COUR
4i3 . , > COXJR$ .
- port4ient lés gr^idins, mai» le rcsle de la- cof^à est presqu’emièrement dëti^iit. , i ^
^ Théâtre d’Arles. — Les fouilles exécutées jusqii’ici dans le théâtre d’Arles ont déjà produit d’impOrtanls résultats , le -jour n’est pas
(Soigné où, grâce à de .nouvelles déeouvërtes , on pourra donner de ce' théâtre une description complète. Il faut se borner , quant à présent , à examiner ce que les déblaiements et les explo^ rations successifs ont . fait reparaitret - .4.
Legrand axe du théâtre ,=qui va du nord au
sud, 's’étendait entre l’arcade ..connue sous le
nom d’arcade de la Miséricorde, parce qu’elle
s-’élève dans un jardin ainsi appelé autrefois', et
une autre arcade'dite • la -tour'jde Rolland. Cet / ’ >
axe a cent trois mètres de longueur. A l’est étaient l’Orchestre ,' pavé de ■ marbre et' des gradins des spectateurs ; à l’ouest, se déployaient successivemeotléprosoemum, ou l’avantrscène, la scène proprement dite , et lé parasceniiirtf . Les gradins , comme dans la plupart des théâtres de l’antiquité ,• étaient échelonnés sur qn roc dont la pente était-du côté de la scène.
. Devant l’orchestre se présentait en première ligne le proscenium Où -pülpitum. On voit encore sur le mur de là scène les. entailles ,qui recevaient les solives supportant le plancher.
d’antiquités monumentales. .41 3
Venait ensuite la scène proprement dite : il n'en reste plus que les fondements et deux colonnes qui décoraient la porte royale. Ces colonnes modèles d’élégance et de légèreté (pl., XLI bis, fig. i) , ne sont pas de la môme pierre : l’une est en brèche Africaine , et l’autre en marbre de Carrare. Plusieurs bases de colonnes qui ont été renversées , placées sur le même alignement que les deux colonnes restées debout, permettent de suivre la ligne du scenium. On distingue aussi l’emplacement d’une porte latérale. 'Dans V hyposcenium , on remarque un reste de muraille qui a , selon toute apparence, servi de fondement au perron par lequel on arrivait à la porte royale.
Plusieurs murs parallèles terminent le proscenium dn-c6lé de l’orchestre. On remarque au milieu de ces murs trois canaux , dont deux sontàdécouvert, etl’autre est recouvert de dalles (V. la fig. 2 , ])1. XLl lus). Le plus largç , A , A , au milieu des deux autres , offre des pierres en saillie formant une rainure ou coulisse de r i pouces environ de profondeur et de largeur. Ces pierres saillantes existent sur les deux parois du canal , sans toutefois se trouver en face les unes des autres.
On s’est demandé quelle était la destination
4l4 COURS
de CCS trois canaux. Aucune difficulté sérieuse ne s’est élevée pnr rapport à ceux que j’indique sur le plan par les lettres B , C ; tout porte à croire qu’ils servaient à conduire hors du théâtre les eaux pluviales qui tombaient sur l’hémicycle et sur la scène. Quant au canal A, il n’est pas aussi facile de déterminer l’usage auquel il était affecté : M. Henry, corrçspondant de la Société des Antiquaires de France, veut que ce canal ait servi à recevoir la toile lorsqu’elle était baissée , et que les. rainures verticales aient fixé les pièces de bois qui la soutenaient lorsqu’elle était levée. Pour appuyer cette opinion, il fait remarquer qu’on ne pouvait laisser sur l’avant-scène un rideau d’une étendue aussi considérable que celui dont on devait faire usage au théâtre d’Arles , parce qu’il aurait gêné les acteurs et borné la vue des personnes placées dans l’orchestre; cpi’il fallait donc qu’il y eût sur le bord du proscenium une longue cavité destinée à recevoir le rideau, et d’une largeur suffisante pour qu’il pût y glisser sans difficulté ; que , d’un autre côté , pour le faire remonter , cpiand il était descendu , il était indispensable qu’il fût soutenu a des intervalles peu éloignés , pour qu’on pût l’enlever sans que son poids nécessitât de grands efforts
d'antiquités monumentales. 4*5
et l’exposât à se déchirer ; il en conclut que les coulisses verticales du canal recevaient chacune un support : que ce support , pour plus de légèreté à l’œil , pouvait être en fer , et qu’il était sans doute., terminé par un crochet auquel le rideau était suspendu.
M. Jacquemin ne voit , dans ces rainures du canal A: , que les coulisses qui servaient à assujettir les pièces de bois’supportant \c pulpitum , et vous vous, rappelez que cette partie de la scène était toujours en bois. ^ Ges rai- « nures , dit-il , dont les analogues se voient n encore au théâtre de Tauromenium en Sicile, « et à celui de Telmessus en Grèce , et qu’en « désespoir de cause on avait cru destinées à « recevoir les mâts qui portaient le velarium , U opinion injurieuse au bon goût des anciens > a qui probablement n’auraient pas voulli placer et ainsi tant d’embarras entre l’œil du specta- « teur et le lieu où se passait la scène , ser- « valent à contenir , à l’aide de coins qui rem- « plissaient tout l’intervalle de la rainure à la « muraille , les madriers solides et épeis des- « tinés à soutenir la charpente sur laquelle « le plancher du pulpitum était bxé. Cette « charpente ainsiappuyée du côté de l’orchestre, « au-dessus duquel elle s’élevait de 5 pied<! à
, COURS
« peu près , venait aboutir à la façade de la « scène , et au pied de la grande décoration , « endroit où le plancher de bois se perdait « sous les placages et les autres revêtements de « marbre qui ornaient cette partie. »
Je vous laisse à décider , Messieurs , laquelle de ces deux opinions doit être préférée. Elles ne sont , je crois , ni l’une ni l’autre complètement satisfaisantes; -car on ne voit pas la nécessité dè faire porter le plancher du proscenium sur des pièces de- bois , quand on avait pour supports des murs aussi soJides que ceux qui séparent l’orchestre de V hyposcéntum , et , d’uii autre côté , on ne se rend pas très-bien compte de la manière dont le rideau fonctionnait au milieu de tous les supports qu’on lui donne. L^opinion de M. Henry a toutefois été déjà adoptée par plusieurs savants de mérite.
Les fouilles faites à difierentes reprises dans le théâtre d’Arles , ont fait découvrir une immense quantité de placages et de corniches en marbre précieux de diverse nature , des statues brisées, des bas-reliefs et un grand nombre d’objets antiques dont plusieurs sont déposés Su musée, d’antiquités de la ville. La célèbre Vénus d’Arles avait été exhumée de Vliyposcenium dès l’année i65i ; les fouilles de i8a3
d’antiquités mon'umentales. 4 ' 7
firent découvrir , entre autres choses , un basrelîef qui représente le triomphe d’Apollon sur Marsias (i). •
En considérant les riches débris d’architraves, de frises et de corniches , trouvés dans les fouilles , M. Jacquemin conjecture que la façade de la scène était formée de trois étages , comme celle du théâtre d’Orange., D’autres pensent qu’il n’y en avait que deux. Rien n’empêche toutefois d’admettre l’opinion de M. Jacquemin , car le théâtre d’Arles était probablement aussi important que celui d’Orange, Quelques-uns des fûts de colonne' exhumés , et que l’on-présume avoir fait partie du second ordre , n’étaient cannelés que du . côté de la scène où ils étaient en vue du public. Ils n’avaient point de cannelures du doté de la muraille. .
