CAMPANI
liTïll VIRl V AVG. LVG.
EVSKBES tlB. (l)
Les sévirs augustaux étaient des prêtres attachés au temple d’Auguste; mais aucun auteur ne parle de l’institution de ces fonctionnaires dans les provinces. On croit que les sévirs étaient les six premiers prêtres choisis dans le collège des augustaux , et que ces officiers municipcs présidaient an culte et aux jeux sacrés relatifs a la divinité d’Auguste (2).
Plusieurs autres villes érigèrent, à l’exemple de Lyon , des autels à Auguste. Narbonne, une des,premicr‘es cités de la Gaule en eut un qui fut consacré huit -ans après celui de Lyon ; cet autel s’élevait au milieu d’un forum , et l’on voit encore incrustées dans les murs de l’ancien palais
(t) DiU manibua L. Lucreti campani Seriri Auguatalia Lugdunenaia , Euaebea libertua.
(2) A Rome, l'établiaaement des compagnoDa Augaataux ent Ueia un an après la mort d’Augiiate, l’an 7C8 de Rome, idçm anaut novas certmonias aeerpit , atidilo sodahum aaerrdutio ( Tacite ). Tacite noua apprend encore, en parlant, de ces prêtres , qu’ils furent créés an nombre de 21 et tirés au sort parmi les gens les plus rliatingués de Rome.
d’antiquités monumentales. 3^1
épiscopal de cotte Tille, les tables votives rap- ])el.-uit la fondation , le rit et les sacrifices qui curent lieu lol^iie l’autel fut consacré (i).
Ce qui précède démontre , de la manière la plus incontestable , que les croyances religieuses des Romains étaient partout répandues et adoptéesdans la Gaule, lorsque le Christianisme vint s’établir et renverser à son tour le polythéisme.
Jupiter, Diane, Mercure, Apollon, Castor et Pollux , Pluton , ete. , étaient en vénération chez nos ancêtres ; ils vouaient aussi un culte aux dieux mânes , aux déesses mères , aux syb vains , aux nymphes et au génie de chaque localité (3): aussi trouvons nous dans les liUux les plus écartés des villes , jusqu’au fond des forêts, des inscriptions qui nous montrent combien s’étaient profondément infiltrées dans les Gaules les croyances religieuses des Romains (3). Sans doute cette révolution ne fut pas subite ; les croyancesdruidiques subsistèrent quelque temps » % *
(0 Ces caricooes Inscriptions ont été publiées par Mltlin ; on y trouje des détails extrêmement intéressants sur' U céiré* mnnie qui acconipngnait la dédicace des autels : on y xrit que l'buile sainte }ouait un grind rôle dans cette cérémonie': les anciens oignaient «nssi les statues de leurs dixinités lorsqu'ils les consacraient. '
(2) Voyes Histoire des sciences , des arts, des lettres et -de la cixilisaliondanslepa)S Messin, par DI. Bégin; in-S*., Metz, 1820.
(3) Parmi ces nomirreuses inscriptions , je ne citerai que
' COURS
encore après la conqiiéte romaine , et le culte des divinités gauloises dût être confondu d‘’abord avec celui des divinités romaines ; mais si quelques-uns des anciens préjuges se maintenaient encore , le polythéisme romain ne tarda pas à les modifier ou à se les approprier. Si les pierres druidiques furent toujours un objet de vénération , c’est que ces monuments pouvaient convenir aux nouvelles croyances aussi bien tju’aux anciennes. Le polythéisme montra d’ailleurs une grande tolérance pour les idées reçues , et les divinités indigènes des Gaulois furent souvent associées aux divinités romaines. - '
Il faut donc rejeter absolument l’opinion de ces antiquaires celtomancs qui n’ont pas craint d’avancer que cliez nous le culte druidicpie avait régné seul jusqu’à l’établissement du Christianisme. Une pareille assertion ne peut provenir que d’une ignorance complète des faits attestés par une immense quantité de monuments et d’inscriptions. Le contraire est démontré jusqu’à l’évidence pour tout homme qui n’est pas complètement étranger à l’archéologie.
cclle-di.qui se voit encore dans la forêt de Bellênie , sor te bord d*une fontaine : • .. >
APHROUISIUU DUS INFfiniS
V£N£R1 MAUT.l MEUCURlOQrB .
