‹ Cours d'antiquités monumentales professé à CaenChapitre 33 sur 44 · ANTIQUITÉS MONUMENTALES. 28 I · texte numérisé non relu

ANTIQUITÉS MONUMENTALES. 28 I

orcupait, ilans la ville liaut«, T espace' où Top voit la place de la Providence ; il oflihiit, comme le plan l’indique ( pl. 'XXXIX , fig. 3') , un carre long ayant environ i,ooo sur 3oo. Il se trouvait accolé à de grands édifices , eux-memes ornés dfc colonnes , notamment au j^ialais de Trajan dont on a trouvé les vestiges sur l’émplacement de la maison Caille et tout près du palais des Empereurs , dont le plan est figuré pl. XXXIX ; n“. 4.

Le forum de Trajan qui s’écroula , dit-on , en 84 o^ est nommé dans plusieurs chroniques du IX*. siècle forum vêtus , d’où l’on a fait Eoufvières, nom que porte le quartier où il se trour vait.^On a découvert sur la montagne de Fourvicres une infinité d’inâcriptions antiques et les tables de bronzé aujourd’hui dans le musée de la ville , sur lesquelles sont graves les fragments delà harangue prononcée par l’empereur Claude devant le sénat romain, pour demander en faveur de Lyon , sa patrie , le droit de cité romaine.

Le Forum de Trajan , ainsi placé dans la partie élevée qui domine la ville actuelle , sc trouvait au centre de la ville gallo-romaine , assise en grande partie sur les. coteaux et 1rs hauteurs qui dominent la rive droite de la Saône. Du forum de Trajan la vue devait être

connu

magnifiée; ef tou6 ceux qui ont visité Ljcm ont pu. admirer ie beau panorama qui se développe de ce point élevé (i).

Forum de Viexné. Il ne reste plus que deux arcades des portiques qui ornaiént le forum de Vienne (2) ; mais il ne parait pas douteux que ce portique se prolongeait au loin, et toutes les fois que Ton a fait des fouilles dans la rue. des Serruriers, sur l’alignement des arcades , on a trouvé des parties de pieds-droits, des voussoirs, des' chapiteaux', etc. U est a présumer, comme le pense M. Rev , tpife ce porticpie se prolongeait très-avant dans la direction dd cette vue , et qu’il se réunissait à un autre édifice public dont l’existence fut révélée par des débris précieux trouvés lors de la reconstructiomde l’hôpital et des divers travaux faits 'à l’archevêché. Ces fragments étaient en marbte , en bronze , en plomb , etc. On remarqua ving;t-

(1) Un antre fomm exiatait à Lyon, près de l’autd d’Angoate. entre te Rhdne et la Sadne « dans la partie basse de ta aille.

(S)Xea arcades se tron^aent près du théâtre bâti , comme je l’ai dit ( p. 52 ) , sur tes. ruines des thermes antiques. On aoit près de ces arcades un escaiier et des murs construits en gros bloct parfaitement assemblés et qni méritent l’attention de l’obseraatenr.

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lieux colonnes d’ordre corinthien , de plus de sept mètres de proportion , qui ne pouvaient appartenir qu’à un monument public ; elles étaient renversées sur "^un magnifique ])avé en marbre , couvert de cendres et de charbons ( I ).

■ Forum d’Avignon. On montre encore à Avignon , près du théâtre , des arcades . construites en pierres de grand appareil, sans eiment, et qui peut-être ont fait partie de quelque portique : elles,. se prolongent dans plusieurs maisons de la rue de la Fùsteric ^ et l’on peut en suivre très-loin les fondations.

Forum de Besançon. D’après les renseignements qu’a bien voulu mç donner M. Weiss , membre de l’Institut , un forum existait à Be^nçon , en avant de l’arc de triomphe dont j’ai parlé dans la conférence précédente, et cet arc entrait vraisemblablement avec d’autres monuments et des portiques dans la décoration du pourtour de la place. IJne chose qui m’a frappé , c’est que ce forum était placé à Bcsan-

(1) Tout ce qui ne fut pM enlerë (xr les étranger*, Tnt dé* ' trait à mesure qu’il rit le jour. '

a84 ■ •' couns

çon , au pied de la montagne qui domine la Tille, et qui élait couverte d’ëdifiCes sous la domination romaine , comme le forum romanum se trouvait à Rome au pied du Mont Capitolin.