On voit encore (juelques parties de la décoration extérieure du théâtre d’Arles. Telle èst l’arcade que j’ai esquissée sur la pl. XLI , et qui se trouve du côté du midi.
Ce qui frappe dans la décoration de cette arcade, c’est que l’architrave est remplacée par
(l) V. pour ces décourertes, les mémoires deMB. JacqoeOaiii, Ucar> et Esirsngin , sur le ih'âtre d’Arles.
COURS
une frise dorique dont les métopes sont remplis alternativement de patères et de/taurcanx à mi-corps vus de face. Au-dessus de cette architrave , d’un genre si particulier , règne une frise corinthienne décorée de rinceaux continus, et couronnée d’une comiche à modillons. Ainsi nous trouvons dans ce système de décoration , Üassemblage de deux ordres différents.
(]et assemblage existait aussi dans l’arc de triomphe de Constantin, à Arles, détruit en l'y 43 , si, j’en juge par le dessin qui en a été conservé , et que La Lauzière a pubhé dans son ouvrage, pï. XV (i).
Quelques autres exemples de frises corinthiennës superposées à des frises doriques se rencontrent aussi dans la décoration de certains objets d’art. On observe cette combinaison sur des poteries , dont une a été figurée sur la a5*. pl. de l’Atlas du Coui^, et en général, les architectes romains ne se sont jamais astreints aux règles d’une manière absolue; ils ont souvent donné carrière à leur imagination dans la combinaison des ornements.
Le théâtre d’Arles était orné extérieurement
(I) Cette analogie semblerait , Jusqu’à un certain poiat, rooilrmer les suppositions de M. Henry, qiii affirme que Iç théâtre fut élevé sous le règne de Constantin.
d’antiquités monumentales. 4 ' 9
de 48 arcades; 3i arcades C[ui garnissaient la partie semi-circulaire de l’édifice, avaient I2 pieds de laideur ; .celles qui étaient placées de chaque côté de la scène en avaient i4>,®^ les autres, derrière la scène, seulement lo pieds (i).
On n’est pas d’accord sur l’époque à laquelle on doit rapporter la construction du théâtre d’Arles , et la nature des débris que les fouilles ont mis à découvert , ainsi que les ruines qui existent encore, ont contribué à maintenir cette incertitude. Il en est en efiet qui portent le cachet d’une élégance achevée, et d’autres doînt le mauvais goût rappelle la décadence de l’art. Deux versions ont donc été présentées. Selon les uns , le théâtre, aurait été bâti dans les beaux siècles de l’architecture , mais il aurait été retouché ou réparé à une époque postérieure, ce qui expliquerait le mélange dont nous venons de parler. Selon d’autres , il n’aurait été élevé que sous le règne de Constantin , qui établit sa cour à Arles, et qui donna ses soins à l’embellissement de la ville qu’il s’éleit choisie pour résidence. Ces derniers supposent
(I) Mémoire de M.'Vérxn sur lea •otiqailé* de U ville d'Arlei.
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que les architectes , chargés de la construction de rédilice, ont emprunté àdes monuments plus anciens les gracieuses décorations que Ton y Voyait , et qu’ils ont ainsi eaché en partie la pauvreté de leur ouvrage. •
Si l’origine du théâtre d’Arles est aussi incertaine, il n’en est pasxle môme quant à l’époque de sa destruction. On sait qu’elle eut lieu en 44^» sousl’ épiscopat d’Hilaire.llparaîtqu’alors lapopulation, électrisée par les prédications du saint évêque, se porta avec son exaltation méridionale contre les restesdu paganisme, et rcnversale monument qui nous occupe (1).
Pour que vous'puissiez prendre une idée des parties déblayées du théâtre d’Arles, vous trouverez , pl. XLI Bis,fig. I , une esquisse de ces ruines , tracée d’après un dessin publié par M.. Estrangin. Cette esquisse vous montrera , d’un côté , les colonnes qui ornaient le côté > gauche de la porte royale , et quelques parties du poslcenium , la cavité cpii se trouvait sous le pulpitüm P, les murs qui séparaient cette cavité de l’orchestre E , E, puis l’orchestre F, et les gradins de la eavea C , G.
(I) V. mémoire surlethéàtred'A,rles,p«rM. le baron Laugier de Cbartrouze.
d’antiquités monumentales. 4^*
Théâtres a Lyon , A Vienne, a Fréjus et a Vaison. — A. Lyon, on voit dans les vignes qui dépendaient de l’ancien couvent des Minimes, non loin de l’Antiquaille, une partie des areades et des constructions qui soutenaient des gradias d’un théâtre. Là , comme ailleurs , ces débris sont adossés à la pente d’un côteau, La scène a complètement disparu, et il paraît que la destruction en est fort ancienne (i). IJîous trouvons , sur le plan de Lyon antique par M. Artaud, l’indication des dimensions que devait avoir le monument.
D’après ce plan, le diamètre du théâtre, pris d’un côté de l’orchestre à l’autre, devait être de 3ôo pieds ; la largeur de la scène de aaS environ, et l’étendue , à partir du posteenium jusqu’à l’extrémité de l’hémicycle , de 345 pieds.*
Les ruines d’un théâtre romain existent à Vienne, près de la porte St. -Marcel, au-dessus du chemin de Ileaumur, ainsi appelé , dit-on , à cause des restes de murailles du théâtre. Le monyment se trouve ainsi au pied du mont St.-
(I) Dana l’hiatoire de Lyon du père Colonia, on troure une Tue de ces ruines. Je les ai risilées tout récemment , accom* pagnédf H. Follet, architecte. Ueurdestruction es,t aujourd’hui fort arancée , sans toutefois arolr fait de progrès depuis longtemps.
4^3 COURS
Just , adossé contre tfn rocher presque perpendiculaire. Les terres qui s’éboulent continuellement du terrain supérieur, ont enterré l’édifice, de sorte qu’on ne pourrait le déblayer sans de f^andes dépenses- , et qu’il est difficile d’en apprécier rigoureusement les dimensions.
M. Rey a reconnu les fondements de la scène et des murs 'du posteenium , et ceux des bâtiments latéraux servant aux acteur^.
A Préjus, les débris du théâtre, placés à peu de distance d’un amphithéâtre dont nous parlerons plus tard , offrent encore dés restes bien caractérisés des gradins et des fondations de la scène.
AVaison, les vestiges du théâtre consistent seulement en deux arcades et en quelques gradins taillés dans le roc ( i ).
Théâtre d’Avenches (Suisse). Le théâtre d’Avenches , dont j’ai parlé précédemment (p. 319), était placé le long du forum. On distingue encore une partie des massifs qui supportent les gradins de la cavea , jusqu'au pulpitum dont l’emplacement est facile à reconnaître (2).
(1) Vojage dans le Hfidl de la France, par M. Mérimée.
(2) Il est probable quedes fouilles pratiquées prè.< du théâtre ne seraient pas sans ioiéiét.
d’antiquités Monumentales. 4^3
Comme il u’avait jamais été mesuré, j’ai pris les dimensions de la corde qui correspond au diamètre de l’orchestre : j’ai trouvé environ 1 35 pieds. La profondeur du massif sur lequel reposent les gradins est de^Spieds; ce qui donnerait près de 3oo pieds pour le diamètre entier de l’édifice; La scène, dont il ne reste plus de vestiges , devait être garnie extérieurement d’un portique qui donnait sur le forum et faisait face au rang d’arcades dont un des piliers est encore debout (v. la p. 2'j'j). On rapporte que pendant longtemps un vaste four était établi dans les ruines du théâtre , et qu’on y a converti en chaux une énorme quantité de frises et de chapiteaux antiques. 11 est encore désigné sous le nom de four à chaux et de tuilerie , parce qu’il parait qu’on y a fait aussi de la tuile.
