Échappement
Nous avons vu comment on arrive à avoir un mobile animé d'u n mouvement périodique uniforme. Ce mobile transmet son mouve ment à une roue dite roue d'échappement, qui est destinée à tra duire le mouvement oscillatoire par un mouvement circulaire saccadé.
Afin de laisser au balancier la plus grande liberté possible, il importe qu'il ne reste en communication avec le rouage que pen dant le temps nécessaire pour produire le dégagement de la roue d'échappement et en recevoir l'impulsion destinée à entretenir son mouvement. Tel est le but de l’échappement libre, à repos età détente, dont le principe a été imaginé par Pierre Leroy, mais qui a été perfectionné par Arnold, horloger anglais, lequel lui a donné la disposition encore en usage aujourd’hui. Î
pignon æ engrenant avec la roue des secondes, se trouve par à communication avec le rouage qui subit l’action du moteur, et en reçoit une tendance à un mouvement circulaire continu dans
sens de la flèche. Ce mouvement participerait nécessairement de toutes les variations de la force motrice : le régulateur le transformera en un mouvement périodiquement uniforme. Pour cela, les dents de la roue d'échappement sont arrêtées successivement par un repos k porté par un ressort TRX. Une des “extrémités de ce ressort est amincie et fixée à la platine du chronomètre en X. L'autre extrémité se termine en forme de crosse. Un second ressort r, beaucoup plus mince et plus flexible, est juxtaposé au premier; son extrémité libre s'appuie sur la crosse T. On voit par là que si l’on presse ce petit ressort, en l’appuyant sur le ressort R, il tend à entraîner celui-ci dans son mouvement; mais, dans le mouvement inverse, sa grande flexibilité permet de écarter d'une petite quantité de ce dernier. L'ensemble de ces ressorts est dans un plan différent de celui de la roue d'échappement; mais le repos Æ porté par le ressort déborde la largeur de celui-ci et peut arrêter la roue d'échappement.
L'arbre du balancier porte :
1° Dans le plan des ressorts, une levée p en pierre dure; 2° Dans le plan de la roue d'échappement, wn cercle d’échappement évidé dans une partie de son contour, et portant une pierre “dure g en saillie dans cet évidement. La saillie de cette pierre est calculée de telle sorte que, lorsqu'un rayon dela roue d’échappement se trouve passer par l’axe du balancier, la dent correspondante puisse imprimer à la pierre une impulsion, et qu'au contraire, quand le rayon de la roue d'échappement qui rencontre l’axe du balancier correspond au vide entre deux roues, il n’y ait aucun contact. Ceci posé, on comprend facilement le fonctionnement de appareil. Admettons que le balancier tourne de droite à gauche (sens de la flèche) : la levée p rencontrant le ressort r l’écarte, ce qui entraine le ressort R et le repos k, et fait échapper une dent: en même temps une dent vient frapper la pierre g et communique au balancier la force vive nécessaire pour entretenir son mouvement. Aussitôt l’échappement produit, le ressort R revient à sa position et arrête la dent suivante.
Pendant la deuxième période du mouvement, lorsque le balancier tourne de gauche à droite, la levée p soulève le ressort r, mais alors le ressort R ne bouge pas. Il y a donc échappement à chaque double oscillation, quand le balancier est animé de vitesses
dans le même sens. En ceci les chronomètres se distinguent des montres ordinaires à cylindre ou à ancre, dans lesquelles l’échappe=« ment se fait à chaque oscillation simple, comme dans les pen=M dules.
On voit pourquoi cet échappement porte le nom d'échappement libre : sauf l'instant très court du choc de la levée contre le ressort, le balancier oscille librement, et ces chocs ont peu d'intensité à cause de Ja faible masse et de la résistance minime des ressorts.
L'avantage le plus apprécié de cet échappement, c’est que less actions mutuelles étant des chocs et non des frottements, on n'a pas besoin d’huile aux contacts : or l’épaississement de cette sub stance est une des principales causes d'irrégularité dans la marche des montres. Ù
sn. fus l'en.