Au Vieux Lisieux , Neomagus Lexooîorum, on a reconnu l’emplacement d’un forum vers lequel plusieufs rues venaient aboutir.

Je suppose que le forum d'Alauna (Valogncs)se trouvait près des thermes et de la scène du théâtre ; plusieurs rues qui se dirigent vers

Peut-être à Langres le forum était-il peu éloigné de la porte triomphale que nous avons décrite , et vers l’emplacement du marché.

Il y a lieu de conjecturer qu’à Poitiers le forùm n’était pas éloigné de la placé actuelle , où déjà nous avons dit que l’on a cru découvrir des vestiges , les thermes et dés débris de portiques (i).

Le grand nombre de. fûts de colonnes , de débris d'^entablements èn tassés dans les muiailles anticpies de beaucoup de villes ( Sens ,

(1) M. Dufour, (Reeberches sur l’ancien Toitou et sa capitale) indique la place du marché A hiccohimr remplaçant le forum.

ce point paraissent confirmer cette présomption ,

d’antiquités monumentales.

Tours , Poitiers , Narbonne, etc., etc. ) , peut autoriser à supposer qué „gcs .villes avaient des /ôra- entourés de portiques, . . ,

.L’étudfir de la topographie des villes 'galloromaines , à laquelle il faut .opérer qu’on finira par se livrer ^ pourra nous' faire, oonnaitçe une foule de faits- curieux de ce genre qu’il imporlc d’ëclaircir, cl dont nos conférenecs ônl apssi pour but d’indiquer l’importance. , ,',4

■m -I ■ BASILIQUES.-.: V ■

• Dans son Dictionnaire des beaux-arts MiUin donne une assez bonne, définition des basiliques. '■ ' -■ J, *;

Comme il le dit y, le. mot basilique signifie maison royale .• il désignait à llomé lin batiment somptueux dans lequel les magistrats rendaient la justice à couvert ce qui le distinguait dû forum ou les' séance^ se tenaiea| en plein air. La. forme des basibques était celle d’un carré objlong» avec un portique à chaque extrémité., Il paraît , que l’origine des basiliques est due à l’intentioq de .mettre à l’abri la place . fibre qui ,se trouvait entre dèux portiques parallèles .et qu’on .la .couvrit à cet effet d’un toiti Les , basiliques étaient

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les Keu* où tes jarisconsultcs répondaient aux consultations, et il y avart des salles où les jeunes orateurs s’exercaient à la déclam^ tion. La partie des-portkiues inférieurs était occupée par des marchands ; ainsi ces édifices étaient en fnéme temps des lieux de commerce cldejndicature et une espèce de bourse.

Quant à la disposition des basilicpies ,* les églises motlemes nous en ont transmis 1 imitation la ‘moins équivoque , comme elles en ont conservé le nom. Les basiliques consistaient en une salle, trois fois plus longue que large, partagée par des rangées de colonnes , en plusieurs nefs. Il n’est pas sùr que les basiliques aient été fermées de tous côtes par un mnr ; il y a lieu de penser que quelques-unes étaient ouvertes aû moins d’un côté pour la plus facile circulation du peuple , et pour que les galeries communicpjassenl mieux avec la place publique ; ainsi , dans beaucoup de basiKques la façade principal* n’avait point ,de mur , mais seulement une colonnade qui laissait la cîrcu-latian libre au peuple. La basilique, en supposant qu’on y entrât par une de scs extrémités , se terminait dans l’autre par un demi-cercle où était placé le tribunal. Quelquefois le tribunal se trouvait hors de la basilique. Le premier

d’antiquités monumentales . 3 87

ohlré de volonhes des basiliques en supportait ordinairetnentuB secohd, qui soutenait le pla^ fond de Tédifice , et formait^ une galerie supérieure dans tout le pourtour, excepté du tôté de l’hé«icycle. Le second-ordre se trouvait ^pàré ■ du premier par une espece de mur d’appui Cphiteusj, assez élevé pour cacher les promeneurs de largalcric à ceux qui étaient en bas( r), et fownant «a même temps piédestal ou stylobate continu • pour les colonnes dû second ordre (3). .Rien de plus simple que la construction des basiliques r les colonnes de la 'galerie inférieure recevaient un plafond qui servait de plancher à la galerie supérieure ; celle-ci également plafomiée supportait le plancher de -la grande nef et la pente du-toiU Lés jours élaieft't pratiqués dans l’épaisseur du mur d’encéintc et dansles entrccolonneracnts. Les’galeries supérieures avaient aussi des fenêtres qui éclairaient l’intérieur de l’édjftce< Il paraît que la seule partie du plancher de la basilique qui pouvait avoir la forme d’une voûte , était l’hémicyale ou

(I) Uti supra basilic» contigoationem abihulantes ab nrgociatoribus ne conspiciaiUur. ( yUruM., arc.^it. , liv, y, §. I*’'- ).

