NOTIONS SUR LA CONSTITUTION PHYSIQUE DE LA LUNE
252. Lorsque Von regarde la Lune à l'aide d'un télescope, on remarque que les aspérités ou montagnes de ce corps céleste présentent un caractère particulier. Presque toutes affectent la forme d'un bourrelet circulaire, au milieu duquel existe une cavité quelquefois assez profonde.
Soaveut 11 s'élève, du milieu de cette cavité, une ou plusieurs montagnes en forme de pic.
Détermination dt la hauteur des montagnes de la Lune*
253. En regardant avec une lunette la partie de la Lune située dans l'ombre, on aperçoit des points brillants, isolés. Ces points sont évidemment des sommets de montagnes qui sont éclairés. A l'aidé d'un micromètre, on peut déterminer la hauteur de ces montagnes.
Soient AOCD (fig. 440), la partie éclairée de la Lune, ABDC la partie dans l'ombre.
Soit, maintenant, S un point lumineux situé dans la partie obscure.
Perpendiculairement à la ligne AD des cornes du croissant, mesurons, avec le micromètre, les distances Sa, S*, Se'; on aura évidemment, *
et
rfa = dS + Sû = rf6-S6-i-Sa =
., Sb + Sb' db^ 5—'
Sé + Sé'
-Sb + Sa=^I:Z^+Sa.
Si nous considérons, maintenant, le demi-cercle dont le diamètre est
bb' (fig. i4i), il est clair qu'en menant en a et S les perpendiculaires aa^ et sS à bb'y et en a, la tangente au petit cercle, S sera le sommet éclairé, car a^S représentera le rayon solaire tangent à la Lune qui éclaire ce sommet S.
Nous pouvons déterminer la distance du point S au point d.
Pour cela, joignons da^ et menons a^K
parallèle à bb\ 1* Dans le triangle rectangle daa^ on connaît
STRO IB.
â98 ASTRONOMIE. — GÉOMÉTRIE CÉLESTE,
ci/ .1.
da = — [- sa et da^ trr db; on peut déterminer l'angle ada^ .
2* Dans le triangle rectangle û,KS, on connaît l'angle KSa,= arf<i,ii la distance Ko^ = sa qui a été mesurée ; on peut donc déterminer Sa,.
3* Enfin, dans le triangle rectangle rfû,S on connaît da, et Sa,; on peut donc obtenir dS.
Considérons maintenant le grand cercle de la Lune qui passe p«r Itsommet éclairé S et par la ligne AD.
Soient AeD ce demi-cercle (fig. I42\ S le sommet éclairé ; nous venoD> de déterminer dS.
Fig. t4t. j^'Qyg connaissons dans le triangle rectangle dA.,
de = db et eL = le rayon de la Lune. On peut donc calculer dL.
Et enfin, dans le triangle rectangle rfSL, connaissant dS et dL nous aurons SL.
Si Ton retranche de SL le rayon moyen hf de k Lxtne^ on aura la hauteur /S de la montagne. Cesi de œtte manière que Ton a pu déterminer ^ la hauteur des montagnes indiquées sur la carte de
la Lune que nous donnons plus loin.
iT"^ On emploie aussi une autre méthode basée sur
la détermination, à Taide du micromètre, de la longueur de lomlupe portée de la montagne sur le disque brillant de la Lune. Cest cette mctbo^ie qu*on emploie pour déterminer la profondeur d'uoe cavité.
CARTE Dt LA LC5E.
454, Dès que les lunettes à forts grvississemcnts ont permis de constater d*une manière rij:oureu5e la perman* nce des UîchfS lunaires et leur invtriabiiilede forme, en dehors des efltls pro«iuits par les rayons solaires, on a dû penser à dr^>ser une reproM^nUtion de ces taches, autrement dit, à lover une carîe geiKTale de la Luiîe,
Le mode de prvij'Xiion aviopte est la projection ortbo^rraphiqne de I lrtHnl^phènî que la Lune Imime vtrs U Terre sur le grand cercle ik U Lune dont le plan est perpenJ culoire ^ U ligne qui joint le centre A* cet astn» è U Terrv.
