C. Rameau radical
placée en ados de chaque côté de la rigole ; les drageons sont plantés à 0™,30 les uns des autres. On ne coupe sur chaque drageon que le tiers environ de la longueur de la tige, et Ton a soin de supprimer sur cette tige toutes les fleurs qui apparaissent pendant Tété suivant : c'est le moyen de favoriser le développement des feuilles, partant celui de nouvelles racines, et, en définitive, la formation de bourgeons radicaux vigoureux.
Taille. — Le framboisier présente le mode de végétation
suivant : un drageon vigoureux étant planté (G. fig. 480), chacun des boutons placés sur cette jeune tige développe des petits bourgeons mixtes B (fig. iï81), qui fructifient; puis on voit bientôt naître des boutons radicaux de la base A (fig. /i80) un ou plusieurs bourgeons radicaux A {fig. Zi81). Ces bourgeons radicaux continuent de s'allonger pendant tout Tété. Aussitôt après la maturité des fruits, la tige fructifère C {fig. 480) devient languissante ; elle est complètement desséchée à la fin de Tautomne. On a alors le résultat que montre la figure 480. L'année suivante, la nouvelle tige G fructifie comme la première ; elle développe à sa base de nouveaux bourgeons radicaux qui naissent des boutons A ; elle se dessèche ensuite et est remplacée Tannée suivante par les bourgeons radicaux formés pendant Tété précédent, et ainsi de suite chaque année. Voici la taille qui s'harmonise le mieux avec ce mode de végétation.
Pendant Tété qui suit la plantation, les boutons radicaux placés à la base de la tige (A, fig, 480) donnent lieu à des bourgeons radicaux (A, fig. 481). Lors du printemps suivant, les tiges primitives {fig, 480), qui portaient les fleurs, sont desséchées; on les coupe rez terre. Les rameaux radicaux (G, fig. 480), qui fructifieront à leur tour l'année même, sont coupés à i mètre du sol. Cette section a pour but de concentrer l'action de la sève sur un moins grand nombre de boutons et de faire que ceux-ci donnent lieu à des bourgeons fructifères plus vigoureux. Il en résulte aussi que, la sève étant refoulée vers la base, les nouveaux bourgeons radicaux acquièrent un plus grand développement. Il y a inconvénient à tailler ces rameaux radicaux plus court; car alors les boutons inférieurs qui sont restés endormis se développent, et les fruits qu'ils produisent, étant salis par la terre, ne peuvent être utilisés. Comme les jeunes bourgeons du framboisier redoutent les gelées tardives, on attend, pour faire la taille, que ces abaissements de température ne soient plus à craindre. En opérant ainsi, le sommet des tiges, qui est toujours plus précoce et qui doit être supprimé, sera seul exposé à cet accident.
Lorsque les rameaux radicaux ont été ainsi taillés, on les incline sur une petite rampe en fil de fer (B, /Î^.478et479) fixée
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à O'njSO en avant de la ligne des framboisiers, et dirigée parallèlement à cette ligne. Elle doit être placée à 0'",75 au-dessus du sol. Cette opération, que nous n'avons vu pratiquer nulle part, est destinée à empêcher les bourgeons radicaux qui se développent pendant Tété de se confondre avec les tiges fructifères. Celles-ci restent alors isolées et ne présentent aucune xîonfusion ; les fruits reçoivent mieux l'influence de la lumière, et l'on en effectue beaucoup plus facilement la récolte.
Pendant l'été, les bourgeons radicaux (A, fig. /i80) s'allongent progressivement. Lorsqu'ils ont atteint une longueur de 0'",60 environ, on commence à les attacher sur une traverse en fil de fer (C, fig, 478 et Zi79) fixée à O'",o0 en arrière de la ligne de plantation et à 0^,/iO ' au-dessus du sol. Ces bourgeons ayant atteint une longueur de 1"*,50, on les attache de nouveau sur une seconde traverse D placée à 1 mètre au-dessus du sol et à 0™,50 de la ligne de framboisiers.
