partie d’un bain
L’appartement n®. 38 contenait encore des portions considérables de mosaïque , reposant sur un hjpocauste , qui communiquait avec celui de l’appartement voisin , au moyen d’une arcade en briques ayant 3 pieds 9 pouces de largeur , et 3 pieds 2 pouces de hauteur.
\ l’Est de cette chambre, on trouva (n®. 39),
- les restes d’un grand hypocauste avec une abside semi-circulaire au Nord-Ouest. Tout annonçait que cet hypocauste avait appartenu à une étuve (südatorittm), qui avait été divisée en plusieurs compartiments. -
Le prœfumium était placé au Sud de l’appajrtement précédent (point G). 11 se composait de deux murs de 2 pieds 9 pouces de hauteur , dont ' chacun était composé de 8 briques posées sur le plat ; d’autres briques de
lao
'COUHS
1 1 pouces .1 ]2 en carrée fortnai/ént le toit et le pavé de ce. pétit . fourneau. ' ‘;î
J Après la salle des étuves venait celte du b&in froid (n“.4o), quiavait35 pieds sur 3o.Le pavé en était presque entièrement conservé ; etse composait de pierres blanches et nmres de 6 pouces sur tous sens, disposées en échiquier. Les pavés blancs étaient déjà même pierre que les bords de la citerne du tridinum (n". i5) , et les noires d’une espèce de schiste. Le long des murs on remarquait un rang de grandes briques de i4 pouces 'i P sur 1 1 * .
- ' Le bain se trouvait à peu près au milieu de Pappartement.C’ctaitunréservoirayant presque i3 pieds de l’Est-à l’Ouest, et 3 pieds 3 pouces de profondeur; On y descendait par trois marches du côté de l’Est, de l’Ouest et du Nord. Ces marches n’étaient pas égales en hauteur ; l’ùne avait < i pied 8 pouçes , une autre 3o pouces I p, et la plus basse seulement 6 pouces ; elles offraient i o à 1 1 pouces de largeur. Le fond du bain était composé d’une aire de 2 pouces , reposant sur des briques ; on trouva, parmi les décombres tombés dans le bassin , plusieurs fragments d’une corniche en pierre , ornée de moulures et large de 2 pouces.
La belle salle (n”. 4i) , placée à l’Est de la
d’antiquités monumentales. I2I
précëdeiUe!, offrait i»n carré 35 ' pieds , mais un peu irrégulier , à cause de la direction diagonale du mur de l’Eut. On y remarqua un pavé ^ mosaïque mieux conservé que tous les autres(i)^ ‘ ' •. i, ’
On trouva sur ce- pavé une colonne d’oidre dorique irr^ulier , à peu près semblable à celle qui était dans la cour n°. i>9 , et ayant - le même diamètre (4 pouces .3[4)> Le fûtavait été fait d’une seule pièce; mais il s’était brisé , et avait endommagé le pavé en tombant. On ror marqua , à . quatre pieds plus iQin sur le pavé , un enfoncement, qui 'paraissait avoir été godait par la chute d’une colonne semblable ; ce qui fit supposer à M. Lysons que deux colonnes avaient été appliquées -contre le mur, des deux côtés de la piorte qui communiquait avec le bain froid.
J’ai bien peu de.choses à vous apprendre sur
(I) Ce piTé offrait un compartiment carré, dont la bordure était composée d’une frette rooge et d’un guillochis. Un cercle , deasiné an centre do carré , et orné dé dentelures , renfermait noe t^te de reste du compartiment
carré contenait A éloilea à 8 rayons, dont le centre était orné d’un cercle et d’on fleuron; Autour de la mosaI<iae étaient trois ranjs de parés carrés , de 6 ponces, - sUernativemcot rouges et noirs , et formant échiquier. Un quatrième rang , placé tout près de la muraille, était formé de briqooi ayant 15 pouces. I|2 sur 11 poocesi
■ COtBS
la grande cour ^ placëe àtrEslde ëelle que nous avons examinée. Elle était très-vaste , mtourée de murailles assez épaisses , qui ne formaient point un angle droit avec celles de la cour principale , et qui présentaient de l’irrégularité dans leurs directions. Le mur de l’Est avait pieds
4 pouces de longueur, celui du Nord, 385 pieds, et celui du Sud, 332 pietls 8 pouces. On trouva dans cette cour plusieurs constructions .d’une grande dimension; mais aucune ne présentait de peintures ni de pavés en mosaïque , autant cju’on put en juger par les fouilles qui furent pratiquées sur différents points. Ces constructions accessoires contenaient vraisemblablement les écuries , et les pièces que nous appelons des communs dans nos châteaux.
Tels sont , Messieurs , les renseignements que j’ai trouvés dans la notice de M. Samuel Lysons. 11 paraît certain que l’on n’a découvert qu’une partie du vaste monument de Digiior , qui sans doute servit de résidence à une personne fort riche. C’est un des é<lifices les plus remarquables de ce genre; M. Lysons suppose qu’il pourrait remonter au temps de Titus. Il base cette présomption sur le rapport que les mosaïques de Bigiior présentent avec quelques -autres que l’on croit du temps
d’antiquités -.mokumentales. 12'i
de cet empereur, et qpji ôiil ëté trouvées dans plusieurs pays. Il «te mtre autres uim^o^ saïque découverte à . Avânehes ( Aventiciim Helvetiorum de* l’itinéraire d’Antonin ) , et publiée par M. Schmidt , dans son Recueil des antiquités de’la Suisse ;^lle était tellement ^essemUante à celles de Bignor , qu’on «irait tenté dè croire qg’ elles avaient éité üait^ par le mi^e ouvrier. Il y avait à Avanches , dans ime des salles , une citerne qui ne différait ^ Aî^lle du triclinium de Bignor que parce que sa forme était octogone, au lieu d’être hexagone.On voyait à Avanches, des figures de Bac<dumtes , exécur tées dans le même style ‘et atvec les nlèmes défau|^ de dessin que celles du pavé de Bignor. On y teouva une^téte de Bacchus, entourée d’une auréole, comme la tête de Vénus que nous avons examinée dans l’appartement n”. 18. M. Lysons tire encore quelques inductions en faveur de son opinion , de la ressemblance que les mosaïques de Bignor offraient avec celles de Pompéïj dent aucune n’est postérieure . au rè^e de Titus.
Quelle cpie 'soit l’époque réelle de ces modiques ^ il est certain qu’elles différaient de la plupart de celles qui avaient été découvertes eii Angleterre , en ce que le dessin était
COWRS > ■ ’ '
mieux exécuté , ‘et' imposé avec de raeilléurs Àiat^riaux. M; Lysofils suppose qu’elles' étaient l’ouvrage d’artistes venus d’Italifc.
V iixA DE Mkrne pftÊs Marbôuê (Eure-et-toiry. La^tYla gallo-romaine'*découYerfe tout réeehinient a Mfénnfj a i lieue i jti de Châteaiidun , pwM. de Boi^villette , ingénieur dî!s ponts-etchaussées-; était plus vaste que celles dchit je viens dçïprésenter la description ; elle se composait en effet de deux grandes cours'entoarces de constructions et séparées l’une de l’aiilire par une petite place (voir le plan topographique aguré planche 'XXXVII) , et la moins vaste de ces deux éouré avait environ 600 pieds <Jp longueur , sur une largeur de plus de 3oo fi ).
Cette importante habitation était agréablement située dans la riante vallée du Loir',» et bornée , d’un côté , par cette rivière aux* eatix limpides , de l’autre , par les collines qui en limitent le bassin, vers le, nord. Une antique
(0 Renseignements communiqué par M. de BoisTiffeltd
Xa découverte de la villa de Mienne a eu |ieu depuis 1830, époque i iaquelle ce Cours a été professé publiquement pour^ première fois; J’ai cru néanmoins devoir intercaler^ci quelques aétails‘'8ur cette villa, l'une des pius «onsidérabks qui aient été explorées. \
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d’antiquités MONUMENTALES. I a5
▼oie dont on a retrouvé quelques vestiges ( voir le. plan, fig. 4', pl. XXXVII), fournissait un accès facile et tout concourait à rendré agréable le sejoor do cette belle maison de campagne, t !
' Quant a son histoire , elle estimissi obseuré que pelle de tous les monum^ts de ce geiirë ; elle {»rait eomme tant d’autres avoir été dévastée ,. puis mcendrec à en juger par des grains de blé , des bois et des osscmOtits inèinérés ou calcinés; qui ont été Recueillis dan» les ■ décombres (i)., -ij c.- . x-î „ '
Toutefois , on ne peut douter, qu’il. n’eiistét sur ce ÿoint un village gallo-romain ; M. de Boisvillette a reconnu à quelque , distance' de la villa , les vestiges d’un temple (sarcellum) , diverses constructions plus ou moins cmisidérar blés -, et un lieu de sépulture , qui oimonce évidemment une ancienne agglomération d’habitants (2). . .
On sait d’ailleurs, d’après la légende dé St.- A van tin , rapportée par les Bollandistes , que cet évêque de Châteaudun venant prendre possession de son siège s’arrêta à Mienne ; or’,' St.-
(I)lten8eign«mcnta commuRiqués par M.'deBoist.incttr.— V, aassi «ne Notice *uf Içs ruines de Mienne , par M. Vcrgn.iiid’- RbmJ({oési , dans les niënioires de l’acaddmie d’Orléans.
(S) Je croia devoir faire remarquer qn’u'D nom presque iden*
laG . COURS i-t,
Avantin évêque de Dunois , assista en 5 1 1 an éoncile d'Orléans (i) , et si le village de Mienne existait ePla fin du V.” siècle ou au commencement du VP. , assurément son origine remontait à des temps plus anciens , au temps de la domination romaine. ! < * ,
Lorsque j'indiquais toùt-à-l’heure leadimènsions de la moins grande des deux cours Composant la mlla deMienne, vous avez dâ prévoir' que les construetiqns qui en jormaient le pourtour étaient habitées p>ar le maître ; que là , était la mlla ûrhana, en nous reportant aux distinctions de Cellumelle ;~je vais m'attacher particulièrement à décrire cette partie de l'ëdifiee en m'ai^ dant des notes de M . de Boisvillette et du ' plan fi^ré, sur la pl. XXXVII.
