTIQüITKS MONUWENTALES.

offrait encore des ' figures de poissons et d’oiseaux , et plusieurs ornements ; quatre tètes humaines en remplissaient les angles.

On voyait aussi dans le crypto-portique du Nord (n°. i) un pavé en mosaïque , long de 65 pieds (la charrue avait enlevé le reste) dans lequel on remarquait une frotte en labyrinthe , avtfc une bande rouge et blanche , le tout entouré d’une bordure en cubes rouges de terre cuite , d’un plus grand diamètre que les autres.

Le long du crypto-portique septentrional régnait un rang d’appartements. Les n°‘. 5,6, 7 , 8,9, n’offraient rien de remarquable (i).

Au Nord de l’appartement (n®. 5) étaient deux autres chambres, dont l’une (n®. 10) avait i3 pieds 2 pouces sur 24 pieds ip, et l’autre (n®. 1 1 ) 1 8 pieds 3 pouces sur 18 pieds 6 pouces; elles étaient précédées d’un passage ou corridor de 4 pieds i pouce de largeur servant à y accéder.

Les chambres 1 2 et 1 3 , avaient environ 1 9 pieds 2 pouces sur 1 8 piods’9 pouces : la première était pavée avec des carreaux de pierre légèrement brune. Au Nord de ces apparte-

(I) Voici qiieites ëfaient ies dimensions de ces diflérentes pièces: 20 pieds 6 ponces snr tS pieds 10 pouces. — 16 pieds 3 pouces sur~ 18 piedsJ-10 pouces. — 26 pieds sur 18.— 16 pieds 6 pouces sur tS pieds 10 pouces. — 8 pieds I pouce 'sur 8 pieds 10 pouces.

m'ents, on lrou-va(n®. i4)une chambre de iG pieds, au milieu de laquelle existait un pavé en mosaïque , de 8 piè'ds en carré , offrant des eom-' partiments rhomboïdàux et' triangulaires.

Nous voici arrivés à l’une des pièces les plus remarquables de F édifice , le n“. i5. Elle avait pieds sur 3o, avec'un enfoncement ou grande alcôve de lo pieds lo pouces, ce quidonnait3x pieds i l pouces pour toute la longueur, du Nord au Sud. Le pavé était en mosaïque, et présentait desfigiires d’un assez bon goût. On y voyait deux compartiments circulaires , dont l’un avait 6 pieds '7 pouces de diamètre ,' et l’autre , 6 pieds. Le plus petit représentait l’enlèvement de Ganymède, aussi bi^ exécuté que la nature .djes m£^tiériaux pouvait le permettre. Une espèce de frette , et une bordure blanche et noire, formaient l’encadrement. ' 1 1

Le plus grand compartiment circulaire contenait six petits cercles hexagones , de la même dimension et de la même grandeur , qui étaient tous bordés avec une espèce de frette ou de guillochure. Au centre de ces encadrements hexagones , on voyait des nymphes , dont le style était analogue à celui que présentaient certaines peintures romaines , découveries en Italie. Aucünc de ces figures n’était parfaitement' in-

d’antiquités monument^ales. ii3

tière ; mais il en restait assez de cinq- d’entre elles , pour que Ton pût facilement reconnaître leur attitude et leur coutume. Ellea étaient assez bien exécutées , seulement il y avait trop de raccourci dans leur» membres. : Les ang^ du principal compartiment étaient > remplis avec des guirlandes de feuilles de lierre. Le ëout était encadré dans une très-lai^é^Wrdure moins soignée , et composée de dés en briques ronges qui faisaient ressortir les figures de >ce pavé (i).

Au milieu de l’appariement, et au centre du pbis grand compartiment circulaire de la mosaïque. on voyait une citerne formée de pierres blanches fort dures , ayant 4 pieds de diamètre et I pied 7 pouces ij4 de profondeur, avec junc bordure large de 9 pouces i[3- Au fond de cette cavité existait un trou , dans lecpiel était engagé un tuyau en plomb. “*

Les fragments de placages trouvés dans les

(l)Xe volume des déiou quadiDatères qui tormaieiit rette iBoaalqae était d’cnilroo an demi-pouce mats ceux' qui oc. cupaieut l’intérieur des cercles n’avaiqnt goère'qae t|3 de pouce , et ceux qui formaient les figures étaient éneore plus petits. Oa en remarquait de Usncs, Be muges, de |aunes, de bleus, de gris-cendrés, été.' Les ftagmruts birua et gris-cendrés étaient en Liaa, pierre tris-commune dans le Calvados ^ e^l noua la voyons aussi emplopée dans les moMlques romaines. On avait emidoÿé la terre ciûte pour les teintes rouge dt brun-clair. * '