Si ces arbrisseaux sont plantés dans une plate-bande située au »pied d'un mur, on peut se dispenser de ces deux dernières traverses : les framboisiers étant plantés à 0"'50 du mur, on y fixera les bourgeons radicaux. Il résulte de ce soin que ces bourgeons radicaux sont complètement isolés des tiges fructifères, et que les uns et les autres parcourent plus facilement les diverses phases de leur végétation.
On doit encore veiller, pendant la naissance de ces bourgeons radicaux, à ce qu'il ne s'en développe pas un trop grand nombre. En effet, plus ils sont abondants sur chaque souche, moins ils sont vigoureux et moins ils donnent de fruits l'année suivante. C'est lorsqu'il ont une longueur de 0'",20 à 0'",25 qu'on supprime les bourgeons surabondants; on choisit pour cela les plus faibles, les plus éloîgnési de la ligne de plantation et de façon que ceux qui restent, étant attachés sur la traverse, soient placés à 0™,10 ou 0'»,15 les uns des autres.
Au printemps suivant, c'est-à-dire au commencement de la troisième année qui suit la plantation, les rameaux fructifères de l'année précédente sont coupés rez terre. Les rameaux radicaux qui fructifieront pendant l'été sont détachés de la rampe (D, fig, Zi78 et Ixl^) où du mur et taillés comme nous l'avons indiqué pour les premiers; on les incline ensuite pour
les attacher sur la traverse B. On répète pendant Tété les soins déjà indiqués pour les bourgeons radicaux qui naîtront du sol, et chaque année on recommence la même série d'opérations. Toutefois, au commencement de la troisième année, on doit placer au fond de la tranchée A environ 0™,06 de la terre qui en a primitivement extraite et qu*on a déposée sur les côtés de la plate-bande, il sera bon de la mélanger avec une certaine quantité de terreau consommé. A partir de ce moment, on devra, à chaque printemps, couvrir le pied des framboisiers d'une semblable quantité de terre engraissée jusqu'à ce que la tranchée soit comblée, ce qui a lieu au bout de trois ans. Cette addition successive de terre est destinée à faciliter la formation de boutons radicaux vers le collet de la racine. On obtient alors des tiges beaucoup plus vigoureuses.
Les framboisiers cultivés avec ces soins peuvent donner de beaux fruits pendant huit à dix ans. Au bout de ce temps, la souche commence à se fatiguer; le sol de la plate-bande est épuisé; les bourgeons radicaux deviennent chétifs, et la production diminue. Il devient alors nécessaire de renouveler la plantation, après avoir préalabiement enlevé 0'»,50 de terre sur la plate-bande, l'avoir remplacée par une égale quantité de terre neuve et avoir défoncé et fumé le tout.
Aux environs de Paris, dans les communes de Louveciennes, Voisme, Bougival, Marly, Vincennes, etc., et à Plombières, près de Dijon, on cultive le framboisier en plein champ, et voici en quoi ce mode de culture diffère de celui que nous avons conseillé pour les jardins. Les framboisiers y sont également plantés au fond de rigoles continues ; mais on en forme des cépées en plantant deux drageons à chaque place. Les cépées sont placées à i»,35 les unes des autres, et on met un espace de i">,65 entre chaque ligne. Les autres soins d'entretien sont les mêmes que pour la culture en lignes décrites plus haut. Toutefois les bourgeons radicaux et les tiges fructifères sont laissés libres, sans appui. On ne conserve, au pied de chaque cépée, qu'environ cinq bourgeons radicaux pour remplacer annuellement les tiges fructifères.
Aux environs de Harlem (Hollande), les framboisiers sont aussi cultivés en cépée, mais avec des soins différents de ceux
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que nous venons d'indiquer. Voici en quoi consiste ce mode d'opérer :
Les framboisiers sont plantés en lignes, distantes les unes des autres de i mètre. On laisse un intervalle de 1",50 entre chacun des pieds sur les lignes. Lorsque la plantation est terminée, chacune des lignes se trouve placée au fond d'une petite rigole profonde d'environ 0'",30. La terre excédante est accumulée sur les deux côtés et sert à rechausser de temps en temps le pied des framboisiers. Pendant l'été, on ne laisse développer au collet de chacun d'eux que quatre nouveaux bourgeons. On choisit les plus vigoureux et de préfé-
Fig. 482. Framboisiers après la taille d'hiver. — Méthode hollandaise.
