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DIX-SEPTIÈME LEÇON

Des reconnaissanceft.— Définition. -7 Qassification. -^ Importance des reconnaissances.— Du coup d'œil militaire.— Éléments que comporte Texécution d'une reconnaissance. — Croquis et rapport.

Des reconnaissances journalièresé

Des reconnaissances offensives.

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Des rMtBBtissanoes. -^ Ltvr €liititeatl«n. ^^ Les reconnaissances appartiennent aux petites opérations, c'està^ire aux opérations journalières qu'accomplissent, autour d'une armée, des détachements ayant pour but d'assurer sa sûreté ou ses approvisionnements*

Elles rentrent, comme les petites opérations, dans rinstruction militaire que doit posséder une armée avant d'entrer en campagne.

Elles appartiennent, par suite, au cours de première année.

On entend par reconnaissance l'appréciation des positions et des mouvements de l'ennemi « ou bien encore l'exploration d'une localité dont on veut connaître les accidents naturels^ les produits et les res^ sources.

Il y a par suite deux sortes de reconnaissances.

Les unes qui sont relatives à la connaissance de l'ennemi.

' Les autres qUi s^appliquent au terrain.

Le service en campagne distingue trois espèces de

reconnaissances.

1» Les reconnaissances joarnalières; 2* Les reconnaissances offensives; 3^ Les reconnaissances spéciales.

Les deux premières classes ayant rapport aux positions et aux mouvements de l'ennemi.

La troisième s'appliquant spécialement à la reconnaissance du terrain.

Les reconnaissances de la première espèce , c'est-àdire les reconnaissances journalières^ sont des tournées faites par de petits détachements en avant et dans l'intérieur d'un système d'avant-postes.

On les appelle encore patrouilles et découvertes.

Les patrouilles sont offensives, quand elles dépassent la ligne des vedettes. Elles sont défensives, quand elles parcourent seulement le terrain des avant-postes pour relier les grand'gardes entre elles. Elles concourent avec les rondes à assurer la tranquillité des corps en position.

Les reconnaissances de la deuxième espèce, c'està-dire les reconnaissances offensives^ sont des mouvements ofTensifs exécutés par des masses de troupes plus ou moins considérables. Elles ont pour but de tâter l'ennemi et de le forcer à se démasquer.

Elles servent très-souvent de prélude à des engagements partiels, souvent même à des batailles*

On les appelle aussi reconnaissances à main armée.

Ces deux premières espèces de reconnaissances ont pour but, comme je l'ai dit précédemment, l'appréciation des positions et des mouvements de l'ennemi.

La troisième classe de reconnaissances comprend

les recommissames spécicUes^ c'est-à-dîre celles qui sont faites dans un but déterminé et qui ont pour objet l'exploration des localités.

Ces reconnaissances se subdivisent en deux classes :

!• Les reconnaissances topographiques, ayant pour but d'apprécier les formes et les accidents du terrain ;

2*" Les reconnaissances statistiques, qui ont pour but d'en apprécier les produits, les ressources, ainsi que les moyens de les utiliser.

Telles sont les diverses espèces de reconnaissances.

lapMTtaicedM recoiulssuioM. — Les reconnaissances ont une grande importance, parce qu'elles sont le moyen le plus complet et le plus régulier d'obtenir les renseignements militaires.

Ces renseignements peuvent se diviser en deux classes :

1® Ceux qui sont nécessaires au Gouvernement, et qui sont relatifs aux systèmes militaires des peuples voisins, à leur population, leurs finances, leur esprit public, leur constitution, leurs ressources et moyens de guerre ;

2" Ceux qui sont nécessaires à un général d'armée, sur la force et les positions de l'ennemi, sur ses desseins, sur l'emplacement de ses magasins , sur les moyens de transport du pays, sur la configuration et les ressources du théâtre, etc., etc.

De ces renseignements, les premiers servent de bases aux plans de guerre ; les autres servent de bases aux plans de campagne.

Les uns et les autres sont donc extrêmement importants.