S.^CRtM.
d’antiquités monument a>les.
CFTAPITRE IX. -
Trois sortes d' édifices consacrés aux jeux publics ebez les IVomains. — Les cirques étaient les plus vastes. — Forme de CCS monuments. — Leur disposition à l’extérieur et ;i l’intérieur. — La spina et scs monuments accessoires. — — Spina du grand cirque de Rome, d’après Moiitfaucon. — Ordre des chars dans l’arêne : costumes des cochers ; factions , etc. — Lumières fournies sur les jeux du cirque par la mosaïque du Musée de Lyon; examen de ce tableau. — Cirque d’Orange; c’est le seul en France dpnt il reste des ruines très-apparentes. — Cirques de Trêves , de Bàvay , d’Arles , de Lyon , de Vienne , etc. — Emploi des cirques aux spectacles naumachiques.
Les anciens avaient trois sortes d’édifiees consacrés aux jeux publics; le cirque, le llicàtrc et l’amphithcàtre. Souvent on les a eonfondus tous trois sous la dénomination de cirques ; mais leur forme, leur destination, leurs dimensions, établissent entre eux 'des diflcrences essentielles , et l’on a peine à comprendre comment on a pu faire cette confusion.
Les cirques , dont je vais d’abord vous eutrc:
COURS
tenir , ëtaieht bien plus considérables que les amphithéâtres et les théâtres; la forme de l’édificc était celle d’un parallélogramme fort allongé , arrondi à l’un > des bouts , et carré ou légèrement convexe par l’autre : pour simplifier mon explication , voici la vue générale du grand cirque de Rome ( pl. XLI ) , tel que nous le trouvons figuré et restitué dans Montfaucon (1 ). Vous voyez que les deux grands côtés de l’édifice offraient extérieurement deux ordres superposés surmontés d’un attique et terminés par une terrasse. Des boutiques et des passages conduisant à l’intérieur du cirque occupaient le prèmier rang d’arcades (2). Six tours carrées , quatre aux points de jonction des grands et des petits côtés du cirque , et deux aux extrémités s’élevaient au-dessus des terrages ; elles étaient ornées de quadriges ou de groupes de cour curs(3) .
(I) Antiquité etpiiquëe , t. lit , seconde partie. Il reste autourd’hui peu de ruines de ce cirque , on ne peut qu’en deviner la forme dans les jardins qui se trouvent à l’endroit qu'il occupait et qu'on connaît encore sous le nom de Cherchi. II -j avait 1 Rome plnsieura autres cirques; le mieux conservé est celui que l’on croit avoir été construit par Caracalla.
(î) Tacite, ann. XV — 38.
(3) Les places disposées dans ces tonrs appartenaient aux sénateurs et aux magistrats qui avaient droit A des sièges distincts des autres; il parait qu’à une certaine époque ces places te ttanàmirent par droit de succession.
d’antiquités monumentales. 3^5
L’entrée pour les chars avait lieu par l’extrémité légèrement convexe du eirque ; douze arcades , non comprise celle qui se trouvait sous la tour , fermées par des grilles , formaient les remises , carceres , où les chevaux étaient retenus avant les courses.
Il est facile de comprendre la disposition des sièges à l’intérieur d'un cirque : sur les deux grands côtés et sur l’hémicycle opposé aux èarceres , s’élevaient plusieurs rangs de gradins au-dessus desquels était une galerie ornée de colonnes correspondant , à ce qu’il parait , aux arcades extérieures du second ordre ( V. la fig. pl.XLI), et dans laquelle on pouvait feirculer : il y avait aussi , au-dessus des carceres , plusieurs' étages de gradins, et c’était là , au-dessus de la grande entrée et dans la tour placée au centre des remises, qu’était la tribune réservée à l’empereur ou au magistrat qui présidait aux jeux ; l’esqûisse que je trace sur le tableau peut aider à deviner quelle devait être la disposition de cette partie de l’intérieur d’un cirqpie (pl. XLI ).
