HUITIÈME LEÇON
Coup d'œil sur les élals-majors étrangers. États-majors de la Prisse,
de rÂulriche el de la Russie. De la littérature militaire. — Ouvrages relatifs à Tari propremen di !
— Ouvrages historiques.
Toutes les puissances de l'Europe ont aujourd'hui des états-majors, et, comme nousTavons dit précédenniment, c'est la meilleure preuve que Ton puisse donner de leur utilité.
Afin de compléter nos études sur ce sujet, c'est-àdire sur Y organisation et le service des états-majors^ nous allons parler des états-majors prussien, autrichien et russe, autant du moins que nous le permettront les documents incomplets que nous avons pu nous procurer.
Cette dernière leçon correspond à la première partie du Cours de première année, dans laquelle nous avons parlé du système militaire des grandes puissances européennes et entre autres de la Prusse, de l'Autriche et delà Russie.
Commençons par Yétat-^major pi^tissien.
Il a été créé par Frédéric le Grand, qui prit, dit-il dans ses Mémoires, douze officiers auxquels il fit lever des terrains, marquer des camps, fortifier des villages,
retrancher des hauteurs, élever des palanques, découvrir des gués, sonder des rivières, tracer des directions de colonnes de marche, etc., faire enfin le service que font encore aujourd'hui les officiers d'état-major. La première école d'état-major prussienne créée par Frédéric fut dirigée par le général Jarry, le même qui organisa plus tard Técole d'état-major des Anglais.
En i816, l'organisation de l'armée prussienne fut établie sur de nouvelles bases. C'est de cette époque que date l'état-major actuel.
11 comprend :
î général lieutenant;
3 généraux majors;
5 colonels;
3 lieutenants-colonels ;
21 majors;
22 capitaines; 10 lieutenants;
formant un total de 65 officiers.
De plus, indépendamment de ces officiers titulaires, il y a un grand nombre d'adjoints, et parmi eux une soixantaine d'officiers tirés des régiments et formant ce que l'on appelle la section topographique.
Telle est l'organisation.
Sous le rapport du service, le corps d'état-major prussien se divise en deux parties :
r Le grand état-major;
2° Et les états-majors de corps d'armée.
Le grand état-major, établi à Berlin, peut être comparé à notre Dépôt de la guerre.
Il est chargé :
De l'étude des théâtres présumés de la guerre ;
De recherches statistiques sur les forces militaires des puissances étrangères ;
De travaux géodésiques qui appartiennent à un bureau spécial que l'on appelle bureau trigonométrique ;
De travaux topographiques ;
Enfin des travaux de lithographie et de gravure pour la carte du royaume et pour les autres cartes nécessaires aux armées.
Les travaux topographiques sont dirigés par un colonel d'état-major qui a sous ses ordres les officiers détachés des régiments dont nous avons parlé plus haut. Ces officiers forment ce que Ton appelle le bureau topographique.
Les cartes et plans ont de plus un conservateur particulier.
C'est là l'organisation du grand état-major.
Ensuite viennent les états-majors de corps d'armée, qui forment la seconde branche du corps d'étatmajor.
11 n'y a pas en Prusse, comme en France, un étatmajor attaché à chaque division d'infanterie ou de cavalerie.
Il n'y a que des états-majors de corps d'armée qui, en raison de la constitution de l'armée prussienne, font à la fois le service des troupes et celui du territoire.
L'état-major d'un corps d'armée se compose généralement de :
1 officier supérieur, chef dYtat-major;
Et 2 officiers adjoints, l'un du grade de major, l'autre du grade de capitaine.
Quant au service des aides de camp, il est généralement fait par des officiers de troupe.
Par suite, Tétat-major prussien est moins nombreux que rétat-major français. On estime qu'en Prusse il y a un officier d'état-major par 2,500 hommes, tandis qu'en France il y a à peu près un officier par 1000 hommes.