(i) Dans quelques baeiliques, ilu’; avait qu’un ordre'de cur tonnes le long de la grande nef, .et dont le fût supportait li! plancher de la galerie.

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le U«u où se teiiait le tribunal ; eneoré n'etait- ' ce qu,'unc portion de voûte , une espèce de va^e niche, ce que les-wchitectes appellent four{f). - . - •

D’apr^ Vitro ve , les basiliques devaient «voir ■ en largeur au moins le tiers de leur lon^eiir , et-au plus, la rnoitié, excepté Lorsque- la disiposilkm des lieux obligeait d‘’observer d'autres pr<q>ortioa8 (a). . 1»-

. Selon Yitruve , Iq^ basiliques prêtaient au • développement de rarckitccture la plus bclb; et la plus majestueuse : c< .Pen ai fait bâtir une , dit-il en la cohmie julieuqe de Fano ; où j'ai observé les proportions qui suivent :

a Là nef du milieu est longue-de lao pieds , et large.de 6o (3) ; les portiques ou galeri^' qui sont à cété de la grande youte , pnt ao pieds de largeur entre les murs et les colonnés. Les coioiincs ont toutes 5o pieds de hauteur y compris les chapiteaux : elles ont derrière elles des pi-

(t) Miltia, âlctioMaire Hes ,b««ox*Mts. Loag-temps l«t égliïes cbréMennea OM présenté la même disposition : l'apside seule était Tofttée', le reste de l’édifice n’arait qu’un plafond en bois. -

(?) lasrsqne la basilique arjdt en longueur des propertinns' plus rousidérables , VItfnre conseille de'fafre des calcldiques (espèces de Tcstlhules? ?)-aus dcui eltrémiiéâ. . '

(3) Il a'agit toi^ours de pie Is romains. ~

D’ANTIQUITfe» MONUMKNTALES.

lastrcs de ao pieds de haut , larges 'de 2 p«<ds ija , et épais d'un pied;, ^i soutteanent les poutres portant les planchers du portique i Sué ces pilastres il y cp à d'autres hauts de 1 8 pieds, larges de deux , épais d’un , qui soutiennent les poutresettout le toit des seconds portiques (i). »

L'édifice était sur le bord d'une place publique, et servait en quelque sorte de vestibule à un temple , dans lequel était un tribunal ék forme semi-circulaice. On entrait dans la basilique par un des grai^ cétés.

-La façade ou' principal accès des bomliques était tantôt placée de la sorte dans im des grands, côtés , tantôt dans l'un des côtés les plus étroils. La disposition du local déterminait l'une ou l'autre disposition.

■ Les basiliques dépendant de maisbns privées, comme ôn en voyait ilans les grandes villes, ne différaient <jue par leurs* dimensions moins granités , des basiliques publiques', dont elles offraient en petit l’image.

~ ■ • 'il

On ne peut douter qu'il n'ait existé des bar ’siliqucs dans les cités gdllo-romames ^ mats li serait lUQicileil'iucUquér l’eqi placement qii’eUes

(I) V. VJUr., lil». V, §.1".

COURS

ago

ooeupaicnt, car elles ont pour la plupart eomplèteqieiit disparu. Onpeut conjecturer , comme i)ous l’avons ^it', qu’elles se trouvaient le plu^ souvent près des places publiques. Nous avons cité à Arles , près du forum , les restes d’un édifice'dans lequel M . Estrangin croit reconnaître une basilique. Plusieurs inscriptions- trouvées à Périg<ieux et rapportées par M. de Taillefert , ptrouvent évidemment qu’il y eut au moins deux basiliques dans cette .ville il n’en re^e plue aucun vestige debout, mais ^ on conserve deux tambours de colonnes qui paraissent- en être provenus (i). - / ^