Théâtre de Mandeure. Le théâtre de Mandeure , décrit et figuré dans l’ouvrage de MM. Schweighauser et de Golbéry sur les antiquités de l’Alsace , ofirait encore , il y a quelques années , des gradins assez bien conservés , et l’on distinguait l’orchestre et les différentes distributions de la scène et de ses accessoires. La porte royale était , comme à Orangé , dans un enfoncement semi-circulaire.
COURS
Théâtre de Cahors. — Dans celle partie de la campagne de (lahors , qui est entre la ville actuelle et le bassin de la rivière du Palu , existent les ruines d’un théâtre. Il fut construit sur une pente assez rapide , là où le sol qui porte la ville de Cahors descend au niveau de la vallée du Lot.
D’un côté , les ruines de ce monument annoncent une construction demi-circulaire. Des voûtes , . qui s’ùbaissaient vers l’intérieur et js’élevaient du côté opposé , avaient été destinées à soutenir les gradins ; elles entouraient le théâtre , excepté du eôté où devait être le proscenium. Dans leur état actuel , dit M. Delppn , « elles fprment comme autant de « loges, séparées par un mur épais d’où partent « les voûtes. Ces loges , ouvertes maintenant
« du coté du théâtre , sont fermées du côté {
« opppsé , et ici on ne voit qu’une ouver- « -ture carrée d’environ 9 décimètres , plact^ « dans la partie la plus élevée. Autour de ces « loges , régnaient deux galeries parallèles de « quatre mètres de large , qui étaient voûtées « et portaient les rangées supérieures de gra- « dius. Il serait difficile de dpnner les dimen- « sions extérieures de ce théâtre avec exactitude, « parce qu’une partie de l’cnccjntc a été dé- « molie. »
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d’a-ntiquités monumentales. 4^^
Le cultivateur , auquel ees ruines appartiennent , a fait des plantations dans l’orchestre et dans le lieu où devait être le proscenium /sans la dureté du ciment qui rend la démolition difficile , les vestiges qui existent encore auraient entièrement disparu (i).
Nous venons d’examiner quelqiies théâtres construits, vraisemblablement, d’après les principes de Yitruve , sauf quelques différences peut-être. Je vais en décrire d’autres dont la forme et la disposition diffèrent notablement des précédents , et se rapprochent sous plusieurs rapports des amphithéâtres. En effet , CCS derniers étaient de forme elliptique, comme nous le verrons bientôt, et les théâtres dont je veux parler décri vent trois quarts de cerefe , ■ et tiennent i sous ce rapport, le milieu entre le théâtre et l’amphithéâtre. Selon toute, apparence , ils n’avaient point de scène permanente^ et leur orchestre ressemblait à l’arène ides amphithéâtres. Les plans que je vais présenter, rendront sensibles ces importanlés modifications; mais il convient d’indiquer d’abord sommairement les causes qui les ont produites.
(I) V. I» Stslîsfjque du dépirtomcnt du Lot, par M.-Orlpon de Uvrrnon, t. ’l.— Coiip*d’œiI sur If.» nionuDient* hUloriques du département du (.ut . par M. de CrazaDDCS.
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Ancieniremetit ,, le spectacle se compos.ait chez les Romains de deux parties distinctes ; l’action dramatique et la pantomime (embolie), les danses avec des chœurs, etc. , etc. . ^
Lorsque les théâtres d’une grande dimension purent admettre un nombre considérable de spectateurs d’un goût corrompu, ces spectateurs vulgaires préférèrent l’accessoire au principal. Il fallait d’ailleurs des spectacles de longue durée , capables d’intéresser plus long-temps la foule qu’un drame de quelques actes. La pantomime fut préférée aux œuvres dramatiques ; il fallut abanilonner l’orchestre aux' mimes eu aux/ combattants.
Ce fut sous le règne d’Auguste que cette révolution s’opéra dans le goût théâtral des Romains ; Jllorace nous l’apprend dans l’épître première de son livre second (i) ; il nous explique dans la même pièce ce qu’était l’embolie que le peuple préférait au drame ; voici la traduction de ce passage par M. Daru :
Mais cc qni fait trembler les plus hardis auteurs, C'est de voir quelquefois de bi'uyauts spectateurs.
(l)Verum équités quoqne )«m tnigravitsb sure Toluptas Omnis ad incertos oculos et ^audia rana.
d’ant'IQUITÉS monumentales. 427
Ignorante , mais nombreux , criant avec furie,
Près d’en venir anx mains quand on les contrarie,
Au milieu d’une pièce arrêter les acteurs
Et demander soudain un ours ou des lutteurs. ■
Du peuple , ce spectacle est le plaisir suprême.
Ainsi, V embolie, c’était l’ours et les lutteürs, des danses , des pantomimes , etc., etc. (i).
Le peuple qui préférait ce qui frappait les yeux à ce qui parlait à l’âme , attendait avec impatience la lin de la pièce pour jotiir d’un spectacle plus en harmonie avec ses goûts (a).
M. Magiiin , auquel la science est redevable d’un grand travail sur l’histoire du génie dramatique depuis le 1". siècle jusqu’au XVï®. , ouvrage qui sera bientôt terminé , indique encore d’autres causes de la révolution qui s’opéra dans l’art dramatique durant le règne d’Auguste.
« A l’établissement du régime monarchique à Rome , dit-il , Auguste voyant de combien de
(1) Cette déflomination d'embolie rensit de ce qb’eotre la première et la aeconde partie du apectacle , il s’écoulait un certain intervalle dont Horace nous indique la durée.
Quatuor aut plures aulæa preniiintur i.o horas.
(2) Voir un mémoire manuscrit de. M. Gaillard , sur le théitée de Lillebonne. Ce mémoire, qui n’a point été arberé, renferme' une digression intéressante sur les changements Introduits dans les jeux scéniques : M Gaillard » bien voulu me le faire lire en 1829.
