PREMIÈRE LEÇON
ou
IITRODUOTIOI.
Plan et ensemble du Cours. — But que l'on s'y propose. — Liaison
entre l'art et rhistoire militaires.
De la guerre. — De Tart militaire. — Sa définition. — Son importance.
Coup d*œil rapide sur l'histoire de Tart militaire^ depuis son origine jusqu'à nos jours.
Plaa et ensemble du Goiurs. — Je divise le Cours d'art nùlitaire en deux parties principales qui correspondent aux deux années d'étude.
Chaque année se subdivise en trois parties secondaires ou en trois livres.
Dans la première partie, ou dans le premier livre du
cours de première année, j'étudierai les principes des
institutions militaires des États en général et Tappli-
cation de ces principes aux sfystèmes militaires des grandes puissances européennes.
Ûat|a le deuxième livre» je m'oçouperai del'IttKie j[)artièulî(fere des différentes armes, infanterie, caValérié, artillerie, de leurs combinaîsouB et de leur organisation en armées actives.
Dans le troisième livre, j'examinerai les petites opérations de la guerre et partituîrèïement les reconnaissances.
Dans le premier livre du cours de deuxième année, j'étudierai les différents théâtres sur lesquels opèrent les armées et le rôle que joue le teirain à la guerre.
Dans le deuxième livre, je m'occuperai de la stratégie ou des grandes opérations militaires ;
Dans le troisième, je m'occuperai de la grande tactique ou des opérations du champ de bataille.
Dans un appendice de huit leçons, je parlerai de l'organisation et du service des états-majors.
Voilà l'ensemble du cours.
Le plan que j'ai adopté est basé sur les principes suivants :'
Le cours de première année comprend tout ce qui est relatif à la création et à l'organisation des armées, en un mot, tout ce qui précède leur entrée en campagne.
Le cours de deuxième année comprend tout ce qui est relatif à l'emploi, à la mise en action de ces mêmes armées sur les théâtres d'opérations et sur les champs de bataille, en un mot, toutes les opérations d'une campagne, en suivant l'ordre où elles se présentent réellement.
Tel est le principe de la division générale du cours eh deux parties principales»
Lfi première partie prépare la secoDde ; car de la bQane organisation d'une armée dépendent ses succès à la guerre.
La marche que j'indique est basée sur la réalité ; elle est calquée sur }a marche habituelle des opérations; elle est justifiée par le but que je me propose.
But que Ton se propose. — Ce but est d'abord : de vous préparer à l'étude de Thistoire militaire et particulièrement à celle des campagnes les plus remarquables — étude qui est la source et la base de la véritable instruction militaire.
Napoléon dit dans ses Mémoires :
« Alexandre a fait 8 campagnes, Annibal 17, dont « une en Espagne, 15 en Italie et une en Afrique; « César en a fait 13, dont 8 contre les Gaulois et 5 « contre les légions de Pompée; Gustave- Adolphe 3 ; « Turenne 1 8 ; le prince Eugène de Savoie 1 3 ; Fré- « déric en a fait U , en Bohême, en Silésie et sur les (( rives de l'Elbe.
« L'histoire de ces 84 campagnes, faite avec soin, « serait un traité complet de l'art de la guerre. Les « principes que Ton doit suivre dans la guerre offen- « sive ainsi que dans la guerre défensive en découle- « raient comme de source. »
Le maréchal Gouvion-Saint-Cyr dit sur le même sujet :
« Il faut se former à l'art de la guerre par l'étude « approfondie de l'histoire des guerres anciennes et « modernes, mais particulièrement de ces dernières.
« Celles du règne de Louis XIV et celles de Fré- « déric ont été assez bien décrites pour avoir servi à « l'instruction de la génération qui s'éteint. Celles de « la République et de l'Empire doivent servir à former « la génération qui lui succédera* »
Ainsi donc, d'après Napoléon, d'après le maréchal Gouvion Saînt-Cyr, d'après beaucoup d'autres auteurs militaires, car je pourrais multiplier les citations, ilfaut^ pour acquérir la véritable instruction militaire, étudier avec soin un grand nombre de campagnes et de batailles, particulièrement celles des généraux habiles.
