‹ Cours d'astronomieChapitre 74 sur 259 · ÉTUDE DES ÉTOILES. — ÉTOILES TEMPORAIRES · texte numérisé non relu

ÉTUDE DES ÉTOILES. — ÉTOILES TEMPORAIRES

Sans remonter à des temps trop reculés, nous citerons comme étoiles temporaires :

Au iV siècle, Tétoile immense observée par Albumazar au 45* degré du

Scorpion; En 945, rétoiie observée sous l'empereur Othon I" entre Cassiopée et

Cép/tée; En 1264, étoile qui se montra près de Cassiopée; En 1572, étoile nouvelle dans Cassiopée; En 1604, étoile nouvelle dans le Serpentaire; En 1670, étoile nouvelle dans le Cygne.

L'étoile nouvelle observée en 1572 par TychoBrahé est la plus remar-' qnable.

Un soir que Tycho^Brahé, dans son laboratoire de chimie de Tancien dottre d'fferritzwaldt^ considérait la voûte céleste, il aperçut près du lénith, dans Cassiopée, une étoile très- brillante d^une grandeur extraor^ iinairey mais qui, en tout point, ressemblait à une autre étoile^ son éclat surpassait celui de Sirius.

Tycho mesura les distances de cette étoile à d'autres étoiles de Cassiopée, et reconnut sa parfaite immobilité.

A partir du mois de décembre 1572, son éclat commença à diminuer il était alors égal à celui de Jupiter. Son intensité fut alors en diminuant de mois en mois, et le passage de la cinquième à la sixième grandeur eut lieu de décembre 1573 à février 1574. Enfin, le mois suivant, l'étoile nouvelle disparut sans laisser de traces, après avoir brillé dix^sept mois et avoir rigoureusement conservé la même position au milieu des étoiles audennes qui l'entouraient.

Cette étoile, dont la couleur varia entre le blanc, le jaune et le rouge, scintillait avec une vivacité extraordinaire. On n'a, jusqu'à présent, donné aucune explication satisfaisante du phénomène extraordinaire d'étoiles apparaissant subitement et disparaissant ensuite.

102. Étoiles colorées. — Les étoiles ne se présentent pas toutes à l'œil sous la même couleur; les unes sont rouges, d'autres sont blafwhesj bleues^ j(nmes ou vertes.

103. De la vcie lactée. -^ La voie lactée est une zone blanchâtre, un peu irrégulière, que l'on voit à la vue simple dans la sphère céleste.

Cette Eone, qui embrasse à peu près un des grands cercles de la sphère céleste, traverse les constellations suivantes en partant du pôle nord :

Cassiopée, Persée, le Cocher, les Gémeaux, Orion, la Licorne, le Grand Chien, le Navire, le Chêne de Charles II, la Croix du Sud, la Mouche australe, le Centaure, l'Autel, le Sagittaire, VEcu de Sobieski, le Taureau rfe Poniatowski, V Aigle, le Renard et l'Oie, le Cygne, Céphée.

D'après les observalions télescopiques de William Herschel, celte bande blanchâtre est un amas de petites étoiles que la vue simple ne permet pat de distinguer individuellement. Pour expliquer cet amas d'étoiles dans une zone passant à peu près par le centre de la sphère céleste, on admet que des millions d'étoiles forment une couche ou strate comprise entre deux surfaces à peu près planes et parallèles, assez voisines comparative^ ment à leur immense étendue.

Notre Soleil est une des étoiles de cette couche^ étoile peu éloignée du centre de ce groupe stellaire. Par conséquent, lorsque sur la Terre, qui est très-près du Soleil relativement aux immenses distances des étoiles, un rayon visuel' est dirigé dans le sens des immenses dimensions de la couche, ce rayon rencontre une si grande quantité d'étoiles, qu'dles paraissent se toucher et se dessinent sur le ciel par une sorte de condensation d'étoiles qui forme la voie lactée. Dans le sens de l'épaisseur de la couche, au contraire, le nombre des étoiles perçues est infiaiment plus petit.

iOi. Des Nébuleuses. — On appelle Nébuleuses, des lueurs ou iacheê ■ diffuses que Ton aperçoit dans toutes les parties du ciel.