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décombres , ont prouve cpie les murs de cette salle étaient revêtus en stuc , et couverts de peintures.' Ils avaient a pieds 6 pouces d'épaisseur au Noid , à l'Est et à l'Oue^ , et 3' pieds «U Sud. La muraille Ouest de l'alcove n'était pas en angle droit avec celle du Sud. J'ai eu occasion de remarquer la même irrégularité daris im grand nombre de constructions romaines.' -

Ce bel appartement était chauffé par un hjpocauste , M. Lysons le regarde comme un tricUnium.

A l’Ouest dû n“. 1 5 existait une autre pièce pavée en mosaïque (n“. i|6) , ayant 3o pieds de longueur sur 9 pieds 9 pouees de largeur (i).

Elle c<Hnmuniquait avec le 17 , qui avait 33 pieds mir 10 pieds 4' pouces et où l'(m remarquait un pavé uni , formé de dés

(t}La mosaïque coasiatait en deux cempaatimen^'de S pieds 4 pouces sur 2 pieds 6 pouces ; chacun de ces comparti ments offrait deux ((oirlandes de feuilles de lierre sortant d'un petit TaM,entoaréca d’une bordure en guilloehis et d’nne denteinre nidre et blanehc. L'un d«s Mmpartiments carrés reuformait une figure octogone , remplie de carrés rhombdldanx , daas lesqnels étaient des frottes et des fenillrs de Uerrc.CeluI qui était plàpé an centre offrait une large rose. Les aulm préaeniaient u«c espèce. d'étoile à doorxe rayons, au «entte de laquelle uu^ fleur était encadrée dans un pçtit carré formé de guiUochia. Le pourtonude la mosaïque élpit fait quadrilatères plus gros que les autres , comme dans la salle *•. 16.

, p’antiquités monumentales. ii5

rouges. Il servait d'antichambre à une magnifique salle n“. i8. , . V

Ce bel appartement offrait im parallélor gramme de 32 pieds sur 19 pieds 10 pouces , avec une abside senri-circiilaire , dont le diamètre était de 10 pieds, ce qui donnait à l'appartement une longueur totale de 82 pieds.

Le pavé remarquablement rkhe présentait quatre compartiments. Celui qui oceupait l'absidp était semi-circulaire comQie elle , et garni d Mno élégante guirlande île feuillage sortant d'un vase. Au centre , on voyait une tète de femme , ornée de fleurs , et dont les cheveux formaieht deux tresses tombant sur les épaules. Cette tête aux épaules nues , que M. Lysons regarde comme celle de Vénus,, était entourée d’une auréole , comme on en a donné depuis à nos Saints. ■”

Les trois autres compartiments étaient encadrés dans une bordure guillochëc alternativement blanche et noire. Le plus grand , de 1 3 pieds 6 pouces en carré . était au milieu des deux autres qui n'avaient que 3 pieds 6 pouces de largeur, sur une longueur de i3 pieds 7 pouces (i).

(ll.Le grand compartiment carré renfermait une ligure octogone, dans laquelle étaient encadré* 8 petits compartimenta

' COURS

iiG

La salle , dont je viens de vous donner une idée d’après M. Lysons , «nssi bien'que l’appartement n°. 1 6, étâk échauffée par un hypocaustc, dont le prœfurnium était placé au pied du ipur qxtérieur tle cette dernière pièce. Ce prœfurnium était forn^ de deux ^ murs épais de 9 pouces, présentant 16 pouces dé saillie , et distants l’un de l’autre de 1 8 pouces , qui supportaient une petite voûte en brique. •

Le n°. 19 était fort encombré de débris. Autant qu’on put le reconnaître par les fondations;

oblongg qui «e réiinis«aieiit au centre. Cbacnn de ces cempartiuicnts oblougs avait 2 pieds 9 pouci» sur 16 pouces. Deux d’entre eux étaient couverts d’Amours et 'de Génies; et silr trois aulfes on pouvait encore distinguer l’attitude de plu-' sieurs figures. ,

Les vides qui existaient entre l’octogone et le carré, prés des, angles de ce dernier , étaient remplis par des urnes et des cornes d’abondance pleines de fruits et de fenilUgee. , ....