•On a trouvé dans plusieurs -autres cités dés

(i) Le premier, ave ses dimensions font néoesssirement rap* porter i la plus petite des basiliques, est creusé de cahnchires ëvidëes et parait appartenir à.l’ordre Dorique. Oo Voit d‘tsn c6f.€ U.naissSnoe d’un petit chapiteau ou pilastre réservé Sa bs l'épaisscurde la pierre qui a serri à former fc tambour de la colonne. C’était sur de pareils chàpiteaux que portait saoT doute tout le plancher des baS'çdtés. ' .-v'

Le second tanibuur d’ordre Corinthien a 2 pieds s pouces de diamètre (â pouce.s de plus que le précédent); las cannclntns sont remplies d’une be((uette ;- ce qui annonotf qu’il provient du bas de la coionDe. Dans la bMilique dont {1 faisait partie , on D’avau pas suivi U même disposition que dans celle dont il vient d’étre parlé : dans i’iiné'.Vétait de simples chapiteaux ménagés sur ie fût de la cofonne^ dans l’autre, ce sont de véritables colonnes, engagées de près d’tin tiers dans teè grandes , et,maiotcauos Ihses daas% reste de

d’antiquités honumentales. ;^)i ,

fraginentti qui peuvent aussi avec quelque vraisemblance être attribués « des basiliques.

Vestigesdedwersédificeê d" utilité publique. L’wi a découvert 'ertcwé dans lés anciennes villes , des fondations de bâtiments a^z vastes , sur la destination desqueb on ù’a pu faire que des conjectures , faute -de données suffisantes. On suppose qu’elles ont appartenu à des monuments d’utilité publique , qui avaient servi à divers usages-, tels que des magasins , des logements pour les troupes, des espèces cte marchés couverts, etc; r etc. Les macelbi où l’on v^fidait la viande, te poisson et diverses denrées, moins élégamment construits que tes basiliques , étaient cependant parfois orné» de colonnes.

Nous n’avons, pas non plus de vestiges authentiques des manufactarcs où l’on: fabriquait des anuQ», ni de ces gynécées où l’on confectionnait des habits pour les troupes dans plusieurs villes de la Gaule (i).

Icnr contour», r. AnUquitfs de résene, par Xf. de taitU* fer! , tome II*. '

(l)Telle( étaient peut-être ces conatructioM en petit appartil atec chaînes de briques que l’on Tenait aotreroia.A Metz et z]ue Monthiuoon »{sH praver, t. IM-, pf. 103 de l'Anliquité capliquée , sans donner aucun lenaeignement sur eüe».

2g2 . • - ' .ÇOtTRâ.

y avait dans plusieurs .viliesfde la ^'aule des palais destines .au lof^ement , des empereurs ; lorsqu'ils venaient- résider dans ces villes ; pour les préfets 'OU intendant^ et les fonctionnaires publies d'un- ordre- sopéri^r. -Ceq palais de-vaient offrir une èUsposition à peu -près pareille à celle des- grandes maisons privées (V. pag. 79 et 8a), et-en différai ent senleraenl''par lèur .étendue, , l’impurtanee de .leurs péristyles f de leurs cours , de leurs, diverses"dépettdanees , et -.par la magnificence des décoratioim intérieures çt extérieures. Ainsi , q^iqu'il noqs. -reste '^bien peu de vestiges devers monuments,.' nous pouvons- non# figurer, ce qu'ils devaient être, ■ -• - ■' :

' J^ai.ireprpduU ( pl. ;XXXt?^ bi$ ,}n"., 4) le pian du palais de T,rdj«a-à Iijon , t»l qu’il a.étq reconstruit par M. Chenavard , d’après les explqratipus, dç M. Xrtaud, Vous voyez qu'il of- ' frait en A , au milieu des façades , un portique seifiî-fcirculairé garni dC colonnes ; qü'uhe grande cour corinthienne .B occupait l’entrée de l'édifice et'le divisait" en deux parties égales offrant

D’AilTIQUITÉS , MONVMENTALKS. 398

Tune et l’autre de» distributions !syro<ltrk}ues. Au* deoi- e*lrëmitcs latèt^alc^ du palais., «ou voyait de grandes pièces ‘e b, 'teroimées semicircalàirement à leurs extrémités comme uà sphœrisieriwn. M. ^ Artaud n’a point ‘donné l’explication des édifices indiqués sur son -plan de Lyon , èt je me borner à vous faire, oonniitre CCS dispositions générales. Le palais avait en largeur environ ^5o pieds d’étendue ^et 36o de profondeur , non compris le péristyle «emicirrulaire (r). ’ '

