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SEPTIÈME LEÇON

Dépôt de U guerre. — Son bîslorique. — Son organisation. — Travaui

des offlcîers qui y sont attachés.

Positions particulières que peuvent occuper les officiers du corps

d'éut-major. — Ministère de la guerre. — École d'application. —

Place de Paris.— Ambassades, etc.

Nous pouvons considérer comme une position gé* nérale, celle (Tattaché au Dépôt de la guerre^ en raison du grand nombre d'officiers d*état-major qui, en temps ordinaire, sont employés de cette manière.

Avant de parler du service de ces officiers, nous allons jeter un coup d'œil sur l'historique et sur l'organisation du Dépôt.

Sous l'ancienne monarchie , du moins avant Louis Xiy, chaque ministre avait ses bureaux chez lui, de sorte qu'à sa retraite ou à sa mort ses papiers s'égaraient ou restaient ignorés sans qu'on songeât à les réunir.

Sully cependant, sous Henri IV, recueille toutes les pièces qui lui ont servi à régulariser le service de son ministère.

Cet exemple est suivi, en 1688, par le marquis de Louvois, qui organise dans son hôtel un premier Dépôt de la guerre, en faisant réunir et classer toute sâ

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correspondance avec le roi, avec les généraux, avec les intendants de provinces ou d'armées.

Après la mort de Louvoîs en 1691, le Dépôt est transporté à Versailles, mais il est relégué dans les greniers du château et il perd l'importance que lui avait donnée le grand ministre.

Sous Louis XV, le Dépôt de la jguerre est placé aux Invalides.

Indépendamment de la correspondance ministérielle, il reçoit encore les plans de campagne, les dessins, cartes et mémoires relatifs aux opérations. Il reçoit aussi les travaux des ingénieurs géographes et parmi ceux de cette époque, on en trouve de très-remarquables exécutés sur la guerre de Sept ans.

En 1754, le maréchal de Maillebois est le premier directeur du Dépôt de la guerre. Et cette nomination est un signe évident de l'importance que prend cet établissement.

En 1758, le maréchal de Belle-Isle fait construire à Versailles un hôtel de la guerre. Il y place le Dépôt qui vient s'y installer aussitôt après l'achèvement des travaux.

£q 1760, le maréchal de Belle->-Isle pl^ce à la tête du Dépôt le généra} de Vault qui entreprend 1$ rédaction des oampagne^ d'après {es pièces originales,

M. de Vault commence son travail à la guerre de 1671 et il le continue pendant une période de 30 ans. La partie la plus intéressante de cette œuvre qui comprend 125 volumes, est celle qui est relative à la guerre de la succession d'Espagne.

M. de Vault s'occupe en même temps du classement des anciennes archives, commençant à Tannée 1677, se terminant en 1763 et formant 1250 volumes.

En 1790, M. deVault a pour successeur comme directeur du Dépôt de la guerre le général Mathieu Dumas alors aide-maréchal des logis et qui joua plilstard un rôle assez considérable dans les états-majors de l'Empire.

En 1791, au eommencement de la Révolution, le Dépôt change encore une fois de place et de Versaillea revient à Paris, comme tout ce qui appartenait au Gouyei*nementf Malgré les mauvaises conditions au milieu desquelles s'effectue ce transport, on pQnserve cependant la plus grandp partie d^s archives.

Le Dépôt contenait alors :

La correspondance des généraux et des ministres pendant les diverses guerres depuis 1688 ;

Les détails des mouvements des armées ;

Les reconnaissances des pays où avaient eu lieu les opérations, avec des mémoires descriptifs à l'appui;

Le précis historique des campagnes de la fin du iT" siècle et de celles du IS"*;

La collection des cartes frontières ;

La collection des principales cartes de toutes les parties de l'Europe ;

Les dessins à la main des camps, batailles et mou^ vements d'armées ;

Enfin, la collection des plans et mémoires composés par les officiers d'état-major.

Telles sont encore aujourd'hui, comme nous le yer^ rons plus tard, les richesses du Dépôt.

