FIGUES NOIRES
Recousse. — Très-bonne, tardive, cultivée à Trans.
De Porto. — Excellente fraîche et sèche ; arbre peu élevé ; cultivée à Seyne et à Saint-Maximin.
Bourjassotte noire. — Très-bonne fraîche; mûrit depuis le commencement de - septembre jusqu'au commencement de l'hiver; terrains gras et frais ; diamètre, OnijOSO à 0'«»,055.
Bernissenqv£.— Se rapproche de la précédente ; mûrit plus tard ; diamètre, 0",040 à 0",045; même terrain.
Mouissonne violette. — Peau trèsfine, bleuâtre et crevassée ; chair rouge ; excellente fraîche at sèche; diamètre,
0'",045 ; donne aussi dos figues-fleurs en juillet ; mais moins bonnes. Terrains frais.
Sultane. — Excellente; vient de Tunis ; cultivée à Salon.
Pervaquière. — Donne beaucoup de figues-fleurs très-grosses et très-bonnes, fin de juin ; celles d'automne médiocres, fin d'août.
Fig. 496. Dauphine violette.
Dans le Midi, les récoltes de figues d'automne sont toujours plus abondantes que celles des figues-fleurs. D'ailleurs les premières sont toujours plus sucrées, moins aqueuses et font de meilleurs fruits secs. On choisit donc les variétés à fruits d'automne pour faire les grandes plantations destinées à alimenter le commerce des fruits secs. Toutefois ce choix devra être tel, pour chaque localité, que la maturité et la récolte puissent être terminées au moins quinzejours avant la saison des pluies, car ce laps de temps est nécessaire pour sécher la récolte au soleil. Sous le climat de Marseille, les meilleures variétés pour sécher sont la marseillaise, celle de Grasse et la mouissonne. Plus au nord, à Orange, on devra préférer la blanquette, et au deH la verdale.
e08 ARBRES ET ARBRISSEAUX A FRUITS DR TABLE.
D'autres variétés, également propres à être séchées, pourraient être certainement préférées à celies-ci, au point de vue de la qualité; mais elles sont plus tardives et ne pourraient plus être séchées qu'en employant un appareil à air chaud.
Quant aux variétés fertiles en figues-fleurs, on les réserve exclusivement pour être mangées fraîches. On en forme des plantations dans le voisinage des grands centres de population ; et ces variétés sont choisies de façon que, la maturité de leurs fruits se succédant sans cesse, on puisse en manger depuis la fin de juin, époque à laquelle mûrit Vohservanline, jusqu'à la fin de juillet, où commencent les figues d'automne; on leur fait ensuite succéder les figues d'automne les plus précoces, puis viennent les variétés les plus tardives comme la bourjassoUe noire j dont la maturation se prolonge jusqu'à l'entrée de l'hiver.
Climat. — Le figuier appartient surtout au climat du Midi. Il redoute le même degré de froid que l'olivier; mais sa végétation, beaucoup plus prompte, répare bientôt les dégâts occasionnés par la gelée. Plus la température est élevée, plus ses fruits acquièrent de qualité. La culture des figues s'avance jusque sous le climat de Paris; mais il faut l'y abriter contre les froids de l'hiver. Au nord du climat de Paris, les figues-fleurs ne mûrissent plus.
Sol. — On trouve des figuiers sur tous les terrains, depuis les plus secs jusqu'aux plus humides; nous avons indiqué, dans la liste qui précède, les besoins de chaque variété sous ce rapport. On reconnaît cependant qu'en général c'est dans les sols calcaires riches^et frais qu'ils donnent les meilleurs produits. On dit que le figuier veut avoir le pied dans l'eau et la tête au soleil.
Multiplication. — Le figuier peut être multiplié au moyen des semiSj des marcottes, des drageons, des boutures et de la greffe.
Les semis ne sont presque jamais employés, à cause de la difficulté de se procurer de bonnes semences, de la lenteur de ce procédé et du grand nombre de variétés médiocres que l'on en obtient.
Les marcottes sont d'un usagé plus fréquent. On choisit des rameaux d'un à deux ans, on pratique une ligature ou
une incision sur la partie enterrée (voir les marcottes au chapitre des Pépinières, dans le premier volume de cet ouvrage), on çèvre à Tautomne, et Ton plante immédiatement à demeure. Comme le figuier n'aime pas à être transplanté, on peut, pour ne pas déranger les racines de la marcotte, faire celle-ci dans un panier, comme nous l'avons expliqué pour la vigne en treille, avec cette différence que le sommet du rameau qui sort de terre ne sera pas tronqué.
Les drageons sont le mode de multiplication le plus simple ' et le plus ordinairement employé. On les enlève à l'âge de deux ans au pied des figuiers, et on les plante à demeure en automne. Mais les figuiers que l'on multiplie ainsi présentent rinconvénient de produire, à leur collet, un très-grand nombre de drageons qui épuisent la tige. Aussi serait-il préférable d'employer les boutures.
Ces boutures sont faites à l'automne. On choisît des rameaux vigoureux, nés depuis le printemps, longs de 0"\20 à 0'",25, et à la base desquels on a conservé le talon. Ces boutures sont plantées à demeure et de façon que le bouton terminal excède la surface du sol de O^jOS ou 0",0Z» seulement. Pour préserver ce bouton des intempéries de l'hiver, on le couvre d'un petit capuchon en cire, d'une coquille d'oeuf ou de limaçon, que l'on retire au printemps.
La greffe n'est employée que pour changer la nature des figuiers, soit que les fruits soient de médiocre qualité, ou que les produits soient trop peu abondants. Toutes les sortes de greffes réussissent sur le figuier, mais on se sert ordinairement des greffes en fente simple, en couronne et en sifflet, (voir ces opérations au chapitre des Pépinières dans le premier volume de cet ouvrage). La greffe en couronne est réservée pour les grosses tiges.
Les soins que réclame la culture du figuier varient suivant le climat. Nous allons donc les examiner séparément sous le climat du Midi et sous celui de Paris.