II
dément sont alors beaucoup moindres que dans les batailles oSE^nsivâS.
Une armée défensive peut éviter pendant quelque temps la bataille, en consentant à perdre du terrain* Elle bat en retraite en coupant )es pontS;i en d^adant lee rdutM« en défeudaat ios défilés « An rotardaaitt ^m mt mat ^ Ha 'fortuite d« Tag^esMur yar fcmtm les cTiîcan'ês quî petlVêût tâîèûtîr te marcîië, taû(fiô ^tae rien ne s oppose à celle de Vsj^xxxé^ défensive.
Cette armée parvient de cette manière \ éviter Tennemi, en se retirant plus vite qu'il ne peut avancer.
Mais il faut cependant qife la retraite de cette armée s'arrête, si Ton veut couvrir le pays , si l'on veut protéger un {>eiiit objQcdf kiifOFiai]^^ «ifift «i iW v«ut défëndfe la «mpitalei.
Du i^dlè, r^ytifi'Mt ti^tii*é mtsè^ rénèffM.L'mneini^ ku (;oftftNi{¥e ^ VëM éloigné ûè sft bMe d'so)>ém(ioM et èé ited MMlf orttt ; il 'ft>M9t ë^&iibK p«if ûm détaohieflietifi. L'équilibre, rompu nu liébiït 4!è 4a i^iûpi^e^ prat domi f^ipé têts^i <M mômëtft où l'oû m dépose à Mcevoir une bataille défensive.
On cherche alar8 luie {)oeîtiea «ygatageuae , farte pjRlr M naiiiiid^ reioplissMyt le JmU^^oa se praf^ise , celui de couvrir un point ou des liffieB stntégiquas^ On y reorà le choc de r^mieml^ et on livre alwe une bataille défenaive.
IPetlê a Stélâ Êôtiàuîtè dëS ftuôàeô èû ItVi, reculant du Niémen à Smolensk, de SiftôlèHôi à Moscou, et livi-atit, le 1 •septêtobre \S\^ , pour tôuvrir ôetle capitale, là b&tafflè tféfémttè de la ttosco^Wii.
en Héûérttl, ot Hvte iimjMra une bataille tléftNMift,
pour couvrir ua point objectif importaot, ou des ligues stratégique^ indispensables à l'année»
. C'est ainsi qu*en 1800, le baron de Kray livre une bataille défensive à Eagen et une autre à Biberach, ffn de couvrir ses magiudjis et sa ligne de retraite.
Le premier Consul reçoit à Marengo une bataille défensive, afin de couvi^ir k ligne stratégique d'Âlesandrie à Mantoue, ligne que voulait conquérir le glénéral autrichien, afin d'efTipctuer sa retraite.
Le oiaréchal Sonlt, en i814, livre une bataille défensive pour couvrir Toulouse.
Le prince Woroneoff livre une bataille défensive à Graonne, pour couvrir les lignes stratégiques de l'armée du Nord.
Le maréchal Mortier et le maréchal Marmont livrent «fte bataille défensive, ^n 1814, sur le» bauieun de Romainville et de Montmartre, pour couvrir Paris.
En 1815, le duc de Wellington livre une bataille défensive à Waterloo, pour couvrir Bruxelles.
Enfin, en Crimée, nous livrons deux batailles défensives , Inkermann et Tractir, pour couvrir le »iége de Sébastopol.
if antAges et inconfénients de la défenslfe. — Comme je l'ai déjà dit, les avantages matériels sur un champ de bataille sont pour l'armée défensive.
Elle occupe un terrain qu'elle a choisi et reconnu ecveosoÎD.
Les batteries et les troupes sont disposées d'après
les formes de la position. Par suite, les feux d'artillerie
et de mousqueterie, qui ne sont ni ralentis ni distraits
fu la marche, comme dans l'offensive, conservent
toute leur vivacité et toute leur efficacité.
lia défense 4m fmai» iioportanis a été augmentée
par des ouvrages de campagne et au moyen des diver* ses ressources de la fortification passagère.
Les avantages matériels sont donc pour la défense.
Mais elle a le désavantage moral.
La défensive refroidît r«u*deur du soldat et paralyse son courage.