Et par suite, les reconnaissances, qui sont le meilleur

moyen de les obtenir, jouent un grand rôle dans le$ opérations et ont une grande utilité.

Les exemples historiques ne manquent pas pour prouver ce que j'avance* Le général Yallongua, dans le Mémorial du dépôt, en cite un grand nombre tirés aussi bien des guerres de l'antiquité que des guerres modernes.

Les reconnaissances sont généralement faites par les officiers d'état-major , qui préparent ainsi toutes les opérations de la guerre. Par suite, leur service est un des plus importants de l'armée. Leurs travaux servent [de bases à toutes les combinaisons des généraux.

Pour l'exécution de ces reconuaissanoes , ils marchent avec les avant-gardes, et ils doivent avoir l'habitude déjuger et de représenter rapidement le terrain.

« L'intention de l'Empereur, » écrit de Posen, le 2 décembre 1806, le maréchal Berthier au général Samson, chef du dépôt de la guerre à cette époque, (c est que les ingénieurs-géographes soient toujours à « l'avant-garde de chaque corps d'armée. Ils suivront « à cheval, figureront le pays à droite et à gauche. Ils (« adresseront journellement le croquis de leur travail « pour être rassemblé et mis au net. Les plans que « l'on donne après les marches et les batailles ne « servent à rien. L'essentiel est d'avoir un bon croquis a aussitôt que les premiers tirailleurs paraissent sur « le pays ennemi, et que, d'après ce croquis, l'Empe- (I reur puisse faire ses dispositions, soit pour une ba- « taille, soit pour tout autre dessein. »

D'après le service en campagne, les officiers d'étatmajor sont aujourd'hui spécialement charges des reconnaissances. Cependant on y emploie aussi des

officiers de laptillerie, du génie ou de Tinlendance, quand il s*agit d'opérations qui rentrent dçtug; J^ur spécialité.

Les officiers en reconnaissance sont accon^pag^és seulement d'une ou deux ordonnances, quand ils ope* rent à une certaine distance de l'ennemi.

Quand ils opèrent près de l'ennemi, on leur donne une escorte. Ils en ont quelquefois le commandement; s'ils ne l'ont pas, l'officier commandant doit déférer aux avis de l'officier d'état-major, quand même il serait d'un grade supérieur.

Quand Tofficier d'état-major est chargé de la conduite du détachement, il s'assure avant le départ que les gibernes sont garnies de cartouches, que les armes sont en bon état, que les chevaux sont bien ferrés, que les besaces contiennent du pain et de l'avoine.

11 fait ensuite rompre par quatre, dit le général de Brack, après avoir formé une avant-garde d'une dizaine d'hommes commandés par un maréchal des logis, marchant à 1 50 mètres en avant du détachement, et une arrière-garde de 1 brigadier et 4 hommes, marchant à 50 mètres en arrière.

Pendant la marche, l'officier d'état-major doit régler les haltes, les allures et les repas, de manière à ne pas fatiguer les chevaux et à les avoir toujours disponibles pour un coup de collier.

Dn coup d'œll militaire. — Le premier élément d'exécution des reconnaissances est le coup d'œil militaire.

Le coup d'œil en général est la faculté d'apprécier les objets que l'on aperçoit.

Le coup d'œil militaire s'applique à l 'appréciation du terrain, des distances, des hauteurs, des formes particulières du sol, et des déductions que I'oq peut

tirer de ce que l'on voit, pour deviner ce que l'on ne voit pas.

Il s'applique encore à la connaissance des propriétés militaires du terrain, aux formes de résistance ou d'attaque qu'il présente pour telle ou telle arme. 11 permet d apprécier la bonté de telle ou telle position que l'on aperçoit, de reconnaître la meilleure manière de l'occuper ou d'en distinguer le point d'attaque.

Enfin le coup d'œil militaire s'étend jusqu'à apprécier les avantages ou les défauts d'une manœuvre que Ton voit exécuter.

Ces différentes propriétés du coup d'œil militaire sont données par la nature. Cependant on peut les perfectionner parle travail.

