‹ Cours d'astronomie nautiqueChapitre 11 sur 199 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Mouvement diurne.

Nous rappelons ici 1res succinclemenl les premières notions de Cosmographie. La Terre est un ellipsoïde de révolution légèrement aplati et animé, autour de son plus petit axe, d'un mouvement de rotation parfaitement uniforme qui nous sert à mesurer le temps. La durée d'une rotation est l'unité de temps appelée jour sidéral; c'est l'intervalle de deux retours successifs d'une étoile à la même direction. Ce mouvement de rotation, pour un observateur placé dans le sens de 'l'axe, le haut de la tête dirigé vers les Ourses (pôle arctique), s'exécute de droite à gauche, en sens inverse des aiguilles d'une montre. C'est le sens que les astronomes nomment direct.

L'interposition de l'atmosphère forme, pour l'observateur placé à la surface de la Terre, une sorte de fond de tableau sphérique sur lequel viennent se peindre les astres vus en perspective. C'est le ciel de l'observateur. Lorsque celui-ci se déplace sur le globe terrestre, ce ciel, dont il occupe le centre, le suit ou plutôt se reforme pour lui. Le mouvement de rotation de la Terre produit Tillusion du mouvement diurne. Les astres

semblent tourner, en sens inverse de la rotation terrestre, autour d*un axe parallèle à celui de la Terre et passant par Toeil du spectateur. La distance des étoiles est telle, que, pour ces astres, cette parallèle se confond sensiblement avec l'axe de la Terre. En d'autres termes, les dimensions de ce globe sont pratiquement nulles vis-à-vis de ces distances.

En effet le rayon de la Terre, vu du Soleil, ne sous-tend qu'un très petit angle de 8", 86; vu des étoiles, dont la plus voisine de nous est deux cent mille fois plus éloignée que le Soleil, ce même rayon ne sous-tend que o'^,oooo443. Tous les phénomènes du mouvement diurne s'accomplissent donc comme si la Terre n'était qu'un point sans dimensions appréciables. Il en est autrement du Soleil et des planètes, de la Lune surtout, qui est quatre cents fois moins éloignée de nous que le Soleil. Pour ces astres, le rayon terrestre n'est plus négligeable, et nous serons obligés de distinguer entre la station de l'observateur et le centre de la Terre où nous devrons rapporter nos mesures.

L'aspect du ciel varie d'une station à l'autre, lorsque l'observateur s'éloigne du pôle arctique pour se rapprocher du pôle opposé.

Ce qui détermine cet aspect, c'est la distance angulaire du zénith au pôle arctique, angle nommé colatitiide du lieu et représenté par la lettre X. En considérant cet aspect aux points A, A', A", on voit qu'il varie du tout au tout, depuis X — o jusqu'à \=z î8o<*. Le sens même de la rotation diurne du ciel semble

Page 1