ÉPINE-.VINETTE
Vépine-vinette onvinettier {Berberis vulgaris, L.) {fig, Zi85) croit spontanément dans les contrées montueuses des parties méridionales et tempérées de TEurope. Ses fruits, d'une acidité assez prononcée, ne sont presque jamais mangés crus. On en prépare des confitures très-délicates et très-recherchées, et qui font l'objet d'un commerce assez considérable à Chanceaux, près de Dijon. Ces baies, cueillies encore vertes, servent aussi de condiment pour remplacer le citron, ou bien on les confit dans le vinaigre et on les emploie comme les câpres.
Variétés. — L'épine -vlnette offre les variétés suivantes :
Epine-vineite commune. — Fruits peu volumineux, rouges, très-acides, surtout dans le Nord.
Épine-vinette blanche. — Fruit d'un blanc jaunâtre.
Êpine-vinette violette. — Fruits violets, un peu moins acides que ceux des variétés précédentes. On pourrait, à cause de cela, les préférer dans le Nord, où le vinettier commun est souvent trop acide.
Épine-viw-tte à larget feuillet. — Fruits d'un rouge corail, plus gros que les précédents, tiès-acides.
Climat et sol. — Le vinettier se développe et fructifie convenablement dans toutes les contrées de la France. Mai?
Fig. 487.
Fruits de l'épine-vinette.
Fig» 485. Épine-vinette.
Fig. 486. Fleurs de l'épine-vinelte.
le climat du Centre et du Midi lui convient mieux; les fruits, exposés à une température plus élevée, sont moins acides.
Cet arbrisseau végète bien dans tous les terrains ; mais il préfère les sols légers et secs.
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Culture. — MuUiplicalion, — Le vinettier peut être multiplié par semences et par drageons. C'est surtout ce dernier moyen qui est adopté.
Taille. — Presque nulle part, même dans les localités où ces fruits sont l'objet d'une spéculation, le vinettier n'est soumis à une culture et à une taille régulière. On l'abandonne en quelque sorte à lui-même, lui laissant prendre la forme d'un buisson, souvent inabordable par les nombreuses épines qui couvrent ses rameaux. *Nous pensons cependant, et nous en avons fait l'expérience, qu'on pourrait facilement lui imprimer une forme régulière, et une taille annuelle qui auraient pour résultat d'augmenter la grosseur, l'abondance et la qualité des fruits.
La forme la plus convenable pour le vinettier est celle en vase à basse tige. Les boutons à fleur naissent sur des rameaux formés l'année précédente. La taille des prolongements suc- ' cessifs des branches de la charpente doit donc être faite de façon à déterminer le développement de ces petits rameaux, que Ton remplace ensuite en les traitant comme ceux de l'abricotier.
On doit détruire avec soin, chaque année, les nombreux bourgeons qui apparaissent au collet de la racine et qui épuiseraient bientôt la tige principale. Du reste, les labours, les binages, les engrais doivent être appliqués au vinettier comme aux autres arbres fruitiers, si l'on veut en obtenir de beaux produits.
Maladies et insectes nuisibles, — Une maladie remarquable attaque habituellement l'épine-vinette : c'est la rouille {œcidium cancellatum) j qu'on voit apparaître sur les feuilles, sous forme de taches couvertes d'une poussière jaune. Lorsque cette afl'ection devient intense, elle détermine la chute des feuilles, suspend la végétation et annule la production. On n'a encore trouvé aucun moyeu de combattre cette maladie. Nous conseillons toutefois d'essayer le soufrage.
La tenthrède sans nœud (Tenthredo enodis) exerce parfois des ravages assez considérables sur les vinettiers. Ses larves dévorent toutes les feuilles et empêchent la fructification. Détruire cette larve à l'aide du moyen indiqué pour la tenthrède du groseillier, page 685.
Récolte. — La maturité des fruits du vinettier n'est complète qu'à la fin de Tautomne. Avant de les utiliser, on les laisse étendus pendant quelques jours sur une table pour leur faire perdre une partie de leur eau de végétation.
Histoire. — Le figuier commun {ficus carica, L.) (fig. Zi88) croît spontanément dans toutes les parties chaudes de l'Europe, en Asie et dans le nord de l'Afrique. C'est à la colonie
grecque qui fonda Marseille que nous devons l'introduction du figuier dans la Pro vence. Aujourd'hui cette culture est générale dans le midi, le sud-ouest et l'ouest de la France, en Algérie et dans toute l'Europe méridionale.
Pendant cinq mois la figue fraîche entre pour une part notable dans le régime alimentaire des habitants de ces contrées. Desséchée, elle y joue encore un rôle important, et ce qui n'y est pas consommé devient l'objet d'un commerce considérable avec le Nord.
Mode de fructification et de végétation. — Si l'on examine au printemps un jeune bourgeon de figuier, on voit, à l'aisselle de chaque feuille, un petit bouton pointu, écailleux(A, fig. /i89) : c'est le rudiment d'une nouvelle pousse qui se développera l'année suivante. Le plus ordinairement on trouve à côté de cet œil, et quelquefois à son exclusion, un autre bouton (B) également écailleux, mais un peu plus volumineux, de forme arrondie et déprimée : c'est le rudiment des
Fig 488. Figuior blanquette.
fleurs ou jeunes figues. Ce bouton à fleur sort bientôt de son enveloppe écailleuse, grossit assez rapidement et apparaît sous forme d'une figue {fig, /i88), qui atteint sa maturité vers la fin de l'été.