D'abord un crjpto-portique formait en avant ' ^ . 1 •
tique, était luifanlla tradition, ceiui d’un autre village galloromain, aitùé au Mjooir , arrondissement deBajreux, et que j'ai cité dans le 2''. volume de mon Cours, page 333. On appelle cet emplacement la ville de la'Afionne ; ce noflt diffère bien peu de ceiui de Mûniu.
(I) V. Mémoire de U. de Bo'isvillette ; voici la traduction du paasagede la légende qui atteste ce f'ilt ; ■ '
« Xveiitin ae mit en chemin pour venir à LhAteaudun
mais étant près d’arriver à cettç capitale du pays Ouooia, et SC trouvant jrès-fatigué , il s’assit pour sc reposer à une demi- 'lieue de la ville , en un lieu qu'on appelle aujourd'hui de ilf/enne, d’autres disent Marboui[ » -
d’antiquités monumentales.
des bâtiments, tout autour de la cour, .u|ie galerie continue ( i4ii5) , qui n’i^nt interrompue que par les issues A. et B- Ce cr3rpto-piMrtique régnait cncore-à l’extérieur de l’aile méridio|iale de l’édifice , eh regardHlu Loir eee.
La pièce n.” i , placée à l’extrémité de la cour' et qui forme à l’extérieur une soillie à pans coupés , offre par sa positiim et par son importance plus d’un rapport avec le n®. 3o de la villa de Woodchester (v. la fig, i , pl.XXXVlI). ' On y voit encore aujonrtl’hui des murs qui conservent ,' dans toutes leurs parties , dc\ix ou trois pieds de hauteur et dans lesquels les issues sont faciles à reconnaître ; des restes de peintures à feesque couvrent encore quelques parties de cés murailles. Le pavé qui est en mosaïque , se trouve à une hauteur de marche ( environ 7 pouces ) au-dessous de tous les pavages environnants.
Au lieu de présenter une surface horizontale, cette mosaïque est bonrhée en forme desegmeut sphérique , avec une pente générale vecs un ^lyvcau qui , après avoir traversé le mur ilans toute son épaisseur, débouche, à ciel ouvert , au
niveau du sol extérieur (i).
(1) V. U notice de M. de Roisfilletle.
128 ■ ' - ‘ COOBS ' ■ •• • • •
D’apres ,des notes qui m’ont' été transmises par M. Vergnaod-Romagncsi les cubes ^ qui forment la mosaïque , sont de quatre couleurs,, biaises, jaunes, bleus et rouges. !.. -
Le dessin général produit^ par ,ces‘' 'quatre couleurs est à la fois simple , riche et de bon goût, quoique l’exécution matérielle ne semble pas, au premier abord, répondre à l’ensemble (i). Une lai^e bande rouge l’entoure ; vient ensuite’ Un encadrement en grecques et plusieurs autres bordures enrichies de tresses, de dentelures , de cornes d’abondance , avec dçs oiseaux , des tortues , des scorpions , dça poissons , .etc. Le centre est occupé < par tgi grand carré divisé en plusieurs autres , notamment à sa partie infëjrieure , où sont tracés trois compartiments presque carrés et inégaux. Ceux de droite et de gauche sont .remplis par des ronds enlacés , et celui du centre- est remarquable par ,un cartouche ou écusson soutenu par deux figures ailées. Dans ce cartouche on’ lit une inscription dont les, lettres ,
0) La mosaïque ést établie sur une couche de mortier de ciment de 3 ponces d’épaisseur, où l oti distingue des fragments de chaux non éteinte. Surcecin^ent a été plàoé un. coulis plus fin de 6 lignes epriton d’épaisseur dans lequel sont implanté.s les cubes ou fragments calcaires qui forment lit mosalque.t''/'. la Notice de M. VergnaudJ. ■ ' •’
r)‘*ANTrQUïTÉS MONUMENTALES. I 2Q
formées par des cubes blancs , sont difficiles à distinguer, et disposées à peu près de la sorte :
KX OFÏ
CINA FKR i 'f . '
RONI FELIX «r-' /. r-
VT ISTE LE ’î" • Ij UT îl
Cette inscription a déjà donné lieu à plusieurs interprétations différentes , que je ne crois pas devoir reproduire (i).
La position centrale de cette pièce communiquant avec rextérieur par la porte E , l’impossibilité de l’.éclairer autrement que par sa partie supérieure , le bombement du pavage et l’écoulement donné vers un point déterminé., le niveau inférieur à celui de fous les seuils voisins, sont,ditM^deBoisvillctte< autant de motifs tendant à prouver que ce vestibule n’était point couvert; nous sommes très-portés à adopter cette opinion, et en cela je trouve un rapprochement de plus à étabbr entre cette pièce et len®. 3o de la villa de Woodehester, que je^ crois aussi
(1) Qaelqucs-uns ont lu ex officina Ferroni. Félix Ulislele
COHJUgi.
avoir été à .d^icouvert au centre , et disposée comme un atrium tètrastyle.
De chaque coté de la pièce que nous venons ' d’examiner , et qui occupe , à l’cxtrcmité de la cour , la place du tablinum des maisons de ville, se trouvent deux appartements (3,6) , qui n’en étaient sépares que par des arcades, absolument commO les ailes d’un tablinum. M. de Boisvillette pense que des colonnes en marbre, dont il a trouvé les débris, ornaient l’un des côtés de chacune de ces ailes b b ,ct les arcades qui les réunissaient au n°. I .
^ Cettedernière pièce communiquait au cryploportitpie (i 4) par deux petits vestibules de même dimension (2 et 'j) , placés à droite et à^auche.
Les fouilles n’ont pas reconnu avec assez de précision les détails de chaque pièce figurée sur le j)lan , pour qu’on puisse déterminer avec certitude leur destination. L’appartement n“. 4 dont les fondations sont -en partie recouvertes par des constructions modernes , ainsi que celles de quelques autres pièces voisines (<?ce), étaient peut-être un triclinium ou une salle de cotiversation ; on pourrait attribuer le même usage à l’appartement n°. 10.
Les n®‘. 8, 9, 1 2 , 1 3, pouvaient être des chambres à coucher cubicüla.
d’antiquités monumentales. *i3i
Au-delà de l’ ouverture B ( i ) itf . de Boisvillette a observé dans les pièces i6, 17, des bassins qui scipbleraient avoir appartenu à des bains , mais qui ne sont point açconipagncs des dépendances ordinaires; les n“. 18, 19, 20, 21, 22, peuvent être regardés comme les chambres ou logements de la famille du propriétaire. ,
La grande salle n.“ 28 , terminée, d’un côté, par une abside circulaire dont le pavé est un peu ' plus élevé que celui du parallélogramme , ressemble au fl". 18 de \-A\yilla de Bignor, par sa formé et la magnificence qu’on avait mise à le tlécorer ; on y a trouvé de fort belles mosaïques et beaucoup de débris de placages en marbre ; un banc régnait tout autour de l’enceinte, et il y a lieu de penser que c’était un salon ou eièdre.
Lesn"*. 24* 25, devaient servir d’antichambre à cette belle pièce , et la salle n". 26 était également destinée aux réunions , si l’on en juge par ses grandes dimensions.
Les n"’. 27, 28, n’ayant rien offert departiculier peuvent être considérés comme des accessoires de la salle précédente, et dé celle qpii suit n". 29.
Là, M. de Boisvillette place la bibliothèque :
(I) U n'a pas été facile de déciderai ce paasage avait eiiaté dans l'origine , ou a'il réaultait de dégradationa anciennea.
J 32 •' cori\s
clic » termine , comme yous le votcï , par nii liémicYclc : on y a remarque les tlébris tl'un trèsbeau pave en mosaïque.
M. AcBoisvlllelte place des bains dansnn pavillon ou prolongement existant de ce côté, endehors de la cour. Len*. 3i aurait, en consé- (juencc. été un Apodyterium ; les bassins et les salles du bain auraient été danS la pièce n". 3a , et rbypocauste ou prœfurnium , vers le point n".*33. Peut-être, dit M. de Boisvillctte , une destination publique avait-elle fait placer ce bain hors de rcnccînte du palais , où d’ailleurs on trouvait d’autres bains moins considérables , si les pièeé,s i6 et 17 renfermaient des piscines , eominc leur forme l’a fait supposer.
.Cette grande aile , exposée au midi , et près de laquelle coulait le Ijoir , était la plus importante de l’édifice ; la plupart des appartements pouvaient en être chaulTés au moyen d’hypocaustes dont on a retrouvé les débris ; c’est de ce côté ipi’étaient disposées les pièces principales et le plus ordinairement habitées.
. - Dans la grande ligne de bâtiments qui occupe la façade du nord , parallèle à la précédente , on peut placer , à partir de l’angle !N. O. de la epur , un certain nombre de chambres' mbicula , et des triclinia d’été n“'. 36 ;
n^ANTintiTÉs SIONIIMKNTALKS.
l4‘s vestiges u’eii ont jkis encore été étmliés assez exactement pour que Ton puisse donner d'indications plus précises.
H n’est pas aisé non plus ilc.se prononcer sur la destination des appartements 35., 35. !M. de Boisvilletfe pense qü’ils ont été voûtés.
La .grande pièce n“. 34, qui termine le bâtiment et forme l’angle N. E. pourrait avoir été une basilique , et vraisemblablement on y entrait directement du dehors par le petit vestibule D.
Je n’oserais rien dire de plus sur l’ensemble des îippartements qui entouraient la cour de la villa de Mienne. M. de Boisvilleftc, qui continue ses explorations, et auquel je dois les renseignements qui précèdent , pourra bientôt donner des notions plus précises et plus satisfaisantes.
Le plan topographique, fig. 4, pL XXX VII , montre la forme cl l’étendue de la grande cour que nous supposons avoir contenu les écuries, les magasins , logements de domestiques et autres dépendances de la Villa agraria. Ou y volt aussi la petite place' qui partage celte partie .de l’établissement , de celle que nous avo^s examinée ; enfin, la posilfon d’un temple pérvptèrc et d’un champ de. sépulture , dont je
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COURS
parlais en commençant , et sur la présence desquels je me fondais pour dire qu’il n’y avait pas seulement à Mienne une grande habitation , mais un village , une agglomération d’habitants.
La uiWa de Mienne n’est pas la seule dont on ait constaté l’existence dans les environs de Châteaudun. M. de Boisvillctte a découvert les vestiges -de plusieurs autres habitations galloromaines moins importantes , dont il a pu reconnaître la forme et tracer le plan. L’une d’elles , à Thuy près de Marboué , offrait une disposition rappelant un peu celle de la villa de Mienne.