Entre les sièges des spectateurs et l’espace destiné aux jeux , area , était , dans quelques cirques, un canal large de dix pieds et plein d’eau , eurtpus, bordé d’une grille du côté de l’area. Mais tous les cirques n’étaient point
çoims
entourés d’un fossé pareil; on n’en trouveaucunc trace dans celui de Cnracalla à Rome et dans plusieurs autres. \Peuripus n’existait jamais du côté des où il aurait intercepté l’entrée du cirque. •
Au milieu de Varea des cirques régnait une muraille haute de quatre pieds , large de douze environ, s’étendant dans presque toute la longueur de l’enceinte, (-'ctte construction qui barrait le cirque longitudinalement , portait le nom de spina. Auguste fit élever le premier sur la spiîia un obélisque dédié au soleil.
11 y avait aussi sur la spina des cirques , de petits temples , des autels , des statues et sept boules ova portées sur des pivots, et qui servaient à indiquer le nombre de tours parcourus par les chars , ova ad metas curriculis numerandis (1) > et sept dauphins portés gjussi sur des piédestaux ou sur une architrave élevée sur des colonnes. Si quelques auteurs ont confondii les dauphins et les oves , il n’est pas elouteui cependant qu’ils ne fussent distincts ; il parait que les œufs rappelaient Castor et Pollux , et que les dauphins avaient été choisis en l’hormeur de Neptune , et parce qu’ils jiasscnt pour les
(0 Tite>LiTe« XLl— 27. Ou élevait une boule à thaque tour.
d’aNTIQUIÏKS MONt'MENTALKS.
animaux Us plus agiles de la mer. Aux deux extrémités , et en-dehors de la spina , étaient toujours trois pyramides reposant sur un mém% soubassement et faisantroffice deborrtes. C’était près de ces bornes, metœ, que les chars devaient tourner aux deux extrémités du cirque , en évitant de frapper la borne. Le point c]e départ était toujours placé de manière que les coureurs avaient à leur gauche la spina et les bornes.
L’image du grand cirque de Rome , reproduite pl. XLI , nous montre ces tribomes coniques élevées sur le même so'ubassement aux deux extrémités du cirque a a. '*
' Devant les carceres ( V. le point f J , Montfaucon place le temple de Murcia cédés Murcùr, qui plus probablement se trouvait sur la spina; car il aurait entravé les courses, s’il eût réellement occupé l’emplacement que lui assigne le savant bénédictin. Voici du reste coinment il explique les objets figurés sur la spind , élans sa restitution tlu grand cirque':
« La première chose qu’on trouvait sur la « spina ( à partir des bornes faisant face'aux « carceres), était l’autel des Lares, et d’un « autre côté celui qu’onàppclaitrtrapofe/ih’um, « l’autel des diclix puissants. Ensuite vcnnicht « deux colonnes avec un fronton; c’était connue
cocus
« le frontispice crun temple. Un tout semblable «' venait ensuite , dédié a Tutéline (cl) , arec ^.c< un autel à son cété , auprès duquel était une « colonne qui soutenait une statue de la Yica toire : un carré long , de quatre colonnes sur « lesquelles était un entablement qui soutenait « plusieurs dauphins (e) ; c’’était là comme un « templedcNeptune.Cybèle, la mère desdieux, « était tout auprès , au bas du grand obélisque « qui occupait le milieu , et comme le centre « du cirque (b). Auprès du grand obélisque « était le temple du Soleil, qui, selon Ter- « tulien , était au milieu du cirque ..... Un « trépied à côté de ce temple était la marque « d’Apollon , que les anciens distinguaient orc< dinairement du Soleil. Le bâtiment à colonnes « qui est à côté f'ej est couronné de certaines « pierres rondes et oblongucs, qui ont la forme « d’œufs et que l’on appelait à cause de cela « ova curriculorum , les œufs des courses. On « voyait après cela une statue de la Victoire sur « une colonne. L’autel des grands dieux était « sur la même lignes après quoi se voyait un « obélisque , plus petit que le précédent , qui « était consacré à la Lune. Les metœ ou bornes « terminaient le tout de même qu’à l’autre « bout. Ceux qui couraient sur des chevaux ou « sur des chars , faisaient le tour de tout cela. »
d’antiquités monumentales. 379
S’il y a quelques ofnjcctures dans cétle restitution de Montfaucon , au moins savons-nous , par un grand nombre de témoignages, que les, objets qu’il indique se trouvaient à peu près de la sorte disposés sur la spina ; et on s’explique celte profusion d’autels et de petits temples en songeant que les cirques étaient dédiés au dieu Consiis ou à Neptune équestre , elconsacrés en même temps au Soleil , à Castor et Pollux et à
d’autres divinités.