« Un officier, dit Folard, qui veut former son coup « d'œil et s'instruire sur les reconnaissances, peut se c( dispenser de consulter beaucoup d'ouvrages ; qu'il « observe la nature, qu'il utilise ses promenades, ses « parties de chasse, et, s'il a quelques notions d'art miu litaire, il découvrira promptement les propriétés des « divers terrains, relativement à telle ou telle arme ; « il se fera des idées justes sur leur défense et sur leur « attaque ; il leur appliquera les manœuvres qu'il a H lues dans ses règlements et qu'on ne fait pratiquer « ordinairement que sur des esplanades bien nive- « lées. Cet officier apprendra enfin à évaluer les dis- « tances à la simple vue, par quelques points mesurés « d'abord ; il se formera le coup d'œil, si la nature le (( lui a refusé ; il le perfectionnera, si elle a été libérale « envers lui. »

Ces conseils de Folard ne sont pas difficiles à suivre. Et, soit à lâchasse, soit en promenade, soit surtout pendant les levés, il faut, à chaque accident de terrain que Ton rencontre, se demander quels sont les avantages

ou les défauts qu'il présente, et comment on devrait s'y prendre pour l'attaquer ou le défendre.

Indépendamment de la chasse et des voyages, le marquis de Silva, dans ses Pensées sur la tactique^ recommande l'étude des questions militaires analogues à celles données à l'école : le choix d'une position, le passage d'une rivière, l'attaque d'un poste, la conduite d'un fourrage, etc.

On se forme ainsi le coup d'œil. Celui-ci est d'une application constante dans les reconnaissances topo<graphiques.

Ces réconnaissances se font généralement sans instruments, ce sont des levés à vue. Le coup d'œil seul permet alors d [apprécier les angles et souvent aussi les distances, quoique généralement on mesure ces dernières au pas.

C'est encore le coup d'œil qui permettra d'apprécier les formes du terrain, de reconnaître les thalwegs et les lignes de partage, ainsi que les sinuosités des courbes et la direction des lignes de plus grande pente.

Élémrats que comporte rezéoiitioA d'une reconAalssanoe.— Les reconnaissances comportent deux éléments: un croquis et un rapport.

Da eroqnii. — Le croquis est généralement fait au crayon, à une échelle assez considérable, le ^^^ ^^i

Il doit être exécuté rapidement ; la première condition est de le donner à temps.

Ainsi que je l'ai dit précédemment, l'Empereur voulait que ses ingénieurs-géographes lui envoyassent des travaux rapides.

L'exactitude est importante; mais dans un travail

de oette espèoe, elle passe après la rapidité, et est su«bordonnée au temps dont on dispose,

Avant de commencer une reconnaissance, on prépare le papier sur lequel ou doit travailler.

Ou le colle sur un carton présentant une certaine résistance, de manière h pouvoir dessiner soit debout, soit à cheval. Si l'on doit faire un itinéraire d'une certaine longueur, on peut arranger son papier de manière qu'il se plie plusieurs fois sur lui-même et qu'il se développe au fur et à mesure des besoins.

On trace sur ce papier des carreaux de 1 à 5 centimètres de côté, représentant, suivant l'échelle, des lougueurs de i 00 à 1000 mètres.

Ces carreaux servent à rapporter les distances et permettent de rattacher les angles au méridien.

En même temps Ton place sur son papier, comme points de départ ou de repère, les points principaux du terrain qui sont fournis par les cartes que l'on possède, 11 est peu de pays aujourd'hui en Europe sur lesquels on n'ait pas ainsi quelques cartes pouvant donner d'une manière générale les bases du travail.

Puis Ton se rertd sur le terrain et l'on passe à l'exécution du croquis.

Ce croquis doit être établi avec autant de soin que possible. Car, ainsi que je l'ai dit précédemment, les reconnaissances servent de bases à toutes les opérations de la guerre, et c'est d'après elles que les généraux prennent leurs dispositions, soit pour occuper une position, soit pour établir un camp, soit pour préparer une marche, etc.