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peuples divers se composait l’empire, se trouva heureux de rencontrer dans l’art des pantomimes une sorte de langue universelle , qui put servir de lien entre tant de nations , et donner , sinon des idëcs communes , au moins des sensations et des plaisirs communs à tant de peuples différents de mœurs etd’idiômc. »
« Dans les provinces, cet art servit également au grand travail de l’unité romaine. La substitution des ballets pantomimes aux comédieset aux tragédies eut pour résultat de faire négliger les anciens chefs-d’œuvre , d’affaiblir ainsi le culte des idiômes nationaux , et de seconder la propagation , sinon de la langue , au moins des mœurs et des idées romaines (i). »
Si les changements qui viennent d’être indiqués. s’opérèrent sous le règne d’Auguste , même en Italie , il est probable que les provinces , où la langue latine ne pouvait être
(t) M. Ma);oin ajoute « Quand Auguste vouiiit substituer « l'eSprit monarchique A l'esprit républicain , il troura un « grand obstacle dans les habitudes du théAtre romain. Com- « ment en eflét laisser 16 peuple applaudir aux magniflqiie.s « sentences des tragédies Imitées des Grecs, qui tout'és respi- « raient rindépendaoce et la liberté? Aussi Auguste serolile- « t-il àmir en un éloignement instinctif pour la tragédie ,
« et se gSrda-t-il bien d’en achévet' une qu’il a'rait composée « dans sa jeunesse. «
d’antiquités. MONtJMENTALES. 4^9
aussi b^en comprise , ' curent beaucoup plus d’attrait pour l’embolie que pour le draovc , durant le premier siècle de l’ère chrétienne , et quand , au second siècle , Hadrien visita la Gaule et fit édifier des théâtres dans les villas qui n’en avaient point encore , ce furent vraisemblablement des édifices destinés aux pant(^ mimes ou- à la lutte ;.l’historien Dion-Cassius semble même l’indiquer quand il dit en parlant' d’iladrien et de ses voyages en Gaule :
In hac peregrinalione œdificüvit theatra in plerisque civitatibus, instituitqüe ceatamina ( i ). Le mot certamtna indique assez qu’il s’agissait alors de luttes et de combats athlétiques plutôt que dé drames.
M. Roger, membre de la Société des Antiqu4ircs de Normandie, auteur de recherches inédites fort intéressantes sur l’origine du théâtre en France , doute même que jamais on ait joué ^ de pièces latines dans nos théâtres du. nord de la Gaule ; il ne pense pas qu’à aucune époque , les finesses de la langue latine aient pu, dans ces contrées , être assez bien comprises du
(I) Xipliilin , à Dione Hadrianns , p. 560. Ce fut aoui à pem près vers ta même époque que chaque ville eut un pontife^qui fut rédiUur des spcciaclea.
43o cours’
vul“;aire pour que tlcS -pièces oient etc repregentées sur les théâtres, tpii n’étaient point destinés, comme ceux d’aujourd’hui , à réim’r une société choisie, mais’ dans lesquels toutes les classes du peuple trouvaient place.
* V(uts comprenez déjà comment les architectes M virent obligés de modifier la forme ancienne des théâtres. Examinons quelques-uns de ceux qui nous offrent de pareils .changements. ^
■ ThéaIHe PE Lileebonnè; — -Le théâtre de Lilkbonhe , nouvellement déblayé , est celui qui montre le mieux cette disposition (i) ; il est fa-
(I) En I81Î, M. Rever, correspondant de rinstîtut, vis'ta le« raines du théâtre de Lillebonne, alors on y avait fait depnis peu des excavations pour se procurer des matériaux ; an moyen de ces fouilles, de l’examen des lieux et des renselgnemeots qu’il put réunir, M. Rever essaya de tracer le roninnr de l’édiflce. Quelques années après , il fut chargé de diriger des fouilles entreprises aux frais du département de la Seine- Jnférieure.et il publia en 1824 quelques détails sur le théâtre, dans un Uémoirt sur les ruines de Uthbonne'; mais l’enlévemeiit des terres qui encombraient i’édiflee exigeait de longs travsux *. on ne conssersit chaque année â ce déblai quVne somme asseï bornée , et lorsque M. Rever cessa de dirigef ica fouillea, en 1827, elles étaient peu avancées eiirorc. M. E.Oaillard Tut chargé de les continuer et il sut leur iiiiprinicr d'autant plus d’aert filé, que sa résidence an château de l■ulleMlle, près tillebonne, lui permettait de presser chaque jour les oii- Trtera. Uepuit 1830 que M. Gaillard a quitté Lillebonne , les déblais ont été aurreilléa par U commission (|•allli^^ulté3 de
d’antiquités /monumentales. 43 1
cile aujoB^’hui à’en parçôurir-les- diverses parties; plan que voici (pl. XLIbis , fig. 3). vous les fera connaître,(L). \ ' •
Vous remarquerez "d’abord plusieurs divisions parallèles ou prqcinctions;* / ', •<
En - A , autour de l’orch^tre , vègôe. y;ne bordure de 8 pieds de largeur, qui avait été garpie.de sièges en pierre, munis de dossiers* En B , une.précînction de 9^ pieds fie la«ge sépare, l’imn cavea'de la ■ medta^ oavea ; '■■ ■ „^En E , règne une peonde préjcinction. entre la media et la maxima cnvea ; > *
Enfin en D est une la rge galerie, autrefois voûtée , faisant le touralu théâtre et avec laquelle commuhiquaicnt les sept ouvertures par les-
Rouen et les aotorltés locales ; M. Derilie, membre de cette commission, a fait pinsienrs eoya^es i Lillebonne , et il e^i à désirer '«ili’jl déerive le monument lorst{ue le déblai sera complètement terminé-
(1) Ce plan arait élélevé d’abord en 1829, par M. Videboui, géomètre du cadastre , et m’avait été .pbligeamment communiqué par M. E. Gaillard pour que je pusse le présenter à mes auditeurs; mais depuis l’année 1830 que M. Gaillard a' quitté Lillebonne, les fouilles continuées oni fait coBuallte des parties du théâtre alors recouvertes , et il a fallu ‘modifier le plan que J’avaia reçu précédemment : je me suis donc ti^asporié à Lillebonne , au' moment de la publication de cette papie de mes conférences, pour compléter ce plan et rectifier les idées que J'avais prises mui-mème du théâtre , lors de ma première viaite.
couns ..
(pieUcs on acccc'lait aux gradins SuftiVicurs et moyens. -1
En E et en F , vous voyez deux grandes entrées s'wvrant toutes. les deux à droite et à gauche du théâtre. . ■ -•
L’unC’de ces entrées , E E , était de plain- pied avec rercheslre ; -
L’autre .FF, plus élevée et un pei} moins large jtpie la première:, gcccdaità l’j’ma ca^ea au moyen de quelques degrés, aaa.
Ces deux entrées sont tout-à-fait semblables à celles j^ui existent dans quelques arènes , notamment dans celles do Trêves dont je parlerai dans la pjrOcHainc conférenec ; elles étaient voûtées en pente , de manière à supporter des gradins (i). En effet, les sièges se prolongeaient au-delà de ces entrées , en décrivant de chaque côté, des segments de cercle, G G, et l’occhcstre que l’on pourrait .aussi bien appeler l’arène ^ offrait un ovale presque complet. '
Ainsi vous devez comprendre comrhent, l’édifice pouvait indistinctement servir à plusieurs
0) On peut voir pl. XLI ter, fig. 2 , comment ces voûtes en . peote étsient cojistruîles , ron spuliiii"nt t LilUbonne, m»i» dsns tous 1rs tbtifttres et les ampliiltiéàtres en petit appnrri^. On tiouve dsns'Irs arims de Saintes ef de Poitiers, etc., etc., de nombreux exemples do ces voûtes inclinées.
d’antiquités monumentales. 433
j^ciu'es de sficctd'cles : sans accessoires , c’élait un aiàphilhéâtre au milieu du(ju«l les gladialeui's pouvaient eombaltre ; avec une sccnc'en bois et un plancher eu pulpitunv établi vers la bgne ponctuce » s, on avait un théâtre pour les pantoinimcs ou les autres acteurs..