Les concurrents ou conducteurs de chars , aurigœ , portaient des espèces de livrées de couleurs difierentes et formaient des partis ou factions; il y eut d’abord quatre livrées, savoir : la blanche alba , la rouge russea , la bleue veneta et la verte prasina. Deux autres livrées furent ajoutées par Domitien , la pourpréepurpurata et la dorée aurata.
Les spectateurs se passionnaient, pour telle ou telle couleur , .faisaient des paris pour le succès de telle ou telle faction. Dans la suite , les couleurs du cirque donnèrent lieu à de véritables factions politiques auxquelles appartenaient des milliers de citoyens ; on sait que sous .Tustinien , plus de 3o,ooo personries périrent à .Constantinople .dans urm rixe élevée entre les partisans des verts et des bleus.
38o ' • COURS . , -
.Au sertir des carceres op disposait les ehcTaiix siu: une ligne blanche creta , tracée dans V^rea du çirque, à droite delà sptna: puis, au signal qhi était donné par le préteur en jetant dans l’arène une pièce de linge mappa , ils partaient tous au son des trompettes. Il fallait faire sept fois le tour de la ^pma , tâcher surtout d’éviter les bernes , et arriter ai^point de départ. On conçoit tous les écueils que clevaient rencontrer les concurrents , dans CCS courses si rapides , animées par le son des trompettes et les cris’des spectateurs. Ceux qui se voyaient dévancés , tâchaient d’accrocher avec adresse le char de leur adversaire pour le faire échouer (i),
Il existe au musée de Lyon un curieux pavé en mosaïque, découvert dans cette ville en 1 8oG, et qui représente des courses de charé et de chevaux dans l’enceinte d’un cirque (2). Sauf cpielques dégradations qui ne nuisent cependant pas à l’ensemble du sujet, la conservation de ce pavé est complète , et il jette- un 'grand jour sur les jeux du cirque , ludi xnrcênses.
(n V. Mémoire «ur les jeux du cirque , par M. Artaud.
(2) £e curieux paré a été décourert, en tSOG, dans un jardin . prùs de l’abbaye d'Ainar , où l'on a trouvé plusieurs autres belles mosaïques. Il était à 3 pieds de profondeur , on rav^sit recouvert d'une légère couche de gravier roiigritre et d’un rang de tuiles à rebords, évidemment dans l’intention de le conserver.
h’antiquités monumentales.
' Cette mosaïque est e'omposëe , comnio beaucoup d’autres , de petits cubes de maf}>re et de pierre factice ;■ les sujets se dëtacfaetiit sur un fond noir ardoisé; presque Wus les ^chevaux sont d’im bai pâle ou couléur dé.ëhair ; quelc[ues-uns sont blancs , d’autres' gris , selon que l’artiste l’a jugé nécessaire pour détacher* ses groupes. M. Artaud quia.publié ce pavés dans soix. grand ouvrage sur les "mosa'iques' du midi de la France , m’a autorisé à prendre un calque • de -son dessin (pl. XLI) ; et à reproduire dans .ce Cours , l’explication qu’il eh a donnée ; les observations qui vont suivre serontdonc e'mpnultées ,'ppur la plupart^ à ce savant anticpiaire ( i").