Le nombre de ces taches, dont la position dans la sphère céleste semble, jusque présent^ aussi immobile que les étoiles le paraissaient autrefois, esl très-grand, puisqu'en 1802 William Herschel avait déjà catalogué deus mille cinq cents nébuleuses.

On classe les nébuleuses en deux grandes divisions :

i« Les nébuleuses résolubles ou amas de stellaires;

3 ' Les nébuleuses non résolubles ou simplement nébuleuses.

Des nébuleuses résolubles. — Les nébuleuses résolubles sont celles qno l'on parvient, à laide de puissants télescopes, à résoudre en un amas stellaire.

Leur forme est très-variée : on en voit qui ont la forme d'un anneau^ d'autres sont eu spirales; cependant la forme circulaire est celle qu*ellet présentent le plus généralement.

Cette forme circulaire n'est qu'une projection sur la sphère cétesie, ait l'augmentation graduelle d'intensité que l'on remarque du bord au centre, dans toute nébuleuse, est une preuve de la forme à peu près êphérigm du groupe stellaire.

La planche suivante représente six nébuleuses dessinées d'après les dessins contenus dans le Mémoire présenté à la Société royale de Londres, ptf le comte Ross, en 1862. Ce Mémoire contient les résultats d'observations nombreuses, faites sur les nébuleuses, avec le grand télescope du célèbre astronome; télescope dont le miroir a six pieds d'ouverture.

La figure 73 représente la nébuleuse n" U^ du catalogue de W. Bits*

chel. Lord Ross, qui Ta observée huit fois, en a fait quatre fois le dessin^ rétendue de cette nébuleuse est d'environ 6' 20".

La figure 74 représente la nébuleuse n« 262 du caUlogue d'Herachd, dessinée quatre fois par lord Ross. La partie centrale a une forme en spirale, d'après l'astronome anglais, qui l'a observée douze fois.

La figure 75 représente une nébuleuse en spirale portant les n** 4052 et i053 dans le catalogue d'Herschel ; lord Ross l'a observée trois fois.

La figure 76 représente la nébuleuse en spirale n« 1061 du catalogue <rHerscheI. Lord Ross l'a observée quatre fois; une fois pendant le crépuscule. Une des branches de cette nébuleuse a semblé, à lord Rosa, plus brillante que l'autre.

La figure 77 représente une large nébuleuse en spircde, dont l'étradue, dans sa plus grande largeur, est d'environ U minutes; c'est la 1744' du catalogue d'Herschel. Lord Ross l'a observée huit fois; cette nébuleuse présente plusieurs bras et plusieurs nœuds.

La figure 78 représente la nébuleuse n* 2245 du catalogue d'Herschel; lord Ross Ta observée douze fois. En novembre 1880, cet astronome a vu, dans cette nébuleuse, deux nœuds et un espace sombre entre eux; en 1854 il reconnut sa forme spirale que des observations postérieures confirmèrent.

Les nébuleuses ne sont pas répandues d'une manière uniforme dans toutes les parties du ciel; les régions qui en contiennent le plus sont celles où se trouvent la Grande Ourscy Cassiopée, la Chevelure de Bérénice et la Vierge.

Le nombre d'étoiles contenues dans certaines nébuleuses est énorme^ puisque 4es observations d'Herschel prouvent que dans une nébuleuse dont le diamètre est d'environ 10 minutes, c'est-à-dire à peu près le tiers de celui de la Lune, on ne compte pas moins de 20000 étoiles.

Des nébuleuses non résolubles. — Les nébuleuses non résolubles sont celles qui, malgré les puissants télescopes employés, n'ont pu subir aucune décomposition. Ces nébuleuses tiennent dans la sphère céleste des espaces très-éiendus, puisqu'on en remarque qui ont jusqu'à 4* 9' dans leurs dimensions.

La forme des grandes nébuleuseâ non résolubles ne présente aucune régularilé^ les nébuleuses qui approchent de la forme circulaire et que l'on nomme nébuleuses planétaires sont celles qui offrent les plus petites dimensions.

103. Des nuées de Magellan. — Un des phénomènes les plus curieux de rhémisphère sud est celui que présentent les deux nuages de Magellan^ espèces de riébuleuses résolubles, remarquables par leur éclat, leur grandeur et Vorbite qu^elles décrivent ensemble autour du pâle austral, bien qu'à des distances inégales.

Page 1