Le recrutement du corps d'état-major prussien a lieu de la manière suivante :
On devient officier d'état-major dans l'armée prussienne après avoir suivi les cours de l'école générale de la guerre et après avoir été employé aux travaux du bureau topographique ;
L'école de la guerre a remplacé, en 1816, l'école militaire créée par le grand Frédéric.
Cette école est commandée par un officier général pour tout ce qui est relatif à la tenue et à la discipline de rétablissement. Les études sont dirigées par une commission spéciale présidée par un autre officier général .
Le but de l'école de la guerre est de compléter l'instruction théorique dWficiers déjà instruits et au courant des détails du service d'une arme quelconque, de les initier à la solution des hautes questions de Tart de la guerre et de former ainsi une pépinière d'officiers généraux en même temps que d'officiers d'état-major.
Nul ne peut être reçu à l'école de la guerre qu'après avoir subi un examen et servi au moins trois ans en qualité d'officier
Cet examen se passe par écrit et roule sur les mathématiques, l'histoire, la géographie, les langues allemande et française, enfin sur la tactique particulière de l'arme dans laquelle on sert.
Les candidats se rendent tous les ans, vers le mois
de mars au chef-lieu de leur division ; ils se présentent devant une commission nommée à cet effet, qui décacheté en leur présence les questions envoyées de Berlin par la commission des études, et ils se mettent immédiatement à Touvrage. La commission tient note du temps qu'ils emploient et des livres qu'ils consultent.
Toutes les pièces du concours, avec les observations de la commission, sont transmises à Berlin, où Ton désigne ceux des officiers qui méritent, tant par leurs travaux que par leur bonne conduite militaire, d'être admis à l'École de la guerre.
Les officiers admis à l'École doivent prendre l'engagement de ne pas quitter volontairement le service avant d'avoir servi au moins deux ans pour chacune des années qu'ils auront passées à l'École.
La durée des études est de trois ans.
Les plus célèbres professeurs de l'Université et des officiers habiles et expérimentés se partagent les différents cours.
En 1834, l'instruction était donnée par 14 professeurs civils et 10 militaires.
Les cours commencent le 15 octobre et se terminent le 15 juillet.
Tous les six mois, les officiers subissent par écrit un examen sur les matières qu'ils ont étudiées. A la fin de l'année scolaire, ils retournent pendant trois mois à leurs régiments pour y reprendre leur service, à l'exception de ceux dont les corps sont à plus de cinq jours de marche de Berlin. Dans ce cas, ces officiers sont placés dans des régiments en garnison à Berlin ou dans les environs.
Les officiers qui n'ont pas suivi avec fruit les cours
d une année ne sont plus rappelés à l'école Tannée suivante.
Pendant leur séjour à TÉcole, les officiers sont tetius de visiter avec le plus grand soin et à plusieurs reprises les établissements militaires de Berlin.
A la fin de leur troisième année, ils font à cheval, dirigés par un officier supérieur, un voyage que Ton peut appeler stratégique, dans led environs de la capitale. On reconnaît le terrain ; on fait des levésàvue; on suppose deux armées en présence ; on les range en bataille ; on manœuvre; on exécute des passages de rivière, etc.. . A la fin de cette campagne supposée, qui dure ordinairement quinze jours, les officiers doivent présenter un mémoire détaillé avec croquis et plans de toutes les opérations qui ont été étudiées.
L'École de la guerre possède une belle bibliothèque militaire de plus de 15,000 volumes, des atlas magnifiques, des cabinets de physique et de chimie, des salles de modèles et de relief de toutes les machines de guerre et de tous les ouvrages de fortification.
Elle possède encore une salle de conversation oîi se tfOuvent les journaux allemands et étrangers, des jeux d'échecs, de trictrac, etc., etc., et où se réunissent les officiers.
On reçoit annuellement 36 officiers à l'École de la ^erre, 4 par corps d'armée. On permet en outre à Quelques officiers dont les corps sont en garnison à Berlin de suivre les cours.
En 1834, 131 officiers, dont 102 d'infanterie, 23 de tovalerie et 6 d'artillerie, se trouvaient à l'École.