Au. milieu de l’arène qui fait le suj'ct du ta? bleaû ('V. la mosaïque; pl. XLI)., se trouve l’épine , ^ma , qui la partage presque dans toute sa- longueur (2) ; c’est un massif dé maçonnerie^ qui parait avoir les quatre pieds d’élévation qu’on lui attribue 'Ordinairement. Elle
(I) Daps l’esqoise de la tposaïqPe , reprddujte pl. XU , j’ai appprimé upq ptrlie la- bordure extérieure qui repré^tp dea rinceaiix et je n’ai cqnaervé qoe la bordure intérieure formant le premier encadrement du tableau. Mon etquiae repréaente le paré àVec les lacunes i^'On y remarqua lors- de la découverte. • ' . ‘
(2} U eat A rem.arquer que l’espace de devant est un peu pias large qne celui de deriière, sans doute pour cSrntenir les chars lorsqu’ils étalent assemblëa de front snr la. première ligne.-'
. rt 20 - .
COURS
est. coupée, à peu près vers le mHicu , p.-ir un passage, étroit ' où sont deux fragments figures vêtues de bleu , Â ; l’ime d’elles tient la palme, destinée Tau vainqueur, et l’autre', plus dégradée , portait peut-être le prix.de Tune des deux courses. - .
' L’obélisque consacré au soleil. B, étant surda partie la plus longue delà spina , se trouve pariaitenient au milieu. ' . - . . Deux autres passages également étroits sont formés^par -les trtbornes élevées aux deux extrémités de la s/pifia , dont elles sont un peu Sjtipaeéea, cc. , . . '
* La spina ai cela de. particulier ,, qu’elle ne ressemblé à aucune de celles que nous pouvons connaître. On n’y voit point cette multitude d’aiitcls , de statues et de petits temples q<ii "se troâvaiént surceiles des cirques de Rome.
, Sur chaque partie de la spina, on distingue -aussi un rang de d.i'uphihs , DD,
. Ces sept dàupbins sont rangés à la suite les anodes autre.s^ sur une traverse horizontale soutenue par trois piliers. Cé qu’il y a de fort remaiçquable , c’est qu’^ilsp.iraisseul ,|ctcr «Je l’eau sur la spina creusée. en forme de bassin.
■“ Les œûfs.de bois placés ithmédiatem,cnj après et dans Ip même sens ,jsont sur de petits supports fixés par le milieu comme une palissade.
d’antiqwtés monumentales. 385
On y aperçoit un fragment.bleu-cpii paraît avoir faitpvtiod'une fi^e.quidcvaâtêtriererecr tor ovbfutn^ celui qui comptait Jes tours. Voua pouvez remarquée que trois œùfs.soflt plus élef w que les autres , çe qui paraît annoncer que d<^à trois tours ont' été faits par les chars.. - . . .
Sur l’autre partie de la spina , où sont les mêmes objets correspondants,. 6n n’aperçoit point de figure, la place qu’elle aùrait pu occuper é^t détériorée; la seule différence qui existe, c’est que dans celle-ci les œufs sont blancs , tandis que dans l’autre ils sont jaunes, ce qui ferait présumer .qu’ils appartenaient à une seconde course.
• A l’entrée de la mosaïque sont les c’arceres ou barrières, FFF : leur forrive et lèur couleur indiquent qu’elles étaient cn'bois. -Quoique lès &uteurs en aientdésigné douze dans chaque cirque-, on n’en compteici que huit , nombre égal à celui des chars. , ' . . • ' .
On remarque vers le- milieu de ces barrières , FF,, et .transversalement, des pièces de bois assembléès en équerre et fixées par des vis sur des piliers qu’on pourrait appeler chevaux do frise; il est difficile de déteoniner le but d’ûtiUté décès pdiers ils semblent plus avancés querles portes des.barrières, afin de leur laisser l’espace nécessaire pour s’ouvrir. ‘ ■
COURS
La grande cnlhié , Lr , qnr est sans porte , sc trouve RU milieu des càrceries : au-dessus est la loge prétorienne , où l’on remarqtife trois «juges Ou magistrats vêtus de bleu ; elle est ornée de festons de draperies atta,ehés au-dessus dç leurs tète?. On distingue sur l’épaule de celui fpii est <• '’à droilé , lip large cordon’ bleU foncé rébordé
dé blafic. Le préleur ou'l’ifltondant des jeux', placé au mihen , est' plus élevé ; U a-le bras deoit ■bors delà loge, et tient le linge, mofpa, qu’il ietait et qui seiraît de signal pour le moment du départ.
