Cours d'astronomie pratique, application à la géographie et à la navigation
Celui qui entreprend l’étude de l’Astronomie se trouve en présence d’une bibliographie abondante en chefs-d’œuvre : vouloir y ajouter un Livre qui n’a pas pour lui l’excuse d’une nouveauté complète peut paraître présomptueux ou pour le moins inutile il est donc nécessaire de marquer les raisons qui nous ont fait
entreprendre ce travail, et d’en bien préciser lPobjet.
Chargé, à plusieurs époques, de professer un cours d’Astronomie pratique aux Services hydrographiques de la Marine, nous avons eu l’occasion de reconnaître que, malgré l’abondance des Traités sur des matières connexes, on manque, en France, d’un Manucl pouvant servir de Guide pratique pour la solution des problèmes plus spécialement géographiques. Les Traités classiques de Francœur, de Brunnow, de Chauvenet, de M. Faye et bien d’autres, ont plus particulièrement en vue les travaux des grands Observatoires : la majeure partie de leur contenu est inutile au voyageur. Les Traités d'Hydrographie et de Navigation n’envisagent qu'un seul côté du problème, et la tendance actuelle, tout
en simplifiant les méthodes, les spécialise chaque jour davantage.
Il est nécessaire, pour bien exposer cette partie de la Science,
Va
YI AVANT-PROPOS.
d’avoir pratiqué les observations dans des circonstances variées de temps et de lieux et d’en avoir calculé soi-même les résultats. Il n’est pas moins utile d’avoir appris, par la pratique de l’enseignement, quels sont les points de doctrine qui réclament plus de développements, quels sont les malentendus qu’il faut éviter. C’est parce que nous avons fait cette double expérience des voyages et de l’enseignement que nous nous sommes cru autorisé à entreprendre cette tâche. Nous ne saurions prétendre à remplacer les Traités si complets que nous avons cités, mais nous voudrions
réunir 1ci tout ce qui est nécessaire au voyageur pour faire œuvre
ns
sérieuse. Notre ambition est d’être utile au marin aussi bien qu’à l'explorateur des continents : la différence du mode de locomolion ne peut pas introduire une différence essentielle dans les
méthodes destinées à fixer la position des points.
Nous n’entrons pas dans le détail du calcul des éphémérides : nous devons nous borner à montrer l’usage pratique qu’on en fait, en expliquant sommairement la signification de leur contenu. Nous avons eu plus particulièrement en vue l'usage de la Connaissance des Temps, qui est aujourd’hui au premier rang des Alma-
nachs astronomiques.
Nous insisterons sur les instruments et les méthodes d’observauon. Le voyageur n'a souvent à sa disposition que des instruments imparfaits plus ou moins détériorés: mais il est possible, même dans ce cas, par un choix judicieux des méthodes d'observation, de résoudre les problèmes avec une précision plus grande que celle que lPon pouvait espérer à priori. C'est dire que, sans vouloir aborder par le menu tous les problèmes possibles de Trigonométrie sphérique, et en élaguant tous ceux dont l'intérêt pratique n’est pas bien net, nous nous efforcerons de donner un choix d’un assez grand nombre de méthodes éprouvées par l'expérience. Nous
y Joindrons des démonstrations aussi simples, mais aussi variées