Aussi faut-il éviter avec soin la défense passive. Tout en cherchant à ménager ses troupes, à se couvrir par les obstacles du terrain , il est bon de conserver la faculté de déboucher sur les flancs des colonnes ennemies; et tout en se défendant, il faut savoir attaquer à propos et prendre dans une certaine limite une attitude offensive.
01? erses périodes d'us bataille défènsl? e. -^ Une bataille défensive peut, comme une bataille offensive, se comparer à une action dramatique, ayant une exposition, un milieu et un dénoûment.
Elle peut donc aussi se diviser en trois périodes :
Préliminaires de rengagement.
Engagement.
Ses conséquences.
Chacune de ces périodes se décompose en deux moments, qui correspondent aux divers moments des batailles offensives.
Nous allons étudier successivement ces trois périodes et ces six moments.
Première période. — Elle se décompose en deux moments :
Le premier comprend la formation d'un ordre de bataille préparatoire ;
Le second comprend les modifications apportées à
cet ordre par suite de Tapparition et des mouvements ^e 1 ennemi.
Pnmlw momnt — L*armée défensive a choisi, comme je Taî dit, une position forte par sa nature et remplissant le but qu'elle veut atteindre.
Elle s*y établit ; elle en fait occuper les points principaux: postes détachés, postes avancés, points d*appui de la ligne de bataille ; elle organise la défense de ces différents points.
Elle élève en outre des ouvrages de fortification , comme Kutusoff à la Moscowa, comme le maréchal Soult à Toulouse.
Elle répartit une portion de ses troupes sur le front et les abords de la position, de manière à en couvrir les parties les plus importantes et à protéger les lignes sbnÂégiques de Tarmée.
On met ainsi la position occupée à Tabri d'une première attaque, mais en même temps on conserve une grande partie de ses troupes en réserve, le tiers ou la moitié, par exemple, pour parer aux éventualités qui se présenteront à l'arrivée de Tennemi, et pour faire rayonner ces troupes de réserve sur les difiTérents points de la position qui seront l'objet de ses attaques.
C'est une faute, dit Jomini, à propos de la conduite des Autrichiens à la bataille de Leuthen, de déployer la totalité de ses forces ; on fera bien mieux de ne présenter en ligne que ce qu'il faut pour contenir l'armée ennemie, et de tenir le reste en réserve, formant trois ou quatre grosses colonnes, prêtes à manœuvrer suivant les attaques de l'ennemi.
En effet, une grande armée déployée n'est plus mobile comme des colonnes; et rendre immobiles des forces non engagées, c'est oublier les premières maximes de la tactique.
On agit donc de manière à n'avoir pas besoin de changer des dispositions définitives , mais seulement des dispositions évenfttelles, quand Tennémi dessinera ses attaques*
A la Moscowa , KutusôfiF, qui, comme nous Favotts vu, n'avait pas suivi ces principes, fut obligé de prendre les deux corps de son aile droite pour les reporter au centre et à la gauche, pendant l'engagement même, et il dut alors leur faire exécuter une marche de flanc de plusieurs kilomètres.
Deuxième moment. — L'ennemi paraît^ On le voit âé^ ployer ses colonnes, occuper sa position oiGFensîve et prendre lui-même son ordre de bataille préparaioiie.
Les deux armées sont ainsi face à face, oomme je le disais dans la dernière leçon. Elles y restent plnaou moins longtemps, quelques heures^ unenuit^ plusieurs jours.
Pendant ce temps, Tarmée offensive fait tes racoi^naissances; larmée défensive s*y oppose.
Enfin l'ennemi descend de sa position^ exéeute une marche tactique, et vient prendre son ordre de bataille offensif en présence de l'armée défensive.
Il dispose ses attaques, et Ton peut juger des points sur lesquels il va diriger ses efforts.
L'armée défensive modifie alors son ordre de bataille, suivant les dispositions de l'ennemi.
Les troupes^ conservées en réserve dans la première répartition , se portent en avant pour renforoer les parties de Tordre de bataille qui vont être attaquées, pour garnir la position d'une manière plus oûmplète, enfin pour servir de réserve partielle.
En même temps, on conserve toujours une forte réserve générale, plus forte même que dans l'offra-
«iv», pafoaqii^ tes p^emiàpes atteçiiM d^r^mieiiii sont souvent des feintes destinées à tromper Tadreiwire, i nttirw wq ^f^tiqn ^1 sm foroenio^n 4iè ^9é^4«ble pqint d'att^^, pqm fbodpQ enraUe uvao d0« mawed «mpéh- FJ«Dr^9 Wi^ 0» pQinU quand il 1^ jus^« suffisAHmw^t
Tslle est la pKmi&re période d^teito faataiUft défw^ sîve.