Les reconnaissances reposent sur les mêmes principes que les levés réguliers. 11 n'y a de différence que dans les moyens d'exécution.

Ainsi, au lieu de mesurer les distances à la chaîne, on les mesure au pas ou à vue.

Au lieu de mesurer les angles avec la planchette ou avec la boussole, on les mesure aussi à vue ou bien avec des instruments très-portatifs.

Dans le premier cas, on se place au sommet de l'angle, on le compare à un angle droit, et on apprécie à peu près sa valeur.

Devant mesurer les distances au pas, la première opération à faire avant de commencer le levé est d'étalonner son pas, si l'on doit opérer à pied , et le pas de son cheval, si l'on doit opérer à cheval.

Pour le cheval, on peut calculer la distance par^ courue, d'après le temps employé à la parcourir.

En une minute, le cheval au pas parcourt 100 mètres, quand il a un pas moyen.

On suit du reste la même marche que dans les levés réguliers, en tâchant d'obtenir autant d'exactitude qu'en comportent les moyens dont on dispose.

. Et comme l'appréciation des angles est plus difficile à vue que celle des distances au pas, on chemine autant que possible et l'on ne se recoifjpe que pour des points peu éloignés.

En même temps que l'on fait la planimétrîe, on figure le terrain avec des courbes et des hachures, et l'on indique les bois, les cultures, les marais, etc., au moyen de signes conventionnels.

Je ne parle pas davantage du croquis que comporte l'exécution d'une reconnaissance.

Le cours de topographie de l'école donne à cet égard les renseignements les plus complets.

Je passe au rapport qui rentre plus spécialement dans le oours d'art militaire.

Du rapport. — Le rapport est destiné à compléter le dessin. Il donne les détails que la topographie ne permet pas de représenter sur le plan.

Les qualités indispensables d'un rapport militaire, en général, sont :

i<> La netteté de l'écriture ;

2» L'orthographe des noms propres ;

3* La clarté et la simplicité de la rédaction ;

4° Enfin l'exactitude scrupuleuse des faits, en distinguant

ce que Ton a yu soi-même de ce que l'on a appris

par les autres.

On copie toujours, en tête d'un rapport, Tordre que Ton a reçu pour l'exécution de la reconnaissance et qui en indique le but.

Cet ordre permet d'estimer le temps que Ton peut consacrer au travail et par siiite le degré d'exactitude que l'on peut y mettre.

A la suite d'une reconnaissance de l'ennemi, c'està-dire d'une reconnaissance journalière, ou d'une reconnaissance offensive, on fait un rapport qui indique tout ce que l'on a vu et les différents renseignements que Ton a pu recueillir. Ce rapport est généralement très-succinct, une ou deux pages. Il doit être surtout dans le sens des instructions données.

Ce rapport prend des proportions plus considérables à la suite des reconnaissances spéciales, c'est-à-dire à la suite des reconnaissances du terrain. Il s'applique davantage à la description des localités.

C'est un mémoire de ce genre que les élèves font à l'école à la suite de chaque levé.

Ce mémoire se divise en plusieurs parties que nous allons passer successivement en revue.

La première partie est relative à la description suc^

cincte de l'ensemble du terrain. II faut alors indiquer sa situation politique, c'est-à-dire à quel département, à quel canton il appartient, puis sa situation géographique, c'est-à-dire dans quelle vallée, dans quel bassin il se trouve placé.

On indique ensuite quelles sont ses limites.

Et enfin son aspect général.

Supposant alors son point de vue à une certaine hauteur, on cherche à embrasser l'ensemble du terrain levé. On cherche à reconnaître les thalwegs et les lignes de partage. Et l'on indique alors à grandsftraits la physionomie générale du pays, qui peut être plat ou accidenté, boisé ou découvert, coupé de haies ou de murs, sec ou marécageux, etc.

On dit aussi quelques mots sur la nature du sol, sur le climat, les habitants, etc.

Voilà le premier paragraphe du mémoire.