Le but que je me propose est d'abord de vous préparer à cette étude.
Il est, ensuite, de vous mettre à même de comprendre les diverses opérations auxquelles vous pourrez prendre part.
L'horizon d'un officier particulier qui fait campagne est extrêmement borné.
« Marcher quand on marche, dit à ce sujet Frédéric « dans sa lettre au général Fouquet ; s'arrêter quand on « s'arrête; se camper quand on campe ; manger quand « on mange ; se battre quand on se bat : voilà ce qu'est (( la guerre pour la plupart des officiers qui la font. »
Mais il ne faut pas que ce soit là la guerre pour les officiers d'état-major. Ils doivent travailler, réfléchir et posséder des notions d'art militaire suffisantes pour comprendre le sens, la marche, la valeur des opérations auxquelles ils prennent part.
Enfin le cours d'art militaire a encore pour but de vous préparer aux différents services que vous aurez à remplir plus tard comme officiers d'état-major.
Tels sont donc les divers objets que je me propose :
Préparer les élèves de l'école,
V A rétude de l'histoire militaire ;
2"" A rintelligence des opérations de la guerre ;
3** Et aux divers services d'état-major.
Le plan que j'ai adopté est en rapport avec ce but.
liaison entre l'art et rhietoire militaires. — Le cours dont nous nous occupons est intitulé : Cours dart et dhis-^ toire militaires. Il convient donc d'indiquer la liaison qui existe entre l'art et l'histoire militaires.
On peut comprendre l'origine de l'art de la guerre de la manière suivante :
Cet art ne fut probablement d'abord que le récit des événements.
Ce récit devint bientôt de la critique par l'examen des moyens employés. Puis, de cette critique, on déduisit un ensemble de principes, de règles, de théories et de méthodes qui forme aujourd'hui l'art militaire proprement dit.
Comme dans toutes les sciences expérimentales, l'observation des faits précéda donc la théorie, et c'est de l'histoire du passé que l'on tira l'enseignement de l'avenir.
Il y a, par suite, une liaison intime entre l'art et l'histoire militaires ; ces deux parties de la science se . soutiennent, s'appuient, se complètent mutuellement.
Elles doivent marcher ensemble.
Un cours complet d'art et d'histoire militaires devrait présenter d'abord une histoire abrégée des campagnes anciennes et modernes, et en déduire ensuite, comme conséquence, les principes de la guerre.
On trouverait les éléments de cette histoire dans les diverses relations déjà faites, dans les bulletins des généraux, dans leurs rapports, leur correspondance, leurs ordres, leurs instructions, particulièrement dans leurs mémoires.
Presque tous les grands généraux ont laissé des mémoires depuis Xénophon et César jusqu'à Turenne, au prince Eugène, à Frédéric, au prince Charles, au
maréchal Suchet, au maréchal Saînt-Cyr, enfin à Napoléon.
Maïs ce travail 5 cette hîstoîre des campagnes anciennes et modernes, est une œuvre de longue haleine qui demande un temps considérable; ne pouvant l'entreprendre ici, j'y suppléerai par des exemples historiques auxquels je donnerai une large part, et qui représenteront l'histoire dans le cours de ces leçons.
Les exemples sont utiles, parce qu'ils constituent des preuves à l'appui des principes, parce qu'ils éclairent les théories, parce qu'ils servent à développer et à expliquer les idées.
Je puiserai généralement mes exemples dans l'histoire moderne, à cause de la similitude des armes et de l'analogie des institutions militaires. Néanmoins, j'en trouverai quelques-uns dans l'histoire militaire de l'antiquité.
« Des observateurs superficiels, dit à ce sujet le gé- « néral Rogniat, témoins de nos combats modernes, « concluent sans examen que notre système de guerre « ne peut avoir rien de commun avec celui des ance ciens. Mais des observateurs plus exacts remarque- « ront que si la différence des armes en apporte dans « la manière de ranger les troupes et de les faire com- « battre, elle ne peut pas en introduire dans celle de « les lever, de les discipliner, de les nourrir, de les « ordonner pour la marche, de les endurcir aux tract vaux militaires, enfin de les animer au combat. »
Quoi qu'il en soit, l'art et l'histoire militaires sont intimement liés.
