TEMPLE PRÈS DU NIL
Les rives du Nil présentent souvent l'aspect d'anciens temples dont on ignore parfois le nom.
Le plus célèbre de ceux qui sont connus est celui de Denderah, qui date de l’époque des Ptolémées et qui à tous les caractères de l’ancienne architecture égyptienne.
Il a été déblayé avec le pius grand soin par un des derniers explorateurs.
Celui que nous représentons ici offre un très bel aspect, Il est un spécimen de ces belles ruines qui ornent en si grand nombre les rives du Nil.
I y à des détails très bien conservés, la pierre est d’une belle teinte qui est comme dorée par l'éclat du soleil.
IIN GA SAN H'IAKAL
dans ces signes, et non pas des sons. Champollion déchiffra enfin à la pierre de Rosette un nom propre, Ftolémée, et à une pierre de Philé le nom de Cléopatre, et dans l’ouvrage de l'expédition d'Egypte, le nom d’Alexandre; et dans ces trois noms, il reconnut l’équivalent de 15 lettres de l’alphabet grec. Il rechercha partout les noms propres qu’il reconnut aux cartouches qui les environnaient, et il finit par découvrir tout l’alphabet,.
Il n’en resta pas là. Il devina deux modes: le sacerdotal et le populaire.
Enfin, il connaissait déjà le copte, la langue populaire de l'Egypte, et il découvrit que, sauf quelques altérations faciles à rectifier, le copte était la langue des vieilles inscriptions.
Avec l'alphabet reconstitué d’après les noms propres il pouvait tout lire, et avec la connaissance de la langue copte il pouvait tout comprendre. Il découvrit que l’hiératique était une sténographie (tachygraphie) de l’hiéroglyphique. Les signes, dit-il, font fonction de lettres, alors que cetains signes expriment phonétiquement le son initial de l’objet qu'idéographiquement il représentait. En copte, ro, qui veut dire bouche, est phonétiquement r'; syrinx, flûte de Pan, se dit sébi, et vaut une s; patère, berbé, représente le à.
En terminant, nous allons résumer nos observations sur l'architecture égyptienne.
Quelques caractères particuliers sont à remarquer: d’abord, l’énormité des matériaux employés et la simplicité de leur agencement et de leur disposition.
C'est ce qui a tant contribué à leur conservation.
Les Egyptiens employaient des matériaux éno:mes, et ces matériaux étaient d’une pierre inattaquable aux intempéries.
De plus, la construction procède toujours par de grandes surfaces et par des dispositions à angles droits, qui sont bien plus à l’abri des altérations que ne peut l’être l’architecture à voûte, à arcades et à encorbellements.
Les plafonds sont plats et unis, disposés sans pente, ce qui convient bien dans un pays où il ne pleut pas.
Les supports sont énormes et maintiennent une solidité et une immobilité qui empêchent tout bouleversement.
Ces dispositions, si favorables à la solidité, donnaient à l'édifice un aspect grand et imposant.
Quant aux éléments et aux appropriations, ils avaient réuni ce qu’il y a plus original et de plus majestueux.
C'étaient des avenues très larges et bordées de sphinx et d’obélisques. Ces formes élégantes et isolées faisaient ressortir la grandeur des portiques immenses auxquels elles aboutissaient; ces portiques, que l’on appelait pylônes, convenaient bien par leur masse à la majesté des temples et des palais.
Venaient ensuite des cours et des parvis environnés de
colonnes et de pilastres. Ces galeries abritaient les foules ; elles les mettaient à l’abri des feux d’un soleil toujours éclatant et intense. Les assistants pouvaient aussi monter sur les galeries pour mieux contempler le spectacle des cortèges.
Au delà de ces parvis l’on trouvait des salles immenses, avec une multitude de colonnes disposées en quinconces et présentant les perspectives les plus grandioses.
L'Egypte sous ses premiers souverains s’éleva à un degré de puissance et de richesse qui en faisait l’un des empires les plus merveilleux de l’univers.
Ce peuple était aussi remarquable par l'élévation de ses idées que par la majesté de ses monuments.
Lorsque de nouveaux souverains vinrent s'établir après la conquête d'Alexandre, la ville capitale, Alexandrie, devint le centre du commerce de l’Asie et de PEurope ; on y affluait de toutes les parties du monde.
Les premiers Ptolémées y fondèrent une bibliothèque qui devint bientôt la plus fameuse de l’univers. Là se distinguèrent des savants illustres: Euclide donna la connaissance des règles de la géométrie; le poète Théocrite et le poète Aratus acquirent un renom immortel : Hipparque s’illustra dans l’astronomie ; le géographe Strabon décrivit tout l’univers connu; le philosophe Philon, l'historien Appien, l’astronome Ptolémée, accomplirent des travaux considérables. Avec le christianisme, l’école d’Alexandric
prit une face toute nouvelle et elle produisit des hommes du plus haut mérite : Pantène, Origène, Clément d'Alexandrie.
L'activité religieuse se répandait de là dans toute la contrée. La population se convertissait au christianisme, et ces esprits si sérieux alliaient à la pratique des ordonnances et des préceptes, l’observance des vertus les plus héroïques.
De là des solitaires, des religieux qui remplissaient la ville et les campagres et qui faisaient resplendir les déserts des observanses les plus hautes. On comptait des milliers de retraites mystiques qui occupaient les anciens palais et les anciens temples.
C’est ainsi que se conserva l'Egypte jusqu’à l'invasion arabe. Dès lors, l'ignorance religieuse gagna de proche en proche, jusqu’à ces derniers jours où les missions ont reconquis déjà une partie notable de la population.