A la même époque, toujours sous Louis XVI, l'ordonnance du 2 avril 1792 trace ainsi les fonctions habituelles du directeur du Dépôt de la guerre.

r II doit analyser les mémoires militaires, ainsi que les plans, cartes et reconnaissances existanfau Dépôt de la guerre sur chaque partie des côtes ou frontières ;

2* Il doit indiquer les pièces qu*il conviendrait de refaire ou de vérifier, ainsi que les parties qui restent à exécuter sur les différentes frontières ;

S*" Il est chargé de calculer sous les relations militaires, les avantages et les inconvénients de tous les changements de limites à accorder ou à proposer aux puissances étrangères en les combinant avec le comité des fortifications;

4" Il doit développer les vues militaires sur l'ouverture des routes, la direction des canaux, remplacement des ponts pour les rendre utiles ou les empêcher d'être nuisibles aux dispositions de défense dont le pays est susceptible ;

S"" Il doit encore classer toutes les pièces dans l'ordre le plus propre à l'instruction militaire ;

6* Enfin, il doit fournir au ministre tous les renseignements militaires dont il peut avoir besoin.

En 1793, au milieu de l'anarchie universelle, le Dépôt fut presque abandonné. Cependant, dans le courant de la même année, les opérations militaires devenant chaque jour plus importantes, Carnot recréa pour ainsi dire le Dépôt, en formant un cabinet topographique particulier qui fournit aux armées les do* cuments qui leur étaient nécessaires.

En 1795, sous le Directoire, nous voyons à la tête du Dépôt de la guerre le général Dupont;

En 1797, le général Ernouf, ancien chef d'étatmajof de Jourdan à l'armée de Sambre-et-Meuse ; En 1799, le général Meunier;

Sous le Consulat, en 1800, le général Glarke, qui fut plus tard duc de Feltre et ministre de la guerre; En 1801 , le général Andréossy ;

En 1803, le général Samson, qui y reste jusqu'en

Le colonel Muriel lui succède, et enfin nous y trouvons le général Bâcler d'Albe, qui achève la période impériale.

Pendant cette période, le Dépôt s'occupa particulièrement de fournir à l'Empereur et aux diverses armées actives les plans et cartes qui pouvaient leur être utiles.

De plus, l'Empereur avait auprès de lui un cabinet topographique particulier à la tête duquel était le général Bâcler d'Albe, qui y resta jusqu'^à son entrée au Dépôt de la guerre.

Le classement des documents et archives, qui avait été interrompu une première fois par la Révolution, le fut de nouveau sous l'Empire, après avoir été repris un instant sous le Consulat.

Ce travail, qui est terminé aujourd'hui, n'a été sérieusement recommencé qu'en 1830.

Nous arrivons maintenant aux différentes organisations modernes du Dépôt.

En 1815, au moment de la Restauration, nous voyons comme directeur du Dépôt le marquis de Larochefoucauld.

Le général d'Ecquevilly lui succède.

En 1817, la direction du Dépôt est supprimée et rattachée à celle de l'artillerie et du génie au ministère de la guerre.

En 1822, la direction est rétablie et confiée au général Guilleminot.

Une ordonnance du 31 janvier 1822 fixe ainsi Tor^

ganisation du Dépôt :

11 y a trois sections :

1** La section historique, qui est chargée de la recherche et de la classification des matériaux historiques, de la rédaction des opérations militaires, de la traduction des ouvrages étrangers, de lanalyse des ouvrages français, des extraits des productions les plus intéressantes ;

2° La 2° section, qui est chargée des . opérations géodésiques et topographiques, de la gravure et des mémoires descriptifs;

3°La 3* section, qui est chargée de Tadministration , de la comptabilité et de la conservation des collections.

Le 24 mars 1826, on crée une nouvelle section, celle de statistique, comprenant la statistique intérieure et la statistique étrangère.

En 1830, le général Pelet fut placé à la tête du Dépôt. 11 lui donna une nouvelle organisation et créa cinq sections, savoir :

Celle de géodésie, comprenant la carte de France et la centralisation ;

Celle des travaux intérieurs, du dessin et de la gravure ;

Celle de l'historique et des archives;

Celle de statistique et des travaux annuels ;

Enfin la section de ladministration .

Cette organisation subsista jusqu'en 1845. A cette époque, le Dépôt, qui jusque-là s'administrait séparément, rentra dans Tadministration centrale de la guerre et perdit par suite sa 5* section.

Enfin, en 1856, le décret du 19 septembre a apporté une nouvelle et dernière modification dans l'organisation du Dépôt.

11 n y a plus maintenant que deux sections.

La première comprend tous les travaux relatifs à la géodésie, à la topographie, au dessin et à la gravure de la carte de France. Elle est chargée en même temps de la rédaction de la partie scientifique du mémorial de la guerre ; enfin elle comprend l'administration, la comptabilité et les cartes de fond du Dépôt.