Ku eiHtfd à U d:>Unc<* à bqut iîe i>mi5 CiMis trouvons de notre satellite, iv uKxie de prv jtctioo d^^cn^ plus e\jiet^œût U représentation des tacb« de U Lune tehes qiie nous le?î apr^rvf vi rs.
Chaque point ohserve d^ U Luae e^t dt :. ruine par sa latitode et sa lofl* |:i:ude luai*r*r> JleJu.îe^ d*o4:>rr.a;u rs n vrv^nie'riques.
iLes taches lunaires sont divisées en trois catégories principales :
\Les mers;
Les chaînes de montagnes; *s montagnes.
n a donné le nom de mers à des espaces grisâtres étendus ne présentant i le môme aspect que les taches reconnues pour de hautes montagnes et Dt nous avons donné le moyen de déterminer l'élévation, ^s noms donnés aux taches principales de la Lune par Hévélius et tout par Riccioli, sont ceux de certains lieux principaux de notre be ou bien d'hommes célèbres.
M carte ci-jointe a été dessinée par M. Bulard, directeur de l'observatoire Iger. Cet astronome qui a consacré douze ans de travail à dresser un atlas stré de la surface de notre satellite^ a bien voulu nous permettre de réduire quelques-uns des dessins lunaires que l'astronomie doit à son larquable talent.
jB haut de la carte est la partie Sud, le bas le Nord, à droite TOuest I gauche TËst.
«es traits accompagnés de lettres qui se trouvent sur les bords de icadrement noir servent à déterminer sur ce dessin la position de tsieurs points lunaires remarquables. Il suffit pour les obtenir de proger les deux traits indiqués et de déterminer l'intersection de deux
tre eux. Ainsi le point de rencontre des traits
T et T donne la montagne Tycho-Brahé ;
C et C Copernic;
T'etr» . . Théophilus;
A et A' Arzachel;
Pet F Pétavius;
P'' etF' Platon;
A'' et A" Archimède.
)u voit aussi sur ce dessin les taches grisâtres nommés mers et dé^ Qées sous le nom de
Mare Humorum, prolongement de C* et T*.
Oceanus procellarum C et C*.
Palus Nebularum au Nord d'Archimède.
Mare Serenitatis à l'Ouest d'Archimède.
Mare Feconditatis au Nord de Pétavius.
La figure 443 représente, d'après les dessins de iM. Bulard, le grand
ASTRONOMIE. — GÉOMÉTIIIE CÉLESTE.
cirque lunaire Tycho-Brahé pendant la pleine Lune. Les rayons qui enveloppent Tycho comme une auréole sont des sillons très-larges et trèslongs qui rayonnent tout autour du cirque lunaire.
La largeur de ces sillons atteint dans quelques endroits 50 kilomètres, et leur largeur s'étend pour quelques-uns à plus de 1000 kilomètres.
Le diamètre du cirque de Tycho est de 86 kilomètres environ ; le pic que Ton aperçoit à peu près au centre du cirque, a 1560 kilomètres d'ëévation au-dessus du niveau intérieur du cirque.
La figure 144 représente le cirque Copemicus et ses en\irons. Le diamètre du cirque est de 89 kilomètres. La hauteur de ses remparts qui sont très-escarpés est de 3 300 mètres environ.
Nous donnons dans le tableau suivant les élévations des plus hautes montagnes, avec leur position en coordonnées lunaires.
NOMS
Newton. . . .
Tjcho-Brahé.
Ëratosthène. .
Theophilus. .
Piccolomini..
Bacon
Sloener. . . .
Roémer. • . .
Copernic. . .
AUas
Hercule. . . .
Selpucus. . .
Hipparque. .
Kepler. . . .