Les officiers ne sont point logés dans les bâtiments de l'École. Ils reçoivent pendant le temps de leur séjour à Berlin un supplément de solde.
Les frais de l'établissement sont portés sur le bud-
get de la guerre pour une somme d'un peu plus de 80,000 fr.
Des officiers étrangers sollicitefit H obtiennent fréquemment rautorisation de suivre les leçons de l'École de la guerre. On y voit surtout des officiers appartenant aux divers Ëtats de la Confédération germanique.
Les avantages de cette École pour les officiers et pouf l'armée sont incontestables. C'est un titre recherché pour les officiers, disait, en 1828, M. de Caraman, que d'avoir été admis à cette école et d'en avoir suivi les travaux. Cela les met sur les rangs pour être appelés par la suite aux emplois les plus élevés de l'armée.
Comme nous l'avons vu, c*^est l'École de la guerre qui assure le recrutement du corps d'état-major prussien.
Étudions maintenant Y état-major autrichien.
Le corps d'état-majoi*, en Autriche, est chargé de la partie scientifique de l'art de la guerre , de Tétilde du terrain, de la préparation des opérations militaires, des marches et mouvements de troupe, ded travaux géodésiques et topographiques , enfin de là Conservation des archives de la guerre*
Tel est son rôle général , analogue à celui des étatsmajors des autres puissances. Passons aux détails de son organisation, de son service et de son recrutement*
Le corps d'état-major, en Autriche, est commandé par un lieutenant général, quartier-maître général.
Il se compose ensuite de :
2 généraux-majors; 13 colonels;
19 lieutenants-colonels;
20 majors;
80 capitaines, Et quelques lieutenants.
Il faut y joindre plusieurs corps particuliers:
1* Le corps des aides de camp {adjudanten) formé d'officiers de toutes armes choisis par les généraux. Il est aussi nombreux que le corps d'état-major proprement dit ;
2** Le corps des ingénieurs-géographes, comprenant :
1 capitaine;
5 lieutenants;
2 sous-lieutenants.
7 dessinateurs;
Et 1 comptable.
Ce corps est sous les ordres directs du chef de Tétatmajor. Il est attaché au Dépôt de la guerre et s'occupe spécialement de géodésie et de topographie.
3** Enfin l'état-major, en Autriche, a sous ses ordres un certain nombre de corps de troupe, savoir :
Les pionniers, chargés de la construction et de la réparation des ponts et des routes;
Des marins , chargés de manœuvrer des chaloupes canonnières sur les fleuves et sur les lacs ;
Un régiment d'infanterie et un régiment de dragons, dont l'efl'ectif varie suivant les besoins et qui fournissent les escortes et les ordonnances aux divers quartiers généraux.
Le service du corps d'état-major se divise en deux parties :
1** Le service des états-majors d'armées et de corps d*armée;
2"* Le service du Dépôt de la guerre.
Dans un corps d'armée, Tétat-major se compose ordinairement de :
^ chef d'état-major, colonel ou lieutenant colonel ;
1 major;
2 ou 3 capitaines adjoints.
Il y a généralement 3 bureaux.
Le premier, sous la direction du chef d'état-major ou quartier-maître, est chargé des rapports ou mémoires adressés à l'Empereur, au Conseil aulique, aux autorités civiles ou militaires. On y exécute tous les travaux relatifs aux opérations. On y prépare les ordres de marche, de bataille, etc. ; on y réunit les résultats des reconnaissances, les rapports des déserteurs, des prisonniers etc.
Le second bureau, dirigé ordinairement par le major ou chef d'escadron est chargé de la rédaction et de l'expédition des ordres de service, des propositions d'avancement, des récompenses, des rapports sur les pertes, du maintien des tours de service, etc., etc.
Enfin le troisième bureau est celui de l'administration, qui est chargé desaffaires relativesau commissariat ou intendance de l'armée, aux subsistances des troupes, au service de santé , à la justice militaire, aux affaires religieuses, au service des postes, aux relations administratives avec le pays, etc.
