HO
695,5 [7] HD 649vr [6] Estompée vers le bleu 4 618 3] Large de 614vr à 622rr ?
543 [5] Estompée vers Le bleu ?
458,5 [8] Étroite ?
La plus remarquable de ces bandes est À 618 : large de
100 À, elle ne correspond à aucun corps terrestre connu et se retrouve chez les autres grosses planètes. — On a cru pendant quelques années (et beaucoup croient encore) que les
) Voir p. 230.
) Cités à propos des spectres des autres planètes. ) Bulletin de la Société Astronomique de France, t. 23, 1909,
(4) Les chiffres entre parenthèses correspondent au classement des bandes par intensité,
4 premières bandes ci-dessus éfablissaient la présence de la vapeur d’eau dans l'atmosphère jovienne. Il est cependant un peu surprenant que les bandes telluriques de la vapeur d’eau, de longueur d'onde inférieure à À 6504, ne soient pas renforcées dans le spectre de Jupiter qui, au surplus, dans le bleu, le violet et l’ultra-violet, ne se distingue pas du spectre solaire : il se peut donc que les bandes rouges de Jupiter ne proviennent pas de la vapeur d’eau.
L'absorption semble plus intense dans la zone équatoriale. M. G. Millochau (1) a trouvé en 1904 que, dans cette région, les bandes étaient plus fortes tandis que le spectre s'y étendait moins loin dans l’ultra-violet : ceci s'expliquerait en admettant qu à l'équateur nous pénétrons plus avant dans l’atmosphère de Jupiter et qu'ailleurs les nuages interviennent davantage. — Le spectre de Jupiter ne serait du reste, d'après Vogel, pas invariable et ses fluctuations auraient même période que celles des bandes de la planète.
5. TEMPÉRATURE. — On admet généralement que la température de Jupiter est fort élevée ; mais il n’est pas facile d'en avoir une idée précise. D’après les mesures de M. W. W. Coblentz (2), la planète ne nous envoie pratiquement pas plus d'énergie de grande longueur d'onde que le Soleil : peut-être son rayonnement propre ne nous parvient-il pas ; peut-être est-il arrêté par l’épaisse atmosphère qui l'entoure.
Des calculs qui supposeraient Jupiter pourvu d’une atmosphère pareille à la nôtre donneraient des chiffres très bas. La planète ne reçoit en effet, à surface égale, queles 0,037 de la chaleur que le Soleil rayonne vers nous et ceei conduirait à une température moyenne de — 136°C., chiffre qu’appuient les calculs’récents de M. Menzel (3).
Mais ce nombre n’a sûrement rien de commun avec la réalité. D'abord l'atmosphère intervient fortement et un puissant « effet de serre » ne peut manquer de se produire. De plus
(1) Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. 138, 1904, p. 1477. (2) Voir plus haut, p. 92.
(3) Qui ont donné — 1100 C. (p. 93).
Jupiter, avec sa faible densité, doit se contracter comme le Soleil le fait sans doute, d'après Helmholtz, et par suite s’échauffer. Il à donc une chaleur propre que corrobore la présence des vapeurs, des nuages et des points brillants qu'on y voit, indices d’une température assez élevée laquelle ne peut provenir que de la planète. La fréquence et la rapidité des changements d’aspect de la surface attestent aussi une puissante activité intérieure et plaident dans le même sens.
Cependant Jupiter n’est sans doute pas, comme on l'a dit, lumineux par lui-même. Les ombres des satellites, lors de leurs passages sur le disque, sont absolument noires et lorsqu’ils sont éclipsés, ces satellites sont tout à fait invisibles. — Les expériencesde Nichols (1) au moyen de radiomètres aboutissent à la même conclusion.
6. PRINCIPAUX CARACTÈRES DE LA SURFACE. — Les nuages qui recouvrent Jupiter font douter qu'on puisse nulle part apercevoir le sol de la planète.
L'apparence stratifiée de cette dernière frappe aussitôt l’observateur. Les régions polaires sont presque toujours sombres et dépourvues de détails. La zone équatoriale est plus claire et, dans les latitudes moyennes, on remarque des bandes parallèles à l'équateur, d’un violet sombre tirant plus ou moins sur le bleu ou le rose et parsemées de taches ou de stries blanches. Parfois des sortes de ponts réunissent deux bandes contiguës.
On a remarqué que l'extension en latitude des bandes équatoriales, comme aussi leur aspect et leurs couleurs se reproduisent périodiquement au cours de la révolution (2) de Jupiter, c'est à dire tous les 11,86 ans. Ces constatations, vu leur caractère un peu vague, auraient besoin d’être confirmées par de très nombreuses observations : elles semblent pourtant bien établies. ;
Tache Rouge (PL XXI et PI XXII). — Il n'est pas
(1) Astrophysical Journal, t. XIII, 1901, p. 136.
(2) On dit souvent : au cours de la période des taches solaires qui est assez voisine comme durée. — Voir là-dessus Miss A. GLERKE : History of Astronomy during the XIXth century, Londres, A. et G., Black, 1909, p. 297.