PREMIÈRE PARTIE
Ce fumier a pour eflTet de tenir, pendant tout Tété, la terre fraîche autour des racines , ce qui aidera au développement des jeunes racines et leur permettra de fonctionner librement.
Cette couverture offre encore un autre avantage : celui d'assurer la reprise de l'arbre. •
Nous appliquons ce procédé à chaque arbre que nous plantons et toujours nous obtenons, dès la deuxième année, une vigueur remarquable.
Si l'été était très sec, il serait bon d'arroser copieusement ce paillis , une ou deux fois pendant la période végétative.
Tous ces soins sont des plus recommandables, surtout pour les arbres en espalier et en contre-espalier.
Les personnes qui ont suivi ces recommandations pendant l'année de sécheresse 1887, n'ont eu qu'à s'en louer, tant pour la bonne vigueur gardée par leurs arbres que pour la grosseur des fruits.
Lorsque la plantation a été faite avant l'hiver et dans un sol humide, il est prudent de mettre autour de l'arbre du fumier ou des feuilles, afin de préserver les racines des atteintes de la gelée.
Quand on a planté des arbres d'un diamètre fort, ils sont exposés à être balancés par les vents : il faut donc mettre à chaque arbre un bon tuteur à une distance de 18 centimètres du pied et l'enfoncer assez profondément. On attachera ensuite la tige au tuteur à l'aide d'un osier auquel on donne un peu de jeu, afin de ne pas empêcher l'arbre de descendre, au fur et à mesure que le sol s'affaissera.
Le tassement opéré, ce qui a lieu après quelques mois, on attachera l'arbre définitivement en plusieurs places en ayant soin de mettre entre Tarbre et le tuteur un tampon de paille ou de mousse , pour éviter la meurtrissure de l'écorce.
Création d'une pépinière et soins à donner aux arbres
Pour créer une pépinière, il faut, autant que possible, choisir un terrain de bonne qualité, qu'on défoncera dans toute son étendue et sur. une profondeur de 60 à 70 centimètres.
Si le sol n'était pas assez fertile, il serait nécessaire, lors du défoncement, de l'améliorer en déposant, à une profondeur de 30 à 35 centimètres, une bonne couche de fumier.
Quant aux jeunes sujets des diverses essences fruitières qui doivent entrer dans la composition de la pépinière , et qu'on désigne sous le nom général de sauvageons, on se les procure en s'adressant, dans le courant de septembre» à des maisons de premier ordre, parmi lesquelles nous citerons , de préférence , les pépinières si renommées d'Orléans et d'Angers, où l'on est certain de trouver, à des prix raisonnables , une marchandise de premier choix. Faisons remarquer, en passant, que le coignassier d'Angers est le meilleur pour les pépinières.
Les coignassiers , pommiers paradis et doucins , pruniers mirabelle, sont propagés par boutures et par marcottes ; on procédera à leur habillage , aussitôt leur réception qui a lieu vers novembre. On coupera toutes les racines à 2 centimètres du corps et on réduira le sauvageon à une longueur totale de 50 centimètres environ, sans diminuer la partie enracinée.
Aux sauvageons provenant de semis : poiriers, pommiers, cerisiers, pruniers, Sainte-Lucie et coignassiers , le pivot sera coupé à 25 centimètres du collet. Si ces sujets ont été repiqués en pépinière, (ils sont alors âgés de deux ou trois ans) , le repiquage a fait développer autour de la coupe , de petites racines auxquelles on ne laissera qu'une longueur de 4 à 5 centimètres.