‹ Cours d'astronomie pratique, application à la géographie et à la navigationChapitre 212 sur 254 · Navigation astronomique. Méthode ancienne · texte numérisé non relu

Navigation astronomique. Méthode ancienne

Jusqu'à ces derniers temps la Navigation reposait exclusivement. sur la détermination séparée de la longitude et de la latitude. Voici comment on procédait et comment procèdent encore la plupart des navigateurs. Partant d’un point connu, on estime avec soin la route en vitesse et direction. Le lendemain du départ, vers 8" du matin, on observe la hauteur du Soleil. Si l’on connaissait exactement la colatitude du point où l’on se trouve à ce moment-là, cette obser= valion permettrait de calculer l’angle horaire par les formules du Paragraphe 108. L’estime donne une valeur de la colatitude, affec- Ltée d'erreurs sensibles en général : mais l’observation étant faite. dans des circonstances favorables, l'erreur sur l'angle horaire est inférieure à celle qu’on a commise sur la colatitude, et la longitude calculée par les montres (S 131 et suivants) est plus exacte que la longitude estimée. On observe ensuite le Soleil à midi; par lan méthode du Paragraphe 91, on en conclut la latitude exacte. Cette latitude permet de contrôler celle qu'on a employée pour lobservalion de longitude du matin, en corrigeant en sens inverse la latis tude de midi du chemin en latitude fait entre les deux observations. On peut alors calculer à nouveau l’angle horaire et en déduire une longitude plus exacte. Le changement en longitude, entre les deux observations, calculé par l'estime, permet de conclure la longitude à midi; on a donc un point complet. Cette méthode d’approximations successives doit son succès à ce que l'erreur d’estime étant” proportionnelle au temps est beaucoup plus petite pour un intervalle de 4" à 5" que pour une journée. On peut contrôler en observant une deuxième longitude après midi, vers 4", pour le calcul. de laquelle on emploiera la latitude estimée depuis midi. 4

La précision que l'on obtient est limitée par les erreurs d'estime, par les erreurs d'observation et d’instrument, par celles des Tables de dépression et de réfraction, enfin par les anomalies chronométriques. En raison de cela, on peut être moins sévère sur le choix des hauteurs et observer assez près de l'horizon : les erreurs de réfraction sont généralement inférieures aux autres que nous avons. citées. L'essentiel est d'observer le plus près possible du premier vertical pour la longitude.

Quand le Soleil culmine à une assez grande kauteur, on emploiera souvent avec avantage la méthode de Littrow, pour la détermination simultanée de la colatitude et de la longitude par l’observalion des circomméridiennes, Ici l’on opère sur des intervalles très courts, el l'erreur d’estime devient négligeable. Il n'y à rien à ajouter aux explications données au Paragraphe 110 sur cette méthode, si ce n’est qu’il faut réduire les hauteurs au même horizon, celui de la première observation, par exem ple, en suivant la méthode qui sera donnée au Paragraphe suivant.

Il est clair qu’on peut opérer sur les étoiles et Les planètes comme on opère sur le Soleil, et observer ainsi latitude et longitude au crépuscule ou pendant la nuit. La méthode de calcul ci-dessus force à recommencer les calculs de longitude du matin avec une latitude nouvelle. On peut éviter une grande partie de ce surcroît de travail en se servant de la méthode d'approximation de Lalande, ou de la méthode Pagel qui lui est analogue et dont nous allons parler ($ 154).

La distinction établie entre la recherche de la latitude et celle de la longitude avait surtout sa raison d’être à une époque où les chronomètres étaient très imparfaits et exigeaient des vérifications fréquentes par les distances lunaires, tandis que la latitude se déterminait rapidement et avec une approximation bien supérieure à celle que comportait la longitude,

Page 1