De chaque eêté de cette logé , sont deux rahgs de galeries en bois, semblables aux échafauds où SC plaçaient les dames et lés' juges datas les tournois dé nos chevaliers : on n’y voit qu’un personnage penché sur un bâton ; c’est . probablement celui qui vient de fermer les barrières au moyen d’un fevier qüi fléchit ; son attitude est celle d’jirt homme qui fait de -grands efforts. Il'ÿ a apparence que c’était; aii-dessus des barrières qu’était placée eette machine dont parle (’assiodore , qui servait à les 'faire ouvrir et fermer toutes à la foÎR. ‘ -
Un autre personnage doüt on n’apèrçoit que la tête et le bas du corps,, sé t^uve devant un pilier , un peu à droite de la porte d’entrée ; il
n’ANTKîorrÉs. honuihentales^ 365
a de longs fifluts^e-chaukses'blcus^ Il està prér sunier que o^était l’inspecteur des jeux, jon le héraut qiû devait préclame^ le .vainqueur La partie à gauche de la porte dîentrée qui corces' pond à, celle-ci, se trouve-entièrement dégradée- . On sait qùe les quatre couleurs ordinâires desfactipos du cirque étaient emblématiquési. de» quatre saisons- - .
• On voit au nord dè Fentrée de la mosaïque , un cocher de la faction verte, , renversé , ses chevaux abattus , son char -fracassé r il se trouve sur la ligne blanche ~erela-, d’où les quadriges commencaionr leur course.: ' . ' ' '
La- seconde faction est lu rouge I c?est un quadrige dbnt ôn ne voit pas le'char, il est censp caché par les jambes désehevaux; L’attitude de V'agitàtor- est fière, et ses coursiers sont mieux dessiné? cpie- les autres- /
La troisième' livrée L « est la blanche : son quadrige va presque de front avec le préoédent ; 'il se trouve sur une seconde ligne blanche dont là làrgeür ,. égale aux quatre barrières qui l’avoisinent, ferait présumer que les chars- étaient niis'sur deux rangs ,, et' que les factions étaient doubles: qu’en outre l’une dé cés deux lignes devait servir à la course dtes.chevâui , cjiii souvent avait lieu en nictnc temps que celle des cliars ;
couns • '
à moins cpj’on ne pense -que rone devait marquer le point d'à dépa de tous les ^quadri'ïes, et l’autre le terme de' la course (iV: opinion qu’on pourrait motiver p»ar quelques exemples (a). : ‘
• Ije cocher de cette troisième faction' agite son fouet'; celui qui le devance, N , est- un écuyer dont on p’apercevait que la jambe avec le- train de derrière du cheval, lorsque la mosaïque fut découverte. - , . ‘
-«.Le quatrième char j au coin de-la mosaïque , O , paraît appartenir à la faction hleue par les traces de couleur qui lui restent: il est assez curieux , trois de ses chevaux sont unis par uti joug ,y«^aZes le quatrième dé droite est atta-r -ché seulement par un trait funalis , comnie nos chevaux de volée. Ce quadrige se trouvé stimulé par deux personnes à la fois ; l’une , penchée sar son cliar, excite ses coursiers; l’autre à pied et vue de dos , agite son fouet ; on aperçoit dans 'sa main gauche un instrument blanc , - à deux pointes , ce sont des forces pour couper les traits en -cas d’accident. - . • - * .
Lé cinquième char, -P, à l’ah^e gauche de la
.(I) M««. ntrima Unea rerum eat.^Tor.