Le deuxième est relatif aux voies de communication. On indique leur direction, leur nature, leur état d'entretien, etc... On examine le rôle qu'elles peuvent jouer dans les opérations. Elles forment des lignes stratégiques; et, splon leur direction, elles servent de ligne d'opérations ou de lignes de communication. Enfin on indique les positions militaires, les places fortes ou les lignes de défense qui peuvent les couvrir.

Le troisième paragraphe est consacré aux cours d'eau. On indique leur largeur, leur profondeur, leur vitesse et tout ce qui peut constituer leur importance. On signale les différents points de passage qu'ils présentent, ainsi que leur nature, — poiits, bacs, gués,etc. . . On décrit les moyens de transport employés pour la navigation ; enfin on examine le rôle que ces cours d'eau peuvent jouer dans les opérations, suivant qu'ils

sont parallèles ou perpendiculaires à la marche des armées.

Le quatrième paragraphe est consacré aux centres de population : villes, bourgs, villages, hameaux, fermes, châteaux, moulins, maisons isolées, etc., etc... On s'occupe particulièrement de leur forme, de leur étendue, de la nature de leurs constructions, des ressources qu'ils présentent, des travaux à exécuter pour leur mise en état de défense ; enfin on examine le rôle qu'ilapeuvent jouer dans les opérations.

Ils peuvent appuyer les Opérations stratégiques , comme places du moment, ou postes de campagne.

Sur les champs de bataille, ils peuvent servir de points d'appui aux troupes de la ligne de bataille. Ou de postes avancés pour retarder les approches de l'ennemi.

Le cinquième article est consacré aux positions militaires. On appelle positions des espaces de terrain où les troupes s'établissent, en y trouvant certains avantages pour leurs opérations ultérieures.

Les sixième et septième paragraphes sont relatifs aux bois et aux défilés, sur lesquels on donne des renseignements analogues à ceux que je viens d*îndîquer.

Nous parlerons plus loin et avec détails de la recon* naissance de chacun de ces accidents.

Dans la deuxième partie du coursi nous verrons le rôle qu'ils jouent dans les opérations.

Pour aujourd'hui contentons-nous des indications générales qui précèdent sur le mémoire descriptif que l'on doit exécuter à la suite d'une reconnaissance.

On prend les notes nécessaires pour rétablissement de ce mémoire^ en parcourant le pays et en faisant 16 levéi

On rédige plus tard, quand on est rentré chez soi.

J'ai indiqué les principales conditions que doit rem-* plir ce travail. Je répète que la première de toutes est la clarté, et celle-ci résulte de la simplicité du style, ainsi que de Tordre et de la méthode que Ton apporte dans le classement des matières.

Telles sont les règles générales relatives à Texécution des croquis et des mémoires que comportent les reconnaissances.

Nous arrivons maintenant à Texâmen de» trois espèces de reconnaissances.

1» Reconnaissances journalières ; 2^ Reconnaissances offensives ; S"* Reconnaissances spéciales.

ReMftiAliiaBeM Jottnalièrei. ~ Les reconnaissances journalières s'appellent nussi patrouilles on découvertes: patrouilles qui peuvent être offensives ou défensives, suivant ce que j'ai indiqué plus haut«

L'objet des reconnaissances journalières est de s'as-* surersi, à la faveur de terrains couverts, montueux, ou d'autres circonstances de localités, l'ennemi ne prépare pas un mouvement offensif, une surprise ou une embuscade ; si ses avant-postes n'ont pas été mis en mouvement ; 8*il ne se passe rien dans ses camps ou bivouacs quî annonce quelques préparatifs de marche ou d^action.

Le service de ces reconnaissances est réglé par bri-^ gadfe. Il emploie peu de monde. On les compose d'inftinterie ou de cavalerie, suivant la nature du terrain ; quelquefois dés deux armes, mais agissant alors isolé-

ment et à distance. La cavalerie pousse au loin, Tinfanterie sert de réserve et assure la retraite, en occupant un point important.