Maintenant continuons notre examcrr;
h itna qiiveoipXacèe à 5 ou 6- piedè au-dessus du rang dé sièges de l’orchestre , ressemble beaucoup à ce que nous appellerons je podium dans les amphithéâtres ;■ elle n’a guère que p piids de largeur et ne contenait vraiscriiblableineMt que deux ou trois rangs île sièges , car le pavé qui lés supportait étant droit , la vue des spectaleürs des derniers rangs aurait 'été gépée par ceux qui auraient occupe les premiers siéges(t); quoi qu’il en soit, le peu de profondeur de ce que j’appelle l’tmn cavea est une chose à remarquer, et il u’^ist pas inutile do rappeler que cette ‘partie regardée par certains autcurscomme une dépendance de l’orchestre , ima caveà scihcet orchestra , fut dans quelques théâtres réduite à de très-petites dimensions. ,
Au centre du de'mi-cenle , l'èma caeen se
(l).M. Gaillard .y place quaUe rangs de st^^ea -à dossier , mais rien ne me parait le pronrer ; il serait mdnic pnssihle qu’il n'y en eût en qu’un seul rang. -
^434 ' “ COURS ' '
trouvait interrompue par une Id^^uggestüSy^e 17 ^edsicT ouverture et' de, 10 pieds de profondeur L , dont le pavé étàit de niveau avec' les sièges de l’oreheatre , et qui avait été revêtue de marbre (i). Le fond de la loge était formé d’énormes pieircs de grand ïippar cil contre lesquelles ^dossaient deux piliers carrés 2; quatre autres pilastres existaient à l’entrée de la loge*
La position de 'cette petite pièce ofnée de marbre ,*aü centre des sièges de l’orchestre destinés aux notables habitants de la 'contrée , ne permet guère de dodtér que ce ne^fut la place réservée 'au premier magistrat ^ à celui qui VBprœcntait l’empereur dans la cité des’Caletes; à moins que l’on ne préfère / avec M. Ch.*Le T^ormand, y voir un petit temple ou l’on plaçait la jstatue de quelque divinité.»
La bonliire A A ne contenait probablement qil’un rang'de siégdS en pierre et à dossiers, rangés le long du mur d’appui soutenant la terrasse de Hma cavea.
Ennvant de ce rang de sièges étaitune barde
(t) On a IrouTédans cette lo(çe des marbres biens, à grandes reines blanches, plusieurs médailles et des pierres de pand appareil qui surniontaient probablementlts assises supérieures du mur du fond ét formaient peoi-êire une l'orniihe et un fronton. ' f A’ute de M. K. GaiUard.J
D^ANTIQUITÉS MOMUÜIENTALES.
en pierre suivant r<^gulièrement la courbure de rorchestre , et que Ton a cru destinée à soute- < nir des treillis , pour garantir lea personnes ainsi placées de Papproche des acteurs ou des combattants. Cette bande que j'ai indiquée dan& la coupe n“. 3 , .pl. XLl ter , existait également devant le suggeslUs L.
Je n'ai pu déterminer à quelle hauteur an* dessus du pavé de l'orchestre ^ se trouvaient les^ sièges orchcstriques A A , le déblai n'ayant pas été complété. ^ ^
Le mur d'appui qui sépare l’ima cavèaAc la précinction B , n'a guère que 4.p*cdsde hauteur (voir la coupe n®. 3, pl. XLl ter).
Au-dessus de ce mur on trouve une pente rapide', couverte de terre (i), représentant la media cgvea ; il serait diflScile de dire combien il y avait de rangs de sièges dans cette division.
La précinction C ii’offre que 8 pieds de largeur. On distingue très-bien ensuite , comme vous le voyez par mon plan-, les Jiuit cunei (i, 2, .3, 4» 5, 6, 7, 8),^ qui portaient les sièges de la magna cavea , et les sept passages ( 9^ 9 ) qui séparaient ces cunei et venaient aboutir à la
Un mér montre, sa crête en i , c’esl'Je seul. que [‘aie disikiguê dans cette pente. - ^
COCBS
précinction C. Les mnrs inclinés rers rorchestre qnî drconscrÎTent ces àunei, sont encore assez élevés en approchant de la galerie D.
Cette dernière galerie est très-bien conservée dans plusieurs de ses parties. A partir des grandes entrées E , F , elle s’élève en pente douce de chaque côté du théâtre .jusqu’au centre de l’hémicycle bii elle se trouve de niveau avec le pavé du passage 9 a.
‘ 11 ne devait y avoir que ce passage et les pas^ sages 9 ô et 9 c , cpii se trouvassent à peu près de niveau avec la galerie D. En effet , coinme les sept passages 9, 9, 9, donnaient tous sur la prédnetioD C, la galerie D qui s’abaissait jusqu’au niveau de l’orchestre, ne pouvait, dans les parties latérales du cercle, communiquer arec cette précinction C , qu’au moyen d’escaliers pratiqués dans les passages ou vomitoires ; et le nombre des 'marches de ces escaliers était d’autant plus considérable qu’on se rapprochait davantage du passage F et diî niveau de l’orchestre.
La fig. 4» pl" XLI BIS, montre en A l’ouverture du passage 9 e et les premières marches de son escalier.
J’ai dit que le sol de la galerie D s’élevait en pente jnsqu’àu centre du demi-cercle ‘décrit par lu cavea : je dois ajouter qu’on y remarquait de
u’aNTIQUITÉS MLONUMENTAtES. 437
placé en place quelques marches d'escalier ; on en voit trois immédiatement après Touverturc du passage F, du côté droit de l’ordrestre (n®. lo) ; trois marches (n®. 1 1) servaient aussi à monter de la galerie dans ce dernier passage C[ui , pour sé rapprocher du niveau' de l’ima eavea , était plus élevé que le grand passage oreheslrique E. (ho voit encore dans la galerie D , près de l’escalier g/”, des marches qùepindique par les chiffres * 2, 12; des degrés espacés dé la mémo manière ciistaient à gauche du théâtre*
On ne peut douter qùela galerie D n’ait été voûtée. Les contreforts , en même temps, qu’ils servaient à fortifier les murs , portaient, des arcsdoubleaux dont la poussée .était maintenue , à l’extérieur, par les contreforts i5 , r5, toujours opposés aux contreforts intérieurs i4 , i4 (0- J’ui trouvé bien souvent , dans les constructions de petit appareil ces voûtes renforcées par des arceaux portant sur des contreforts semblables^. (Trêves, Bavay, etc., etc.)
Il existait dans le mur extérieur, des ouvertures 16, 16, répondant aux passages 9, 9 , et aux grandes entrées E , F elles avaient été
(i)1)u côté du mmif supportant les gradins, on n'arart pas à redouter la poussée dus v^ôtes , mais bien celle des terres ou des constructions de la magna cavea.
COURS
bouchées avec des pierres de ||cand , appareil ^ posées à ^ec ; vraisemblablement , comme ' Ip pense M. A. Deville, vers le lV*.ou leV*. siècle, lorsque-le théâtre fut converti en lieu de défense et lié aux fortifications de. la cité, qui étaient formées elles-mêmes de pierres sculptées, de grand appareil, ayant appartenu à différents édifices( i ) ,
^ Il paraît certain c^'on accédait à plusieurs des cunei de la magnà cavea, par la précinction C sur laquelle arrivaient les sept passages 9, 9 ; deux cwnei avaient, en outre, des escalierstlonnant sur ces passages ou vomitoires ; ce sont les cunei n®‘. 5 et 7 : ces escaliers existent encore à droite du passage 9 A et 9 d. L’échancrure n , a gauche de l’entrée 9 a , et en face de l’escalier montant ^ux gradins supérieurs du cuneus n“. 5, était peut-être^aussi l’ouverture d’une cage d’escalier pour le cuneus n°. 4*
(1) Contre üh‘ de* oontreforts-extérienrs da théâtre, du côté de I* grânde entrée de roue*t‘(V. le point X), on * décourert une mu mille de prè^ de 9 pied* d*épai**eur , composée de grosses pierres assemblées à sec, senant s appuyer à ce contrefort et décrivant une courbe , de manière â embraâser et â clore. l’entrée du théâtre de'ce côté. Le pied de cetto muraille reposait sur le sol antique. Toute* ces pierres avaient appartenu à des' tombeaux anciena;un grand nombre était orpé de bas-rcUeft, dont quelqnea-nns d’un beau style rappt latent l’époque du Haut-Empire. Quelque»* inscriptions tumulairea , en partie incomplètes , y ont été recueillies.