La 2*^ section comprend les travaux historiques et statistiques; la rédaction des opérations militaires depuis 1792; la partie historique du mémorial; l'histoire des régiments depuis leur création ; enfin la bibliothèque et les archives.

Chaque section comprend deux subdivisions.

Les chefs de section sont choisis parmi les colonels ou lieutenants-colonels du corps d'état-major en activité de service. Ils dirigent spécialement la première subdivision de leur section.

Un officier supérieur d'état-major en retraite peut être placé sous leurs ordres à la tête de la 2" subdivision.

Un certain nombre de chefs d'escadron ou de capitaines en activité sont employés dans l'une et dans l'autre section à des travaux géodésiques, topographiques, historiques ou statistiques.

Tel est l'historique du Dépôt de la guerre et l'ensemble de son organisation actuelle.

Quant à son matériel, il présente le tableau suivant:

r II y a des archives historiques, commençant à la fin du règne de Louis XIIl et se continuant sans interruption jusqu'à la guerre d'Italie. Ces archives comprennent des lettres écrites par les souverains, par les ministres, par les généraux, par les intendants d'armées et de provinces, par les ambassadeurs, etc.

Elles ont été divisées en cinq séries :

La première série commence à la fin du règne de Louis XIII et va jusqu'à la Révolution de 1789.

La deuxième comprend la période républicaine de 1789 à 1802.

La troisième correspond àTEmpire, de 1803 à 1815.

La quatrième corresponde la Restauration, de 1815

Et enfin la cinquièipe va de 1830 à l'époque actuelle.

Ces archives se composent de 800,000 pièces et de 5,000 registres ou volumes.

11 y a, ensuite, des Mémoires historiques manuscrits au nombre de 1 000 environ ;

Des documents de statistique au nombre d'à peu près 15,000;

Des cartes et des plans, formant environ 130,000 feuilles.

La bibliothèque comprend 25,000 volumes classés en 12 subdivisions.

Enfin, il faut ajouter à ce catalogue un grand nombre de planches de cuivre gravées, de pierres lithographiques, d'instruments de géodésie et de topographie.

Connaissant maintenant ce qu'est le Dépôt de la guerre et son historique, nous allons voir le service des officiers qui y sont attachés.

Les officiers attachés au 'Dépôt peuvent être employés à l'une ou l'autre des 2 sections qui ont été indiquées précédemment.

Ceux qui sont attachés à la première section s'occupent de travaux géodésiques et topographiques.

Les autres s'occupent de travaux historiques et statistiques.

Ce sont les premiers qui ont fait et qui font encore en ce moment la carte de France.

Pour la géodésie, les officiers qui y étaient employés passaient six ou huit mois sur le terrain à faire des observations, et six ou quatre mois à Paris à faire le calcul de leurs points trigonométriques.

Pour la topographie, les officiers qui y sont employés passent 6 ou 8 mois sur le terrain pour les levées et 6 ou 4 mois à Paris pour la mise au net de leurs travaux .

Lia carte de France a été commencée en 1818.

On a fait d'abord une triangulation de premier ordre, en s'appuyant sur une base qui avait été mesurée près de Melun par l'astronome Delambre.

Le premier réseau de triangles, partant des environs de Melun, s'est étendu de Brest à Strasbourg.

Puis on a tracé d'autres réseaux perpendiculaires, suivant les méridiennes de Strasbourg, de Mézières et de Bayeux ; ensuite on en a tracé suivant les parallèles d'Amiens, de Bourges, de Clermont, de Rodez et des Pyrénées.

Enfin on a rempli les espaces laissés vides entre ces grandes chaînes de triangles.

Telle a été la marche de la triangulation de premier ordre. Les triangles employés avaient 40 kil. de côté en moyenne.

La triangulation de deuxième ordre, dont les côtés avaient de 15 à 20 kil., a fourni ensuite les points de départ de la topographie.

Celle-ci a eu lieu successivement au 77— r, au ,./... et enfin au ijr^.

Le travail d'un officier est de 26 à 30 lieues carrées

à peu près : 26 lieues dans la montagne , 30 lieues dans la plaine.

La géodésie de premier ordre, commencée en 1818, a été terminée en 1845,

La géodésie de deuxième ordre, commencée aussi en 1818, a été terminée en 1854.