Le eompartimentoblong , placé entre l’abside et le grand conpsrtiment du centre , que je viens de décrire , était encadré dans un guillochis ; il rca fermait it'flgureade Génies habillés comme les gladiateurs , et représeotaotassex bien ceux qui étairnt’coiftius sous les noms de retiahi et de secutares('), • ■».

On distinguait qnatrea acènea différentes, danslesqucllcs les mêmes perspnnages flgutaient suqpessivement. Dans la' premiëre.on tes voyait préparés pour le combat; dans une autre, la lutte était engagée; dans la troisième, le sang coulait ; l^s combatlans étaient renversés, désarmés et blessés dans la quatrième. J

(*)ll*«ra qutMion plut tard ilet er dot à l’article C/rgu^r.

d’antiquités monumentales. H<7

c’<jtail oiiO' peülc coxit^atriolHm ; eiitourcc d’un portique (D). M. Lysons suppose qjac ce }iortiquc était orné de petites colonnes : effectivement on trouva sur l’aire une colonne d’onlre doricpic irrégulier , qui n’avait que 3 {>ieds lo pouces de longueur , quoiqu’il n’y manquât que la plinthe de la base et qui était semblable à une antre colonne qui fut découverte auprès de l’appartement n". 4 1 » La cour et le portique occupaient un espace carre d’environ 3o pieds.

Le n°. 20 était un petit appartement de & pieds 3 pouces sur 1 2 pieds, qui avait deux portes , l’une donnant dans le portique de la cour n".' 19, l’autre communiquant avec l’anlicbambre n®. 17. '

Les appartements qui bordaient lé cryptoportique , dans la direction du Nord au Sud . offraient plusieurs particularités très-remarquables. Le n“. 21 présentait une étendue de 4<» pieds 4 pouces sur 17 pieds; les murs avaient un peu plus de 2 pieds d’élévation au-dessus du pavé cpii était en mosaïque; ils contenaient • des tuyaux de chaleur communiquant avec l’hypocaustc (i). ' ^

(t) Le pavé de mosaïque consistait en 4 compartiments, L’un

Il8 ' COURS

La cliainbre n°. az'.effrait des restes de itturs revêtus de stuc et peints en rouge , qui avaient encore, vers l’Est, 2 pieds 10 poncés de hauteur. Le long de ce mur se trouvait une cheminée(/), circonstance sur laquelle je réclame votre attention. Cette cheminée avait 21 pouées d’ouverture , et 17 pouces au fond ; sa profondeur était de 8 pouces. L’âtre était composé de 8 briques de 7 pouces en carré. Deux briques liées ensemble avec du fer , et fixées de chaque côté du foyer , formaient les parois latérales , comme dans les cheminées à la Rumford t malheureusement il ne restait plus rien du conduit qui avait été pratiqué pour la fuméci

Dans la chambre n®. 28 , qui avait 1 5 pieds ip sur 16 , et qui était en partie pavée en mosaïque , on trouva' une seconde cheminée , cons-

ctrrë de irpieds 9 poocea, l’autre de 13 pieds 3 pouces ; le compartiment carré septentrional contenait quatre dUisions octdgnncs, dont chacune renfermait une étoile, formée par l'eulacenient de deux carrés. > .

L’autre compartiment renfermait un cercle qui contenait liii-mémè huit diriaions hexagones , formées par un goillo.

chis de couleur rouge i ]aune, noire, blanche et bleue alternat^rement; Lea espacés compris entre les difisions hexagones paraissaient avoir contenu une inscription dont il ne res-

tait plus que les lettres T R. Les quatre encoignures 'étaient

ornéea d'ovales , au centre djf^quels on remarquait des orne-

nirnta. L'un d'entr'eux présentait une tête d’enfant entre un faisan et une corne d’abondance.

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dVntiquitbs mohumentales. 119

truite de lu méine manière que la préc^cnte (point c) ; elle était seulement un peu moins et n^avait que 19 pouces ii^nfeuvex-

turc.

Les appartements tracés sur -le [dan, depuis le n®. 24 jusqu’au n“. 35, ne présentaient riende bien remarquable , et il suffit de tous les indiquer ; mais il en était tout autrement des pièces 36 , 3y , 38, 39, 4o, avaient fait

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