Villa de Thésée-sur-Cher (Loir-et-Cher). — La station indiquée sur la carte de Peutinger , sous le nomade Tasciaea.sar la voie de Tours Cœsarodunum à Boui^es Avaricum ( Voir le fragment de cette carte, PI. XV du Cours. ), est évidemment représentée aujourd’hui par le village de Thésée-sùr-Cher , dans lequel passe la voie romaine, où l’on. a trouvé un grand nombre de médailles , et où l’on voit encore dés ruines considérables d’un édifice galloromain (i)»-
(I) Thésée est à 2 lieues à l’Est de la petits tille deMohtricLard, sur 1a rite droite du Cher.
d'antiquités monumentales. i35
Quoique diverses opinions aient été émises sur la destination de l’édifice auquel ces ruines ont appartenu , je crois pouvoir le ranger daAs la classe des villæ.
J’ai dessiné de .deux côtés la façade de 'cet édifice; vous voyez sur la pl. XXXVIII , fig.
I et a , une réduction de mon croquis; et pour mieux faire comprendre la disposition du monument , j’ai tracé sur la môme planche un plan visuel de l’ensemble des ruines. Ce plan vous montre un vaste bâtiment allongé A\ , ayant en avant deux pavillons de grandeur inégale B B.
La cour qui précède est encore entourée d’un mur de a à 3 pieds de hauteur le
long duquel on remarque à l’est DD, des logements cjpi , vraisemblablement , avaient une plus grande étendue, et s’avançaierlt pent-ôfre très-près de l’extrémité du grand batiment.
La route actuelle , qui probablement remplace la route ancienne , borne cette cour du côté du sud ; mais on m’a dit que des constructions avaient été remarqpiées plus loin , jusque dans les eaux du Cher-, ce qui donnerait à penser que l’habitation que je décris aurait eu plus d’étendue qu’elle n’en présente aujourd’hui. . .
COURS
■Quoi qu’il en soit , le grand bâtiment qui occupe le fond de la cour, est fort remarquable par l’élévation de ses murs et la bonne constervation de leurs revêtements ; ce sont cMnme vous le voyez par mon dessin,, des murs en petit appareil, avec chaînes’ de briques, dans lesquéls on remarque qpielques assises de pierres inclinées en sens invérse , et formant ce que l’on est convenu d’appeler des arêtes de poisson. De vastes ouvertures à plein cintre , avec archivoltes formées de pierres eunéiformos séparées par des briqués (i) , ont e^^isté en A., au centre du bâtiment et à ses deüx extrémités ( C fig. i et B fig. 2). Dans la partie supérieure dés murs on remarque un certain nombre de fenêtres carrées , dont la voûte surbaissée était également mi-partie de briques et de pierres (V. la fig. 4, pl. XXXVIII).
Lés grandes ouvertures A , B , C se trouvaient a urte certaine hauteur au-dessus du niveau de la cour ; -de sorte que plusieurs observateur ' »
(I) Les Totftes de ces eutertnres ont été en (grande partie détruites, et t'on toit à leur place de larges brèches, comaàe le montre le dessin ; mais il reste de chaque célé , à partir des impostes , qurlqnes débris de eintres qui indiquent éomment le reste était établi. Ce mode de construction d(3 arclii* «oitrs est d’aillcnrs très-ardinaire dans les murs de petit appareil. ' ■ '
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d’antiquités monumentales.
les ont regardées comme des fenêtres , et non comme des portes. 11 serait possible néanmoins qu’une pente douce-,. <>u quelcpies marches, eussent rendu facile l’accès de ces ouvertures. Le pavé du pavillon , en saillie P , se trouvait d’aüleurs à deux pieds et demi environ audessus du sol de la cour. La porte qui. servait à y accéder , et qui est encore assez bien conservép , avait aussi Un seuil fort élevé (i)w
Ce pavillon , dont je parle , et qui parait avoir été une sorte de vestibule , a hors œuvré environ 12 pieds de saillie , et 19 à 20 pieds de largeur de l’est à l’ouest. Le pavillon de l’ouest n’a guère que 7 pieds i[2 de saillie sur 1 1 pièds ip de largeur.
On remarque que le pavillon le plus grand (celui de l’est) n’était pas , comme l’autre , à l’extrémité du bâtiment; mais je serais assez* porté à croire que la partie cpii déborde ce pavillon (voir le planfig. 3, et l’élévation fig. i)est un peu moins ancienne que le reste ; en effet ,
(I) On troUTe encore en Normandie, dans un grand nombre de fermes du XVl*. siècle , des portes-dont le seuil est plus élevé que celui des coui;s. Il parait que c’était très-anÿienriement l’usage de les établir ainsi. , soit pour évitqr l’bumidiié, soit pour empêcher les animaux domestiques de s’introduire dans lus appartements, lorsque les portes restaient onvertea.
COURS
elle ne se lie point avec les autres iQurs , et l’on n’y voit pas de chaînes' de briques.
Rien , de plus simple que la distribution intérieure du grand corps-de-logis ; car on ne voit dans tout l’édifice qu’une division correspondant à la jonction de la partie que je signalais tout-à-l’heure comme pouvant être moins ancienne , de sorte que dans son état actuel le bâtiment présente seulement deux salles l’une ayant près de 1 1 3 .pieds sur 4o , l’autre, i5 à 30 pieds sur 4o (Y- lepl.). Une porte(y), fig. 2) mettait lés deux pièces en communication. On voyait aussi, dans le’ mur de séparation , une très-petite fenêtre ou guichet , voûtée comme les autres ouvertures. >
Quelques personnes ont pensé que cet édifice pouvait être la maison de poste de la station Tasetaca. Quoi . qu’il en soit de cette opinion , qui sera discutée par M.. de La Saussaye dans l’ouvrage qu’il doit publier sur les monuments de la Sologne et du Rloisois , le monument rentre toujours dans la classe des maisons de campagne ; car Thésée n’était vraiscrjablablement , sous la domination romaine , ^’une bourgade , un point de repos sur la route de T ours à Bourges. Ce que du reste on UQ peut contester , c’est l’ancienneté du mo-
d’antiquités monumentales. i3g
numciit : outre les caractères que présente la maçonnerie , on a trouvé dans la cour , à diverses reprises, un assez grand noitibre de monnaies romaines. • ’
Nous allons maintenant examiner quelques villœ moins considérables, moins régulières et beaucoup moins riches que les précédentes , si l’on excepte celle de Thésée , telles qu’d^ en découvre assez souvent , et qui 'durent être en très-grand nombre sous la doniinatidn romaine.
Villa de Hérouville ( Calvados Celle qui vient d’être explorée par M. de Magneville, à Lébisey , commune de Hérouville , près de Caen (i), doit être rangée dans cette classe. Elle était tournée vers le Sud-Est , et se composait , comme le montre, ce plan que je dois à l'obligeance de M. de Magneville (V. la pl. XXXVIII n°. 5)', d’un grand bâtiment carré long , à la façade duquel étaient accolés , à f
(I) Cette maison dé campagne et celle dont il va être parlé ensuite, n'étaicDt point découvertes lorsque j'ai professé mon Cours en 1830 : j'ai cru devoir en faire l’ubjct d'uné intercalation dans le chapitre relatif aux villœ avant de le mettre soua presse. ' '
COÜRS
droite et à gauchi^, des pavillons de grandeur inégate.
Au centre de- celte façade on a •trouvé les fondemenls du péristyle (n®. i ), par lequel on * entrait dans le crypto -portique (n®. 2). Celui-ci occupait toute la façade de rédifice entre les deux pjivillons,' et donnait accès aux principales pièces de la maison. L‘’appartcment n®. i 2 ch face du péristyle , paraissait avoir été une sorte de tablinum ou salle de réception.
- Ces pièces étroites et de même dimension , que^vous voyez à droite et à gauche (n®*, i3 et 1 4) , pourraient avoir été des ailes , pièces dép^'iidantes dû, tablinum , ou , ce qui- est plus vraisemblable, des couloirs /àuces pour accé-‘ der aux pièces 19 , 20 , ai , 22 , a3 et 24 , que l’on peut' regarder comme des chambres à coucher cubicula ; le n®. 1 8 pourrait avoir été une dépendance du.n®. 12. ■ * ■ '
Le n®. i5 était peut-être un œcus , et le n®. 16 un triclinium'. Cependant, comme on a trouvé, à l’angle 6dc ce dernier appartement, un foyer construit avec des briques scellées dans da mortier,, on pourrait aussi y placer la cuisine. Dans cette hypothèse , le n®. serait une office ou un magasin. Mais ou trouvera peut-être plus naturel de placer la cuisine et
d’antiquité? monumentales. l|l
scs dépendances dans le pavillon gauche n'“. 6, 7 , lo, II»
Il serait difficiled’indiqucr la destinatiôn précise 4® CGs pièces , et de celles qui occupent le pavillon opposé (n“. 3, 4 » 5). Plusieurs appartements renfermaient 'des cendres et du charbon ; on a troùvé en G des débris de colonnes cannelées, doht'lc diamètre était de 3o pouces; ainsi , en supposant qu’elles appartinssent à l’ordre corinthien , l’élévation de ces colonnes était d’environ 17 pieds , et seulement de» i3 , si elles étaient d’ordre dorique.
,Les fondations de l’édifice étaient faites tout simplement avec des pierres calcaires’ de petite dimension , jetées confusément et sans mortier.
La commune d’HéTouville renferme sur plusieurs points des débris de tuiles à rebords , et des fondations. Plusieurs fois déjà on ÿ avait trouvé des médailles romaines ( i ). •
Villa de Pêrennou (Finistère). — La villa tlécouvertc à Pêrennou, par M. du Marhalla ,’ offrait , quant à la forme générale , beaucoup de rapport avec celle d’Héroiivillé (V. la fig. 6,
(r) V, ma Statistique monumentale du Cairados , canton de Caen.
i42 . • ■ • COURS
pl. XXXVTIT); elle en différai t'néanmoins par sa distribution intérieure; elle n’avait pas autant de profondeur , et les deux pavillons que l’on remarquait à droite et à -gauche (V. le plan) ne débordaient pas le bâtiment du fond , comme à Hérou ville, et se liaient complètement avec lui.