C Note de U. A. Deville. J
B’aNTIQI'ITÊS MÔMIMENTALES. 439
Or>a trouvé en M une porte avec archivolte , ' mi-parlie de briques et de pierres cunéiformes, donnant accès à une salle qui existait sous le cuneus n®. i , ilont les murs ont une grande élévation , parce que rabaissement du terrain vers l’orchestre nécessitait de plus grands travaux de maçonnerie. *
Par la même raison, les murs sont très-élevés autour dos chambres 0, P ; ces pièces qui, dans un théâtre'^ordinaire , seraient les dépendances de la scène et offriraient les pavillons appelés versurœ , devaient ici supporter des sièges comme les cunei; on accédait à cfes sièges par des escaliers Q, R (a), qui s’élèvent jusq^u’à /'extrados de la voûte des grands passages E , E , et par de petits escaliers c c, ayant leur point de départ à l’extrémité du passage F près de l’tVna cavea (2^. •
(I) Si la Raleric D avait un aecond étage , les escaliera dont Je parle aervaietit aussi à y accéder. — L’eàcaller Qa été déjrnit peu de temps avant 1812; les marefaes qui le composaient avaient 8 pieds de largeur, elles étaient' en Celles pierres de taille et reposaient sur un massif en caillojptage , ainsi que M. Rever le constats. L’escalier R, un peu plus large que le'précèdent , a été détruit dans le siècle dernier pour conv.ertir la cage qui subsiste en lieu d'bsbilation. — T. Mémoire sur les ruines deLillebnnne , par M. Rever , p. 25.
(?) Ces escaliers , très-étroits, ne servaient probabirtneoltque pour communiquer dé yiiita cavea aux siégea placés en G, et qui se irouvaicDt au même niveau.
COURS
On ne voit plus que quelques fondations du mur qui terminait l’édifice en -Y, du côté de la scène ; il n’est pas plus épais Cfue les autres ,■ et il n’y a nulle apparence qu’il offrit rien de monumental : il ressemble à un simple mur de souteniiemcnt. Je n’ai pjs besoin de tlire que le portique voûté D se prolongeait le long de l’escalier R , comme on le voit près de l’ escalier Q , avant que cette partie du théâtre eût été rognée par l’établissement des maisons indiquées sur le plan.
Tels sont, Messieurs, les détails qu’il m’importait de vous faire connaître relativement à Ja disposition du théâtre de Lillebonne. M. Deville s'occupe de recherches très-intéressantes , tendant à indiquer les vicissitudes que le monument a subies : ce qui parait assez, probable , c’est qu’après avoir cessé de servir aux spec- . tacles publics , il fut occupé , comme beaucoup d’autres grands monuments antiques , pàr divers habitants de la ville qui s’y mirent en sûreté contre les attaques du dehors, en murant les ouvertures extérieures de la galerie D : c’est vraisemblablement aux premiers tenrps de l’habitation du tbeâtre qu’il faut attribuer une construction composée de trois à qijatre petites
d’antiquités monumentales. 44*
pièces ilonl une rcssen»blc à une ôtuve , et qui a été trouvée dans l’orchfeslre où on peut la visiter'encore (voir le point T).
Le théâtre de Lillebonne est construit presque tout entier en pierres de petit appareil avec ehair^esde briques ; les [«erres de grand appareil n’avaient été employées qu’aux archivoltes intérieures des entrées E F, dans la loge L, et dans quelques autres parties accessoires de l’édi» fice.
Théâtre de Drévant (Cher). — D’après le plan du théâtre do Drévant, publié par M. llazé dans son ouvrage sur les antiquités du Berry, cet édifice offrait plusieurs traits de ressemblance avec celui de Lillebonne. Le contour de l’arène ou de l’orchestre formait aussi trois quarts de cercle , et les gradins se prolongeaient de même au-delà de laCgnc qu’aurait occupéelepu^ptittim daitl; un théâtre.
Il y atait aussi à droite et à gauche de l’emplacement qui aurait répondu à la scène , de larges escaliers comme ceux que j’ai indiqués en Q et en B , sur le plan de Lillebonne , et qui servaient d’une part, à accéder à un pôrtique répondant à celui que j’ai désigné par la lettre D
COURS
sur le plan de Lilleboone (i).; de l’autre, à monter ai» étages supérieurs.
Le théâtre de Drévant n’a guère que 2^(0 ou 240 pieds de diamètre , d’après le plan de M. ■llazé ; il mériterait d’être décrit avec soin , mais^ il faudrait y pratiquer des fouilles pour en reconnaître la distribution. Il a , comme celui de Lilleboone , été consacré à la défense après avoir cessé de servir aux spectacles. On trouve d’anciennes et de nouvelles constructions implantées sur ses ruines.
Thé4tre be Lisieux (Calvados). — L’emplacement de ce théâtre a été signalé, il y a quelques années, par M^l . Louis Dubois et de Formeville, mais.il n’a point encore été décrit. Je vais essayer d’en expliquer la disposition , et pour me faire mieux comprendre , j’en vais tracer leplan yisuel. (Voir la pl. XLI bis , fig. 5)..
Ce théâtre, situé au fond d’un vallon étroit , oflre un ovale traversé longitudinalement par
0) A DréT«nt, il fallait monter ces 'escaliers pour entrer dii dehors dans la galerie. On arait racheté à ce moyen la pente rapide du terrain. Ces escaliers occupaient toute la largeur de la galerie, au lieu d'étre. comme à L'Ileboone, plarés rn're les gradins et le grand passage D, et de s’élerer parallèlement A ce dernier.
d’ ANTIQUITÉS MONUMENTALES. 44*^
un nnsscaü (i). Il résulte de la disposition riaturelle du sol, que là, comme dans quelques arènes, 'dans celles de Saintes, par exemple les deux grands côtés deTellipse sont -taillés dans les deux coteaux parallèles , et que les travaux les plus considérables en maçonnerie ont été faits aux deux extrémités de l’ovale , afin de racheter le creux du vallon, dans les points que j’mdique par les lettres E , F, C ; c’est effectivement dans ces parties qu’on voit les murs les plus considérables. - -
Le' plus grand diamètre de l’ellipsé , à partir de la ligne de contour qui me parait répondre au mur de l’orchestre ee, est d’environ 210 pieds, et le petit diamètre , de i5o ; la hauteur actuelle des massifs qui supportaient les gradins, peut être de 4o pieds.