Telle est la première partie du service de l'étatmajor en Autriche.
La seconde est relative au Dépôt de la guerre.
Ce Dépôt s'occupe, comme le nôtre de géodésie^ de topographie, d'histoire et de statistique.
On y établit les cartes des possessions autrichiennes.
On y rédige les relations des anciennea guerres, On y tient au courant la statistique militaire des divers États de l'Europe. On fournit au Conseil aulique le@ mé^ moires qu'il demande sur divers sujets militaires.
Ce dépôt est sous les ordres directs du lieutenant général, quartier-maître général. — Il est organisé en 6 bureaux.
r Celui du chef de rétat-major;
2*" Celui des marches et mouvement?;
3* Le bureau historique;
4"* Le bureau des calculs trigonométriques ;
$*" Le bureau du dessin et de la gravure ;
6"* Enfin le bureau des ateliers toppgraphiques et lithographiques.
Le recrutement du corps d'état-major, en Autriche, est assuré au moyen d une académie militaire, analogue aux écoles des autres puissances.
Il faut joindre à ces détails sur le corps d'état-major autrichien quelques mots sur le Conseil aulique, insti^ tutioq particulière à l'Autriche, et qui se trouve eo ?§^ latiou intime avec le corps d'état-major.
Le Conseil aulique est une espèce de conseil dç U guerre et en même temps de haute cour militairq.
Il siège à Vienne.
Il reçoit immédiatement les ordres de l'Empereur. Il est chargé de l'administration supérieure et en même temps de la haute direction de tout ce qui concerne les armées de terre et de mer.
Il se compose de :
1 président, habituellement feld-maréchal ;
2 vice-présidents, généraux-lieutenants ; D'uu certain nombre de généraux et de conseillers. ;
Enfin d'un certain nombre de secrétaires et de rapporteurs.
Le Conseil aulique est divisé en bureaux qui correspondent aux différentes branches du service. Chaque bureau est partagé en plusieurs directions.
L'influence du Conseil aulique a été fatale aux armées autrichiennes dans les guerres de la Révolution etde TEmpire. Aujourd'hui, cette influence est renfermée dans de plus justes limites.
'Nous arrivons à \ état-major ru^se.
En Russie, le corps d'état-major se compose de 400 officiers de tous grades environ, qui jouissent du privilège d'avoir un grade supérieur à celui dont ils sont titulaires. Ils en ont deux de plu3 quand ils sont dans la garde.
Il y a, dans le corps d'état-major russe :
1 7 officiers généraux ;
32 colonels;
48 lieutenants-colonels ;
60 capitaines;
80 lieutenants, plus les aides de camp et un certliîn nombre d'adjoints.
Le service du corps d'état-major russe est analogue au service français.
Il se divise en trois branches :
V Le service des états-majors d'armées, de corps d'armée etde divisions; les états-majors de divisions ayant été institués récemment;
2* Le service des aides de camp; pour lequel les officiers d'état-major concourent avec les officiers de troupe ;
3" Le service du dépôt d 'état-major et du ministère de la guerre.
Les états-majors d'armées, de corps d'armée et de divisions sont partagés en deux branches, relevant toutes deux du chef d'état-major.
Il y a d'abord dans chacun d'eux l'état-major proprement dit, comprenant :
1 colonel ou lieutenant-colonel ;
2 majors ,
et 2 officiers adjoints.
Cet état-major est chargé de la partie purement militaire, de la partie technique du travail; il fait les reconnaissances et dirige les manœuvres.
Il y a ensuite la chancellerie, comprenant aussi 3 ou 4 officiers, et chargée des situations, delà correspondance, de la police militaire, du personnel, etc.
Quant au service des aides de camp, en Russie, il est analogue au service des aides de camp en France.
Enfin, le dépôt d'état-major est sous les ordres d'un officier général, et forme une branche du ministère de la guerre.
