CHAPITRE IV Création du jardin fruitier
Choix d'un emplaeement pour Jardin fruitier
Pour créer un jardin fruitier, il faut choisir une bonne terre franche, abritée des vents, s'il est possible, et particulièrement de ceux du nord et du nord-ouest. Avant d'acheter le terrain, il faut le sonder de place en place, pour reconnaître les différentes couches de terre végétale qui s'y trouvent, car les arbres fruitiers exigent impérieusement que le terrain ait une épaisseur de bonne terre de 70 centimètres à 1 mètre.
Si l'on se disposait à ne planter que des arbres sur coignassier, on pourrait, à la rigueur, se contenter de 60 à 70 centimètres d'épaisseur, mais il vaut beaucoup mieux que le terrain ait une épaisseur d'un mètre et plus.
Quelle que soit la nature du terrain, le sous-sol doit aussi attirer l'attention de l'amateur. Aussi, faut-il le modifier s'il est par trop compacte et le drainer, si l'excès d'humidité poyv2\it compromettre la végétation de l'arbre, ou diminuer la quf^Jité des fruits.
Il est bon de. choisir, autant que l'on peut , un terrain
plat ou en pent© légèrement inclinée vers le sud.
Préparation et distribution du terrain
La jtf'éparation du terrain consiste à bien le défoncer en tout ou en partie. Si l'on ne fait qu'un défoncement partiel, les plates-bandes qui entourent le jardin, seront défoncées de 1 mètre 50 centimètres à 2 mètres de largeur sur toute leur longueur.
Nous allons expliquer comment se fait le défoncement , car cette opération est encore peu comprise et très souvent mal exécutée.
PREMIÊRB PARTIE M
On ouvre une tranchée de 60 centimètres de largeur sur 80 centimètres à 1 mètre de profondeur. La terre de la première tranchée est déposée à l'endroit même où l'on doit finir; elle sert à combler la dernière tranchée. La terre de la deuxième est mise dans la première tranchée , la troisième dans la deuxième, et ainsi de suite, en ayant bien soin de mélanger les difierentes couches de terre qui s'y trouvent. En défonçant, il faut avoir bien soin d'extraire les grosses pierres et les mauvaises herbes, et de descendre les tranchées verticalement. Par ce moyen, elles auront partout la même largeur au fond qu'à la surface du sol et le terrain sera complètement défoncé partout, ce qui assurera aux arbres un grand développement et une longue durée.
Le défoncement sera le même pour l'intérieur des carrés que pour les plates-bandes.
Le jardin sera ensuite divisé en quatre ou huit parties selon son étendue; on laissera le long des murs une plate-bande d'une largeur de 1 mètre 50 centimètres à 2 mètres.
On donnera aux allées 2 mètres 50 centimètres à 3 mètres de largeur. De chaque côté des allées, régnera une platebande large de i mètre 50 centimètres à 2 mètres, au milieu de laquelle on pourra planter des pyramides ou des fuseaux, ou mieux des contre-espaliers.
Si le jardin fruitier est uniquement destiné à la culture des arbres, on divisera les carrés en plates-bandes -de 4 à 5 mètres de largeur et dirigées du nord au midi, s'il est possible. Elles seront séparées entre elles par un chemin de 1 mètre 50 centimètres environ.
Nous recommandons pour ce genre de culture : le fuseau , la pyramide, le buisson, et mieux encore le contre-espalier simple qui est préférable au double. Ces derniers seront dirigés autant que possible du nord au midi; ils auront une hauteur de 2 mètres 50 centimètres à 3 mètres.
S2 COURS d'arboriculture
Quant aux formes, on choisira les petits candélabres à 4 branches, TU double et les palmettes Verrier de 3 et 6 étages. Elles sont les plus méritantes au double point de vue de la beauté et de la production.
Nous rejetons les formes rapprochées telles que TU simple et le cordon vertical ; elles donnent de très mauvais résultats au bout de trois à quatre ans.
Remplacement des arbres
Des Irons
Quand on a des arbres à planter dans, un jardin déjà formé, il faut faire des trous de 1 mètre 80 centimètres à 2 mètres de largeur sur 80 centimètres à 1 mètre de profondeur. Si Ton doit planter un arbre fruitier à l'endroit même où un autre de même nature a végété , par exemple remplacer un poirier greffé sur coignassier par un autre poirier aussi sur coignassier, il faut de toute nécessité changer la terre ; mais si l'on place un poirier greffé sur franc, cela n'est pas nécessaire. Ceux qui ne craignent pas la dépense feront toujours mieux de changer la terre où un arbre a vécu un assez long espace de temps et a par conséquent épuisé le terrain plus ou moins complètement.
U est bien entendu que lorsqu'on voudra remplacer un arbre de la même nature , on devra changer ou la terre ou le sujet, c'est-à-dire qu'après un poirier on pourra planter un pêcher si l'exposition est convenable.
Certaines personnes plantent sans s'inquiéter si des arbres avaient déjà végété à l'endroit où doit se faire la plantation; non-seulement la terre n'est pas renouvelée, mais on se borne à ne faire qu'un petit trou. Dans ces conditions , l'arbre pousse deux ou trois ans , puis prend