‹ Cours d'astronomieChapitre 50 sur 157 · PLANCHE XV · texte numérisé non relu

PLANCHE XV

Photographie de la Lune, Région de Tycho.

Télescope de 100 pouces.

(Cliché de l'Observatoire du Mont Wilson).

LA LUNE 323 ( la Sérénité, de la Tranquillité, des Pluies, des Humeurs, des Crises... ro Rien ne dit et il est hautement improbable qu’elles aient jamais renfermé la moindre trace d’eau : elles n’en contiennent, à coup sûr, pas actuellement. Elles sont généralement circulaires et, même dans le cas contraire, ont toujours des rivages en arc de cercle. Leur surface paraît sombre et relaüvement unie — la proportion de lumière polarisée qu’elles émettent (1) est plus forte qu'ailleurs — mais ell2s doivent être cependant dans la réalité assez rugueuses. Par une bizarrerie curieuse, le fond des mers de la Lune est d’ordinaire plus convexe que le globe lui-même (fig. 111) et l'on a rapproché ceci du fait que sur la Terre les grandes fosses océaniques avoisinent généralement les hautes chaines montagneuses (ex, : Cordillière des Andes...).

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Quant aux montagnes proprement dites, il y en a peutêtre sur la Lune une dizaine de chaines : les Apennins, les Monts Leibnitz, les Monts Doerfel... Elles sont très escarpées — en raison sans doute de l’absence des effets d’érosion qui, sur la Terre, adoucissent peu à peu les pentes des montagnes.

La hauteur des montagnes lunaires se déduit facilement de la longueur de leur ombre portée : Les altitudes trouvées atteignent 7.000 mètres et dépassent par suite en proportion celles des nôtres.

10. Crarères ou Cirques. — Les Cratères ou plutôtles Cerques lunaires — car leur origine volcanique est loin d’être établie — sont des formations presque sans exemple sur la Terre. Il y en a des dizaines de milliers, visiblement nés à

(4) Araco, Astronomie populaire, t. I, p. 463. A. Seccnr, Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, t. XIX, 1859, p. 289; Astronomische Nachrichten, t. 52, 1860, n° 1230, p. 93.

des époques successives ; les plus récents empiètent sur les plus anciens, et sont situés à leur intéricur ou même dans leurs parois (PI. XV).

Les cratères récents sont en général plus profonds, leurs remparts plus abrupts et plus élevés. On y distingue souvent d'assez énigmatiques pics centraux, d'ordinaire très escarpés (PI. XVI).

Les cratères lunaires sont beaucoup plus grands que ceux des volcans terrestres : le cratère Ptolémée a par exemple 180 kilomètres de diamètre ; Théophile en a 100 environ et 6.300 mètres de profondeur ; le pic intérieur de Copernic a 3.700 mètres de haut.

A côté de ces vastes cirques, on en trouve de tout petits, de 1 kilomètre de diamètre, de 500 mètres et même moins. Il ne semble pas y avoir de limite inférieure : plus les instruments deviennent puissants — et le Télescope de 2 m. 50 du Mont Wilson l'a bien montré — plus on voit de cratères et plus on en voit de petits (1).

Par contre, aucune ligne de démarcation nette ne sépare les grands cratères anciens, à remparts presque effacés et les « mers ». Entre les deux espèces de formations, le passage est graduel, s'étendant aux mers les plus vastes.

Un détail suggestif est celui-c: : les inatériaux des remparts des cratères ne suffiraient pas, dans la plupart des cas, à remplir la région intérieure, d’ailleurs généralement en contre-bas par rapport au niveau moyen du sol lunaire.

Les cratères paraissent plus nombreux sur les continents et au bord des mers qu’à l'intérieur des mers elles-mêmes.

Enfin, fait capital autant que saisissant : les cratères lunaires sont toujours sensiblement ronds. C’est le voisinage d’autres cratères qui semblé seul parfois les déformer.

11. Fissures, Rainures Er Trainées. — Dans beaucoup d’endroits et notamment dans les mers, on aperçoit des fissures et des craquelures, parfois rectilignes, parfois en zig-zag, de 1 kilomètre ou 2 de large, de 500 mètres de profondeur

(1) Bulletin de la Société Astronomique de France, i. 34, 1920, p. 54.

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