LECTURE SUR L'ASSYRIE
Nous avons parlé des monuments de l'Orient et de leur caractère particulier dans les Indes et dans l'Egypte; nous avons mentionné ce qui intéresse l’art, l'histoire et aussi l’enseignement religieux.
En continuant, nous suivrons la même marche dans l'étude des monuments de la Palestine et de l’Assyrie, Mais comme nous croyons trouver dans Jérusalem un résumé de l’art de tout le monde oriental, nous allons, avant d'arriver aux édifices de Jérusalem, exposer ce que l’on connaît des pays limitrophes, et surtout de l’Assyrie.
Rien de plus instructif, de plus inattendu, de plus surprenant au point de vue archéologique, et aussi rien de plus instructif au point de vue religieux.
Nous allons donc voir les rapports qui existent entre le sens et la signification de ces monuments et les enseignements de la Bible.
Dans le dernier siècle, les livres saints ont été l’objet des critiques les plus violentes. L'on a tout discuté, et même tout nié, et l’on en est arrivé à prétendre que la
Bible n’était qu’une collection de mythes et de fables. Rien ne pouvait surpasser la prétention et la confiance des nouveaux sophistes; ils ont pu croire un moment qu'ils allaient faire prédominer leurs erreurs, leurs impostures, leurs illusions; mais depuis ce temps, l'Orient a été exploré, et tous ces efforts ont croulé.
L'ancien monde oriental a été rendu à la vie par la pioche des archéologues et l’habileté des nouveaux déchiffreurs, et loin d’y trouver la confirmation des assertions des prétendus philosophes, on n’y a trouvé, au contraire, que les confirmations les plus formelles, les plus expresses de la vérité et de l’authenticité des récits de la sainte Ecriture.
Ainsi, on a vérifié, sur ce point, la célèbre parole de Bacon:
Peu de science éloigne de Dieu, Mais beaucoup de science y ramène.
En même temps que Champollion découvrait le sens des hiéroglyphes de l'Egypte, où l’on devait trouver nombre d’allusions aux faits et gestes des patriarches et des souverains de la Judée, dans le même temps des explorateurs découvraïient le sens des inscriptions cunéiformes qui couvrent les palais et les temples de l’Assyrie, de la Perse et de la Chaldée. Et dans ces inscriptions, l’on voyait comme une histoire parallèle de tous les faits de l’Ecriture,
On ne découvrait pas seulement les inscriptions mu-
rales, on trouvait des bibliothèques entières, des milliers de volumes écrits sur des tablettes et sur des briques, où étaient exposés tous les faits de la Bible, avec de tels rapprochements, que les adversaires de la religion, avec leurs assertions contre la création, le déluge, le péché originel, étaient convaincus d’ignorance, de calomnie, de mauvaise foi, et ces milliers de briques sortant des entrailles de la terre, venaient anéantir, écraser et réduire à ncant toutes leurs audacieuses assertions.
Le poète avait dit que des peuples de la Nubie, dans une folle audace, voulaient s’opposer à l’épanouissement du soleil, et, lancant de la poussière, essayaient d’assombrir sa lumière victorieuse: mais, ajoute-t-il, le dieu, sans s'arrêter, poursuivait sa carrière,
Lançant des torrents de lumière Sur ses obecurs blasphémateurs.
Et de même ici, tous les palais et les temples de PAssyric et des pays circonvoisins, au moment même des plus grandes attaques, sortaient de terre par Ja décision de la divine Providence. Ils révélaient tous les secrets de Dieu, et tombant sur les faux savants, les renversaient avec leurs systèmes, les anéantissaient et les écrasaient comme une grêle meurtrière, et ces insensés blasphémateurs tombaient comme sous une véritable avalanche.