On y trouve 4 bureaux :
V Celui des affaires courantes;
2** Celui de la géodésie et de la topographie ; 3** Celui de l'historique ;
V Celui de la comptabilité.
Il faut joindre à ce dépôt la chancellerie de la guerre, également placée au ministère et chargée de de la statistique, des archives, des dessins, des plans, des cartes, etc.
Les Russes font une carte de leur pays ji~ pour certaines parties, et au 77^^77 pour d'autres, particulièment les steppes.
Cette carte est levée par un corps de topographes, comprenant une centaine d'officiers et 1000 à 1200 sous-officiers sortant du corps des enfants de troupe ou cantonnistes et qui sont chargés particulièrement delà partie manuelle du travail.
Le corps dont nous nous occupons est recruté par une école d application nommée Académie déiai-ma" jor de r Empereur Nicolas^ et établie à Pétersbourg.
On y admet des officiers depuis le grade d'enseigne jusqu'à celui de capitaine en 2% inclus, après deux ans de service dans l'armée et après un concours.
Ce concours a lieu, vers le 1" septembre, à Saint- Pétersbourg, et il roule sur la littérature, l'histoire, la géographie, les mathématiques, les manœuvres, les langues étrangères, etc.
Les officiers admis à l'école y restent 2 ans. Ils logent en ville, viennent à l'académie à 7 h. 1/2 du matin et en sortent vers 3 h. 1/2.
Les cours commencent vers le 1" octobre; ils se terminent vers le 15 mai.
Ces cours sont les suivants :
Le cours de tactique élémentaire; Celui de grande tactique; Celui d'histoire militaire; Celui de stratégie; Celui de statistique militaire ; Celui d'administration ; Celui de topographie ; Celui de géodésie ; Celui de fortification ; Celui d'artillerie ; Enfin, les langues étrangères, le français et l'allemand. En môme temps, les élèves font des travaux d'appli-
cation, dessins et niémoires, qui viennent à Tappui de chaque cours.
Parmi ces travaux, nous remarquerons le résumé critique d'un ouvrage militaire, ayant pour objet de préparer les officiers à la lecture approfondie des ou^ vrages militaires, et à la comparaison des doctrines et des principes professés dans chacun d'eux.
Vers le 15 mai, les élèves de l'académie vont lever des plans dans la province de Novogorod. Ils y trou*vent un terrain suffisamment varié.
Ils rentrent ensuite à Técole, où ils préparent 1qup8 examens.
Il y a deux espèces d'examens :
Les examens de passage de première année en seconde année j
Et les examens de sortie.
Ces examens ont lieu vers le 20 septembre.
Leur échelle d'appréciation varie de 0 à 12.
Les élèves qui sortent avec les premiers numéros sont envoyés dans la garde.
Nous terminons ici l'étude des états-majors étrangers et, en même temps, l'étude de l'organisation et du service des états -majors.
Nous avons cherché à lei^ faire connaître d'une manière générale , à faire comprendra leur rôle et leur utilité.
On a souvent comparé une ^rmée à une machine.
Le moteur, a-t-on dit, est représenté par le commandement.
Les différentes armes représentent l^s outils ou instruments.
On peut dire que les états-majors sont les agents, les organçi^ chargés de la transmisçipn du mouvement
et de sa régularisation. Ce sont les intermédiaire^ indispensables entre Iç cppimandçn^çnt et les groupes.
Arrivé à la fin de notre travail, et au terme de I9 carrière que nous devions parcourir, il nous semble utile de dire quelques mots de lalittératuremilitaire, et particulièrement des principaux ouvrages qui ont servi à la rédaction du Cours, à établir sa charpente.
Les officiers qui auront puisé dans ces leçons ]q goût des études militaires pourront ainsi remonter aui sources, approfondir chacun des sujets que noys avonsi traités et compléter leur instruction.
Les ouvrages qui appartiennent à la littérature militaire peuvent se diviser en deux classes :
Les ouvrages anciens, Et les ouvrages modernes.