rence les plus rapprochés du pied. Les autres sont supprimés lorsqu'ils n*ont encore qu'environ O^-jSO de hauteur. Au printemps suivant, les anciennes tiges sont enlevées, et les quatre tiges nouvelles résultant de ces quatre bourgeons, sont coupées de façon à ne leur laisser qu'une longueur de 0''\75. On les incline ensuite, deux de chaque côté, parallèlement à la ligne de plantation, en les attachant sur deux tuteurs A [fig. /i82). Pendant l'été, les tiges A {fig. Zi83), taillées et inclinées au printemps, fructifient, et on laisse encore développer pendant cette saison quatre nouveaux bourgeons B au pied de chaque framboisier. Au moment de la taille de l'hiver suivant, les tiges A {fig, Zi83), qui ont fructifié, sont desséchées; on les enlève, et les nouvelles tiges résultant des bourgeons B sont taillées à 0'»,75 et couchées à la place des tiges fructifères de l'année précédente.
Les mêmes opérations étant répétées chaque année, il en résulte que les tiges fructifères A {fig, /li83) sont toujours isolées des nouveaux bourgeons 6, et que l'on évite ainsi la con-
fusion et les autres inconvénients que nous ayons signalés plus haut.
La production des framboises ne dure ordinairement qu'un mois environ; mais, pour la prolonger pendant tout Tété et l'automne, il suffit de couper tout près de terre, au printemps, une partie des tiges fructifères, au lieu de les tailler à 1 mètre ou l^jSO de longueur. Cette opération fera développer plus tôt et beaucoup plus vigoureusement les bourgeons radicaux. Ceux-ci se couvriront alors, vers leur sommet, d'un certain
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Fig. 483. Framboisiers pendant leur végétation. Méthode hollandaise.
nombre de fruits, qui commenceront à mûrir peu après l'époque où ceux des tiges fructifères conservées auront terminé leur maturation. Cette production anticipée n'empêche pas ces tiges de pouvoir être taillées comme les autres au printemps suivant et de donner une seconde récolte. Les variétés bifères indiquées dans la liste précédente commenceront à mûrir leur nouvelle récolte au moment où celie dont nous venons de parler sera terminée. On pourra avoir ainsi trois récoltes successives. Toutefois, quel que soit le procédé choisi pour obtenir de cet arbrisseau des récoltes tardives, les fruits ainsi obtenus, privés d'une partie de la chaleur de l'été, sont toujours moins savoureux.
Insectes nuisibles. — Le framboisier est attaqué par un certain nombre d'insectes dont nous avons parlé précé-
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demment, et notamment par les larves du hanneton (p. 2/il) qui sont très-avides de ses racines. Notons aussi les trois espèces suivantes :
Pentatome des fruits [Pentaloma Baccarum {fig. USU). Peulalome verte (Pentatoma prasinum), — Ces deux sortes de punaises n'occasionnent pas de dégâts bien appréciables; mais elles répandent une odeur très-fétide qu'elles communiquent aux fruits qu'elles ont touchés. Il convient donc d'écraser toutes celles" qu'on pourra découvrir.
Lasioptère rembrunie {Lasioptera oh fuscata), — On remarque souvent des gonflements
ou excroissances qui se développent le long ^*^- ^^3- j^^°4!*°™^ des jeunes tiges des framboisiers et contrarient leur développement. Ces difformités sont dues à la présence des larves rougeâtres d'une petite espèce de mouche, lesquelles rongent les tissus intérieurs de la tige. Ces larves se transforment en nymp*hes dans la tige même et l'insecte parfait s'en échappe l'année suivante au commencement de mai. Le seul mode de destruction consiste à enlever et à brûler ces excroissances lors de la taille d'hiver.
Récolte. — Lorsque le moment est venu d'opérer la cueillette des framboises, il ne faut pas la différer d'un seul jour; car ce fruit tourne promptement, et le moindre vent qui agité les feuilles le fait tomber.