OO COURS
Hianicrc à'^tablir plusieurs diidsions qu j raison <Jc leUV forme, en coin, étaient désignées sous le nom de-c«n«’(V^ la pL XLI).. , ■ .
, Il y avait én outre, dans l’élévation de Ta mjdiifhéâtrecat'ienqui environne l’orchestre, deux ou trcHs^ divisions principales , indiquées par des séparationls nqmméeç précincttohs et parallèles aux rangs, de sièges. Ces divisions éudoqt désignées sous le nom de cavea prima , caoea media , cavea maxima ou • ulttma -, suivant qu’elles étaient plus ou moins .rapprochées de l’orchestre.. - •
Les escaliers par lesquels on niontait do l’orchestre aux rangs de sièges, n’étaient pas en nombre égal dans tojis les théâtres. On en cohiptait sept le pins ordinairement.
11 y avait en outre, dans beaucoup de théâtres, des ouvertures carrées , correspondant à des corridors voûtés pratiqués soüs les gradins ( V. la coupe n". 3, pl. XLI bis), et par où Ton pouvait se rendre aux sièges , sans être obligé de monter de l’orchestre^ où de descendre jde la turtima cavea. Ces ouvertures s’appelaient vomitoires , vomitoria, parce qu’elles semblaient vomir les spectateurs, Lorsqu’ils entraient- en foule pour prendre leurs places (i).
(I) Moatfaucon. Antiq. exp1iqu(‘c , t. iii , lir. 2.
d’antiquités monumentales. 4o*
Si tous les gradins étaient occnpée ,,oih pouvait encore se tèmr debpùt/dans les escaliers.- Gn appelait ces derfiiers venus excuncati , parce qu’ils étaient ainsi ciM^ehors des divisions cunéiforines consacrées anx sièges^»
• La place d’honnenr pour le prêteur ou poür le prince était au centre de la courbure du cercle, à l’intérieur de l’orchestre. Il j avait aussi dans cette enceinte des sièges, disposés en rond, pour les vestales., les sénateurs et les autres personnes de distinction. ♦ - • -
A KomC', les sièges de la première précùic- ' tion('i) étaient réservés aux chevaliers; lepeuplo occupait lés autres.
Dans sonV*. livte> Vitruve indiquecommènt on s’y prenait pour établir les'principales diti-^ sions des théâtres :-vons aller, .le comprendre ,'si vous voulez me suivre sur le plan figure pb . XLI. , '
(I) Dans les (grands tbéStres de Reine , Tes aièges étaleDt au nombre de 14 dans la- première prdcinctiôâ: Les sièg^ avaient lubituelIcmeDt 1 pied 3 ou 4 pmices de hauteur , et de I pied 10 pouces t 2 pieils 4 pouces en largeur. La pente ou l’haclinaison'des degrés était calculée de manière «fu’unc ligne étant oonduilc depuia lebaaiusqn'en tiabt, elle'pAttoopher les abglM de tous les degrés; à c£ moyen la Voix pouvait s’étende, aaoa être arrêtée jusqu'aux régions sBpéricurcs des gradins, t'a rave , lib. v. ,
' On traçait d’abord- ün cercle ^enl la moitié devait former rorohcsirc ,■ puis on inscrivait dans .'ce oerqle > quatre triangles équilatéraux dont les somrfiets rorrospondaient aux points BB, IIII. Les auîles produit^ parues quatré triangles divisaient la éir<'Oï*ference du' cercle en douze parties égales. La base du^ triangle dont la pointe partageait l’hémicycle de l’orcbestre en deux parties égales B ,''se trouvait parallèle au diamètre HH et déterminait l’emplacem'ent de l^.scèüe D , D, comme. la ligne H H indiquait les limites dü pulpitum ou avant-scène, qui devait s’arrêter -là ou commençait l’orchestre et qui avait en profondeur lé quart du diârnètre du cercle. ‘
, Les sept angles divisant la circonférence de l’orchestre désignaient les points où devaient êtçe placés les escaliers conduisant à la première pfécinction ; ceux qui conduisaient à la seconde précinction faisaient quelquefois suite aux premiers ; mais plus ordinairement ils faisaient face, au centre des cunei de X'ima ctLvea, comme dans le plan* qui vous est soumis. .