Vous voyez suy' la' même planché (n“ 5) , le plan du palais d’Aptonin i reconnu aussi par ]lf. ArtaW, dans la' ville '4e Lyon. Vlacé tlans une espèce de triangle , entre deux rues antiqiiës rpii Se rénnissaienl de manière à fornter'un 'Y , ce palais différait beàucoup du précédent ; il était beaucoup moins étèhdo :■ un parallélogramme fort allongé , entouré de portiques et de 'colonnes , vraiscmbiablemênt le vestibule' tlu palais , s’avançait jusopi’au point de jonedon des deux rûcs'; où il se teiroinait par une façade ornée d’ün double 'rang de coloHiliesi Un grdhd péristyle corinthien placé au centre du palais, sc terminait par trois grandes pièces , l’urte circulaire et les deux autres carrées.

((> V. la flg. 4, pl. XXXIX.

rfouHS

On bàlit «n palais à Viènne pour les officiers chargés du gouvornevicnt -de la province dont ectte ville était la capitale; dans la suite les rois • de Boargegn& en .firent leur .demeure ; aujou r- <l‘’hui le tribunal occupe lemèmeeMplacemeiit. H ne reste plus rien de r^ificae antique , mais les- pierres de grand appareil sur lesquelles reposentdçs constructions modernes, pfo viennent, §elop toute apparence , - du monument rommn. En creusant une cave , en l’J'JQ ^ on découvrit une salle d’étuve avec ses fourneaux. On tira aussi d’une maison voisine , des colonnes , des bases et des chapiteaux en marbre , qui avaient probablement fait partie de la décoration du palais (i).

M. Rey rapporte qu’il y avait à Vienne un autre palais pour les empereurs ; et qu’on en voyait encore les vestiges lorsqu’on reconstruisi t le collège. 11 couvrait tout le terrain occupe par cet établissement, et le couvent des Capucins où l’on a trouvé .de belles mosaïques.

D’après Dufour (a)- , le.lpalàis de la Couf rç^e de Poitiers , qui était au moyen âge celui

(r) V. évidc dea étraDgcra à Vienne , par H. Rcj. Vienne , 1819. . " ■

' C2) De l'ancûm Poitou et de sa capitale , un volume in*8°.

D’’A<mQUlTÉS MONUMENTALES.

des comtes du Poitou', a remplacé un édilicie de constructiou romaine , qu“*on croit avoir été destiné aux .magistrats chargés - d’administrer la cité : il est certain que sous Lotlîs-lé- Débonnaire le palais de Poitiers] était compté au nombre des palais royaux; il e^t ainsi qualifiédans une charte de cet empereur (i) qui y s^ourna à plusieurs épo({ues , AotamnieMt en SSg. ,Du reste il ne serait pas impossible que le palais gallo-romain eût été joinraux thermes qui existèrent , dh-on, sur la.* place royale, et qui avaient été désignés par le vulgaire sous le nom- do-Pa/ats Gallien.

Metz avait aussi un palais que les empereurs habitaient lorsqu’ils venaient -commander les troupes chargées de défentlrc la Gaule' contre les invasions des (jermains , et qui plus tard servit de demeure aux rois d’Austrasie (2). '•En parlant des thermes (pag. 57) , j’ai- in-

(t) Actum PIclarts Palatio Vieglo.—'MabUio/t , di re diptoituf- , p.'3l4 , no. 114. *

(3) V. MabiUon , de re diplomaticA , lib. iv, §. S3.— SdieTflin, Alsacia illnstrata, t. 1 , page 6ZI. — M. Bégin , hiatoire des sciences, des arts et des lettres dans le pays Metzin , p. St . — Grégoire de Tours parle de ce palais dans lé passage suif ant : Stante intra palathtm bfetentis urbts rfge Childeberto, Hist. Franc. , lib. vin, cap. -3G. ^ -

covns

ttiqvé eç qui nous reste du palais gallo-romain de Paris , qui renfermait -des bains publics.