Cette maison de campagne était tournée vers le sud, et placée le long d’uncôteau, à 5o pieds au-dessus du niveau de la mer. A pàrtir du point où s’élevait l’habitdtion , le terrain s’abaisse en pente douce jusqu’au bord de l’Odet qui baigne le pied de la .colline ; et par-dessus les campagnes qui l’entourent on voit l’Océan s’étendre à l’horizon (i). '
Nulle tradition ne rappelait l’existence de cet établissement. IjCS parties supérieures des murs avaient comblé les appartements de leurs débris ; quelques pouces de terre végétale les avaient recouverts. Un bois s’élevait sur cet amas de décombres. Dans les parties lès^ plus dégradées , les murs n’avaient plus que trois pieds d’élévation ; ils atteignaient encore 8 à 9 pi cils dans les parties les mieux conservées; ils
(t}<Notire adressée à M. de Caumont par M. Du Marhalla : celte notice paraîtra dans le Bulletin monumcnUl.
d'a NTtQUITÉS , MONUMENTALES. I 4 3
étaient en petit appareil ; on n’j voyait point ^de chaînes de briques.
Comme le montre le plan , la villa de Pérennou offrait un développement de 1 26 pieds de l’est à l’ouest , et une profondeur d’environ 28 pieds au centre de l’édifice. Les ailes , qui s’avançaient en saillie vers le sud , avaient 33 pieds de saillie sur 23 de largeur.
l n crypto-portique (1 1 1) régnait autour des batiments, et donnait accès aux différentes pièces. Vous serez frappés du rapport de position que présente la pièce D avec le n”. 12 de la villa d’IIérouville ; elle est au centre de l’édifice , commeje tablinum des maisons de ville. Près de cet appartement s’en trouve un , autre plus petit C ; puis deux grandes pièces A , B , l’une de 43 pieds de longueur, l’autre de 5a , <pii pouvaient être des salles de travail. La position de l’appartement E conviendrait assez à un triclinium , et l’on pourrait placer la cuisine dans les pièces F , G.
Les pièces K, II, se trouvaient à un 'niveau plus bas que les précédentes ; on serait tenté de les regarder comme le logement du concierge préposé à la garde'de la maison.
L’aile occidentale était à peu près distribuée comme l’autre ; ori y voyait un appartement de
COURS
17 pieds sur 18 (O), et deux petites pièces de deux pieds de long (PQ) , ayant , l’une 7 pieds‘ l’autre 10 pieds de largeur.
La pièce qui venait ensuite R , se trouvait comme les appartements K. , H , occupant la même. position dans le pavillon oriental , à un niveau plus bas que les chambres P, Q, -avec lesquelles elle n’avait pas de communication. Cette différence de niveau entre les pièces K H, R occupant l’extrémité des ailes ,.et celui .des autres, venait delà pente inclinée du terrain , dans le sens du nord au sud. Une portion de mur N fait supposer à M. du Marhalla qu’il existait , dans la direction de la ligne indiquée sur le plan , une terrasse que ce mur était destiné à soutenir. La cour avait été pavée en belles pierres de taille, dont quelques-unes furent encore trouvées en L ; en M on remarqua un canal creusé, le long des bâtiments , et destiné à recevoir les eaux pluviales.
D’après les observations faites par M. du Marhalla , les murs étaiept tapissés de 2 à 3 pouces de ciment ; la surface en était unie , et
(1) M. Du Martialla ne parait pas éloigné de penser que des murs de séparation auraient primitivement subdivisé ces deux grandes pièces et alors oU aurait eu à leur place un certain nombre de petites cliambrcs cubicula.
d’aICTIQUITÉS MOMUMENTALES. 145
l’on y avait dessiné des panneaux de différentes grandeurs, dont les angles étaient ornés de rosaces. On a retrouvé des peintures ‘ vertes , bleues, jaunes^ noires, rouges; et ces deraicfes surtout conservaient encofe un -.éclat remarquable”.
La partie inférieure des aires ou parquets était formée d’un amas de pierres entassées sans ordre. Une couche de chaux mêlée de briqiies concassées recouvrait immédiatement ce sfratumen, et constituait la partie supérieure du parquet. A la hauteur de cette couche , le mur subissait un retrait , et le ciment des revêtements venait s’appuyer sur la saillie qui en résultait. Noos trouvons le même systèm&d’enduits et de parcpiets dans toutes les constructions gallo-romaines.
Au pied du côteau le long duquel était établiè la villa de Pérennou, et sUr le bord de l’Odet, existait un bain , dé[iendance de l’habitation , dont le développement était de 5g pieds sur a t ^ On montait par deux degrés en pierres de taillo à la porte principale dü bâtiment , et l’on entrait dans un vestibule (A fig. 7, pl. XXXVIII) communiquant avec la pièce B (i). Les
(1) Il exi.*taU en C une petite r>i«!të dont il aérait difflaHe d'indiqner t'usave.
touns
pièces D, E ,'f , élaiünf. à 3 pieds au-dcssons" (les préccdcnles ; ainsi il y avait quatre marches à descendre pour aller de l’appartement B à la petite côur D , dans lacpielle on-a rencontré les d(ibri^ d’un fourneau d’hypocauste àa. Les parties latérales de ce fourneau étaient formées par quatre grosses pierres posées de champ.- Elles avaient été surmontées d’une voûte en hricjues, dont on voyait encore quelcjues par-. ties(i). La chaleur de cæ fourneau se répandait^ sous le parc[uet dc's deux appartements E F , dont l’ùp, était prohâhlement une étuve, l’autre un tepidarium^ JjCS caves ob hypocaustcsdcices pièces se communiquaient par les deux
. L’appartement P avait une porte donnant sur la Mlle G, que je serais tenté de regarder comme (.H! apodyterium^', cette salle était pavée/de morceaux de marbre, la plupart triangulaires Ou en forme d(î lozanges , et de coulçùrs variées (2). IjÇS murs en étaient revêtus de marbre blanc jusqü’à la hauteqr de i Ô pouces, puis décorés de peintures' rouges, et vertes. Un canal (I»I,.T) ,
Cf) Unefentftre «’oamit en faee du foafneaa.
(3) M. Dn Marballa a reconnu 15 espèces différentes de marbre.
d’awtiquités. Monumentales. 1^7
Traisemblablement • destiné à conduire Tâau rejetée des baignoires du tepidarijitm ; se prolongeait , à partir du seuil de la porte dé ^appartement F , dans l’épaisseur d’un mûr séparant la pièce G d’une pièce plus petite H, et se terminait à l’ extérieur par un ' conduit on pierre enterré dans le sol. ' ' '' i
' Ce, dernier appartemènt H, -décoré coittmc la pièce G , mais à un niveau plus bas , û’ avait qUe 5 pieds sur 12. ■ '
Les fouilles diiigées à Pérennou , parM. Du. Mvhalla , ;ont fait découvrir au milieu’ des constructions , dix médailles en moyen bronze , de Tibère , Claude \ Faustiiie , Antonin f'Marc- Aurèle et Commode (i). ' • ' “
Villa de Great ^,WlxcoMBE.~La‘t«7fe 'découverte par 3Ï. Lysons, .à Gréât Witcomhe’, en Angleterre, of&ait, comme celles que je viens de eiter „ deux ailes < formant saillie sur la façade (V. la fig. i ', pL XXXVIII hi$).
Cette maison romaidc était assise Sur un fer-
rain en pente douce *, au pied d’une colline , tournée vers le sud-est , et bien abritée du vent
(1) T0U8 ces détails sont tirés d’nne notice inédite qié M .
Du Marhalla a bien voûta me communiquer. <
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par (les. bois. Un ruisseau -001118111 'tout près d’elle: l’œil' se reposait d’abord éur un paysage a.grëable et' varié , . et. les montagnes lointaines (pli se Souvent sur la rive opposée de la rivière de Savem , £prmaicnt un majestueux rideau qui faisait rèssortvr la richesse des premiers plans du tableau (i).
ibiçs appartements n°*. 1,2,5, 7, n’offraient rien çle remaripiable. ' . '
Le n®. 3 était pavé de larges pierres , surlesqncUes on découvrit deux petites meules d’un moulin à- bras. La muraille qui séparait - cette pièce de l’appartement n®, 5 , avait encore une hauteur de 7 pieds , avec deux contreforts trèssolides, évidemment construits pour soutenir le mur , et le défendre contre la poussée des terres. On trouva , iprès dç ces contreforts , les débris d’une (Pilonne et d’un chapiteau.
Le n?. 4 paraît avoir été' une cour. Le n®. 6 communiquait avec, cette cour, et avec le corridor n?. 8 , au moyen d’une porte d.\
On remarquait, dans les appartements 5 et 7, plusieurs murs dci refend, -mais (jui probable-
(I) Otte l^oskion n’ëuit «{u’i 1|4 de mille de Is route rom.-iine q«ji allait de Corinum (Cirenceater) k Glevum (Gloceater), coluaia romaise importante ; eHe ee tronrait à 1 1 milles de I a première, et à 5 de la seconde de ces drnx viile.v
d’antiquité? monumentales.
ment uvai«»it toujoure'ëtc sdutcrràins et d/estinés à naarnl^r le parçpiet ; ctnr leS intecvsdlcs qui régnaient entre «ur étuient reœjdis avec de l’argile.. ' • -jk.j
M. L^tson», (hns te Rotieè f<Mt côuvter. necK! rien des^iièees 9,- lo, ir, 13. La.ckaœbrt n . i3. présentait un otàogone irtégnliejr , dont le plus grand diamètre ^it de 26 pieii ip , cl le plus petit , de â5.' Le çiavé- se çem* posait de pierres carrées de 6.poi|ces ,,>.eit calcaire blanc et lias blèii ,'d^M>sées eh écbiqmcr., et de quelques ■ morceaur trj^agû», laires. • j
Les appartements les plus cuHetix étaieiit .ceux qutnous restent à exatiiiner, depuis le n®. i5 jusqu’au n®. 24. </ f y -
. Le corridor n®. 1 5 avait & piéds/dé lar^. Les murs , encore hauts de 5 fûetk , étaiimt revêtus de placages couverts de pèinturtM. On y voyait des panneaux bleu^air et couleur orangé sur im fond blanc , entre 'lesquels, étaient pft»cées'dès guirlandes de feuiHes de' lierre. - Des médaillés du Bas-Epipire , des têtes de boeuf et de chevreau et une hache en fer, fùrènt découvertes dans ce passage qui accédait à la sâ»e
CcMe-ci, qui n’avait 'pas de communication
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avec les autre», était entourée de murs pârfailetn'ent portservës , de^5> à 6 pieds de hauteur , l'ecpvnferl» dp4ine .coache-de «tue épaisse de 2 pouocs, et présentait des panneaux peint» a li)es(piev EUe était parée avec de larges pierres de rouge ^ telle» -qu’on en trouvé - sur lea bords' de la Savemie. Au centre- du pavé PP venait une espèce. de cuvetté ou de réser^ vpir^ Ayant up diamètre de 20t pouces sur 22 poupes ij3>et.ime profondeur* de 3 pieds. 'JTrois contreforts qui ; s’élevaient- jusqu'au arnnmçt de la tnuraille » et reposaient sur line plinthe , garnissaient Tun des côtés de l’appartwrient (mur ?(').• '- • • ' ’ !