Et idon oommence Tengageioent.
Deuxième; ptRiopE;, — y^nç^ççmemt formç 1? dçu:içième période. Cette période ce déQompose eji deuj momentè qui correspondent aux deux momentp de I9 même période dans la bataille offensive^ savoir :
1® La résistance au:x; attaques partielles; S"* lia résistance à Vattaque générales.
Premier moment — L'ennemi est arrivé à portée de Tar^ tillerie. Les parties de sqn ordrci de bataillq qu'il no veut pas engager (^'arrêtent et se déploient.
L'artillerie de l'armée défensive coïBjnepçe alors à entrer en action. Profitant des positions favorables qu'elle occupe» elle cherche à faire le plys de mal possible à Tennemi.
Les corps d'attaque de celui-ci continuent a avancer ; ils se déploient en colonnes de bataillons s'ils n'y sont déjà ; puis ces colonnes elles-mêmes déploient à portée des petites armes, et le feu de mousqueterie commence, soit au moyen des li^neSi soit au moyen de grandes bandes de tirailleurs.
La résistance aux attaques partielles s'exeroe alors de deux manières : directement et indirectement.
La résistance directe est celle qui vient du point attaqué lui-môme.
La résistance indirecte s'établit à droite et i gauche de ce point.
La résistance directe s'opère par le feu des batteries d^artillerie établies en avant des points attaqués, ensuite par le jeu alternatif des deux lignes d'infanterie qui se remplacent successivement au feu et enfin par les réserves partielles qui viennent appuyer ces deux lignes.
La résistance indirecte s'opère par les parties latérales de l'ordre de bataille. Ce sont des batteries d'srtillerie, qui prennent d'écharpe les colonnes ennemies. Ce sont des colonnes de cavalerie qui se jettent sur leurs flancs.
Gomme à Marengo, au commencement de la bataille, Kellermann se jetant avec sa brigade sur les dragons autrichiens. Charge distincte de celle de la fin de l'engagement, laquelle nous valut la victoire.
Dans le cas oii l'attaque de l'ennemi est dirigée sur un des points d'appui de la ligne de bataille, sur un village, une ferme, une hauteur, une redoute, etc. La garnison de ce point résiste par des feux d'artillerie et de mousqueterie, tandis que l'on cherche à croiser en avant et sur les abords le feu des batteries voisines.
Exemple. A Probsthéida , pendant la bataille de Leipzig, quatre compagnies de la garde soutiennent les assauts d'une partie de l'armée combinée, parce que ce point est appuyé à droite et à gauche par de formidables batteries.
Tel est le premier moment de la deuxième période, c'est-à-dire la résistance aux attaques partielles.
Maintenant il peut arriver deux cas.
r Les attaques partielles peuvent être repoussées.
Alors la bataille défensive est gagnée, comme elle le fut pour les Anglais à Talaveira et à Busaco.
S"* Les attaques partielles peuvent réussir. Alors Tennemi passe à l'engagement général. Il s'agit de résister à cette attaque et Ton entre dans le deuxième moment de la deuxième période.
Itouième moment.— Par suite du succès des attaques partielles, Tordre de bataille défensif est rompu sur plusieurs points. L'ennemi a pris pied sur la position. Il en occupe certaines parties.
Il porte alors toute son armée en avant, pour achever de culbuter l'armée défensive.
Il faut résister à son attaque.
Autant que possible, on cherche à conserver l'intégrité de son ordre de bataille, c'est-à-dire que les parties battues doivent rétrograder sans cesser de se lier au reste de l'armée et sans laisser de lacunes dont l'ennemi pourrait profiter.
On emploie alors les échelons, et on les dispose de telle manière que tous les feux se croisent et qu'il n'y ait pas d'intervalle.
L'ordre de bataille présente une ligne brisée. Et comme les points de brisure deviennent des saillants et peuvent être entourés par l'ennemi, il faut que ce soient des points forts et susceptibles d'une vigoureuse résistance. Il faut en même temps trouver pour les parties qui reculent de nouveaux points d'appui. On fait occuper ces points à l'avance par des troupes de réserve, afin d'arrêter l'ennemi et de permettre aux troupes qui reculent de se rallier et de se reformer.
