LA TABLE ETHNOGRAPHIQUE DE LA GENÈSE
Au chapitre X de la Genèse, nous trouvons la généalogie des enfants de Noé. C’est ce qu’on appelle la table ethnographique. Elle nous a été transmise par Moïse d’après des documents datant de quatre mille ans. Depuis ce temps elle s’est trouvée confirmée par la suite des siècles.
Ces généalogies ont d’abord passé inaperçues : on les regardait comme des séries de noms pris au hasard. Ensuite ces noms furent considérés de plus près et l’on changea « idée. On y trouva de telles ressemblances entre ces premiers noms et les dénominations toujours subsistantes des principales nations, que l’on a pu penser qu’elles avaient été choisies après coup.
Mais toutes ces idées ont dû disparaître devant les derniers travaux de la science, et les préventions ont été remplacées par l'admiration la plus vive,
Ce partage que Moïse a tracé sur des faits qui se sont passés il y a près de quatre mille ans, se trouve vérifié par les principaux événements du monde à la suite de tous les siècles.
D'abord, il est admis que les troisenfants de Noé étaient Sem, Cham et Japhet. Or l’histoire n’a jamais perdu le souvenir de ces premiers chefs du genre humain.
Tous les auteurs se sont accordés aussi à reconnaître les enfants de Japhet dans les Européens, les enfants de Cham dans les habitants de l'Egypte et de la Nubie, enfin les fils de Sem sont les ancêtres des Hébreux, des Assyriens et des Arabes.
Ces assertions ont d’abord été appuyées sur la considération des signes extérieurs, les traits du visage, la conformation, la constitution, etc.
Tels sont les fils de Japhet: Gomer, Iavan, Thiras, Madai, Magog, Mosoch, Thubal.
Les enfants de Gomer ou Kmer sont les Kmiris, les Cimbres, les Cimmériens, d’où vient le nom de la Crimée ou de la Chersonèse Cimbrique, au nord de l’Europe.
Les enfants de Iavan ou Ion sont les Ioniens établis d’abord dans l'Asie Mineure et ensuite dans la Grèce. Les peuples ioniens ont pris ensuite le nom d’Hellènes, d’après
Hellen, fils de Iavan. Les Thraces viennent de Thiras. Madai est le père des Mèdes, Magog l’ancêtre des Scythes, Mosoch, des Moscovites, Thubal, des Tibelli ou Ibériens. Le souvenir de ce nom de Magog se conserva longtemps. On voyait à la porte de plusieurs églises deux statues à figure barbare qui se nommaïent Gog et Magog ; on les voit aussi à l'Hôtel de Ville de Londres, au palais Guild Hall.
Les fils de Gomer sont les Askènes, qui ont donné leur nom au Pont-Euxin ; les Ripheï, d’où les Riphai Monteu, ou Mont Obi ; Thogorama, d’où les Turcomans.
Les découvertes des signes égyptiens et des caractères cunéiformes de l’Assyrie ont expliqué bien des choses sur la race de Japhet.
Dans les textes cunéiformes, Madai veut dire la Médie, Javinus ou Tavan veut dire l’Ionie ou la Grèce. C’est ce que l’on voit dans le palais de Korsabad ou à l'inscription de Béhistoun. Sidonis veut dire Sidon dans le cylindre de Sennachérib; Gibal, c’est Biblos.
Ces derniers noms, Thubal et Mosoch, se retrouvent dans les monuments assyriens. Gomer se dit Gimirai dans les textes cunéiformes.
Après ces considérations sur les rapports entre la Bible et les monuments chaldéens, nous passons à des observations particulières sur les monuments qui peuvent avoir des rapports avec le temple de Salomon,
Les monuments d’Assyrie présentèrent souvent la forme d’une série de terrasses élevées en retraite les unes sur les autres et surmontées d’un bâtiment en forme de sanctuaire. On a voulu voiren ces dispositions une reproduction de la tour de Babel, où au moins un souvenir de cette construction primitive. Il en est ainsi de plusieurs temples.
Ce n’est pas seulement la tour de Babel qui est visée dans ces constructions. On a rappelé que Daniel et ses COMpagnons, suivant la Bible, étaient les directeurs des travaux de Babylone et qu’ils ont pu s'inspirer, dans leurs constructions, des dispositions qu'ils avaient vues dans les parvis et les terrasses du temple de Jérusalem.
De plus, dans chaque palais, comme à celui d’Assurbinapal, on trouvait des édifices en forme de terrasses auxquelles on montait par un escalier qui faisait le tour de l'édifice, Ces édifices ne se rencontrent pas seulement en Assyrie, mais en différentes contrées très éloignées les unes des autres.