M. -tysons, suppose, ique. cette s€iUe ?erv«U. au culte; qü’une pierre* maVquéé près de - la -porte . V > et ^'séparée du paké par .vune baedure de briques , pouvait' avoir» pté lu basfe d’nn autel., et que les niçbes placées entre Jes.contrefoits ayaieïxt été pratiipiées pour reoBvoir des statues^ J1 fait observer que ila piscine ©tait une dépendanoe. ordijliaire >tes tentipleSk {.I ' ni i '■>'>
. Lcr apjpartemeuts 1 9 ', , 20 , 21 , ia3 j» ^î.pré- .^çntotont. toutes les dépeudâpees d’un balnéaire Les murs s’élevaient de 4» S pieds annlcssus payés:,, et l’on .yoyail ,lcsi cmbrâsui»fes -des
d’ ANTIQUITÉS MONUMENTALES.
porte# forniéqs par des pierres placées sur le champ.
La salle n“. 10 avait'iS pieds 6 Çoucèssur 'un sens, et 13. pieds 10 pouces sut l’autre. Les murs en étaient revêtus 4e placages \ et peints enpanRR&ux.t • ■
Des fuyatux dë tetre culte, enge^cs daitô les murs, sellaient à répandre la clïaleur- dtins toutes les parties de la salle; Les "uns vertiçâut plongeaient dans l’hypoeauste '; les autres',. placés horizontalement à 3 pieds au-dessus du paicé, conlmuniquaient hvec les ‘premiers, et r'ècevaicnt la chaleur par leur intermédiaire. '' f 'Cet appartement , pavé en mosaïquer(i) , était sanS aucun doute Vapodyterium ou chambre de toilette; il conmmniquaitavecle bain froid et avec le bain chaml par deuîf porté?' dif^ fércntes. On trouva, dans la 'c,ouT n”. 34, ail
picti' du mur G, le'foumeaù de . l’hypôcauste tpii présentait une ouverture ciiltrée , lai^ë tle 3 pieds 4 pouces. '
(1) Le paié en mbsaîqtie ét»it carré ; une urne remplie de fciiiltrs de lierre, en occupait le centre; on y royait en outre neuf compartimenta octogones, dont cinq étjileilïbètorquiés d'on cercle. Les 'dés qui'foriûaiemtïelte ntoialque étaient de ^ioTe ealcatée' btanche . de plerré Itrune 'argtieuae , de lia». et -de brique i pâte très-ltne.^ • • .t -. -y i* .1,
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8 pouces sur 17 pieds 4-pouces ; et aussi un pavé eri mosaïq[ue(,i).
Sur deux côtés étident placés les haptisterta , ou hains froids; l'un, semi-circulaire (a), ayant 8 ' pieds € pouces de diamètre <, pavé en tuiles de 16 pouces sur ii pouces ip^, et enduit de chaux tout autour ; l’autre , en forme ; de carré long(ô), ayant 19 pieds 8 pouces sur. 7 pieds 5 pouces , et revêtu d’une couche de stuc épaisse de 8 pouces dans le fond , et de a pQuees sur les côtés.
. Dans la chambre n®. 21. on doit, selon tçute apparence placer le tepidarium qui se tfou yait ordinairement .entre le bain froid et le hain chaud; vOp y voyait les .débris d’un hypqcausle dont les piliers étaient en briques, carrées de 8 pouces. Le point g dans la cour n®. 24 indique ^la position du /?rce/«rmum.
Du tepidarium on entrait dans une antichambre .n®. 22 , puis, dans l’étuve où l’on suait n®. 23 , qui n’avait que 8 pieds 10 pouces sur 6 pieds 3 pouces. La porte qui communiquait de cette petite salle à- l’appartement u®. 23 ,
('f)'on J voyait dea poisaoos et des monsùes marins de coulear bleue sur ua fond Maac , le tout eocadré par une double frette. Ce paré était considérablement endommagé par de larges fentes résultant du peu de consistance du sol.
d’antiquités monumentales. i53
n’avait que i pied ii pouces .largeur; on J voyait ,'le long du mur n , idœ espécode siège en briques , hâut d’environ a pieds.
On descemd^t par des degrés dans la baignoii^ du bain - choud (c) qui terminait le système ; elle avait 9 pieds 4 pouces ip ^ 2 pieds 10 pouces,, et communiquait avec l’étuvo par une ouverture de 5 pieds. Tout autour de ce bain et de la salle des étuves , les murs renfermaient des tuyaux de chaleur qui communiquaient avec l’hypocauste.
VïLLA DE Vaton pbès Falaisé.*— -La dééouverte de \a. villd de Vaton est due à M. Galeron, membre de la Société des Antiquaires de Nor> mandie. D’après la description qu’il donnede ce monument (1) , et le plan qu’il en a pubbé (fig.5, pLXXXVII), l’ouverture ou le portique de l’habitation (A A) .était au Sud-Ouest , au centre même de la route actuelle de Falaise à St. Pierre-sur-Dive< En montant un ou' deux degrés on se trouvait sous le péristyle (n*. i) , d’où l’on passait dans une-pièce de 20 pieds sur 16 (n”. 2), espèce de vestibule com.muniqtïant
(I) v. Lettre à M. de Brébinon sur lee coostmctioni e»* ■naines de V«ton. ..
COURS
avec urne autre grande pièce (h®. 3^. M. Galerori regarde les appartements 4 . 5-cortime ayant été affectés au logement du concierge ou portier. Les'pièces-d, ti, t a,* i6 fofhawenf^une espèce de cotridor '•donnant accès aux cKainbres 9, 10, i3;'' i.4* Seloo‘M. Galeron ,'le n®. 7' était wfti utrrôm'dorit l’wnp/Uwum n®, S'occupait près du tiers. En Cuurait été une cour découverte, avec une citerne^emi-circulaire , alimentée par les eaux.de V impluvium. Les appartements 17, 18, 19 , exposés au midi , devaient être le plus ordinairement habites. Le n®. l'y, chauffé par un- hypocauste dont le fourneau 'S’ ouvrait ën B dans le' inUr’ eitëriwrv' pourrait avoir été le frteffntum d’hivcr. 'M. Galeron a trotivé', dans rappartement voisin ,,la place 'd’un -âtre -de forme carrée'Ç c’était" vraisemblablement l«f cui-«
sme; V r-;,
t.“ A l’«xtrémitc opposée, le ; petit cabinet D\ qui n’avait que 5 pieds sur tous sens, ‘ était trèssoigné < à l’intérieur-, garni de' beaux- enduits blaucs', pavé de^ dalles'piquçes u et couronne «! d'oïl plafond , où des -ligues rouges et nenres, M; trèardéhçateniént tyecées-, se mariaient , sur « un fond blanc , à quelques dessins à fresque « d’uç bon goût. D’un. des angles de cettc'pièce « partait Un mur de 4« pieds (u“i. i5), qui .
•d’antiquités monumentales. i55
« se coupant q ‘angle ‘droit , dàns la- direction « dé l’est,: awc ù'n àutre mur dirigé du sud « au BOrtl*, formait avec cedemier 'la clôture « du jardin qui 'àccompagùait : l’édifiee (i ). »» Une source ■ abondante d’eau' timpidé sort à quelques pas des ruines ^ dans, le hameaU' de Vaton. Tout', porte à croire 'que ce point formait primitivement, une dépendance dé Phabitatiôn gallo-romaine'. ' ’
J^ai maintenant à dire un 'mot des villæ éxmt les trois plans sont figürés' n**. 7 et 8, pl.
XXXVIl. Deux'de-'ces tnMœ ont été découvertes en A-ngletèrre ; la.troisrème a été ethümèe l’année' dernière’ (1829), è Clincbamps', près dé Vieux , arrondissement de Caén< • ’ '■
Villæ; dé Mans^ield.-t-Lc planfig.^estofelui d’une villa découverte en 1 780 , prés de Jfcfans^ field fVoat^house , dans lé eomté'dé’Nbtting- 'hàmy'ét dontM. King apubliéladescription (2). L’entrée devait se. trouver au -milieti " d’un crypto-portique (n®. 1) qui s’étendait’ au /milieu dé l’édifice sur une longueur de 54 pieds.
^ (1) Lettre qe-Mv Celeron sfcjr lee coaetrucUeas romsinee de
VSIOa.7 K Tf {■ > I ' î. ./ /<■
(2) V. ilunimenta antiqtta , tome II , p. 176. - ji;
. COUBS
On y, voyait entorc des restes de murs peints à fresqpie. Le pavë étak en mosaïque j offrant
«les compartiments d’envircm i pied carré. ^ Au milieu de ce crypto-porüque s’ouvrait une pièce (nV 2) de 20 pieds 5 povreCssur 19 pieds, qui pouvait.avoir été un triclinium y et dans laquelle on trouva un élégant pavé ' en. mosaïque (1). Le bas de la muraille , que l’on voyait encore , avait été peint en bandes r0ugc9,' jauiiez et vertes. A droite .dé cet afqiartenicut -on en voyait un autre. (n°. 3 ) de < .19 pieds sur 14 ; puis- un second, , de la même dimension (n?.' 4)«
A’ g;aucbe il s’en trouvait, également deux ; le premier (n®. 5) ayant ij pieds sur 9 , et -le second (n®. .6), 19 pieds sur id. ü. , /
Près de chaque extrémité du crypto-portique étaient deux petits corps en'^Uie -surdfi façade , oojnme des ailes.> Celui qur était.à drmte (n®. 7) renfermait un appartement de 16 pieds 8 pouces sur I2.' L’autre (n®; 8) offràit les mêmes dimensions. Le pavé reposait sur. un hypocaustedont le foyer s’ouvrait dansla muraille,
(0 Cette moMlque o'étalt pas carrée comme l’appartement , mais plus longue que large; de sorte qu’il reatait 1 droite et t gâucbe deux eapaces ou . baudea pavés d’une entré manière.. M. Kjng suppose que cea eapaces étaient recouvecta pi^ lea lita dea coBvirea. ^
d’antiquités monumentales. i57
pn H. On y a trouvé une petite qur pou-
vait être à volonté feunée par une tuile mobile. Un monceau de cendres était à côté dç 'ce fourneau.
