‹ Cours d'astronomieChapitre 70 sur 157 · DNS · texte numérisé non relu

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angle 4, tel que tg =. Fr > ce qui nous donne w.

Tout ceci s'applique strictement à une planète d’axe de rotation sensiblement normal à la ligne de visée (Jupiter). Le cas de l’anneau de Saturne est bien différent. La fente ne peut avoir qu'une position analogue à celle de la figure 131, car nous ne sommes pas en général dans le plan de l’anneau le spectroscope nous donne alors les vitesses radiales de points diversement éloignés de la planète. Si ceux-ci ne tournent pas tous avec la même vitesse angulaire — et des corpuscules indépendants doivent obéir à la 8 loi de Képler, les plus éloignés tournant plus lentement — les raies ne doivent plus être des droites inclinées, mais bien avoir la forme en zig-zag ci-contre (fig. 131), la partie correspondant au disque de Saturne étant au milieu.

L'expérience, tentée par J. Keeler (1) à Allegheny en 1895, était fort délicate : la largeur du spectre, c’est-à-dire la longueur des raies, ne dépassait pas 1 millimètre. Elle à cependant pleinement réussi (PI. XXID ; elle a été reprise depuis avec le même succès par d’autres savants : MM. H.

(1) Astrophysical Journal, t. 1, 4895, p. 416,

Deslandres (1), A. Belopolsky (2), W. W. Campbell (3)...

Les recherches précédentes ont mis en évidence ce fait curieux que le bord intérieur de l'anneau tourne autour de Saturne en 7 heures environ, alors que la planète effectue sa rotation en 10 h. 14 m.: nous avons déjà signalé un cas analogue à propos d'un des satellites de Mars, Phobos. La portée cosmogonique de cette singulière anomalie est évidente.

7. CONSTITUTION DE L’ANNEAU. — La nature corpusculaire de l'anneau de Saturne se trouve ainsi établie. Bien des détails d'observation ne peuvent du reste s'expliquer que de cette manière. Ainsi E. E. Barnard (4) a noté en 1889 que le satellite Japet, éclipsé derrière l'anneau de crêpe, apparaissait un peu moins brillant, tout comme la planète ellemême : les rayons solaires passent donc au travers de cet anneau. H. von Seeliger (5) a aussi constaté que l'éclat des anneaux, évalué photométriquement, varie avec la phase des corpuscules d'une façon que l’on peut calculer à l’avance. Enfin Saturne donne sur les anneaux une ombre portée facile à observer. Le spectre de l’anneau (6) ne révèle d’ailleurs pas les épaisses bandes atmosphériques de celui de Saturne, chose toute naturelle de La part de petits corps incapables de retenir autour d'eux aucune atmosphère appréciable.

On peut se faire une idée de la dimension des particules en question en comparant la densité moyenne, dont Maxwell

(4) Voir p. 377.

(2) Astronomische Nachrichten, t. 139, 1895, n° 3313, p. 1 et n° 3326, p. 209.

(3) Astrophysical Journal, t. I, 1895, p. 127.

(4) Astronomy and Astrophysics, t. Il, 4893, p. 120. — Des mesures photométriques il résulte que, vu normalement, l'anneau de crêpe transmet 94 0/0 de la lumière qui le traverse. L'anneau extérieur en transmet 60 0/0.

(5) Abhandlungen der Kgl. Akademie der Wissenschaften, Münich, Band XVI, 1888, p. 407.

(6) Voir p. 390. — Ce spectre est analogue à celui du Soleil : ceci suffit à ruiner la théorie de BirkezanD (Comptes Rendus, t. 153, 1911, p. 375), d’après laquelle l’anneau de Saturne serait un phénomène cathodique ; le spectre des tubes cathodiques est en effet formé de raies brillantes.

nous à donné une limite, et la densité habituelle des roches, avec la quantité de lumière (de l’ordre de 50 à 80 0/0) qu'absorbe l'anneau lorsqu'une étoile vient à passer derrière. On trouve alors que l’anneau est formé de corps de diamètres compris tout au plus entre 3 et 8 mètres suivant les endroits, de fragments plus petits encore et aussi de poussières ténues (1). Cette conclusion est confirmée par la valeur élevée de l’albedo, supérieur par places à celui de Saturne lui-même, et qui est incompatible avec des dimensions comparables à celles des plus petits astéroïdes. Un pareil pouvoir réflecteur ne peut correspondre, pour les parties les plus brillantes, qu'à des poussières fines (2), les régions relativement sombres étant constituées par de véritables pierres de grosseurs variées.

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