‹ Cours d'astronomieChapitre 21 sur 157 · PT · texte numérisé non relu

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(2) G. E. Haze et W. S. Apaus, Contributions fromthe Mount Wilson Solur Observatory, n9 41 et W.S. Anams AND Miss BurwELLz, même recueil, no 95.

La couche renversante et la chromosphère ne sont d'ailleurs en réalité, selon toute vraisemblance, pas seules en cause : sinon les raies devraient paraitre d'autant plus fortes qu'on les observe plus près du bord du disque : il existe bien un effet de ce genre, mais il est peu accentué. L'absorption se fait sans doute aussi dans toute la masse des couches voisines de la photosphère et situées en dessous d'elle, ce qui revient à dire que l'apparence nettement tranchée du bord du Soleil ne correspond pas à une discontinuité véritable (1).

3. Erar paysique Du soceiz. — La couche renversante et la chromosphère sont certainement gazeuses; en est-il de même de la photosphère ? D’après les expériences de Kirchhoff, celle-ci devrait être solide ou liquide C’est là cependant une hypothèse insoutenable.

La température du Soleil est en effet, nous lé verrons, supérieure à la température critique et, a fortiori, à celle de volatilisation de tous les corps connus.

D'autres raisons de fait s’opposent encore à ce que le Soleil soit solide ou liquide. D'abord sa densité moyenne 1,4 est très faible et, si l’on tient compte des très fortes pressions internes dues à la gravité des couches superposées, ce chiffre est absolument incompatible avec l'état solide ou liquide. — La loi si singulière de la rotation solaire, découverte par Carrington (2), plaide également dans le même sens.

Enfin les bords du disque solaire n’émettent pas de lumière polarisée alors qu’une sphère solide, même rugueuse, en émettrait certainement une proportion notable. Une masse gazeuse incandescente se comporterait au contraire précisément comme le fait la photosphère (3).

Il ne reste plus en somme, en faveur d’un état non gazeux du Soleil, d'autre argument que le fond continu de son spec-

(4) Voir p. 2410.

(2) Voir plus haut p. 127.

(3) La lumière émise par un gaz incandescent n'est en effet pas polarisée, celle diffusée par des molécules gazeuses l’est au contraire (escmples : la lumière bleue du Ciel).

tre. Mais Les gaz à pression un peu élevée, 1/2 atmosphère par exemple, donnent des spectres dont les raies s’élargissent à mesure que la pression croit, pour finir, selon toute apparence, par se confondre aux très fortes pressions. — A cela il faut ajouter que des expériences très intéressantes ont été exécutées dans cet ordre d'idées par M. J. À. Anderson (1) qui a réussi récemment à reproduire les principales particularités du spectre solaire, y compris le fond continu : des décharges électriques puissantes sous un très petit volume, c’est-à-dire impliquant une densité très grande de l'énergie — probablement réalisée dans le Soleil — suffisent à amener le résultat cherché.

Tout compte fait, le paradoxe semble définitivement éclairci : l'intérieur du Soleil est sans nul doute entièrement gazeux. — Cette conclusion ne nous laisse cependant guère plus d'espoir de connaître par le spectroscope la composition chimique des régions profondes de l’astre que s'il était solide : ce sont seulement les couches périphériques qui se manifestent ainsi à nous.

À. ELÉMENTS PRÉSENTS ET ABSENTS DANS LE SPECTRE SOLAIRE. — Quand on compare le spectre solaire à ceux, obtenus au laboratoire, de substances terrestres, on constate de nombreuses coïncidences de raies. Mais il est curieux que, même lorsqu'on à identifié assez de raies d’un élément pour ne conserver aucune hésitation sur sa présence dans le Soleil, toutes les raies de cet élément ne s’y retrouvent pas toujours. Cela tient en partie à ce que beaucoup de spectres fort soigneusement étudiés contiennent malgré tout des raies dues à des impuretés. Les spectres varient en outre avec les circonstances de production : Lockyer attribuait autrefois l’anomalie signalée à une dissociation des corps simples, aux très hautes températures, en éléments plus simples encore et les recherches modernes, tout en écartant ce que cette idée peut avoir d’excessif, tendent à la confirmer en principe. Mais il est inutile d'aller chercher si loin : on admet

(1) Astrophysical Journal, t. LI, 1920, p. 37.

aujourd’hui que toutes les raies d’un corps ne sont pas données à la fois par tous ses atomes : telle raie est émise par un atome, telle autre par un autre. On comprend mieux dès lors que les conditions extérieures puissent influer sur certaines radiations et non sur les autres et l'objection, qui paraissait affecter la base même de l'analyse spectrale, perd ainst de sa valeur.

L'élément dominant dans Le spectre solaire est le Fer qui s'y.manifeste par plus de 2.000 raies, sur 20.000 photographiées par Rowland. Classés par ordre, selon le nombre des raies identifiées, les éléments les mieux DA se rangent de la façon suivante :

Fer, Nickel, Titane, Manganèse, Chrome, Cobalt, Carbone, Vanadium, Zirconium, Cérium, Calcium, Scandium, Néodyme, Lanthane, Ytterbium, Niobium, Molybdène, Palladium, Magnésium, Sodium, Silicium, Hydrogène, Strontium, Baryum, Aluminium.

La présence du Carbone est certaine : il figure dans le spectre solaire par Les bandes À 3883 et À 5165 : l’importance de cet élément, si abondant dans les Comètes et sur la Terre, ressort d'elle-même.

Parmi les corps simples dont aucune raie ne parait avoir été observée dans le Soleil figurent :

Antimoine, Arsenic, Bismuth, Bore, Or, Mercure, Phosphore, Soufre, $ Dr Cæsiun, ne Thallium, Praséodyme.

La présence de l’Oxygène serait intéressante : elle à été souvent mise en question et semble probable, mais de toute facon la discussion ne porte que sur un très petit nombre de raies.

On à parfois noté que ce sont en général les corps de poids atomique faible qui paraissent présents et ceux de poids atomique élevé qu'aucune radiation ne vient révéler. Ces derniers seraient vraisemblablement confinés aux régions centrales du Soleil, à supposer qu’ils y existent. Toutefois le fait invoqué ici manque lui-même de netteté. L'absence d’un élément dans un spectre ne prouve d’ailleurs pas grand chose. Les Métalloïdes notamment donnent très difficilement

leurs spectres, surtout en présence des métaux : 30 0/0 de Fer dans un arc au Carbone suffisent à y balayer les raies du Carbone et ceci, ajouté au fait bien connu que la sensibilité de l'analyse spectrale varie considérablement d'un élément à un autre, enlève beaucoup de poids aux conclusions négatives.

Aussi peut-on dire en somme que la composition du Soleil ne diffère guère de celle que nos connaissances chimiques et géologiques permettent d'attribuer à la Terre. — À la température du Soleil, notre planète aurait très probablement le même spectre que lui. Cette remarque indiseutable a été bien des fois considérée comme une preuve que le Soleil et la Terre— et sans doute aussi les Planètes — ont une origine commune. [l'en cest certainement ainsi en quelque manière, mais rien n'établit que cette communauté d'origine supposée se traduise nécessairement par une filiation.

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