(2) Du» tameo h» line» ut du» nctæ : prima nbi sitta* bant , secunda ubi curaas finis; Argol in Panv.
d’antiquités monumentales. 387
tnosaïqne, est de la faction rou^c ; il a versé en tournant la borne.- Son revers;offre'de petite car^és à jour; ce qui prouvé q«ie l’ot^cbérohait à rendre cés chars infiniment légers. Uagifalor, q<ioique renveréé ; semble néanmoins vouloir faire éelever sea chevaux-abaltusJ ^ •• i
Le sixième quadrige, à livrée bleqç,<^, paraît aller en bon ordrc ; son gnideestle’seul qui n’ait point dé fouet. Serait-ce un de ces intrépides qui dédaignaient celté ressource pour rendre leur victoire plus illustre (i)? Ce char est précédé par un cavalier vêtudé vert, R, dont le port iiOble et aisé ^semble annoncer un personnage de distinction : il est monté sur un cheval blanc qui se fait remarquer par-dessus tous- les autres: sa coiffure et son vêtement diffèrent totalement ‘dé ceux des agilatore^ qui sont dans le tableau. - - Lescpti^eqUadrigeiSiCOHpéparl’obélisquê et dégradé en grande partie, ne peut offrir la couleur de-sa faction ; il est à oroiré cependant qu’elle était blanche ou jreiie, si l’on en: juge pur les autres couleurs qui s<mt répétées. ’
Au huitième eufin,X t on. ne distingue que la tète des chevaux t le reste étant fort dégradé : il
(0 Oiories cvm .Onr ffagello Tîciuet', inter mUliarkn «gUalurcs primuiu locuiii «ibliiiuit. •
CUUitS
porâit plus pupprocbé de la flpina. Une jambe de cheval' qyi reète , acmblerait même, indiquer que le' passage avait lieu dans l’intervalle formé entré le piédestal des bornes et l’extrémité de'la Èpitia^ Ce quadrige qui devance tous les autres , sera peut-étr& victarieux. Sa livrée devaît être blanche ou,veTle. •
La-demière figure. près des barrières est vêtue de vert, Z j elle est à pied, et tieirt un bassin 'nasiterria ; dont le fond est de couleur bleue. C’êst un'spàrsor , c’est-àdire, celui qta jelté de l’eau , soit pour empêcher les roues de s’enflammer, metaqite fervidis ^ soit, pour rafraîclrir ou stithuler les chevaux' au passage. Aqua ad ip^igandos-abluendosque.equoi \i).
*‘!Ce costume des acteurs de cette course mérite quelque attention. . ' -
•Tous les auriges sont cedfrés d’un bonnet semblable au' casque de p^u à rebOrd, galtrus cum margine : mais -chacun de ces bonnets n’a de rebord que par derrière , et paraît formé avec des étofies de différentes couleurs. v t
Leur vêtement se compose de deux toniques • et de longs! h^uts-dc-chausses , braccœ.
La tunique de dessous, indusium, est blanche . ■ . . 1 .
■ (l) Argol. in Panv. '
d’antiquités monumentales. ” 3^
et àoianches longues^ manuleaiû ; ceYLç àe dessus , de. la couleur de sa quadrillp v est sans ou- Terturc , presque sans Qinuchës , et se termine près du genou , c’est une espèce de sagutn,- qui, à partir des- épaules , a dans- toute sa longqeür , dérant et derrière. , ;déux galons de livrée. ^ de couleur forte et opposée à la sienne; Lé tout es^ fixé par une courroië ou ceinturé brune*; c|ui pouvait servir eu même temps à attacber les rênes des chevaux!, çomme on en voit aux auriges d’un bas rplief du palais Colonna ; les hâuts-dçchausses sont blancs et étroits , ils se terminent en chaussons, sans apparence de souliers , et ressemblent à nos pantalons collants.
On observe une légère diflTérence dans le costume de l’aurige qui est à pied, et dans ceUix.du quatrième et du sixième quadrige.
Le premier a un casopie à deux pointes^ qui tient un peu du- petasus ; ses bras et ses jambes sont nus ; il n’a qu’une timique languetée par le bas et à manches courtes. Les deux autres o^ non- seulement la tuniquë de dessous,. manu~ leata , mais elle parait, encore se terminer en chiretheca, c’est-à-dire, en.forme.de mitaines.
Les deux écujers mêlés dans cette coursé qui se portent le défi , ont un costume tout opposé., et p'arais^nt <l’uue coaihtion .plus relevée et