Généralement on choisit les points de brisure dans les parties de l'ordre de bataille qui n'ont pas encore été entamées, de manière que, dans les changements
— 4ie —
de fronl enarrièfe, dee partie» hifacteftMWMii de mu-
tien aux parties mises en désordre.
En même tempe on prend rofféusm à son tour, sur les points qui présentent des chanœe favombles.
On fait des contre-attaques sur le flanc des colonnes ennemies.
Si Ton a conservé des troupes çn réserve et en ordre pour ce moment décisif, uja retqur offensif exécuté par elles peut procurer la victoire, comme l'attaque deDesaix à Marengo, avec une division de troupes fraîches.
Ce qui prouve que dans la défensive, comme dans l'offensive, il faut tacher de n'engager sa réserve qu'après celle de Tennemî.
Lies changements de front en arrièi:e qui résultent des progrès de l'ennemi, et les mouvements en avwt résultant des retours offensifs » peuvent amener un changement de front général*
Par exemple, larmée défensive, battue à son aile droite, fait un crochet en arrière. Elle prend l'oSexwve avec son aile gauche et elle peut alors exécuter uucban* gement de front général sur son centre.
C'est quelquefois une manière de corriger Is^ fortune et de prolonger ou de renouveler rengagement dans des conditions nouvelles.
C'est, dit-on, ce que l'Empereur voulait faîre R Waterloo,
. Tel est le deuxième moment de la deuxième période, c'est-à-dire la résistance à l'attaque générale.
Je suppose que cette résistance ne puisse pas arrêter l'ennemi. On passe alors à la troisième période.
Troisijèmq période* ^ Ëlle^ oQmpreqd émx momentst
— tu —
r L'émcuatim de H poeîtion ; 1^ La retraite ;
Qui correspondent à Tocciipation de la position et à la poursuite dai» la bataille offensiTe.
Premier moment — On procède à l'évacuation de la position quand on a perdu toute chance de rétablir son ordre de bataille et de reprendre les points perdus.
On i^e retire alors sur une seconde position parallèle à la première et que Ton a dû préparer d'avance :
Comme Tétranglement de Ceroy en arrière de la position de Craonne ;
Comme la ligne du canal à Toulouse ;
Comme la chaîne de hauteurs situées en arrière de la position de la Moacowa.
Les points de cette nouvelle position ont dû èlre étudiés. On a dû préparer leur défense. On y place alors des troupes do la réserve qui protègent le mouvement de retraite de larmée et son établissement sur la deuxième position .
Si Ton a conservé des forces suffisantes, on peut r^ nouveler l'engagement et arrêter l'ennemi. C'est ce que voulaient faire les Russes à la Moscowa. L'armée française était si épuisée qu'elle ne put accepter cette espèce de défi et recommencer ses attaques, TEmpereur surtout ne voulant pas engager sa garde.
Si, an contraire, on se sent décidément le plus faible, si on est incapable d'arrêter l'effort de son adTersaire, il &ut se résoudre & battre en retraite et passer au deuxième moment de la troisième période.
Btuième moment. — Il n*y a rien de si incertain et de si variable que le moment oti Ton doit donner Tordre de la retraite. Cela dépend du caractère du général, du morml des troupes, du but de la bataille.
Un général prudent et timide craindra pour la totalité de son armée. Il ordonnera la retraite bien avant un général hardi et entreprenant.
Avec des troupes jeunes, il ne faut pas chercher à trop prolonger la résistance.
Enfin le but de la bataille détermine encore le moment de la retraite. Suivant son degré d'importance, on peut se retirer de bonne heure, ou tout tenter au contraire pour conquérir le succès.
Indépendamment de ces considérations, le général en chef doit évaluer les pertes matérielles qu'il a déjà subies. Pertes en hommes, en chevaux, en bouches à feu.
Il évalueraaussi les pertes morales, c'est-è-dire celles qui ont rapport à Tordre, au courage, à la confiance, à l'ensemble de l'armée.
On évalue encore la perte du terrain, la quantité dont on a reculé.
Et enfin on compare ses réserves avec celles de l'ennemi.