I^lusieurs autres villes conservent le souvenir tic monuments semblables , qui dorent être magnifiquchicnt décorés et souvent accompagnés de portiques et de jardins. • • . ^

Attcunpalais de Taimcnne Gaule n'*a laissé de restes aussi considérables que celui de (y'oustantl'n dans la ville de Trêves; ces restes font partie d ‘‘une caserne , iis seroirt conservés sans altération.

Les curieuses constructions dont -je parle et dont le n“; i , pl. XXXIX , bis offre une esquisse fidèle,' ont 2a5 pieds de -longueur , elles' formaient la façade occidentale du palais.

L'apside ou tour semi-circulaire que vous dtsfinguez sur le premier plan et qui occupait un des angles de T.édifice , èst éc^rée par deux étages de fenètressemv;circulaire3, an nombre de trois à chaque étage et espacées également ( 1) . La, hauteur de cette tour est de 1 piejls.

'Le grand mur qué l’on voit ensuite est garni

(I) GeiU-partie aemi-oi’rcuUite liu pai«is de Trêves ,,rcs» griiil>(d heiaucoup apodes des df(lisos sociennea, dont jp ai'occupefai dans la 4'. partie dn Ceura. ^

d’antiquités monumentales.

de coiitrerorts entre iewpeW s’ ouvrent «les feiaô; très semi-circulaires, comme celles de' l’apside , et avant aussi leurs archivoltes formées d’un double ran^ ^de briques. Ce mur a' dis ; pieds d’épaisseur ; il est cntitRepient' conktruil eti briques, aussi bien que les «ontreforts et Lont* le reste de Fédificc les briques sont sé^Hirées les unes des autres par une cùuche épaisse de ciment. Ce genre de construction,, que’ l’on retrouve dans la partie ancienne de laéathédrale , bàde, selon l’opinipn commune, par l’hnpératrice Hélène , es|-à mes yeux une preuvo que Je palais cle Constantin n’est point antérievur au temps de ce prince; .c’est en effet au I V®. siècle tjue l’usage de la brique devint «irtout fréquent (l).' ' - ^ V

. Le mur dont il est question et ses contreforts n’ont plus que 89 pieds de hauteur ; apiaia au XVll®. siècle ils s’élevaient à , 1 1.4 pieds comme la toursemi^circulaire; et vous remarquez en A, dans mon dessin, iineommenccroent de voussoir, d’où nous' pouvons hardiment conclure que Içs . . )

(O !>• Mie St.-Mar$ en TonVaiiie , qne ie ne ciVti* point an* térieure en iv*. aiède , est conatrtfitc en hrfqaes , nomme le. palais de Trè»w. ( ff. ce que j'en ai dit dans la 7!. partie du Cours , p. 118 et IIV). '

,aç)8 ' • • COURS

travées comprises entre chaque contrefort étaient couronnées" par tics’" arcades (V. la ligne ponctuée ) dont les archivoltes portaient sur ces mêmes contreforts. Les fenêtres se trouvaient ainsi , comme celles de L’apside (c c}, sous des espèces d’arcs ; seulement ces^arcs avaient plus de profondeûr, à cause de -la sqillie plus consitlérable des contreforts. Le point indique la hauteur primitive du mur et le niveau de la . cerniehe (i-h . ' ' '

Les restes, précédents ne sont : évidemment quhine petite portion du palais; il s’étendait à •une asse* grande distance , et se liait àd’autre^, bâtiments figurés n®. a , même pl. , et que l’on croit avoir renfermé les bains du palais. Le modé de construction de ce bâtiment est différent de Celui que nous venons d’examiner : les murs «ont en moëllon , parementés on petit appareil , et la brique y forme seulement des-conlons on rônes • à différentes hauteurs , selon le evstème ordinaire. Des archivoltes doubles, triples ^ qpielquefois quadruples sont, les unes entièrement en briqties, les autres mi-parties de pierres

(l)-lt est boa de remorquer qu^ dahè pIuMcurs monumeats eirilo des.Xli°, et XUI*. siècles, j'm troaré la même dispaaitidn I ancien bèpital de Caen , Mont St..Micbcl , etc. ) beaucoiip -d'églises me l’ont offerte ê|;nlement. ^

d’axtiquités MONUMF-NTALES. 29Q

et tic briques (V. la fenêtre D). l^i resto, en siq>posantquecet édifice soit d'une autré époque que le précédent , ce qui me parait doutet»> >1 ne doit pas non plus être du Ilaut-Eœpirc comme on l’a cru à T rêves ; j’j ai remarqué des pierres qui avaient été sculptées et sans doute placées ailleurs aivant d’étre employées dans ces "murailles. ' .