■'A gauche de cette pièce s’en trouvaient deux antres, dont* la première (n'.^g) n’avait que Il pieds sur 9 ; la seconde (10) en avait o4 sur tous sens. On remarquait , à deux ou trois places , sur le pavé de ^cet appartement , des traces manifestes de feu , d’où l’on a conclu que ce pouvait être une cuisine. Les autres appartements , dont les murailles avaient été peintes, paraissaient avoir été chauffés par l’hypocauste voisin , ou par un foyer placé dans un réchaud au milieu des appartements (1).
’ Le plan fig. 7 est celui d’une autre vtUa trouvée dans le . voisinage de la précédente. On y voyait 8 appartements .formant une demeure compacte , avec des pavés en mor saïque et des murs peints, ce qui semble indiquèr qu’elle- dépendait 'd’une villa urbana ou à l’usage du maître.
Au milieu de cet édifice , dans le côté, ouest
(I) Cet usAge existait dans les plus snciens teiaps. — V. Jdrdmic , eJi. XXXVI, Ter. 13. A
cotms
tleila cour, ét&it ujne. .pièce. (n?. i)de i8 pieds sur '1 7 -, dopt les murs avaient été peints , et offraient encore des couleurs tres-fraiches. A c6tc de cet appartement on trouvait une chambre (n®. 3) de 17 pieds sur 1 1 , ayant aussi des murs peints eCime aire en stuc ; et du côté opposé , une autre 'chambre (b®, a) de 17 pieds smr 8 ,
dont les murs n’étaient pas peints.
En arrière de ces trois appartements on^trouvairtrois autres pièces , qui en étaient séparées par un mur plus épais que ceux du pourtour.; celle du milieu (n®, 4) * ^;jHeds sur *7 *
les deux autres (n®*. 5, 6), 1 1 pieds en.carré. De chaque côté de l’entrée die la salle n% i étaimat deux petits” corps avancés ,, comme dans la villa, précédemment décrite,' contenant chacun une pièce de 1 1 pieds sur 8. Enfin, , sur le côté gauche de la maison pn remarquait une petite pièce extérieure accolée, de n pieds ip sur 6- pieds ip (n®. 9). . . » • - >
'A Fautré extrémité, de la cour (à l’est) se trouvait qn autre groupe. d!appartements sav<îir : la pièce centrale n®. 10, ayant i3 pieds en carré et dontlès murs étaient peints; une autre pièce (n®. Il), de i3 pieds sur 12, et un appartement correspondant (n®. i ^ ) 1 chauffe par un hypocauste. • . • .
s’aNTIQUITKS MONITMENTAI.ES. KM)
De chaque côte tic ce oorpa.-dc-lpgis oriental existaient cleuxailcs pjus allohgécsque celles du bâtiment oppose , l’une contenant un second hypocauste (n®. 1 3) , avec son propnigeum (n®. 1 4) .et communiquant à la pièce (n®. 1 1 ). A cette dernière pièce était aussi accolé un petit bâtiment (n®. i5) de 8 pieds 6 popces sur 3 pieds a pouces , ■ renfermant un 'bain chaud de 5 pieds sur, 3. On y voyait.’ un conduit, de plomb , . qùi amenait -l’eau dans une sorte de cavité ou d’auge placée dans la muraille et ayant 7 pieds de lon^eur sur 2 de largeur.. L’autre aile renfermait trois petites pièces (n®*. 16, 17 , ï8) , dont l’une avait 8 pieds sur 9 , et les deux autres 8 pieds sur 4>
Villa de Clinchamps (Calvados). — Cette w7/o a été découverte tout récemment (1829) près de l’église de Clinchamps , à i lieue de la ville de Vieux , sur la pente d’un. petit côtcan exposé au midi , près duquel coule un ruisseau, Les mhrs furent trouvés à trois pietls do profondeur ; ils .étaient composés d’un blocage à bain de chaux et de ciment ,> revêtu en pierres de petit appareil , au milieu desquelles on remarquait des cordons de grandes briqjies. Lcpaisscur de quelques-uns de ces murs était de 4
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piéds; ijs' s’élevaient à 3 ou 4 pi®ds au-déssus du paré des appartements , et leurs fondations n’avaient' pas moins de 4 à 5 pieds de profondeur. J*éprouve un regret bien vif d’avoir été informé de cette découverte trop tard pour surveiller les travaux; on n’avàit exhumé les murs romains qu’afîn de se procurer des matériaux pour bâtir une grange , et je trouvai une grande partie des excavations déjà comblées , lorsque j’alfai à Clinchamps. Toutefois , j’ai fait lever le plan de ce qu’on voyait encore , pour conserver le souvenir d’une découverte qui serait demeurée inconnue » si je ne l’avais signalée dans le' temps à la Société 'des Antiquaires (i)-.
Ce plan que voici (pl. XXXVII, fig. 8) vous montre d’abord un airium(p!*. i ), le long duquel se trouvaient des chambres à peu près carrées (n®*.'6, 7, 8,9). Le seuil des appartements ët l’eml)râsure des portes (n®*. 6, 7) existaient encore. La pièce .'(n®. 4) . au fond de la cour , pourrait avoir été le lieu- de réunion de" la famille , ou le triclinium de la maison. Les -ouvriers m’ont assuré que la pièce n®. 3-conte-
(I) V. dans le journal de Caen le compte-rendu de ù 'lêance du C nutembre 1819.
d’antiquités monu^hentales. i6-i
naît les dchris d’iœ foyer , dont il ne restait plus aucunes traces à ^mon arrivée. Cette déclaration , sur la véracité dé laquelle jé n’élèvç aucun doute , me porte à croire qüe'là était la cuisine, ddnt le cabinet n\ a peut être rcgartlé comme une dépendance. .
li^appartement n**. 5 se trouvait en commu* nication avec le triclinium n°. 4* ^ n'osefaia indiquer la destination de la grande pièce n®.,' n , ni de celle ' qui Tavoisinak n*. lo-, parce qpc ces constructions ae' liaient vraisemblablement à d'autres sur la disposition desquelles on n'a pas de données. Les fouilles n'ont pas été poussées assez loin pour que l'on ait pu rechercher si les constructions s’étendaient ..à l'ouest dans le jardin voisin J , J , comme le fait supposer l'exhaussement du terrain de ce^côté. "
Les pavés de pi;csquc tous les ajqiartements demeuraient encore eh place. Ils étaienLcarrés, Ten pierre de Quilly , et peu diiBËércats de eeüx que l’on emploie aujourd’hui; ils reposaient sur une couche de ciment mêle de brique pilée,' au-dessous de laquelle existait un blocage fort épais à bain de chaux. Dans presque tous les appariements on a trouvé un grand nombre de placages recouverts de peintures on y remar-
COURS
quait surtout cks panneau» et une sorte de dessin écossais formé de bandes rouges sur un fond blanc. Le vert tendre, le jaune tcme et le gros bleu étaient ensuite les couleurs dominantes. Si j’en juge par les débris qui m’opt été présentés , quelques murs étaient peints en bleu et parsenlés de bouquets de feuillages très-grossièrement exécutés.
Je citerai en terminant quelques misons de campagne qui n’ont pas été explorées en entier , mais qui paraissent assez importantes ; tcllds spnt :
1”. La villa de Cerquigny (Eure), dont qucltjues pièees ont été décrites par M. Auguste Le Prévost (i) , et dans les ruines de laquelle on a trouvé de nombreux placages de marbre blanc , du marbre vert antique , des fragments de statues, etc., etc. , qui annoncent un édifice trèsimportant ; il est à désirer que des fouilles dirigées par, ley savant qui nous a révélé l’existence de ces .curieux débris , fassent connaître l’ensemble de la riche maison de plaisance dont ils ont fait partie. -
(I) V. Mt'moires de la Société dca Anliquaires de Normandie, t. VI, p. 184 et âui». .
d’antiquités monumentales. l63
2®. ha villa d’ Arcisse près de Mauves (Orne) -, dont une partie a été déblayée par ordre d»M. Diireau de la Malle , membre de l’Institut , pro-, priétaire du terrain (i).
3®. La villa des Arènes, sur la route dcShintes à Bordeaux, à uqe lieue et demie de la première de ces deux .villes. L’étendue de eette habitation devait être considérable ; car beaucoup de fondations se rencontrent autour de la maison moderne .établie sur 1^ ruines romaines. Elles ont offert des pièce.s dans lesquelles on a cru reconnaître des salles de bains (2). Une partie des murailles antiques est encore apparente, et se lie à la maison actuelle des Arènes : cette partie présente un bâtiment de 5o à 60 pieds sur 3o , haut de 4® pieds , revêtu exté-. rieurement en pierres de petit appareil régulier dans lequel on remarque quelques chaînes de briques. La fig. 2,-pl. XXXVIII âis, montre une portion de ce mur antique. Vous y reniarquez une arcade, bouchée, dont l’archivolte est mi-partie de pierres et de briqués. • % 4°. Les ruines de la villa dite du Miroir , dans
(i) V. la note qae je donne anr eette conatruction dans le • tome VI des Mémoires de la Société des Antiquaires .de Jiormandie , p. 437.
(3) Renseignements communiqués par M. Moreau de Saintes.
COURS
rcn^einte du (Souvent de sainte Colombe, sur la rive droite du Rbône, près de Viènnc, (Isère). On y a trouvé une énorme quantité de beaux fragments de comiebes et de placages en martoé ; des féts'de cdoimes , dès chapiteaux , plusieurs statues d’un tràvîdl remarquable, etc. , etc .
5®. La vt/fa de Marcey {Vienne) , sur laquelle je -dois quelques' renseignements à M. Le Cointre , de, Poitiers, et qui devait être considérable , si l’on en juge par les découvertes faites il y a quelques années (i).
Cf. La villa d’Ândillé (même département) , signalée par M. l’abbé Gibault (2).