Et appuyer les principes par des exemples historiques formera la base de la méthode de mes leçons.
Je vous aï indiqué le plan d'ensemble du cours.
J'ai développé les raisons qui me l'ont fait adopter.
J'ai précisé le but que je me propose.
Enfin, après avoir parlé de la liaison qui existe entre l'art et l'histoire militaires, je vous ai dit queUç partje réserve à l'histoire dans mes leçons.
Maintenant je dois vous dire ce que c'est que la guerre, comment je définis l'art d'en diriger les opérations et quelle est l'importance de cet art.
Nous jetterons ensuite un coup d'œil rapide sur ses développements successifs et sur sa marche à travers les siècles.
Be la gierra.. — Le droit des gens, interprété par la diplomatie, règle les rapports entre les nations, de même que le droit civil règle les rapports entre les individus.
Mais quelquefois l'un et l'autre sont impuissants pour arranger certains différends : alors les particuliers se battent en duel et les nati ons se font la guerre.
« La vie des États, dit Montesquieu {Esprit des Lois^ « liv. X, chap. 2), est comme celle des hommes. Ceux- « ci ont le droit de tuer dans le cas de défense natu- « relie ; ceux-là ont le droit de faire la guerre pour a leur propre conservation. »
On a défini la guerre, un duel sur une grande échelle.
Le duel est, en effet, une lutte entre deux individus.
La guerre est une lutte entre deux nations.
La guerre est le résultat des passions et des intérêts des hommes.
Quand on consulte l'histoire, on la trouve à presque toutes les pages , à presque toutes les époques , et pendant de longues périodes.
On la voit éclater dans les moments où on l'attend le moins.
En France, des siècles tout entiers ont été ensanglantés par les discordes civiles, par les guerres religieuses ou par les guerres étrangères.
Il n'est pas probable que les siècles futurs soient, plus que ceux qui les ont précédés, complètement à l'abri de la guerre.
La philosophie réprouve la guerre; mais elle ne saurait en détruire l'usage, parce qu'elle ne saurait détruire les passions et les intérêts qui l'amènent, c'est-à-dire l'ambition , l'amour de la gloire, la jalousie, l'instinct de la conservation, le désir de la vengeance, l'amour-propre, et enfin les intérêts du commerce et de l'industrie.
Ce sont là les causes qui produisent :
1"* Les guerres d'invasion amenées par l'esprit de conquête , comme celle d'Alexandre en Asie, de Louis XIV en Hollande ;
2* Les guerres nationales qui] ont pour objet de repousser les conquérants ;
3** Les guerres civiles, comme la Fronde;
4"* Les guerres religieuses, comme la Ligue;
5° Les guerres de convenance , qui ont pour objet de satisfaire à de grands intérêts publics ; et je citerai pour exemple l'Angleterre, rompant la paix d'Amiens pour satisfaire aux intérêts de son commerce ;
6* Les guerres d'intervention , comme cell^ d'Espagne en 1823; le siège de Rome en 1849; Isl guerre d'Orient en 1854 ; la guerre d'Italie en 1859 -
Ces guerres sont les plus fréquentes, et généralement les plus justes, quand Tintervention est contenue dans des limites raisonnables.
L*énumération de ces différentes formes sous lesquelles se présente la guerre vous montre la multiplicité des causes qui peuvent la produire.
Pour nous, nous considérerons la guerre relativement à la manière de la faire , et nous distinguerons syeulement deux espèces de guerre :
r La guerre offensive ;
2* La guerre défensive.
Suivant que Ton attaque ou bien que l'on se défend.
Il faut cependant encore envisager la guerre sous deux autres aspects , sous deux points de vue différents.
D'une part, elle ravage les campagnes, elle détruit les richesses d'une nation, elle tarit les sources de sa prospérité , elle fait couler des torrents de sang ; c'est évidemment un fléau pour l'humanité.
Mais, en même temps, elle donne la gloire et la puissance ; elle exalte, elle entretient le courage d'un peuple et ses sentiments généreux.
