Nouveaux SATELLITES. — Durant près de trois siècles
les quatre satellites qui précèdent furent les seuls qu'on
connût à Jupiter. E. E. Barnard en découvrit en 1892 à Lick un V°, tout près de la planète et fort petit, car il n’a guère plus de 50 kilomètres de diamètre (13° grandeur).
Quelques années plus tard, M. C. D. Perrine photographiait, à Lick également, deux nouveaux satellites, le VI° en 1904 et le VII® en 1905. Ceux-là sont au contraire très éloignés — 6 fois plus que le IV° environ — et jumeaux, c’està-dire que leurs orbites sont très analogues. Mais, comme dimensions, ils se rapprochent du V° et n’ont que 160 et 50 kilomètres de diamètre respectivement (14° et 16° grandeur).
Tous ces satellites effectuent leur révolution dans le sens direct, ainsi du reste que tous les membres connus il y a 25 ans du Système Solaire (2). On eut bientôt l’extrême surprise d’en trouver de rétrogrades. En 1908, M. P. J. Melotte découvrait à Greenwich, toujours par la photographie, un VII satellite plus lointain encore que les deux derniers — 12 fois plus éloigné que le V° — et rétrograde. Ce satellite a
(1) J. Scaeiner et K. Grarr, Asérophysik, Leipzig, Teubner, 1922, p. 286. — Voir aussi : P. Guranick, Aséronomische Nachrichten, 1. 198, 1914, n0 4741, p. 233.
(2) Sauf peut-être les satellites d'Uranus toujours regardés comme fort exceptionnels (et d’ailleurs inclinés de 820).
Cours d'Astronomie. — BosLen-nr, 25
lui aussi un frère jumeau, le n° IX, qui décrit une orbite très voisine de la sienne et qui fut photographié en 1914 par M. Seth B. Nicholson : les deux petits astres, de 18° et 19° grandeur (1), ne sont au fond que de gros rochers, toul
£chelle (en unités astronomiques)
Fig. 126. — Orbites des Satellites les plus lointains de Jupiter.
comme les plus minuscules des astéroïdes. Leur découverte soulève des problèmes cosmogoniques du plus haut intérêt : il est assez probable, ainsi que la forme non fermée de leurs orbites (fig. 126) semble le suggérer, que ce sont de petites planètes capturées autrefois par Jupiter (2).
(1) F. R. Moucrow, {Introduction ta Astronomy, p. 289 (éd. 1917). (2) Voir plus loin, p. 407.