Jja villa reconnues une hepe de Lillebonne, dans la commune de St. -Jean de Folleville , par M. Gaillard ; elle était pavée en mosaïque. ' -
8®. Les riYtedeCailly et do^ainte-Marguerïle (Seine-Inférieure). Je ne douté pas, en efifet, que la mosaüpie trouvée à Cailly , près Rouen , enfecmée clans une enceinte de murailles , n’ait çqipartcnu à une tft’Wa , plutôt qu’a tout autre édifice, aussi bien qué'ccllè de-Saihte-Marguerite près de Dieppe (3).
(i) Oa‘ a troüTé des inscriptions dans les ruines de la villa de Marcey,
(t'i V. Mémoires de la Soeiétë académique de Poitiers.
t3)L«s petila cubes qui composaient cedernier paré, étaient
d’antiquités MOMVMENTALES. iGÎ)
9®, J-.es vülœ de Samtc-CToix-eur-Aiaiers et de la forêt de Brotonne (l). '
I O®. Enfui la villa deCbisseanx(Loi^et-Gher). Cette villa n’a jamais été signalée ; j’en ai découvert les soubassements sur la voie romaine de Tours à Thésée et à Bourges , dont j’ai déjà parlé, à peu de distance- de Chisseaux , vers Montrichart. Ces vestiges couronnent l’esearpement qui domine le côté gauche de la rente tout près d’uii petit vallon latéral dont ils suivent le dontour , et lé long duquel les mûrs
en terra cuite de (ilaslcurg couleur* ^rouges , }8iHies, blaotc*. hleb* , riolei* ) et diipoiës de manière à dessiner des cerrles concentrique* formant dca rosace* dont lediamèire était de 10 pouces.Ces rosace* étaient placéca l’une à c6td da Fautre , et lea interfsllea compris entr’eiles formaient de* loaaage* dont lés cèté* étaient courbes par l’effet de la conveilté des cercles entre lesquels ils se trouraient encadrés 'La mosaïque de S‘*. Marguerite paraissait fort étendue, mais ou n'a pu en voir qu’une petite portion , Je propriétaire du champ où elic est située s'étant opposé à ce qu’on fit des fouines. Ou Ignore quel était le nombre dos appartements qui composaient cette maison de campagne.
(1) M. Rerer a obserré è S**.'Crofx-sar-Aiziera , lur la rire gauche de la Seine , des restes dé constructions annonçant pluaieurs nraisons d’une certaine intportance , et M. Fallue a constaté l’existence d’un assez grand nombre de vHI<e dans la forêt de Brotonne qui parait s’ôtre élerée sur un sol aulrefoia cultiré et parsemé d’babitatioo*.
-'M. Fallue doit faire'imprimiT dans les Mémoires de la Sociélé des Antiqfnaire*.^ U compic-rendu de Ses curieuses rsplo* rations daus la forêt de Brotenne.
i66 • COURS-
étaient garnis de contreforts encore visibles. Le plateau sur lequel devaient s’étendre les constructions , est aujourd’hui planté de vignes ; il. est couvert de fragments de. tuiles à rebords (i).
On a reconnu -, sur plusieurs' points de la Touraine, de l’Orléanais, du Blaisois, etc., etc. , des vestiges de constructions semblables , qui évidemment avaient fait partie de maisons de campagne gallo-romaines ; dans, les départements du Midi , en Bourgogne , en Franche- Comté , en Auvergne , bref , dans toutes les parties de la France, on a fait de semblables découvertes , à diverses époques , mais sans pratiquer de fouilles régulières , et le plus souvent sans lever le plandes parties mises à nu.
11 serait trop long et d’ailleurs inutile d’ana-
(I) Le bourg de ChUseaux, dont l'église parait très-ancienne, renferme beaucoup de débris de tuiles à rebords. et des fondations de maisons gallo-romaines ; dans des excavations faites sur le bord de la route . il ; a deux ans , on découvrit des médailles et des objets ^n bronze que j'ai vus.- Grégoire de Tours cité Chisseaux au nombre des lieux dans lesquels saint Martin construisit des églises aptès avoir détruit l’idolâtrie : la vicu quoqu», id est, Alingaviensi , Soloaaeeasi, Anibaciensi , Cisomagensi , Tornomageaci , Condatensi , destructis delubris baplisatisque gentibus , eceltsias œdificavit ( Greg. Toron , lib. X). Il fallait donc que cftte bourgade eût. dès cette époque une certaine importance.
d’antiquités monumentales. 167
lyser les notes qui ont conservé le souvenir de ces nombreuses découvertes , et qui se trbuvent daas différents recueils ou mémoires.
Ces débris encore si multipliés , quoique di'puis des siècles on en ait fait disparaître un si grand nombre , pour en employer les matériaux à divers usages , montrent combien la Gaule était riche en constructions privées. L’exploration de ces ruines , dont beaucoup encore ne sont connues que des laboureurs dans le terrain desquels elles existent, pourrait fournir de grandes lumières sur la statistique de nos contrées sous la domination romaine.
Nous venons d’examiner des villœ de différentes dimensions, et par suite,, de formes diverses, depuis les grandes habitations deMienne, de Bignor , de Woodehester , jusqu’à celles de Pérennou , de Mansfield et de Clinchamps. 11 y en avait de plus petites encore , dont quelques-\mes n’étaient que de simples pavillons divisés en trois ou quatre pièces ; je ne crois pas tlcvoir vous entretenir de ces constructions rustiques, qui offrent peu d’intérét sous le rapport de l’art.
Vous avez dû rëmarquer que les villœ dmit je vous ai présenté le plan , étaient disposées ,
COURS
cdmme jo l’ai dit en commençant cette leçon , d’après un patron uniforme; vous àvez été frajjpés des rapports que présentaient dans leur forme générale , toutes celles . que l’on peut considérer comme étant de la même importance', telles que les vilîæ de Mienne , Pignor , "VN^oodehester , du premier Ordre ; celles de Lébisey , Vaton , Pérennou , d’un ordee sceondairé. Je pourrais citer bien d’autres exemples de ces analogies ; et dès que l’on voudra rechercher et étudier sérieusement les débris des villœ qui existent , on acquerra des notions précises sur leurs distributions les plus ordinaires. : malheureusement on n’’a encore presque rien fait en France sur ce sujet, et je'crois être le premier qtii aie essayé de comparer les uns aux autres un certain nombre de plans de villœ.
IJno grande erreur , 'qu’il importe de vous signaler, a d’ailleurs retardé jusqu’ici les progrès de nos connaissances à cet égard ; la plupart des Antiquaires ont conclu de la présence des hypocaustesplacéssouslepavédesappartemcnts queles/uines au milieu desquelles ils se trouvent avaient appartenu à des bains , sans prendre garde que, depuis- le temps de Néron, l’usage de chauffer dé cette manière tous les appartements était devenu général , d’après Sénèque (ép. 90).
d'antiquités monumentales. 169
Pline dit , vous 1q savez , que sa propre chaml>re était ainsi xîhauffée (page 98, n*. 34). Or, si Pline , dans le dpux climat dè l'Italie , avait recours à unhypocauste pour chauffer son appartement, les habitants de la Graule- durent bien plus fréquemment user de ce moyen pour adoucir la température de levurs maisons.
Il est à remarquer que . dans les grandes villœ les proportions de Vatrtum sont beaucoup plus considérables que dans les mais'ons de ville; ainsi, à Mienne, à Woodehester et à Bignor , cette cour occupe toute la longueur de la maison de maître , et correspond ainsi aux parties publique et privée des maisons de ville. Toutefois Vatriolum qui se trouve à l’extrémité opposée à l'entrée , et qui devait avoir accès sur les jardins , parait', ainsi (pie les pièces qui l’avoisinent , représenter c^tte partie secrète.
Cicéron nous apprend , dans une de ses lettres à son frère , (pie cet atriolum né se plaçait ordinairement (pie dans les villœ qui avaient une grande cour Ou atrium majus (i);
(I) îfeque enim tatis loci esse vi4ebatur alriolo : neque fers solet, nisi in Us eedificiis fieri, in quitus est atriuin msjus; nec habere poserai adjuncta cubioula et ejusmodi membra, Cic, epist. 1 , lib. ill. — Dam cette lettre très-intéreuante pour notre sujet , Cicéron rend compte à son frère des chan- Xcmelits qu'il avait fait faire dans si maisoB de Putcol ; on y
COURS
telles que celles de Mienne et de ^'^oodchester. Aussi avons-nous rémarqué que ce petit atrium est remplacé , dans les villœ moins importantes , par un pièce ou petit salon placé absolument coinme le 4ablmum dans les maisons de ville (villœ de Lébisey , de Pérennou, de Clinchamps , etc. , etc.). -
ÂiQsi , Messieurs , ces observations confirment ce que nous avancions d’après Vitruve (pag. 89) , que les maisoris de campagne sc composaient à peu près des mêmes parties que les maisons de ville , mais différemment disposées.
Tout porte à croire que la plupart des villœ , pïême les plus opulentes , avaient une élévation peu considérable; qu’elles ne se composaient guères que d’un rez-de-chaussée ; un grand nombre de passages d’auteurs anciens portent à le faire supposer ; et vous vous rappelez que Pline parle de deux parties exceptionnelles de sa villa de Laurente , qu’il appelle des tours ,
volt avec quelle attention il surveillait le travail de son architecte. Pour lui apprendre à mieux prendre ses mesures , il Ut ddmolir et refaire des colonnes qui n’étaient ni droites ni bien alignées. Columnas ne<fae rectas , neque t régions Diphilus coUocarat , eas silice demolietur. Aliquando perpendiculo et linea discet uti.
Digilized by Gocjgle
d’antiquités m«numehtales. 171
<|uoiqu’clles fussent moins élevém qu’une de nos maisons modernes , puisqpie chacune d’elles n’avait que trois étages (i). Pline ne (ait aucune mention d’escaliers dans sa maison de Laurente , d’où nous pouvons conclure qu’elle n’avait qu’un étage ; au contraire , dans sa villa de Toscane il y avait des escaliers et une suite de chambres au-dessus du rez-de-chaùssée.
En considérant aussi le grand nombre de villœ possédées par Cicéron (2) , telles que ses maisons de Tusculum , êi'Antium , d'Astura , d'^Arpinum, de Formia , de Cutnan , de Puteol et autres, jusqu’au nombre de 18, suivait quelques écrivains , et la rapidité avec laqpielle trois de cés maisons , qui avaient été démolies pendant son exil , furent rebâties , on peut conclure qu’elles n’avaient aussi qu’un rez-dechaussée.