. Les trois angles opposés aux éscabcrsdu centre de l’orchestre B , G , G , répohdàient , dans le post-scenium , aux trois portes de la scene^î la porté royale et les deux portes secondaires. Her-
d’anTIQUITKS MONUMtCCrTALES.
rière le poél-scef^iuméiaienl (les porthjues, avec des jardins ou des places publiques., epinine nous Tavons dit pFerédemjnent (p. 269).
Pour fortifier la voix des acteurs on àrrait recours à un mojen assez ingénieux, .quoVitVuve explique eil détail dans son cinquième livre.
U On fait , dit-il des vases d-’aicain selon lu « grandeur du' théâtre et* on leur donne une « telle proportion que, quand on les frappe, ils « sonnent la quarte ou la quintePuii de Poutre, « et ainsi toutes les autre$,consonnaAce$jusqiPà « la double octave. »■ ’ • . *
■ -V itru ve ajoute que ces vases doivent être placés suivant certaines combinaisons musicales entre les sicges du théâtre dans de petites chambres, de telle sorte qu'ilsné touchent pôintaux murailles, mais qu'ils aient tout autour un espace vide., et ({u'ils soient couchés sur dessupports,de manière à présenter Porifice vers la scène. Les petites chambres devaient avoir , au niveau des degrés, de la prima c'a^ea ^ des ouvertures- longues (le„2 pieds et larges- de ip pied. Si Iç théâtre iPétait pas très-grand , on pratiquait 1 3 petites chambres (pd laissaient entre elles 1 2 espaces égaux ; s'il était vaste, on y plaçait trois rangs de chambres cl de vases. . ' !
<( Cette disposition des Vases d'airain , àjoiHe
'coims
« encore y itrure , fera qü^ia yoix qui viendra « de la scène comme d’un centre , s’étendant « en rond , frapperadans les cavités des vases « et en sera rendue plus forte et plus claire , « suivant la consonnanee et le rapport qu e son a ton aura avec quelqu’un des vases (i).- »
■ llparaîtquedans quelquesthéâtresonremplaçait les vases d’airain par des -vases en terre cuite.
. . ir y «vait ‘ chez" les anciens trois espèces de scèties , la scène tragique , la scène cbmique et la scène satyrique. , ■
, -Les décorations du théâtre étaient différentes Selon le genre des pièces jouées; au fond du théâtre on représentait p.our la scène tragique., un. temple ou un palais; pour la scène comique , une maison ou une rue ; pour la sçène satyriqüe ; une forêt , des cavernes , une montagne, ou ,un paysage. Mais il ne faut pas croire que chacune de ces différentes décorations fût exclusivement propre à chacune des sc.èncS(dont nous.vencois de parler. Quelquefois , dans la
(0 VittttTe, »re)iU.V I. v, (ridacHon de Pârauü.— On peut VHru*ê*(iê '«jttelle manière les’ rases desront êtèe sccordës et disposés.' Je ne. dois point, entrer ici , dans ces détails qui seraientear compris sans un exposé préliminsirn dii ‘système musical des anciens. -
d’antiquités MONUMENTALES. 4^^
tragéilie , la scène refirësentait nn paysaige , un lieu désert, un temple avec de8,boîs,sacrée-, etc. La 'soène comique empruntait aussi , dans certaines occasions , ses attributs à‘ la scène sçityrique. .
- Les chai^eraents de décoration avaient lieu suivant difiCèrents systèmes ; ^ on appelâil les décors ductiles lorsqu’ils glissaient dans des coulisses versatiles lorsqu’ils étaient , sur' des paiinéaui tournant Sur des pivots (i).,
Plusieurs machines fonctionnaient sur la scène. et secondaient .le jeu des-acteurs.
L’e^ÆjxZema' était une espèce d’échafaudage .en bois porté sur des rou^s qui pouvait s’ouvrir et donner le «péctacle d’une scèpe d’intérieur (a). •
(I) V'itruve p^rle de décorations toornantes triangnlaires qui puuvnleot successiTément présenter trois tableaux. In iiiigula très sint species oruaüôms qité- cum aut fnbularUin •mulniionet sunt faturœ,stfu deorum advenftu cum ttf/Hlriiiis repeulinis versent uj mdttnturque ; speciem ornntionis in fronces. V. Vit., lib. v. -
Perrault, traduction de VltroTe , et plnsieurâ autres àprès lut se «ont évidemment trompés en plaçant, ces décorations ttiangniaires derrière les porter deis scène. Le mot seçundum signrtie auprès drs. portes et non derrière elles. On ne Cum*prend pas en effet comment des. tableanx du diamètre dea portes, et placés dsns l’ouverture de,oelies-pi , aurait pu changer le caractère de la scène et prod^oire aucune iHusi«a. ■ {2> Millin , dictionnaire des be'aùx-arts.” -
coufe^
Xe jfBgma était , comme Vek/cychma , une machine en bois , à- plusieurs étages , disposés lie manière ipie les étages supérieurs placés dans l’intérieur de la. partie basse de l’écbafiaudage pouvaient sortir de leur espèce d’étui , s’élever à une certaTne hauteur , 'et y rentrer ensuite.,
La geranoSi espèce degruei senrstit à enlever un . personnage dans les airs-.