«Chacun, dît Machiavel, désire l'alliance d'une « nation qui s'est fait une réputation par la guerre. « Chacun cherche à éviter les coups qu'elle peut por- « ter. »
Au point de vue de l'avenir, la guerre est un moyen de civilisation ; elle mêle les nations ; les mœurs sauvages des barbares se sont adoucies au contact des habitudes romaines; nous portons aujourd'hui en Afrique, en même temps que nos armes, tous les bienfaits d'une civilisation avancée.
La conquête, dit Montesquieu, peut quelquefois apporter des avantages au peuple vaincu, en renouvelant ses institutions, en retrempant son courage , en réformant ses mœurs, en le régénérant.
La guerre est donc un fléacu ; mais on peut cependant en tirer quelques avantages.
Dans tous les cas, c'est un fléau inévitable, et il faut savoir parfois aller au-devant de lui.
De Tart militaire. — Quelle que soit la manière dont on considère la guerre; qu'on la désire ou qu'on la redoute ; que l'on veuille, comme Rome, conquérir le monde; que l'on veuille, comme Sparte, défendre son indépendance, et repousser loin de son territoire les malheurs d'une invasion, l'art d'en diriger les opérations n'en est pas moins important.
Tous les peuples l'on senti , tous ont compris que l'art militaire tenait aux plus grands intérêts de la société et les dominait tous; que l'agriculture, le commerce, l'industrie, les beaux arts, ne pouvaient fleuri? que sous sa protection, et que sur lui reposait leur existence ainsi que celle de leurs gouvernements.
Tous se sont occupés successivement de l'art de la guerre.
Cet art est ancien comme le monde.
Escrime chez les barbares, il est devenu une science chez les peuples civilisés.
Je définis aujourd'hui l'art militaire, l'exposé des principes suivis pour créer ^ organiser et faire agir les armées modernes.
Ces principes, comme je le disais précédemment, sont tirés de l'histoire. Ils sont calqués sur la conduite
des grands généraux et particulièrement sur celle des cinq plus grands capitaines de notre temps : Gustave- Adolphe, Turenne, le prince Eugène, Frédéric et Napoléon.
L'art de la guerre moderne est leur ouvrage.
Je ne fais que l'exposer.
Cet art, d'après sa définition môme, donne les moyens d'organiser une masse d'hommes, de les discipliner, de réunir leurs efforts, de les diriger vers un même but. Il transforme une multitude confuse en une troupe instruite et obéissante. Enfin, il permet de faire mouvoir sur un champ de bataille une armée entière à la volonté d'un seul homme, d'après une seule pensée, celle de son général en chef. « Pensée, « dit M. Thiers , qui , lorsqu'il s'agit de Frédéric « ou de Napoléon, se développe au milieu des éclats « de la foudre et du bruit des batailles avec autant de « netteté que celle d'un Newton ou d'un Descartes, « dans le silence du cabinet. »
Les principes de l'art de la guerre ne sauraient être méconnus. Il est impossible de nier leur existence ; ils sont aussi évidents que les principes de l'école de peloton.
Quand il s'agit d'organiser et de faire mouvoir 100 hommes, il faut établir certaines subdivisions, leur clonner des cadres, convenir de certains commandements; il faut admettre une instruction préalable des chefs et des soldats. Il faut, en un mot, des principes, des règles, une théorie.
Ce qui est vrai pour un peloton Test bien plus encore pour une armée.
««RitBA ne s'obtient à là guerre que par le calcul.
a écrit TEmpepeup à son frère Joseph, le 6 juin 1806. « Tout, dans une campagne, doit être profondément « médité.
« Toute opération demande à être faite d'après un « système.
« Le hasard seul ne peut rien faire réussir. »
Et à Dresde, au mois de septembre 1813, l'Empereur causant avec le maréchal Gouvion-Saint-Cyr, lui disait qu'il voulait faire un livre sur l'art de la guerre oh tous les principes seraient si clairs et si précis, que tout le monde pourrait les comprendre et apprendre la guerre comme une science quelconque.
Ainsi donc, cette science existe.