' L’examen attentif des vestiges de nos vill(B gallo-romaines porte à croire que beaucoup d’entre elles n’ont été construites en pierre que
t(l) V. p«gea 95 et 96, Ie« ptragrapbes 25.
(2) Od peut tirer des renaeigifemeiits sur les maisons de campagne de Cicéron , d'une grande quantité de passages de scs épllrcs à Atticus, à son frère Quintui et à Brutus ; fi fait même quelquefois mention dé ses villte , dans ses ouvrages philosophiques.
COtAS ■
jusqu^à unflvcertaine hauteur au-dessus du pave des appartements , et que le reste des murs ëtait en clayonnage; car on trouve souvent des placages , des charhons tombés sur les pavés -, annonçant qde Tédifice s'est affîiissë ou qu'il a été ruiné par un incendie, sans laisser autre chose que quelques décombres. On voit alors la base des murailles solidement eonstruite , et conseihrant un niveau constant.
Mais si Ton peutdans certaines localités tirer quelques inductions de cet état des lieux , il ne fapt pas oublier que l'abondance ou la rareté des matériaux n souvent fait varier le.motle de
cQnslruction ; que d'ailleurs , dans beaucoup d'endroits, les murailles des villœ ont été démolies, et leurs débris employés dans des constructions modernes; que quelquefois même on arasé les murs pour que la charrue pût se promener plus librement dans la terre qui recouvre les fondements de ces anciens édifices.
Il est certain, du reste, que les Romains employèrent souvent pour leurs maisons des matériaux peu durables, et qu'ils étaient habiles dans l’art de décorer les murs le plus simplement , le plus légèrement construits , au moyen de placages et d’énduits peints à fres(pte. Nous avons parlé de ces enduits dans la 2*. partie dit.
d’antiquité? monumentales. 173
Cours. Hons les villcB les plus soignées , comme dans celles que PlîAc possédait en Toscane , un plc^cage en marbre formant bordure s’élfevaàt parfois jusqu’à hauteur d’appui \ au défaut du marbre se trouvaient jusqu’au plafond , des énduits peints , offrant des panneaux , des dessins réguliers, ou, comme dans la'maisondc Pline, des feuillages, des oiseauxs des guirlandes, le tout si bien exécutdque cette décoration ne le cédait pas à celle que l’on obtenait avec le marbre(r).
D’après nos observations et celles qui ont été faites par d’autres , si' l’on cxcfepte' quelques villœ, la plupart n’offraient que des appartements d’une petite dimension. En réfléchissant qu’elles Ii’avaient qu’un étage , on se convaincra que même lorsqu’elles occupaient une assez grande étendue de terrain, elles fournissaient moins dé logement qu’on no le croirait au premier abord ; et l’eiiguité que l’on trouve dans la plupart des maisons de Pompéi , se remarque aussi dans beaucoup de nos villœ..Ce fut sous les Antonins , époque à laquelle les constniçtions privées , comme les constructions
‘ tt aliad eubiculùm à proxtma'platano , ^iSride‘et
umbntum , ^fiarmpre txcuUam podio tenus : luc crdit‘grati<F mdrmnris ramos , iiisitltnlesqne ramis aves Mrtitnta.piclura , cui sûtes! fontieulas.-^WuVt e^ist. , liB. V, cp'st. VI.
COURS
publiques , acquirent le plus d'*élégance , que durent être élevées dans la Gaule les plus belles villas.
Nous devons ajouter, pour compléter cet aperçu des vilUp urbanœ\ qu*" elles étaient ordinairement accompagnées de jardins plus ou moins recherchés et plus ou moins spacieux. Pline donne des renseignements fort précis sur cé goût pour les jardins qui régnait de son temps. Nous voyons que le buis servait à border les allées; que parfois même on le taillait, de manière a obtenir des pyramides et Pimage de différents animaux, à peu près comme on le faisait dans nos jardins dans le siècle dernier. Voici ce qu'*il dit à ce sujet , dans la lettre où il décrit sa maison dé Toscane : '
« Au-devant de la galerie on' voit un par- « terre , dont les différentes figures sont tracées c< avec du buis. Ensuite est un lit de gazon peu « élevé , et autour duquel le buis représente « plusieurs animaux qui se regardent. Plus bas « est .ime pièce toute couverte d' Acanthes si « douces et si tendres sous les pieds qu’’on ne « les sent presque pas. Cette pièce est enferâ mée dans pne promenade environnée d’ar- « bres , qui , pressés les ims contre les autres , « et diversement taillés, forment une. palis-
o’ANTTQtrlT^IS MONrMKNTAlES. l'y 5
« sadc. Auprès tst une aUèc tournant en forme « de cirque , au-dedans de laquelle on trouvé « du buis taillé de differentes façons, eldesur- « bres que l’on a soin de tenir bas. Tout cela n est fermé de murailles sèches, qu’un buis « étagé couvre et cache à la vue (i). »
' Pline décrivant une autre partie de ses jardins de Toscane , dit qu’on y voyait des allées (•onloirrnées , au milieu tl’allécs droites plus larges. « Le buis était taillé en mille fig^ircs U différentes , quelquefois en lettres exprimant « tantôt le noip du maître , tantôt celui de l’ou- « vrier(a). » ' ' ‘
Les jardins étaient ornés ,<le statues , de^iéges en marbre et de bassins d’eau vive. "Nous avons
(1) Tradaefion de M. Lemaistre de^acy. ^
porticam rX’Stu* cnneisus in plurimas spectes , dislinctusque buxo; demissus indè pronusque pulvinus , ci/i beslidrunt fffigies int'irein adversas biixus inscripsit, Acùnthus in piano mollis, et , pene dixerim , liquidas. Ambit hune ambulatio pressis variique tonsis viridibus inclusa : ab liis gestatio in modum circi , quœ buxum mulliformem , humilrsque et retentas manu arbusculas circumit. Omnia maceriâ mu-t niuntur : kanc grndata buxüs operit et sabtrah(l.- Plinii , cplïtolarum , lib. V , epist. VI. *
(2) Alibi pralulum , alibi ipsa buxus^ irftervenit in formas mille descripta , litteris interdum , quœ modo nonïen domini dicunt , modo artificis. Ibid , ibid.
Le» esclaves qui avaient fait de cet art une élude particu. lié e , s’appelaient topiani..
COURS
remarque que la plupart tics yillcQ Recouvertes en France, se trouvaiept près d’une rivière ou d’un niÎ8seau< Dans les terrains qpriiétaient privés d’eau , on en amenait quelquefois de trèsloin , par deS: conduits de plomb ou de terre cuite (i). . r ' , .
Je' n’ai point parlé des parties appelées «^rarttê et fructuariœ dans les maisons de campagne , parce qu’elles offraient beaucoup moins d’irttérct sous le rapport de l’art. Ce serait pria-
cipalement comme faisant connaître les procédés cii usage , sous les Romains., pour l’exploitation des terres , que je pourrais vous en entretenir., Mais ce sujet, tout important qu’il est ', nous entraînerait dans des détails étrangers à celui qui nous occupe ; je vais donc me borner à indiquer les principales dépendances d’une grande ferme ou villa agraria.
Au contre de la cour , on •^ojait comme dans nos fermes , ^ne marre ou compluvium pour baigner les bestiaux (a). Autour de la cour tîtaient disposés la cuisine, les logements pour les- esqlavcs , le^'étables à bœufs (^bubiliaj (3) ,
(t) tnducebfitur per eanales , vel fistulas aquarias 9 per tttbos plumbeos vel fictiles seu testaceos. — Pline XVI , 43 , XXXI, 6, 8. 31.,
(’î) Columeile ,1.1,6. Varrnn , R. R. 1 , 13. , '
(3) Vitruvo recomminde dans sôn lim VI , §. 9, de filaccr
d’antiquités monumentales.
à brcbis(ovi7wy; les ccuries^eçutTtff^.On trourait aussi dans la basse-rour les poulaillers ( galUnariaj, des étables à porcs (harœ ).
■ Quelques xnllte avaient encore un leporàrium, lieu où l’on éievak des lièvres , xmglirarium pour élever des loirs ^ un apiariùm où l’on disposait des ruches pour les abeilles , un cochlearium où l’on nourrissait des escargots.
On peut citer comme dépendances de la villa fructuana, qui était tantôt séparée, tantôt mue a l’a^mna, les celliers cellœ, les greniers a hle horrea, les fruitiers npofhec®, etc., cte.
Le vivarium , qui est i^arfoiseonfondu avec le leporarium, parce que d’abord on n’y avait élevé qpie des lièvres (i), était une espèce de parc où l’on nourrissait d&<ulaims et d?autres animaux sauvages , et qui avait parfois plus de 5o jugera (t 2 hectares 64 centiares). 11 faut seulement remarquer que cette dénomination de vivarium s étendait aussi aux viviers ou réservoirs à pmssoni - .
Les fentlta ou magasins a foin étaient parfois détachés de l’habitation principale , ainsi
1« eUHea à bœufs près de la cnisiDe et de tourner les man- Rccre. vers 1 orient et sers le foyer, parce que , dit-il , le. bœjfs qui voient la lumière et le feu ne dépérissent pas.
(I) Varr. , R. R. , 12.
iij8 cocus
certains magasins dont le voisinage eût ëtë dangereux on eas d’incendie (i). Je n’ai pas besoin d’ajouter que ces diverses dépendances d’une exploitation agricole , recevaient plus ou moins d’étendue , suivant l’importance de la terre; et que, dans les habitations moyennes, Vagrana pouvait se lier à l’habitation du maître , et n’offrait pas toujours la disposition symétrique des grandes exploitations.
j. .! Wos abbayes avec leurs bâtiments claustraux représentant Vurbana ou prœtorium , au milieu desquels on voit le cloître et Icpw^an, frappante imitation d un; portique et d’uii ixystc ; avec leur basse-cour comprenant tout ce qu’exige une exploitation , et de vastes ma-i;^ gasins pour serrer les récoltes; avec leur parc entouré de murs , etc. , etc. , offrent «me image des grandes villœ romaines , dans lesquelles l’exploitation rurale était réunie au prœtorium.
(I) V. Antiqaitéa romaines, par Alex. Adam , t.-second.
En liaant CoUumelle, on remarque bien des rapporta arec le ayMème de cultnre sniri en Gaule ; la diapoaiiion de qncl- .quea partira de noa fermea rappelle , i beaucoup d'dgarda , celle adoptée du temps de la domination romaine.
d’anttquitks monumentales.