Les reconnaissances journalières observent les précautions suivantes :

1** Elles marchent avec une avant-garde et des éclaireurs. Ceux-ci sont toujours par deux, de manière que l'un puisse aller reconnaître et l'autre au contraire rester en arrière pour avertir.

V On marche lentement, en silence. On s'arrête souvent pour écouter. On évite soi-même toute espèce de bruit qui pourrait servir à avertir l'ennemi.

3* Quand on doit revenir par le même chemin, on échelonne en arrière des postes ou des ordonnances, pour transmettre les nouvelles et pour se relier au système d'avant-postes. Quand on ne revient pas par le même chemin, on ne laisse personne.

4** Si l'on rencontre l'ennemi, il faut tâcher de l'observer et ne combattre que si l'on y est forcé.

5*" Les reconnaissances ne s'engagent dans les vallées, villages, gorges ou bois qu'après les avoir fait fouiller par les éclaireurs et après avoir pris tous les renseignements nécessaires.

C'est ainsi que l'on conduit les reconnaissances journalières.

Généralement ces reconnaissances ont lieu avant le point du jour. Toutes les troupes sont sous les armes en attendant leur rentrée.

11 ne faut pas les prodiguer, ni les recommencer toujours aux mêmes heures et par les mêmes routes.

Ces reconnaissances sont ordinairement commandées par des officiers de troupe. Quelquefois cependant un officier d'état-major peut être chargé de con-

duire une reconnaissance journalière, avec mission d'examiner le terrain, de faire un croquis à vue et d'établir un rapport descriptif.

Il existe pour ces reconnaissances des indices signalés par le maréchal de Saxe, par le colonel Châtelain et autres, par exemple, la poussière, l'éclat des armes, le nombre des feux de bivouacs, leur étendue, la couleur des uniformes, etc.

L'habitude de la guerre apprend à tirer parti de ces indices. La théorie pourrait conduire à de graves erreurs.

Des recoii&iss&ices offensives.— Elles ont pour but de reconnaître la position de l'ennemi, d'apprécier le nombre de ses troupes, leurs emplacements, leurs moyens matériels de défense, etc.

Pour cela on replie brusquement ses avant-postes, et on menace sa position assez sérieusement pour le forcer à démasquer ses troupes, en les déployant en bataille.

Ces reconnaissances sont souvent des démonstrations, mais souvent aussi elles préludent à des attaques réelles et même à des batailles. On y emploie des quantités de troupes assez considérables, et toute l'armée est sous les armes pendant la durée de l'opération.

Le général qui commande la reconnaissance offensive, et c'est presque toujours le général en chef, échelonne avec méthode les troupes qu'il emploie, de manière à assurer sa retraite, à recueillir les corps qu'il engage s'ils viennent à être battus, en même temps de manière à les soutenir s'ils obtiennent quelques

succès, et à ne pas perdre une occasion fortuite et favorable.

Il cherche à arriver de sa personne sur un point culminant, d'où il puisse apercevoir les troupes ennemies et juger de leur nombre, de leurs dispositions, de leur contenance, etc.

Les officiers d'état*maj or sont employés alors autour de lui à la reconnaissance du terrain.

En raison de l'importance des reconnaissances offensives et des résultats qu'elles peuvent amener, les généraux en chef se réservent le droit de les ordonner seuls. Les autres généraux ne peuvent le faire que dans des cas exceptionnels et urgents.

Ces reconnaissances rentrent dans les grandes opérations de la guerre.

Je citerai comme exemple de reconnaissance offensive, Napoléon entrant en Bohême, le 20 août 1813, à la reprise des hostilités, par le défilé de Zittau, s'avançant jusqu'au delà de Gabel, avec 1 division de cavalerie légère polonaise ; 1 division de cavalerie légère de la garde , et 1 division d'infanterie de la garde, destinée à assurer les derrières de la reconnaissance et à couvrir la retraite. L'Empereur voulait reconnaître la position de la grande armée de Schwartzemberg et s'assurer de la jonction des Autrichiens avec les Prussiens et les Russes,

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