Elle est la plus importante de toutes puisque c'est sur elle que repose l'existence des Etats.
Elle a pour classiques les mémoires des grands généraux : ceux de Turenne, de Frédéric, de Napoléon.
Et c*es ouvrages sont aussi clairs, aussi complets, aussi célèbres que tous ceux qui servent aujourd'hui de bases aux autres sciences expérimentales.
La guerre n'est pas, comme on l'a prétendu, un jeu de la force et du hasard.
« C'est un jeu, dit encore Napoléon, mais un jeu (( sérieux où l'on compromet à la fois sa réputation, « ses troupes et son pays.»
C'est bien le triomphe de la force, mais de la force habilement préparée et organisée, guidée par l'intelligence et le génie, agissant d'après les principes de l'art, enfin de la force servie par les plus hautes vertus sociales, le courage, l'abnégation, le dévouement.
Quant au hasard il a sa part dans les circonstances de la guerre ; mais l'art consiste à la lui faire aussi petite que possible ; et les principes ont précisément
pour objet de msdtriser la fortune à force de prudence, de sagesse et de calcul .
Je le répète : îl y a des principes pour créer et pour faire mouvoir les armées.
J'ajouterai que l'expérience et la pratique de la guerre, quoique très-utiles, ne sauraient les remplacer ni suppléer à la théorie. Celle-ci est indispensable, parce que la guerre présente tant de conditions diverses que la pratique ne peut suffire à apprendre tout ce qui en dépend ; parce que la vie de Thomme est trop courte pour qu'il puisse espérer tout expérimenter par luimôme ; enfin parce que pendant les longues périodes de paix, l'art et les principes périraient et chaque génération devrait recommencer le travail des générations précédentes.
Certains auteurs allemands ont défini l'art de la guerre : l'escrime de l'armée.
Il y a en effet une certaine analogie entre Tart militaire et l'escrime.
L'un et l'autre offrent un certain nombre de combinaisons qui se rapportent aux circonstances les plus fréquentes des luttes individuelles ou des luttes d'armées.
Maïs il faut savoir adapter ces combinaisons aux lieux, auxhommes et aux choses, et savoir encore les exécuter avec précision, énergie et à propos.
A la guerre, comme dans l'escrime, l'exécution joue un grand rôle.
Déplus, il faut se rappeler qu'à la guerre, l'instrument dont on se sert, l'armée, n'est plus un élément inerte, mais un élément vivant, variable, susceptible d'enthousiasme ou de découragement.
Ce qui vous fait pressentir qu'indépendamment de
la partie positive de l'art de la guerre, il y a encore une partie morale qui est fort importante, qui joueua grand rôle, etdont je vous dirai quelques mots à la fin du cours:
Telles sont les considérations générales relatives à l'existence et à l'importance de lart militaire.
Jetons maintenant un coup d'œil sur l'origine de cet art et sur sa marche à travers les siècles. Nous arriverons ainsi naturellement au seuil de l'art militaire moderne, qui sera notre point de départ.
Conp d'0il rapide sur Thlstolre de Fart militaire. — L'histoire militaire se divise en deux grandes époques :
La première comprend les trente siècles écoulés avant l'invention des armes à feu et se décompose en trois périodes secondaires:
La période grecque ;
La période romaine ;
Le moyen âge.
La deuxième époque commence à l'invention des armes à feu et arrive jusqu'à nos jours. Elle comprend environ trois siècles et se décompose aussi en trois périodes secondaires :
1* la période de renaissance et de transition, lowhque les armes à feu commencent à paraître sur le» champs de bataille, mais sous la forme de canons et de bombardes ;
2* La période de Henri IV et de Gustave-Adolphe, au moment de la guerre de Trente ans et jusque v^m la fin du XVIP siècle, lorsque les armes à feu sont devenues portatives et se trouvent mélangées avec les anciennes armes ;
3"" Enfin la période moderne, depuis la disparition des piques et l'invention de la baïonnette; période comprenant les dernières guerres de Louis XIV, celles de Frédéric, de la République, de l'Empire et celles qui ont lieu de nos jours.
Parcourons rapidement ces deux époques et ces six périodes.