‹ Cours d'archéologie, Université Laval de Montréal [microforme]Chapitre 19 sur 34 · TEMPLE DE MEDINET-ABOU · texte numérisé non relu

TEMPLE DE MEDINET-ABOU

Sur la droite, en remontant, on trouve les ruines de Médinet- Abou, Ce temple à quelque chose de particulier, c’est qu'au milicu des restes de constructions primitives, on trouve une autre construction qui à une origine chrétienne, lorsque l'Égypte fut convertie,

L'ancien temple à des proportions immenses, des colonnes de 10 pieds de diamètre et de 30 pieds de hauteur, des chapiteaux de 15 pieds de diamètre,

En avant l'on trouve une rangée de petites colonnes qui peuvent avoir 3 pieds de diamctre et montent à 15 pieds de hauteur avec leurs chapiteaux,

Ce sout les restes du temple chrétien, Il a été édifié aprés la venue de Constantin, lorsque les chrétiens furent mis en possession d’un grand nombre de vieux temples,

[y eut un moment, sous Justinien, où toute l'Égypte était chrétienne et où la religion était florissante, Les travaux de Clément d'Alexandrie et d'Origène avaient porté leurs fruits,

Les vieux temples étaient occupés par les chrétiens, les déserts étaient remplis de religieux donnant Les exemples de la plus grande perfection,

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intitulée: Remèdes de l'âme ; 8 colonnes dans chacune. Der Médinet est charmant de sculpture ; les statues de Memnon sont célèbres.

Après avoir visité la rive gauche à l’ouest, on peut continuer par la rive droite à l’est, où l’on trouve plusieurs groupes de monuments, mais principalement le groupe de Luxor au sud, et le groupe de Karnac au nord.

Sur cet espace, l’on compte cinq monuments différents, mais le plus considérable de tous est le palais de Karnac, qui n’occupe pas moins de mille pas de longueur sur trois cents pas de largeur.

Il est composé de trois édifices qui se succèdent et se complètent. D'abord, la partie réservée au peuple et qui est la plus vaste : ensuite le palais du souverain, et enfin la demeure de la famille du souverain avec les chambres des ancêtres.

Devant cet ensemble, à partir du Nil, on voit une avenue de sphynx disposés des deux côtés d’une chaussée de 300 pieds de longueur et de 50 pieds de largeur ; ensuite se présente une façade de 300 pieds de largeur, composée de deux pylônes hauts comme les tours de Notre-Dame.

Ces pylônes étaient ornés de plusieurs statues colossales peintes et dorées avec richesse, tandis que la surface des pylônes était couverte de peintures qui représentaient les faits les plus remarquables des princes auteurs de tous

ces monuments: Ramsès, Toutmès, Menephtah, dont les règnes répondent à cette période brillante où les souverains de l'Egypte s'étaient enrichis par les sages dispositions de Joseph, richesses dont ces palais sont les impérissables témoins.

Les statues sont décorées et les murs chargés de peintures ; rien de frais et d’éclatant comme cette décoration.

Après avoir traversé ce portique, l’on entre dans une vaste cour de 300 pieds sur 200 pieds, environnée de galeries soutenues par des colonnes, comme un cloître immense dont les parois reproduisent les faits et gestes des anciens rois. C’est là qu’on voit ce grand nombre d’inscriptions et ces légendes qui jusqu’à ces derniers temps avaient conservé les secrets religieux, militaires et nationaux de l’ancienne Egypte.

Au delà, l’on voit un immense vestibule de 300 pieds de largeur, orné de deux rangées de colonnes ; ce vestibule précédait l’entrée de la pièce principale de cet immense monument. Cette pièce principale est la grande salle hypostyle de 80 pieds de hauteur, de 240 pieds de profondeur et de 300 pieds de largeur. Le plafond, à 80 pieds de hauteur, est soutenu par 150 colonnes de la grosseur de la colonne Vendôme.

C’est comme une forêt où l'œil s’étend à perte de vue.