•< L’a«apieSma faisait monter de. dessous lé théâitre svir la scène les divinités infernales»
■ Le iceraunoscopeien sorvaitii imiter la fondre lancée par Jupiter .'Une autre machine, appelée br»nthèion ^ imitait, le bruit du tonnerre.
%La machine nomn^ée ^cope représentait une tour sur laquelle se plaçaient lés acteurs jouant les rôles de sentinelles. . ,
11. y avait encore phisieurs autres machines dont nous ne comprenons qti’asaez imparfaitèment Ift raéganisnie. .
ISoqs avons dit que le pfo^enium était celte partie de la scène la plus rapprochée de l’orchestre, sui^ laquelle les acteurs venaient réciter leurs rôles; elle était toujours en bojs , aussi lié trouve-t-on jamais que la cavité qui existait sous le plancher de bois qui a disp^u.', et que l’on désignait sous le nom ^hyposcenium. Le’piifpitum ouprbscemiim ne s’élevait que de 5 pieds au-dessus de l’orchestre.
d’antiquités monumentales.
Dans les théâtres romains, on fermait la scène, comme aujourd’hui , au moyen d’un ndoaü‘i, avant le commeniremcnt du spectacle. Ce rideau portait le nomd’auZreum et de separiunirOn le décorait de figures peintes,. brochées ou tissues qui représentaient, ordinairement des faits -historiques. .Quand le spectacle commençait , de rideau ne se levait pas , comme aujourtl’hui , mais on le baissait et pendant la représentation il servait d’ornement au proscenium , ou bien on l’introduisait par une trappe dans l’/tjposcenium.- • % '
Coqune les théâtres n’ étaient pas couverts , OR tendait-, au-dessus jtles murs, une grande -toile pour garantir les spectateurs du-soleil.’ Cp vêlanüfft détail fixé ou suspendu à des mats implantés au. sommet des murs. Vitrnve recommande d’ailleurs de ne point exposer les théâtres au raidi-et d’éviter ainsi cpie les rayons du soleil , enfermés dans l’ enceinte du théâtre ÿu’éehauffeiit l’air outre mesure. - ' • ; *
' Nous-allons, Messieurs, essayer de nous rendre comfdede différents vestiges de théâtres antiques existant encore dans quelques villes de la Gaule, et j'^espère vous dénaontrer qüe si plusieups de ces monuments étaient disposés conformément
COURS
au^ principes de Vitruve ; d'autres offraient dans leur cousthiction des différences très-notables , sè rapprochaient , sous cèrtatns rapport», dés amphithéâtres dont nous parlerons dans une prochaine cohfér.cncé , et pouvaient "servir en même temps aux jeux scéniques et aux combats athlétiques. - • '
Théâtre D’ORAàcE (Vaucluse). -—Je ne connais aucunes ruines de ^théâtre aussi imposantes que celles du théâtre d’Orange. La scène est encore prescpie entière, et l’on peut facilement, pai* la pensée , rétablir les accessoires quç cette partie du monument a perdus , surtout depuis que des fouilles, pratiquées dans \eproscenium, ont foit découvrir, couchées sous des déeombresi, les colonnes- qpi' décoraient la porte royale et le -reste do' la scène. • ■ • ‘ '
Les fûts de quatre de ces colonties sont dé-> posés dans le post-scenium où l’on commence à former un musée. Deux de ces fût» on granité poli , d’un seul morceau , et à peu pres entiers , ont un' peü plus dé 1 8 pièds de longueur et 2 pieds 4 ponces environ de diamètre;; les deùxoutre» , en marbre jaunâtre offrent à peu près les mêmes dimensions , et l’on peut «ipposer ' que tous quatre ont fait partie du premier ordre
d’antiquités monumentales. 4^9
de la scène.^ J’ai vu des fragments d’autres, éolonnes' en brèche dite.d’ Afrique , en . marbre rouge, couleur de ehâir.; cîpolin:, etc. ; ce montre combietiil y avait de variété dans les matériaux employés, à la décOTatioü de l?édb fice (i). . . ■