La topographie, commencée toujours à la môme époque, 1818, continue encore en ce moment.

La carte de France, en 1852, devait comprendre 257 feuilles. Il en restait 15 à lever. Il y en avait 176 publiées. Les autres étaient à la gravure.

On pensait que la carte pouvait être achevée en 1868, ayant demandé pour son exécution une période de 50 ans.

Mais l'annexion de Nice et de la Savoie, en agrandissant le territoire de la France, est venue augmenter le travail de la carte et reculer le terme de son exécution.

Quoi qu'il en soit, nous connaissons maintenant d'une manière sommaire le service des officiers attachés à la r*' section du Dépôt.

Quant à ceux attachés à la 2" section, ils s'occupent de travaux historiques et statistiques. — Ils fournissent au ministre les renseignements dont il a besoin; ils rédigent des mémoires militaires d'après les documents officiels ; ils traduisent les ouvrages étrangers qui présentent de l'importance ; ils ont publié en 1860 l'atlas de la guerre de Crimée; ils en publieront probablement un second pour la guerre d'Italie.

Nous avons terminé l'examen des cinq positions générales que peuvent occuper les officiers d'état-

major. Nous allons jeter un coup d'œil sur leurs positions particulières, c'est-à-dire sur les positions qu'occupe seulement un petit nombre d'entre eux.

Ces positions sont les suivantes :

1** Celles qu'offrent les maisons militaires de l'Empereur et des princes ;

2** Celles qu'^offre le ministère de la guerre ;

3° Celles de l'école d'état-major ;

4'' Celles de la place de Paris ;

5* Celles qu'offrent les ambassades ;

6^ Enfin quelques positions accidentelles dont nous parlerons pour mémoire.

Passons rapidement en revue ces diverses positions ou ces différents emplois.

Le souverain de l'État et les princes de sa famille ont toujours auprès d'eux un certain nombre d'officiers d'état-major qui remplissent les fonctions d'aides de camp ou d'officiers d'ordonnance. C'est ce que l'on voit en ce moment dans tous les États de l'Europe.

Au ministère de la guerre, on trouve un certain nombre d'officiere d'état-major.

Les uns sont attachés à l'état-major particulier du ministre, comme ses aides de camp ou ses officiers d'ordonnance.

D'autres sont attachés à son cabinet, chargés d'ouvrir et de classer les dépêches , de traiter les affaires secrètes et confidentielles, de recevoir les personnes qui viennent parler au ministre d'affaires de service. Quelques-uns sont à la direction du personnel. D'autres enfin sont employés au ministère, comme secrétaires des comités de l'infanterie, de la cavalerie, de rétat- major et de la gendarmerie.

Les comités de l'artillerie et du génie ont pour secrétaires des officiers de ces deux armes.

Après le ministère de la guerre, vient Técole d'état-major.

Cette école, comme nous l'avons dit précédemment, a pour objet d'assurer le recrutement du corps d'étatmajor. C'est par des écoles analogues que se recrutent toutes les armes spéciales et tous les services spéciaux : ainsi l'artillerie, le génie, les mines, les ponts et chaussées, etc.... 11 en est de même encore chez toutes les puissances étrangères. La Prusse a son école de la guerre; l'Autriche son académie militaire; la Russie son académie détat-^major de l'empereur iVicolas.

Chacune d'elles a compris la nécessité de recruter son état-major dans une école spéciale assurant l'uniformité de l'instruction et conservant les traditions ; chacune d'elles a compris en même temps l'impossibilité de recruter l'état-major dans les régiments oîi les officiers ne peuvent acquérir toutes les connaissances nécessaires, n'ayant la plupart du temps ni professeurs, ni livres, ni instruments, ni ressources d'aucune espèce.

L'école d'état-major a été établie à Paris, comme les écoles étrangères ont été établies dans les capitales; les élèves profitent ainsi du voisinage du Dépôt de la guerre, des arsenaux, des manutentions, des hôpitaux, des gares de chemins de fer, du conservatoire des arts et métiers, enfin de tous les grands établissements qui présentent des ressources pour l'instruction et où ils vont faire des travaux d'application.

Les officiers attachés a l'école sont employés, les uns à l'instruction, les autres au service intérieur.

Ce n'est pas ici le lieu de parler des détails de l'un ou de l'autre service, tous deux ayant lieu chaque jour sous les yeux des élèves.

Après l'école d'état-major, nous trouvons la place de Paris.