Les premiers, dont nous avons déjà parlé dans l'Introduction du Cours, sont les suivants:
Ceux d'Hérodote, de Thucydide et de Xénophon pour la période grecque.
Ceux de Polybe, de César et de Végèce pour la période romaine ;
Les chroniques de Villehardouin, de Joinville et de Froissard pour le moyen âge ;
Les œuvres de Commines et de Machiavel pour la période de transition ;
Les ouvrages de Montluc, de Brantôme, de Lanoue, du duc de Rohan, de MontecucuUi et de Turenne pour la période de la Renaissance.
Voilà les ouvrages anciens, les premiers à connaître, ceux dont l'étude sert à jeter les bases, à construire les fondements d une bonne instruction militaire.
Les ouvrages modernes se divisent ensuite en 2 classes :
Les ouvrages didactiques, et les ouvrages historiques.
Occupons-nous d*abord des ouvrages didactiques ou dogmatiques. Pour la première partie du Cours de 1" année, c'est-à-dire pour l'étude des institutions militaire des États, nous nous sommes servi des ouvrages suivants :
Les Institutions militaires du maréchal Mar- MONT, ouvrage substantiel, qui renferme beaucoup de choses sous peu de volume et qui aujourd'hui, bien mieux qu'autrefois les Commentaires de Montluc, mérite d'être appelé le bréviaire des gens de guerre.
La Philosophie de la guerre, du marquis de Chambray et une autre brochure du même auteur, intitulée : de la Guerre.
Les Principes de la guerre du général Clausewitz, ouvrage moins clair et moins utile que les précédents, mais où l'on peut cependant puiser quelques bonnes idées.
La Guerre de la Péninsule, par le général Foy, pour le tableau politique et militaire des puissances belligérantes. C'est un véritable monument de littérature militaire. On y trouve en grand nombre des modèles de style et de composition.
L'Histoire militaire de Carrion-Nisas, dont le T'
volume nous a été fort utile pour les premières leçons du Cours.
L'Annuaire de Tarrnée française.
Le Dictionnaire des armées de terre et de mer du général Bardin.
L'Organisation de la Prusse, par le marquis de Caraman.
Le n" 29 de la Revue britannique de 1855, oh l'on trouve une étude remarquable dés institutions militaires prussiennes.
L'Organisation de l'Autriche, par Ravichio de Petersdorf.
L'Organisation MILITAIRE de la même puissance, par le colonel Carrière.
Un article de M. Baude, dans la Bévue des Deiix^ Mondes, 1859, présentant un tableau complet du systèmemilitaire autrichien.
L'Organisation militaire de la Russie, par Tanskî.
Les institutions militaires du même pays, parle baron de Haxthausen.
Enfin l'ouvrage du commandant Haillot sur l'Organisation militaire des puissances européennes,
Ce sont là les ouvrages principaux qui nous ont servi pour la 1" partie du Cours de T* année.
Pour la 2* partie , c'est-à-dire pour l'étude des différentes armes et l'organisation des armées actives, nous avons puisé nos idées principales dans le? ouvrages suivants;
Les Rêveries du maréchal de Saxe, livre original, appartenant au siècle dernier, mais dont beau-
coup d'idéôô Bont ôncore parfaitement applicables dans le nôtre.
L*EssÂi DE TACTIQUE DE GuiBERT, ouvrags remarquable, fort de pensée et d'éloquence.
La Tactique des trois armes de Giustiniani*
Les OUVRAGES du général Renard sur Tinfanterie et sur la cavalerie.
Le Cours de tactique de Decker.
Celui de Dufour.
L'infanterie légère de Duhesme.
L'Examen raisonné des trois armes ^ d'OkoUnèf.
Les ouvrages sur la cavalerie de Varnery, de la Roche-Âymon^ du colonel de Brack.
Les opuscules du maréchal Bugeaud sui* Tinfanterie*
Le Cours d'administration d'OdiëRi
Enfin I'Approvisionnement des armées du général Rdguet.