Quoi qu’il en soit , cette eitrëmité' du palais se terminait extérieurement par trois apsides entourées d’i|n crypto-portique ou allée couverte , aurdessus duquel s’élevaient deut rangs de belles fenêtres. Mon dessin présente deux de ces apsides ( AB — AC ) ; Tout pOrte à croire qu’au-dessus du ciypto-portique il y avait une espece de balcon ou de plate-forme (A A ) ; mais il est' très-difficile de se rendre compte de la décoration tertéricure»

L’exatnen des 'salles à l’intérieur aoulèvê aussi des questions difficiles à résoudre : on y voit une vaste pièce rni forme' de e*rré long , trois salles semi-circulaires correspondant aux trois apsûles , îles galeries voûtées , des réservoirs , etc.' , etc. liCS salles semtTçirculairçs . offrent de chaque cûté un léger enfoncement , d.-»ns lequel des tuyaux de chaleur , cayrés , en terre cuite , étaient incrustés. Ces tuyaux , encore

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CD>pV>oadaus te graitde apside, s’élevaient jtisqu’àu sommet des murs , qui n’ont pas moins de 5o à^o pieds de hauteur : c’étaient ainsi des e^èces ,dc cheniinéeS i mais dont je n’ai pu Toirlefoyer..-, i ‘ -r ^ ..

••.11 y aurait une.longue dissertation à, faire sur te distribution de. eet odiGce. et des pièces , dont plusieurs peut-être étaie.nt des espèces de salons près des salles de bains. Mais cesserait rèvenir sue qotre leçon relative aux thermes, et conséquemment faire une digreséiou dans notre leçon de ce jour. C!e sTtst en etiet qu’à cause de sa liaison avec le palais impérial , que j’aidû vous parier de ce curieux bâtimQUl( i ) .

Jtei visHé Içs restés, b aaùcoup moins -con&i-, dérobles d’un autre palais de la mémo époque , \e jutlais de la 2'rouille à -A ries. Çejnonümeat que Constantin -avait élevé pour son.us^ge et oelui de.ses successeurs*, .avait, une magniliquç teçode donnant sur le Curum. Une cour ,spa^

(1) Le gouTernemeni PMissien a fait déblayer une bon.r.c partie de ce& ruines eties ednserre : on gardien est' logé dàns l’epcelnle mÿipede l'édil|ce, dontil ooTre ra..porle anx cariei)]L: on a enduit la. partie supérieure dos murs avec une espèce «le inasltc pour les garantir dé la plaie, précaulioii Cbrt utile' et que Von -deTntt employer partout, .

d’antiquités monument AIÆS. 3oi

cicuse , entourée de portiques , ornée de fontaines jaillissantes, séparait les dilTérents corpsde-logis ; une grande tour ronde en saillie terminait l’édifice d^ côté du Rhône (i).

Cette tour , seule partie de l’édifice qui subsiste , m’a présenté le môme mode de construction que l’extrémité du palais de Trêves que nous examinions tout-à-l’heure ; ce sont des murs en petit appareil avec des chaînes de bri' ques , pcrcé's de fenêtres sçmi circulaires avec archivoltes en pierre et en brique. Là , comme à Trêves , les ornements ont disparu , et l’on ne trouve plus que des murailles nues. Mais Sidoine Apollinaire nous parle de la richesse de ce palais , de ses colonnes et de ses ornements , et l’on ne peut douter qu’il n’ait été d’une grande magnificence. Les débris de corniches en marbre , de colonnes de granité , les mosaïques, etc. , trouvés dans l’emplacement qu’on lui assigne, viennent d’ailVeurs confirmer le témoignage de l’évôque de Clermont (a).

(1) Gaide du Voyageur dans Arles , par M. Jaquemin.

p) Tour-A-tour occupé par Constantin et ses (ils , par les empereurs Valentinien , Valons , Graticn, iionorius , Constantin-Je-Tyran, Aritus cl Majorien, le palais de la Trouille passa aux rois Gotha , de ceux-ci aux rois de France et ensuite aux rois d’Arles et aux comtes de Protence.

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