Je suppose qu’il y avait au moins deux precinclions. Au point F et au point E le plateau répondant au sommet de' \A cavea a ^5 pieds de largeur environ; de sorte quç le diamètre entier du théâtre excédait 35o pieds. C’est , comme ic le disais, dans les parties Iv, F, C, sur le bord du ruisseau, que les constructions établies pour sujj-
{Ot-i direction da rutseenu eât'iiD peu oblique; il ne coupe pa.<i IVHipae en deux parliez égales , cuniuic on le voit par le plan.
COURS
porter les gradins ofirent le plus d'apparence : on les voit surtout en descendant dans le lit du ruisseau , 6n H et en G , où elles offreift un revêtement en petit appareil avec des chaînes de briques et quelques portions complètement en briques sans pierres( i )• H J avait, probablement, à 008 deux extrémités de l’ovale, des arcades voûtées sous lesquelles coulait le ruiæeau.
Maintenant , si nous voulons nous rendre compte de l’usage qu’on pouvait faire de cet emplacement , nous trouvons naturellement qu’en couvrant le ruisseau d’un plancher, on avait une arène elliptique, un petit amphithéâtre pour les luttes et les autres jeux de cette espèce : il est d’ailleurs à remarquer que l’édifice ressemble bciiucoup plus à un acbphithéàtre qu’à un théâtre. Voùlait-on un théâtre , il suffisait d’établir une scène en bois dans le sens de 1^ ligne s , s; la grande quantité de charbon et les terres noires qui sc remarquent dans l’excavation du ruisseau ôù elles forment une cduclie de deux pieds d’épaisseur , annoncent que des constructions en. bois ont dû être livrées aux flammes.
Enfin, il n’est pas invraisemblable' que le
(I) en 1770 . l’ingénienr Hubert constats dans ces masaifa rexisirncc d’arcades voikUiea en briques.
d’aBTIQÜITÉS monumentales. 445
même cmpla.cement ait servi aux spectaclës naumachiques ; il suffisait en effet , pour traqsformel* l’arène en pièce <l’eau, de placer en H*; une écluse d’arrêt : la solidité des murs etleiir hauteur , en F et en G , sembleraient justifier cette supposition si la présence d’un' cours d’eau rie la rendait déjà assez naturelle.
' Il J aurait des fouilles à faire dans l’émplaçement de l’ancien théâtre de Lisieux. La Société des Antiquaires de Normandie avait accordé pour cçt objet une première allocation qui n’â pas été emplojée à cause de la difficulté de transporter les terres enlevées , et de la nécessité ou l’on se serait trouvé de les déposer sur des pièces enherbe d’un bon rapport, et par suite d’indemniser convenablement les propriétaires (i).
Théâtre d’Alauna' (Valognés).-. — L’ancien théâtre de Valognes était au 'jiicd d’une éminence , dans la pente de laquelle on avait crçusë l’hémicycle de la capea. Le mouvement du terrain indique encore aujourd'hui l’emphtcemeot
(1) Les dimensions et la forme.de Itirène annoncent plutdt . un ampbiibéâtre qu’un Abiiâtre. Cependant la partie située sur la rire gauebe du ruisseau ne. parait pas arpir été-garnie de murs en B cooime celle qui occupe Je côté dioit; en'qai m'a décidé i ranger prorisoirement cet emplacen:ènt dans les théitres mixtes. ■ r‘ ' . '
COURS
d<"s gradins, et quckpies épis de maçonnerie maropjcnt les places où venaient aboutir quelques-uns des escaliers. Du reste, la détériôration du monument est presque complète. Il est fâcheux, que l’on n'ait point pratiqué quelques fouilles, pour vérifier si les assertions que Montfaucon a faites d’après les renseignements qiri lui*avaicnt été transmis parM. Foucault, sont exactes ; ce dont il est permis de dbuter en voyant combien laisse à désirer le plan fourni à Montfaucon par cct intendant de la 'généralité de Caen. Quoi qu’il en soit , voici , telle que je la trouve dans le tome 111 de ,l’ Antiquité expliquée, la description d»i théâtre d’Alauna : « Lé théâtre de Valognes, <Kl lesavapt bénéa diotin , est fort dififérent des autres théâtres O qui ne sont qu’un hémicycle , en sorte que « la ligne qui termine» le théâtre ferait’ te dia- « ■ mètre du cercle s’il était entier. Ici le théâtre « contient beaucoup plus que le demi- cercle ; O le diamètre est de 34 toises ou 2o4 pieds , et la ligpe qui termine le théâtre n’est que de «* 3a toises ou iga pieds. L’orchestre occupe « encore bien plus d’espace au-delà de l’hémi-. « cycle que le théâtre , et a i a* toises et demie a de diamètre, qui tont pieds, et la ligne a qui le termine n’a que 9 toises, et demie qui
dVhtiquités monumentales. 44?
« font ,57 pieds, l^^proscenium a dc-mènic ^7 « pieds <ie l'ohgüeur sûr environ 12 de largeur.,
« Tous les bâtiments qui étaient sur'le devant, * « -savoir , la scène et les appartemonts des’clran-
gers , sont si absolument jirirtcs qifon’iTen a » • » ^ ^ *
« pu meme lever Je plan, (,'e tbéâtre' a 'deux
« précinctions , sans compter la dçrnièrè qui
« les termine ; iLy a dix cscqliers quf vont du
«• haut en "bas : ce qu’il y a ici de particulier^^
« c’est qu’ils sont- rangés deux à deux eu lignes
,« parallèles (i).' » •- • '
,,11 ressort de cette description malheureuse'
ment très-vague, que Ffe iJiëâtre de Valognes avait
la même forme que ceux de Drëvant et dç Lille-
bonne, ét qu’il donnait aussi près*de trois quarts
de cercle'; ainsi ç>3ieil eiicqre un théâtre nmtq.
Il doit rœter dans iiotre esprit ûfhe grande in-
eqrtUude sur tout ca qui existait dans ;la place
qu’a dû occuper la scène, [lu.i^que , même du
temps’de M. Foucault-, toute eette partie était
si absolument ruinée qu'mon n'en a pu lever' le
plan. Oh pourrair supposer’ qu’il n’y avait pas
de mur de scène , conime nous avons cru' le rê-
marquer à Lillebonné. '
(1) Antiq. expliquée , t. iir', p. X48.— Je doute que lejeicxliefs'aieot été dteposég toBibiel'MutiqacBt ce passif e ef le plan qu'a publié Noiliraucon. » -r /
cbuHf ' -r
Ce petit nomibre d’exenjples • vous raontfe ,
Messieûrâ , ce q«i disUo^é «e‘s théâtres mixte».
• de» attires'': le piaii'dii ih^drc de Lilleboqpe i
pl. Xîiï 3isf, comparé à celsà d» théâtre S» '
¥Hi^eV pU XO , Auraij sii^ pour fià^
quel. ' ^ . ■■ ■ ■•/'i
'■ Du monjcnt que 1<» moteurs' detêtoeMiKiil
^hi^ïWehestre „ct'qué poupTés ‘spactaclesh»
p^s onhiMiircs ôn 'piit se passer dd^a*soène et
dft*iA)s ^ceÉSOires * on dist prolonger Jes' i^gS
de tâegt» , saps toutefois fermer romplètemeM -
le ^roîe, eien IdUsânt subsistar un întèrvalleau
moyen duquel-'on sé mSnagesdt la^ po^sibNile
d’étabWr au besoin une scèné’en.bois.