On estime de cette manière de combien l'équilibre est rompu, et on se décide à prolonger la lutte ou à donner le signal de la retraite.
Quand la retraite est décidée, elle peut avoir lieu de plusieurs manières, suivant les conditions dans lesquelles on se trouve : conditions relatives à l'engagement et conditions relatives aux localités.
Si l'engagement a été défavorable sans amener de grandes pertes, on se retire avec ordre et facilité. Si l'on a au contraire éprouvé des pertes nombreuses et un échec général , la retraite peut devenir un désastre, comme à Leipzig, comme à Waterloo.
Quant aux localités, il faut tenir compte de la direc-
lion des lignes de retraite qui peuvent être perpendiculaires ou latérales à Tordre de bataille. 11 faut tenir compte de la nature du terrain, qui peut être découvert ou qui peut présenter des accidents favorables, ou enfin qui peut offrir un défilé sur les derrières du champ de bataille.
Dans tous les cas, il faut chercher avec les troupes de réserve à arrêter la poursuite de Tennemi.
Si le terrain est découvert, on forme des carrés avec de l'artillerie dans les intervalles.
Si le terrain présente des obstacles favorables, on les occupe.
Enfin, si Ton doit franchir un défilé, on en défend fortement la tête.
Pendant ce temps les troupes des différentes armes exécutent leur retraite.
Celles qui ne sont pas entamées rétrogradent en ordre et lentement. Elles imposent à l'ennemi et protègent le mouvement.
Les troupes déjà ébranlées qui ont besoin d'une plus grande rapidité pour fuir se forment en colonne avec une arrière-garde et des corps de flanc qui par leur résistance donnent le temps au reste des troupes de prendre une disposition défensive.
Enfin il y a des troupes qui fuient en désordre. Pour celles-là, il n'y a qu'un seul moyen de les rallier: c'est de se jeter avec d'autres troupes au-devant de l'ennemi pour l'arrêter. En même temps, les colonels se portent en tête des fuyards avec leurs drapeaux. Us s'arrêtent dans quelque endroit bien visible. On bat la marche du régiment, et les officiers font tous leurs efforts pour rallier leurs hommes.
Le rôle principal est évidemment celui de la réserve, qui doit sauver l'armée.
On arrive ainsi ^ fM>inbattant jusqti^anx limites de la position. Les bataillons déployés fte sont formés en colonnes. Puis les colonnes de bataillon ont formé successivement des colonnes de régiment, de brigade et de division.
On évacue ainsi le champ de bataille. La ïmît ftivorîse ordinairement la retraite ; on -s'arrête nn moment pour reprendre haleine, pour se réorganiser. Puîs après quelques heures de repos, on rentre sur le tftiéfttre d'opérations et Ton exécute une marche strai%iqne rétrograde, d'après les principes énonoés dam la leçon sur les retraites.
Les oonséquenocs d'une bctaille perdue se céament en perte d'hommes tués, blessés ou prisonniers; paie de bouches à feu et de drapeaux ; p^te da iiagages, d'équipages, de voitures de touteespàoe ; déionlM du» l'armée, allant quelquefois jusqu'à la déBoqgfittisatîdn ; Enfin perte de la confiance, du moral, de l'opinion. «Gt qui entraine presque toujours l'iiisnooès ëe la ma«> pa^ne.
Tels sont le» caractères généraux d'une bataille défensive.
Je répète ici ce qne j'ai dît précédemment. Les principes exposés n'ont rien d'absolu. Us «e modifient suivant les circonstances et les localités.
Je prends pour exemple la bataille de Harengo (Fig. 2, P2. X).
Par suiie des manœuvres offensives de Tatmée die réserve et du mouvement tournant qui l'a établie sur les communications des Autrichiens, ceux-ci se trouvent coupés. Pour reconquérir leur ligna d'^péinytîons et s'ouvrir le passage^ ils livreot la bataiUade Vs^fW^o^ offensive pour eux, défensive povur nous.
Les Autrichiens ont 50 bataillons et 51 escadrons présentant un effectif d^environ 30,000 hommes.
L*armée française se divise en trois corps, Victor, Lannes et Desaîx, chacun de deux divisions d'infanterie et une lilrigade de caTaletie ; plus la gwde consulaire; environ 28,000 hommes,
I^EBiiÈaE PÉRIODE. — Premier moment. — L*armée française prend position derrière le Fontanone.
