DEUXIÈME PARTIE
de distance l'une de l'autre. Si ce paillasson doit être fait par un seul individu , la couche de paille de seigle doit avoir, autant que possible, une épaisseur de 3 à 4 centimètres et ne dépasser une des gaules dans le sens horizontal que de 10 centimètres.
On, observe la même règle pô^ir.la seconde gaule; la distance à laisser entre elle& est de 40 centimètres. Ceci fait, on place les deux autres au-dessus; puis elles sont liées fortement soit avec de l'osier, soit au fil de fer : ce dernier est préférable , vu sa durée.
Cela étant terminé , on coupe la couche de paille à une de ses extrémités, de sorte que le paillasson atteint alors une largeur de 60 centimètres. Ces abris se placent au-dessus des pêchers vers la fin de janvier, et sur des patins adaptés dans le haut du mur ou sur des supports que Ton y a fixés en bâtissant. Ils sont attachés fortement avec de l'osier.
L'époque de les retirer varie suivant la température de la saison , soit fin d'avril , mais il est quelquefois nécessaire de les laisser jusqu'au dix mai , on les enlève^ quand les fruits sont bien noués et que les gelées ne sont plus à craindre .
Ces paillassons préservent les fleurs de Teau et de la neige, et abritent les arbres contre les gelées tardives et les intempéries.
Là ne s'arrête pas leur rôle bienfaisant ; ils préservent les jeunes bourgeons de la cloque et des pucerons toujours moins abondants sur un arbre ainsi garanti. Chaque année nous fournit une récolte abondante de fruits à noyau et notamment de pêches ; ce résultat est dû , principalement , au système d'abris que nous venons d'indiquer.
A défaut de paillassons, quand les arbres sont en fleurs, on pourrait les préserver soit avec des tiges d'asperges , des fougères, des genêts, de la paille, des ramures, que l'on place vis-à-vis des arbres. L'épaisseur ne doit pas être
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tf op forte , afin que l'air et la lumière puissent circuler et venir en aide à la fécondation.
Il est bon d'enlever ces sortes d'abris tous les jours , à partir de dix heures du matin, et de les replacer le soir, pour peu que le temps soit à la gelée.
Préparation des bois pour les eontre-espaliers
Depuis un certain nombre d'années, on fait dans les jardins des quantités de contre-espaliers, système que nous préconisons beaucoup. Pour établir un contre-espalier en bois, il faut se procurer, dans le courant de novembre , de gros sapins verts ayant de 30 à 3S centimètres de circonférence à i mètre de la base sur une longueur de 10 à 12 mètres. Sitôt reçus, on les fait sulfater; pour cela , on se sert d'un bassin ayant 2 mètres 50 centimètres de profondeur sur 1 mètre au carré. On le remplit aux . trois quarts d'eau, puis on met trois kilog. de sulfate de cuivre pilé par hectolitre d'eau. A défaut de bassin, on prend de grands tonneaux à pétrole ou autres. On laisse ces sapins six semaines à deux mois dans le liquide , puis on les retire et on les coupe à 4 mètres de longueur. Ensuite on remet dans le bassin la partie qui n'a pas été sulfatée , et on l'y laisse pendant le même laps de temps.
Ainsi sulfatés, ces sapins seront décortiqués, puis rentrés dans une remise.
En février ou mars, on construira le contre-espalier.
La hauteur d'un contre-espalier varie de 2 mètres 50 centimètres à 3 mètres.
Pour former un contre-espalier de 2 mètres 50 centimètres de hauteur, il faut enfoncer les piquets au moins de 1 mètre 25 centimètres en terre et les placer tous les 2 mètres à 2 mètres 50 centimètres sur la ligne, en ayant soin de bien lés aligner et de les avoir tous à la même hauteur. Cela fait, on met deux arcs-boutants aux piquets des deux bouts, après quoi , on place six rangées de fil de