. Ces théâ.trci ns^tês ^'beaueopp moins'çoûteitt
à cOitttruîre que les amphUHcâlres el rertplis-
sftnt pourtanf le même oldet , durtnlétpppré-
lérés.par les villes qui'ne^ pouvaient past «faire
doigrandssacril^ces pour ï’établ^etnent deme-
nùmêntseemblâbles, p£tr les .villes rpiidepeu-
Tarent avqjr enméitie temps, théâtre^et'armphi*
théâtre comn^ 'Arles-,. ¥160*10., Bôurgcai',
^utun et quelques aûtrés grandes îiles. : -
^ ^ ... •* . . 'dr* \
J'indiquerai „ en terôlipant , plusieurs théâtres dont les .ypsti^s sc voient encore , ou ont existé dans quelques filles del’ancienhé C'aHlG,
Diuiii.^«j by CïOOglc
D^NTIQnrllI^ ItONUMEn^^^ 4^9
A Autun'ii y.arait ba t^iéâftrç près des «rênes , mais il.^’en reste plas ae vesti^j^--oo trô^é qael<pi(es dctâits sur^ lâoiMJtne^t'claos rhistoiro d’Auhm par , publiée. en lèna-.
avait un^"cÂtFe do;it ont iy m‘’^t-<>n assuré , recoitnutles rUilfés'A peuRe Jfistance de Tésplanade ,k4ans l’emplaoeiae»^ occupé maiiii tenant par la caserne^ d’artillerie fi). -,
Las explorations de. M. Rever ont que
le ihéàtrc d^'-«hci<;n Evréb}i était presque entièrcihent détruit. Auai^jende^el'qiies Bouilles on a pu cependant r^onnaîtrC up^ partie dp ses • dimensions. ur ou Ijt base du cintre était de 2^5 piéds^d/axt’^T csf dirigé, ,venr^s
N.Ë., eonfocmémciit aux préceptc&de Vitruv^ r *7 , ' . '* ^ i-
.LiOT milrs etaiopt de petit ÉppareiHtvee'chfijkçs
:de briquCvS , comnie à'iÂUeboiiBe. Enfin Ton
a découvert quelques vcsti^-a^des Vomitoires.
M. Rever ^fail eüeorc plusieurs autrca>rémar-
qucs qui omt été' con^néca,page^48 et 49 dg
son ouv/age sur les raines dp Vieil-Evr«üi.‘
p) Oo nVa r«p|M>rt< , à Bourges , qu’l! a ét< troUfé agas leA gradins un certain nombre de rases en tesré cuhe que Kb« a «ru sroir ëfé placés W «onformément au précepte de VitaiTe. (V. ce que j’ai dit , p. M3)- Si 1è fSjt était réritable etqu».]eé rases cassent ^ la destination qu'on a cru pquroir leur attri. buer , ce agrait, Je crois le' seur'nrmple^qne l'onr eftt constaté en France de rases ainsi dispcnés selon fa pireterip^ UoD de Vilrnre.
45o cotM/v-; ’ . "
A.Langres, on £| trouvé une însGription attestent qu’une dame romaine , nommée «Sacra tu , avait fait rcparcrlc j7rosce»n«m du théâtre, tombe de vétusté ( i ) ^ ainsi nul doute que cette ville^h’ait eu un pareil édifiée mais on est' encore fort incertain surTemplarément qu’ît dccupair*. des ruines découvertes récemment près du bastion de Chavannes , “font penser à M. Luquet qu^'on pourrait peut-être y cherclitr les vestiges du théâtre, plutôt que vers la*ïdur dé St.'-Fergcnx où on 'avait cru, probablement à tôrt« pouvoir les placer.-’ ’ ' v . ^ ‘
Tout porte à cfojre (jtt'àP^ri^u’eiix il existait ’ un théâtre ; on n'^cn connaît pas la placé^, et il ne jeste aucune tr^Ce de ses constructions ; mai^^quelques débris de décorations ''qui ^ne ne .peuvent- avoir ^appartenu qu’à un édifice de cette espece, semblent attester son cxisloncé (a)?
Grand ‘en ChaVnpagne avait un "lhéâtré-qui |i. été décrit par j\f . JoUojs. '
(1^ M.. lâigneret , Précis sur l’hiat: de Langres, p'. 40. — M, Luqtier',. Mémoire aur les antiquités romaines de Langres.
VjîH cette ipseription.: ... V i .
‘ ’ avïia SACRÂ^^'
. * C. FIL'. PROSCEMVM , ,% . ■
■ , VETVStATE COKRTPTVM * .
^ J>£ SVO RESTl^lT. ^ -.V •.
(2) Yi AnliqnKés de Véiiobc , par M. de TaiUefert.
d’anIIQUITÉS monumentales. 45 1
Celui iVAugst, Augusta Rauracorum , près de Basic ( Suisse) , l’a été par Schœffliq.
M. Pajçot a fait connaître remplacement du théâtre d’Orléans qui avait plus d’un rapport avec celui de Lillebonne , si l’on' en juge par le plan figuré dans les mémoires de la Société rojale d’Orléans (i). '
Enfin, on signale un théâtre à Néris, l’ancien Aquis Neri de la carte de Peutinger. E’indication que j’en connais est si vague que je ne sais si ces vestiges appartiennent réellement à un théâtre ou à un amphithéâtre ; car on a souvent confondu ces deux espèces de monuments.' '
, Les théâtres d’Antun , Bourges , Périgueux , pouvaient être construits d’après les règles de Vitruve ; car il y avait dans ces villes des amphithéâtres pour les luttes athlétiques et les combats d’animaux.
Ceux d'AUgst et du yieiUEvreux étaient , selon toute apparence , des théâtres mixtes. Je n’oserais émettre aucune conjecture au sujet des autres.
On rt’a point encore signalé d’emplacement de théâtre à Bayeux ni à Vieux ; cependant nous savons , par l’inscription du marbre' de
^1) Tome Vlfi, paÿo 2SI.,
COURS
Thi>rignjr ». que dans Vunç de ces villes (à Vieux) Titus Sennius Solemnis(i) donna des spectacles de différents genres pendant quatre jours consécutifs „ et des fêtes en l’honneur dé Diane, au moyen de aS.'ooo sesterces qu’il avait reçus. Mais cette absence ,de théâtre et d’amphithéâtre à Vieux n’a rien de bien surprenant ; car, en supposant qu’il n’y en ait jamais eu, il n’était pas besoin de théâtre permanent pour donner des spectacles, et la disposition naturelle de certains emplacements poùvait , avec quelques travaux préparatoires , convenir aux représentations théâtrales ; il est même probable que plusieurs villes se contentèrent, pour leurs spectacles , de ces établissements temporaires.
Si Bâycux avait un théâtre , question qui sera tât ou tard résolue par j\J- E. Lambert, peut-être était-il placé sur la rive droite de l’Auro vers la rue de la (]avé. La pente du terrain , plus rapide de ce côté , pouvait convenir pour l’établisssement des gradins. An reste, ma conjecture ne repose que sur cette seule circonstancé.
J (1) TitM Sennius Solemnis était préliede Diane, de Mars et de Mercure , à Vieux. S*il y a eu un théâtre il Vieux , je suis persuadé que ce théâtre était près de rempUcement où fut trohré le marbre qui portait la statue de Solemnis; or, ce marbre a éié , i ce qu'il parait , exhumé daus U pièce de* Crêtes où M. Foucault avait fait des fouilles , ou dans la pièce voisine appartenant aujourd'hui à M. Renault.
D^ANTIQUITés MONUMENTALES. 4^^