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LES COLOSSES DE MEMNON

A quelque distance de la plage, sur la rive droite, en remontant le Nil, on voit deux statues assises, de 60 pieds de hauteur, que l’on appelle les statues de Memnon.

Ce sont les seules statues qui restent du palais d’Aménophis. On a retrouvé aux environs les fragments de 17 statues colossales.

On pense que ces colosses étaient adossés à un pylone servant d’entrée au palais d’Aménophis, qui s’est écroulé.

Ces statues sont très endommagées ; elles sont taillées dans un grès très dur et composées de cailloux agglomérés et brillant comme des agates. Elles pèsent à elles deux le poids prodigieux de 1 305 992 kilogrammes.

L'une de ces statues, fendue par un tremblement de terre, faisait entendre des sons plaintifs au lever de l’aurore. Ce bruit provenait du changement de température. Au lever du soleil, après les fraîcheurs de la nuit, c'était Le résultat du rétablissement de l'équilibre.

MNON

qui nous l'ont rapporté : dans l'élargissement du fleuve, l’on voit s'étendre deux grandes îles qui ressemblent aux deux îles Sainte-Hélène et Saint-Paul. A cet endroit le Nil est à peu près de la dimension du Saint-Laurent devant la ville de Montréal.

Sur la rive ouest, on voit une dizaine de temples et de palais qui se rapportent aux monuments principaux de Montréal.

Du côté ouest, un premier édifice est dans la position de la prison: c'est le temple de Bourlacq. Vient ensuite Der el Bahari, situé comme Saint-Pierre sur la rue de la Visitation. En continuant, à la place de l'hôtel de ville, on voit le Ramesseïon, où se trouvait la bibliothèque d’Osymandias, et c’est aussi vers ce centre que devrait se trouver à Montréal, pour la gloire de la ville et l'avantage de tous les citoyens, une bibliothèque vraiment digne d’une cité aussi considérable et aussi lettrée. Vers Notre-Dame, une avenue de sphynx venant du fleuve et arrivant à une place correspondant à la Place d’Armes, montre au pied des tours les énormes colosses de Memnon. Vers Saint- Patrice, Médinet Abou, autre temple ; à l'évêché, Der el : Médinet, autre temple. Enfin, sur le fleuve, comme nous l'avons dit, deux grandes îles représentant l’île Sainte- Hélène et l’île Saint-Paul. Une dernière particularité à observer, c’est qu’il y a une montagne disposée à l’ouest comme la montagne de Montréal, avec cette ressemblance

qu’à l'extrémité sud-ouest où se trouvent les deux cimetières catholique et protestant, on voit les tombeaux des reines, et plus loin, à la place du cimetière protestant, les tombeaux des rois.

Tous ces monuments sont extrêmement imposants. D’abord, à l’ouest, le Ramesseion a au moins 300 pieds sur 200. C’est ce que Strabon appelle le Memnonion, et Diodore l’avait appelé le tombeau d’Osymandias. Champollion a trouvé le véritable auteur, c’est-à-dire Ramsès, qui a élevé d'avance ce monument à sa mémoire ; aussi les Egyptiens l’appelaient le Ramesseion. La longueur totale de ce monument est de 500 pieds ; il est précédé d’un dromos à l’intérieur. On voit là une profusion de sculptures, de peintures et de statues colossales. Le pylône à l'entrée avait 150 pieds de haut, 200 pieds de largeur, la cour 160 pieds de carré; enfin, l’on voyait à l'extrémité de cette cour, sur un siège, une statue colossale du poids de quatre fois l’obélisque de Paris. C’est une statne assise ayant 60 pieds de hauteur. Le second pylône précède une salle de 150 pieds de carré avec cariatides de 30 pieds de hauteur. L'on voit sur les murailles des illustrations du poème du Pentaour, qui est l’'Homère de l’Egypte, deux bustes de Ramsès, l’un en granit noir et l’autre en granit rouge. En suivant, deux autres salles de 48 colonnes. Au haut d’un degré supérieur, on voit les chambres de la bibliothèque,

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