PLANCHE XXIII
2IMAÏNTOTO A2 T0 TN Cette figure montre la « Grande Perturbation Tropicale Sud »,
DESSINS DE JUPITER exécutés à la Grande Lunette de o m. 83 de l'Observatoire de Meudon par M. E. M. Antoniadi.
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certain que cette grande tache. ait toujours existé. Ovale, rose, longue d'environ 50.000 kilomètres et large de 11.000, elle se trouve vers 30° de latitude dans la bande équatoriale Sud. — Elle fut surtout remarquée en juillet 1878 ; mais elle avait déjà été vue auparavant, par Dawes en 1857 par exemple, et figure même sur des dessins de 1831 (1). Elle devint en 1879 de plus en plus rouge et depuis lors ne cesse d’intriguer les observateurs. Vers 1919 elle a beaucoup pali (2).
La période de rotation de la «tache rouge » n’est pas celle qui correspond à la bande équatoriale où elle se trouve, mais elle est de 22 secondes plus longue. La tache se comporte en somme comme une « ile dans une rivière », une ile flottante même, car la période en question varie assez capricieusement avec le temps (3).
« Perturbation ». — C'est là encore une autre anomalie locale de la surface jovienne qu'il est assez difficile de définir : alors que les Anglais l’appellent la « Great South Tropical Disturbance », les Allemands l'ont baptiséele «Schleier » (le Voile). Elle a été décrite pour la première fois par P. B. Molesworth en février 1901 (4); c'est une sorte de tache sombre (PI. XXIIT) qui circule indépendamment à la fois de la bande équatoriale où elle apparait et de la tache rouge de tout-à l’heure.
Cette formation aun moment disparu (5); on l’a revue depuis. — Parfois elle a rattrapé la tache rouge et semblé passer dessous ou de part et d'autre, notamment en janvier 1913 : elle a alors semblé communiquer à la tache rouge une accélération notable (6). — Jusqu'ici la «Perturbation » n’a, pas
(1) D'après les recherches de H. H KrirziNGER concernant les anciens dessins de Jupiter (Newcoms-ExGezmann, Populüre Astronomie, VIe éd., 1922, p. 401).
(2) W. F. DexninG, The Observatory, t. XLIT, 1919, p. 206. .
(3) Bulletin de la Société Astronomique de France, t. 28, 1914, p. 417.
(4) La Perturbation avait été vue bien auparavant : Kritzinger (voir note ci-dessus) l’a retrouvée sur des dessins de 1840.
(5) En avril 4919. — Voir l’article de M. Denning cité ci-dessus,
(6) Voir l’article cité dans la note 3 ci-dessus (p. 420).
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plus que la « Tache Rouge », recu aucune explication bien satisfaisante.
Il se pourrait que tous ces phénomènes eussent des causes analogues à celles destaches du Soleil, elles-mêmes toujours assez mystérieuses.
Quoi qu’on puisse penser de ces interprétations, il n'y a point de doute que Jupiter ne soit un astre gazeux, vraisemblablement dans un état évolutif peu avancé. Ces conditions rendent très problématique l'existence actuelle de la vie sur cette planète.