Pour la 3*^ partie, c'est-à-dîre pour les petites opérations et les reconnaissances, nous avons consulté particulièrement i
Les pEtiTES Opératio]!<î[s de Lallemâud.
Le Traité dès reconnaissances militaires du colonel Châtelain.
Nous arrivons maintenant auï ouvrages relatifs au Cours de 2* année. Pour la 1" partie ces ouvrages sont:
La Constitution militaire de la FraNCé, du général Paixhans.
Là Défense des États de Vanden Velden.
La Défense du système de guerre Moderne, par Ouibert.
Pour la T partîe> c*eôt-à-dîre pour la stratégie, nous avons :
Le Tableau des principales combinaisons de l*art DE LA guerre, pap JoHiini.
Le Traité des grandes opérations, par le même.
Les Principes de stratégie du prince Charles.
La Grande Guerre, par le même.
Les Considérations sûr l'art de la guerre, par le général Rogniat^ ouvrage très^remarquable dans ce qui regarde les grandes opérations.
Les Remarques critiques du général Marbot sur l'ouvrage précédent.
Les Mémoires de Napoléon par Montholon, renfermant des critiques fort intéressantes de l'ouvrage du général Rogniat.
La Réponse du général aux critiques de l'Empereur, ce qui complète cette polémique instructive.
Pour la 3" partie du Cours de 2" année, c'est-à-dire pour la grande tactique, nous avons utilisé particulièrement :
La Grande Tactique, du marquis de Ternay.
Et de plus, les ouvrages suivants, qui se rapportent en môme temps à tout l'ensemble du Cours :
L'Art de la guerre du duc de Rohan.
Les Mémoires de Folard, de Feuquière^ de Lloyd et de Frédéric.
Le Cours d'art miutaire de Jacquinot de Presle.
Celui de Rocquencourt,
Et celui du commandant de Labarre Dupai'oq«
11 faut ajouter à ces ouvrages, qui se rapportent au Cours d'art militaire proprement dit, les ouvrages suivants, qui ont été consultés pour l'appendice, c'est-àdire pour l'organisation et le service des états-majors ;
Réflexions sur le corps d'état-major, par le général Thiébaut.
États-majors des armées, par le général Grimoard.
Mémorial d'état-major, de Lavarenne.
Mémorial de Chambouleron.
Manuel du général Thiébaut.
Science de l'état-major, par Hardegg.
État militaire du corps d'état-major en 1840.
Enfin le T' volume du Mémorial du Dépôt de la guerre.
Tels sont les ouvrages didactiques qui se rapportent au Cours d'art militaire.
Quant aux ouvrages historiques, nous avons vu ceux de l'antiquité, du moyen âge et de la Renaissance. Nous allons indiquer sommairement les ouvrages modernes, nous réservant d'en parler avec détails dans une Histoire abrégée des Campagnes modernes.
Ces ouvrages sont les suivants :
Pour les campagnes de Turenne : les Mémoires de ce grand homme, les ouvrages de Quincy, de Ramsay et de Beaurain.
Pour les campagnes de Frédéric, I'Histoire de mon temps , les Mémoires de Bourcet, ceux de Lloyd , de Napoléon, enfin l'ouvrage de Jomîni.
Pour les campagnes de la Révolution, les ouvrages de Thiers, de Jominî, de Gouvion Saint-Cyr, les Victqires et conquêtes, etc.
Pour les guerres de l'Empire, les ouvrages de Mathieu-Dumas, Thiers, Pelet, Suchet, Gouvîon-Saint- Cyr, Chambray, Foy, Napier, Marmont, BoutourliU; Vaudoncourt, Koch, les Mémoires de Napoléon, du roi Joseph, du prince Eugène, etc.
L'ensemble de ces ouvrages, soit didactiques, soit historiques, forme la littérature militaire. Il faut y joindre les ouvrages périodiques, revues et journaux. C'est dans les uns et les autres que Ton peut puiser les principes da Tart de la guerre et les éléments d'une sérieuse instruction militaire.
FIK.