Quand on voit ces piliers si multipliés et si énormes, on est tellement étonné qu’on ne saurait les décrire, à moins

LUGSOR

Sur le Nil, à la rive droite, l'on voit s’étendre un grand quartier de Thèbes : d’un côté les palais des souverains et ensuite les temples si célèbres, |

Le quartier des palais se nomme Lugsor. C’est là qu’on voit encore bien conservés le palais d’Aménophis LIL et le palais de Ramsès IL.

Ces deux palais sont en assez bon état de conservation. L'un contient une cour environnée d’une galerie très large et très haute. Un peu plus loin, un portique ou pylone devant lequel se trouve un obélisque à l’un des côtés de la porte ; de l’autre côté de cette porte, il y en avait un autre qui est maintenant à la place de la Concorde à Paris, où il fait très bon effet,

De ces deux palais part une grande avenue ornée des deux côtés de sphinx et d’obélisques et qui conduit à la réunion des temples placés plus au nord et que l’on désigne sous le nom de Karnac,

Le premier quartier se trouve placé comme l’Arc de triomphe dé l'Étoile à Paris, et le second comme les Tuileries,

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Cours d'Archéologie CE 4

dé passer pour un imposteur ou pour unfou, nous dit Champollion, et qu’on ne peut, dit M. Ampère, comprendre qu’il y ait eu des hommes pour concevoir de pareilles œuvres, des architectes pour les entreprendre et des ouvriers assez puissants pour les exécuter. . Les colonnes du centre ont trente pieds de tour, portant à 80 pieds de hauteur des chapiteaux qui ont vingt pieds de diamètre et soixante pieds de circonftrence.

Quelle idée pouvons-nous avoir des peuples qui ont réalisé de si grandes merveilles dans des temps si reculés, à des âges où les autres peuples vivaient dans des cabanes, dans des cavernes, dans des souterrains, sur des chaussées, dans des huttes de paille et de boue ?

Note de M. Ampère. — En quittant le Nil, au milieu de Thèbes, quand on a traversé un petit bois de palmiers, on rencontre un vaste pylône large comme la moitié de la façade des Invalides et haut comme une façade de cathédrale.

‘Ensuite, on entre dans un vaste péristyleau milieu duquel s’élevaient douze colonnes. Elles ont été presque toutes renversées par un tremblement de terre. Les tambours gisent accolés comme une pile de dames renversées. En face, un second pylône. On remarque que ces pylônes sont multipliés à l'entrée de presque tous les monuments égyptiens. Il est possible que l’épithète homérique de Thèbes aux cent portes soit une allusion aux nombreux pylônes qui la décoraient,

‘ Un tremblement de terre a fait crouler un des massifs du second pylône, qui présente l’aspect d’un éboulement de montagnes : c’est comme cet amas de rochers précipités du haut des Pyrénées et que l’on appelle le Chaos de Gavarni.”

M. Wilkinson n’a pas exagéré en disant que c’est la plus vaste et la plus splendide ruine des temps anciens et modernes. Champollion fut comme foudroyé à l’aspect de cette merveille du passé.

Les Egyptiens construisaient leurs édifices en hommes de 100 pieds de haut, et l'imagination qui, en Europe, s'élève au-dessus de nos portiques, s'arrête et tombe impuissante au pied des 140 colonnes de la salle de Karnac. Je me garderai de la décrire, car mes expressions ne vaudraient pas la millième partie de ce que l’on doit dire en parlant de tels objets, ou bien, si je traçais une faible esquisse, quoique très décolorée, elle me ferait passer pour un enthousiaste ou même pour un fou. Essayons, cependant, d'imaginer une forêt detours ; représentez-vous 134 colonnes égales en grosseur à la colonne de la place Vendôme, dont les principales ont près de 100 pieds de hauteur et 11 pieds de largeur, couvertes de bas-reliefs et d’hiéroglyphes ; les chapiteaux ont 65 pieds de circonférence; la salle a 320 pieds de largeur sur 250 pieds de longueur, 70000 pieds de surface. La paroisse Notre-Dame n’a que 26 000 pieds de superficie.

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