La figue n'est pas un fruit proprement dit, c'est le support, le réceptacle d'un grand nombre de petites fleurs qui tapissent sa paroi intérieure (fig.92) et qui donnent lieu à autant de graines après la fécondation ; ce réceptacle devient de plus en plus épais, et acquiert par la maturation toutes les qualités qui distinguent nos meilleurs fruits charnus. Les variétés de figuiers que nous cultivons aujourd'hui sont monoïques,
c'est-à-dire que la même figue renferme à la fois des fleurs mâles {fig, 491) et des fleurs femelles {fig, 490).
Fig, 489. Bouton à bois et bouton à fleur à l'aisselle d'une feuille de figuier.
Fig. 490. Fleur femelle. Fig. 491. Fleur mâle. Fig, 492. Coupe d'une figue.
Dans les contrées où la température moyenne ne descend pas au-dessous de h- 12®, la végétation et la fructification du figuier* sont continues; là où la tempéra.ture moyenne s'abaisse
fiu-dessous de cette limite, le figuier perd ses feuilles, et sa végétation est interrompue. Il se passe alors un phénomène assez remarquable : le bourgeon (B, fig, /»93), né au printemps, ne peut développer complètement et mûrir qu'un certain nombre des figues qu'il porte, celle de la base (A). Cejles du
sommet (C), qui ne sont encore qu'à l'état rudimentaire, sont arrêtées dans leur évolution par les premiers froids; elles restent station naires pendant tout l'hiver, reprennent leur accroissement au printemps suivant, et mûrissent au milieu de l'été sur des rameaux dépourvus de feuilles (D). On donne à ces figues le nom de premières figues, figues d*élé ou figues-fleurs. Celles qui ont commencé à se former au printemps, à la partie inférieure des bourgeons (A), et qui mûrissent au commencement de l'automne, prennent le nom de secondes figues, ou figues d'automne. On voit que, sous le climat du Midi, le figuier donne annuellement deux récoltes.
Gomme les figues d'automne naissent sur le même bourgeon que celles qui ne mûriront que l'été suivant, on conçoit que plus on récolte des premières, moins les figues-fleurs sont abondantes. Aussi les variétés précoces, c'est-à-dire qui peuvent mûrir un grand nombre de figues d'automne avant les premiers froids, donnent-elles, en général, moins de figues d'été que les variétés tardives. Par la même raison, les figues-fleurs sont d'autant plus abondantes sur les arbres, que Ton s'éloigne davantage du Midi vers le Nord. Sous le climat de Paris, les variétés, même les plus précoces, ne peuvent donner que des figues-fleurs; ce n'est
fig. 493. Rameau et bourgeon de figurer portant des figues-fleurs (D), des figues d'automne (A) et des figues rudimentaires (O.
FIGUIEK.
qu'exceptionnellement, et dans des années très- chaudes, qu'on peut y obtenir quelques figues d'automne.
Variétés. — Le figuier ofifre un grand nombre de variétés. Nous n'indiquerons ici que les meilleures parmi celles qu'on cultive en Provence.
PiaUBS BLANCHES.
Napolitaine. — Figue d'automne très-bonne ; excellente à sécher ; mûrit au commencement de septembre; donne quelques figues-fleurs. Cultivée à Aix et à Salon.
Verdale. — Très-bonne fraîche et sèche; mûrit comme la précédente ; cultivée à BrignoUes et à Salon.
BourjassoUe, bamissoUe blanche. — Chair rouge ; très-bonne fraîche et sèche ; se plaît dans les bons terrains, où l'arbre s'élève très-haut. Commun à Marseille ; mûrit comme les précédentes ; diamètre, de 0"»,035 à 0n»,040.
Av^ique blanche. — Grosse figue souvent étranglée au milieu ; chair rouge peu estimée fraîche, mais très-bonne sèche ; terrain un peu humide.
Raguse, Ragusaine.
— Très-bonne, trèsféconde; mûrit à la mi-septembre. Cultivée à Marseille.
Coucourelle blanche ou Blanquette (fig. 494). Ronde, médiocre; mûrit à la mi-août. C'est la plus cultivée au nord de la région des oliviers, et notamment sous le climat de Paris ; on ne la fait pas éécher ; diamètre , 0»,026 à Oin,030 ; donne des figues-fleurs.
Hospitalière. — Très-bonne à sécher; mûrit au commencement de septembre; cultivée à Salon, ^v.
Doucette. — Très-bonne fraîche et sèche; mûrit fin d'août; cultivée à Salon.
Messongue, moelle. — Très-grosse; bonne fraîche et sèche; cultivée à Saleme.
Boutiltète. — Très-bonne sèche ; cultivée à Brignoles.
Marseillaise, figv^ d'Athènes. — Petite, arrondie, très-sucrée et très-délicate. C'est la plus estimée pour faire sécher; mûrit fin d'août; terrains secs, abrités du nord, peu éloignés de la mer, cultivée à Marseille et à Toulon.
Seyroles. — Forme de la précédente; très-bonne à sécher; arbre fertile; cultivée à Grasse et à Draguignan ; diamètre, 0n»,020 à 0"»,025 ; terrain sec.
De Versailles, royale. — Chair rose ; donne beaucoup de figues-fleurs, assez grosse, très-bonne; mûrit mi-juillet; diamètre, 0n»,040 à 0n»,045.
Pitalu/fe. — Très-boune fraîche et sèche ; cultivée à Grasse.
Péconjude, pédonciUée. — Bonne fraîche et sèche ; cultivée à Grasse et à Antibes.
Sextius. — Très-bonne ; obtenue à Âix, dans le jardin du docteur Gibelin.
Figue reine, eougourdane. — Bonne ; mûrit fin septembre ; cultivée à Aix et à Saint-Remi.