L’élévation figurée pl. XLI , et sur laquelte j’ai déjà porté votre attention,' indique les traces qni existent encore des entablements. Les débris" de marbre blanc , i&crustés dans la maçonnerie, raontreot'^ue sür ce grand mur dont la hauteur est de io8 pieds^ et la largeur de 3oo, trois ordres de colonnes ont . été appliqués (2)^-, excepté peut-être dans la travée au milieu de laquelle s’onvre la porte royale : là il pourrait n’avoir existé que deux ordres, de colonnes ; l’état actuel des arrachements" semblerait aû moins l’indiqUer. . <
Vous distinguez., au-dessus, de la^porte royale,
(1) M. Artand m’a appris qu’une famijiede marbriers, éta.btie
anciennement A Orange , a , durant plosieura' générations, exploité aree suerès 1r.< marbres-antique.^ exhumés dpna cette Tille; on le comprend en voyant les beaux déhrja découverts dernièrement, et en songeant qu'il y avait à Orange plusieurs ‘autres,édiflees.ricbemeiU décorés. ''
(2) VitruTe;tiv. y, nous apprend qpe le piédestal du premier
ordre de la scène était" 4ésigné sons le nom "dé le
second s'appelait pluteum, et le troisième rpisceaos, '
COURS
4lO
urié gran4e niche cintrée D, qui se l'encontre', dit-qn , dans quelquçs autres théâtres romains et 'qui peut-être dans oplui-çi v renfermait uiie statue.- Au-dessus de cette niche,, le, mur a penlude àoil élévation ; dans, l’origine' il atteignait évidemment le niveau des lettres m, m, m. Cétte destruction partielle laisse, vUir en arrière le mur du parasteniüm dans lequel vous pouvez remarquër des espèces de coulisses verticales •, puis une ligne horizontale de trous m,- m , .deuit le niveau corsespond à celui du faîte des pavillons làtéraux versurœ. Ges cavités paraissent avoir sefvi â fixer la charpente d’un toit qui couvrait la scène. Les traces de cc toit' sont edfipreintes aii haut des murs des pavillons dont je parlais ; il pvait son inclinaison vers cette de trous m-m qui recevait!’ extrémité des solives ou des poutres.
Le» ouvertures e^ e, f, f, dç.vaient être ornées de colonnes; on en voit encore une en marbre blanc , dans l’ouverture qui répond au -second or4re du pavillon gauche (V. la pl.,XLl ).
J’ai tracé sur la même planche une esquisse de la ïaeade extéricuré du théâtre ; elle est clécoréede ^Ib^x rangs d’arcades , sépaj-és l’un de l’autre pai: üa iriteryalle uni et surmontés d'un attique. Au-dessus des arcades supérieures ou
ligne
' d’antiquités monumentales. 4**
roinarque dcOx rangs de, pièrres saillantijë formant consoles ; plusieurs des piérres du second rang sont percées d’un trou , d’où l’on 9 conclu naUircllèment" qù’elles rècévaient les mats , à l’extrémité desquels on attachait les toiles qui cottvraionfle theàfrc et préservaient, les-spectatenrs du soleil (r) ; mais onjs’est aperçu que la corniche qui couronne le mur déborde sur ces consoles et ne permettrait pas d’y planter verticalement ces pièces de bois , de sorte qu’il faut admettre que des changements faits dans eette partie du théâtre auront rendu inutile rétablissement des mâts destinés à suspendra le velarium. ; - . • • ' ,
Le théâtre d’Orange'' est construit en blocs énormes d’un calcaire. grossiér qui sa trouve dans le bassin du llhône ; on remarque sur ces. pierres les traces d’un violent incendre. A l’intérieur de l’édifice, existaient' des esçaliers , des corridors , des Salles pour les acteurs et les dé- )pcndances OEtlinaires des théâtres. ' “
La cavité' du proscenium a été récemment déblayée ; ,ôn remarque de rhaqut; cùté-des versurce quelques débris des voûtes qui sup-
(I) Ces pierres traversent U wiu' et-se distinguent tris-liiea du cAlé opposé , i l'intérieur du théâtre V. les lettres g, g/g, dans l'élévall»adclavcëDe/PI. XU. - •