Victor en première ligne, déployé «ur le front de la position. Le centre à Marengo, un poste détaché à Pedra-Bona. Kellermann à gauche. Ce corps est à cheval sur la grande route.
En deuxième ligne, Lannes à hauteur de Spinetta.
En réserve, Desaix, qui est encore en marche.
l^ei e^r>^t des-choftès jusqu^àhuit heures du matin.
Deuxième moment. — Les Autrichiens débouchent de leur tète de pont en trois colonnes. Ils forment deux attaques sur le centre et sur la droite de Tarmée française. On les voit se déployer et prendre l'ordre de bataille offensif qui prépare ces attaques. Alors le corps de Lannes entre en ligne, vient se placer à la droite de Victor et nous passons ainsi à Tordre de bataille défensif.
Deuxième période. — Premier moment . — Nous résistons vigouKnsement aux attaques partielle.
An centre, Marengo est le théâtre d'une lutte acharnée. A Taîle droite, Lannes débordé fait un crochet.
Les attaques partielles des Autrichiens réussissent.
Ils passent à Tattaque générale.
Deuxième moment. — L'armée française recule et se trouve rejetéOi malgré saréaifitance, hors de sa première position.
Troisième période. — Premier moment. — Lannes et Victor évacuent lentement la position. Ils se retirent sur une seconde à hauteur de San Giuliano.
Deuxième moment. — L'instant de la retraite semble arrivé.
Heureusement Desaix parait. Bonaparte prépare un dernier retour offensif, exécuté par cette division fraîche, préparé par douze bouches à feu, soutenu par la cavalerie de Kellermann. La face des affaires change en un instant, et nous obtenons la victoire.
Voilà l'esquisse rapide de la bataille de Marengo.
Nous avons terminé le Cours d'art militaire, c'est-àdire l'exposé des principes suivis pour organiser les armées, pour les faire mouvoir sur les théâtres d'opérations, pour les faire combattre sur les champs de bataille.
Ces principes sont tirés de l'exemple des plus grands généraux. Ils forment la partie positive de l'art de la guerre. Ils sont faciles à comprendre, mais ils sont difliciles à appliquer.
Cependant tout est dans leur application. La guerre est une affaire de tact, dit Napoléon. Les principes ne sont bons qu'autant qu'ils sont bien appliqués.
Ainsi que nous l'avons observé dans la première leçon du Cours , l'exécution joue à la guerre le même rôle qu'en escrime. Les meilleures combinaisons ne réussissent qu'autant qu'elles sont bien exécutées.
Or, l'application de la théorie aux faits est délicate et difficile, parce que les armées ne sont pas des machines inertes dont on puisse régler les mouvements avec des calculs mathématiques.
Les armées sont des instniments vivants qui se passionnent ou se découragent.
« L'art de la guerre, dit M- Henri Martin, à propos a des campagnes de Turenne, est une mathématique « sublime, qui prend pour éléments de ses combinai- « sons non des chiffres abstraits, mais des êtres intel- « ligents et passionnés et qui appelant les puissances « morales à son aide, apprend à vaincre la matière et « le nombre, par l'énergie patiente, par la confiance a de l'homme dans l'homme , par le mépris de la « mort.
« L'art de la guerre, dit le général Pelet, est un art ^ sublime dans lequel il faut faire entrer h la fois le « monde physique et le monde moral.
« Dans tous les temps, dans toutes les guerres, dit <i enfin le maréchal de Saint-Arnaud, c'est princîpale- « ment de Tétat du moral des armées que dépendent « leurs succès ou leurs revers. — Les actions de guerre « les plus habilement conduites, n'aboutissent heuc( reusement qu'autant que les troupes s'engagent avec « confiance et que leur moral s'emparant, pour ainsi « dire, de celui de l'ennemi, le domine pendant toute (f la campagne. »
Indépendamment donc de sa partie positive, l'art de la guerre présente encore une partie morale, celle que le maréchal de Saxe appelait la connaissance du cœur humain, c'est-à-dire la connaissance des passions qui poussent l'homme à se précipiter dans le danger, à supporter les fatigues, à braver la mort.
De sorte qu'aux combinaisons stratégiques ou tactiques que nous avons étudiées, il fautjoindre les combinaisons morales, qui reposent sur les passions humaines.