L'état-major de la place de Paris se compose de :

1 colonel;

2 chefs d'escadron ,

et un certain nombre de capitaines d'état-major, indépendamment des officiers de l'état-major des places qui y ont été appelés récemment.

Le service de ces officiers est un service de place. On y emploie des officiers d'état-major, en raison de son importance et parce qu'une partie de ce service se fait à cheval.

Les officiers d'état-major peuvent encore être employés dans les ambassades.

L'art. 7 de l'ordonnance du 23 février 1833 dit que chaque année un certain nombre de capitaines d'étatmajor, ayant fini leur stage, seront employés dans les ambassades ou seront mis à la disposition du ministre des affaires étrangères pour des missions diplomatiques.

Cet article, longtemps oublié, a été appliqué récemment.

Un officier d'état-major employé de cette manière doit étudier le système militaire de la puissance chez laquelle il se trouve, la composition de ses armées, leur organisation, leurs méthodes de recrutement et d'avancement, leur habillement, leur équipement,

leur armement, en un mot tous les détails des institutions militaires.

Dans une telle position, la connaissance de la langue du pays peut évidemment rendre de grands services.

11 faut joindre aux différentes positions que nous venons dVmumérer celles que peuvent occuper les officiers d'état-major auprès des conseils de guerre ou des commissions militaires ; ils peuvent remplir les fonctions de commissaires du Gouvernement ou de rapporteurs.

Il faut y joindre encore les positions particulières à l'Afrique, comme celles de commandant de cercle, d'employé dans les bureaux arabes, d'employé au cantonnement des Arabes , à des délimitations de frontières, etc.

Nous terminons ainsi l'étude abrégée des diverses positions d'état-major. Ajoutons-y quelques considérations générales qui semblent pouvoir s'en déduire naturellement.

Les emplois des officiers d'état-major, soit dans les états-majors du commandement territorial, soit dans les états-majors de divisions actives à l'intérieur ou en campagne, soit comme aides de camp des généraux de brigade ou de division, soit au Dépôt de la guerre, soit enfin dans les positions particulières que nous venons d'énumérer , ces emplois présentent tous, ainsi que nous l'avons remarqué, un double caractère et comportent deux espèces de service : le service actif et le service de bureau ; de sorte que l'on peut dire que l'officier d'état-major se présente sous deux points de vue, qu'il doit remplir deux objets différents, qu'il

doit être à la fois homme d^étude et homme d'action, officier de cabinet et officier de guerre, enfin qu'il doit savoir manier en môme temps la plume et Tépée.

Par suite, l'officier d'état-major doit posséder deux espèces de qualités.

Le service de bureau ou le travail de cabinet demande :

De l'intelligence et de l'exactitude ; De l'ordre et de la méthode dans le travail ; Une rédaction claire et facile ; La connaissance des règlements et l'habitude de la législation militaire;

Enfin une grande discrétion.

Le service actif demande :

Une vigoureuse santé ;

Du zèle et de l'activité;

De la hardiesse à cheval et l'habitude de l'équilation ;

La connaissance du service et des manœuvres des différentes armes ;

Un coup d'œil exercé, pour bien juger et bien apprécier le terrain ;

Enfin, il faut à l'officier d'état-major, comme à tous les militaires, la bravoure et le goût du métier.

Nous dirons encore que, plus que tous les officiers de l'armée, l'officier d'état-major a des relations du monde. Elles sont presque une conséquence de sa position , puisque, comme nous l'avons vu précédemment, il prend souvent part aux actes de représentation des officiers généraux, aux fêtes, cérémonies publiques, réceptions officielles, etc.

L'officiiîr d'état-major doit s'y présenter avec le

tact, la convenance, la discrétion de paroles, d'actes, de relations, qui dénotent une bonne éducation.

Enfin, il a souvent affaire à des inférieurs. Il est souvent leur intermédiaire auprès de ses chefs pour des réclamations, des sollicitations, des demandes de toute espèce; il leur montrera alors cette bienveillance qui fait aimer le commandement et que se doivent mutuellement tous les membres d'uiie même armée.

Telles sont les conditions générales imposées aux officiers d'état-major par les devoirs qu'ils ont à remplir.

Nous n'entrerons pas dans le détail des connaissances multipliées qui leur sont nécessaires. Ces connaissances sont comprises dans l'instruction de l'école. Et chaque Cours trouve son application dans la carrière que l'on doit parcourir.

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