LUN
destinés en général à mesurer les angles sur les cercles divisés. Ici le porte-objet n’est plus mobile : c’est le microscope lui-même qu'on rapproche ou qu’on éloigne du limbe sur lequel est gravée la graduation.
Dans le plan focal se trouve un micromètre. On peut prendre pour cela une plaque de verre portant des divisions également espacées, d’une valeur angulaire donnée : cette disposition est quelquefois employée pour les microscopes des boussoles de déclinaison : elle permet d’évaluer à vue l'amplitude des excursions de l'aiguille. D’autres fois on emploie un micromètre à fil mobile. Il n’y a pas à revenir Sur ce qui a été dit de la valeur angulaire des divisions à propos de la lunette astronomique : la théorie des deux instruments est la même.
La seule différence se trouve dans l’opération de la mise au
Caspanr. — Astronomie, TI. 8
114 LIVRE Il. — THÉORIE DES INSTRUMENTS.
point. On commence encore par l’oculaire. Une fois qu’on à obtenu une image nette du micromètre, comme celui-ci est par construction à une distance invariable de Pobjectif, on met au point sur les divisions du limbe par un mouvement de tirage du microscope entier. On vérifie ensuite par l’observation de la parallaxe des fils.
La bonne mise au point est encore plus nécessaire pour le microscope que pour la lunette. En dehors de l'inconvénient, commun aux deux, d’une parallaxe des fils résultant d’une mise au point défectueuse, le microscope présente cet inconvénient spécial que la grandeur absolue de l’image réelle, c’est-à-dire la valeur angulaire d’une grandeur donnée, varie rapidement avec la distance de l'objectif à l’objet. Une fois qu'on a déterminé la valeur des divisions, il ne faut plus changer la mise au point de l'objectif, sous peine d’avoir à procéder à une nouvelle détermination de cette valeur angulaire.
Micromètre à double image. — La lunette de Rochon est une lunette astronomique dans laquelle un prisme biréfringent, ayant ses faces normales à l’axe optique de la lunette, peut se mouvoir entre l'objectif et l’oculaire. La moitié du prisme tournée vers l'objectif est taillée dans un cristal biréfringent, de façon que la face d'entrée des rayons soit normale à l’axe cristallographique. Le rayon passe sans se dédoubler et tombe sur la deuxième moitié, dont l’arête réfringente est parallèle à l’axe cristallographique et qui le dédouble : l’angle de bifurcation d est constant pour un prisme donné, et foncuon de l’angle du prisme. On obtient ainsi dans le plan focal principal deux images du même objet : on amène ces images au contact par le déplacement longitudinal du prisme, qui se mesure le long d’une graduation tracée sur le tube de la lunette.
Soit I la grandeur de l’image réelle, d la distance du prisme au plan focal, les deux images étant en contact, on a
1— d'tangè
Il ; ;
et comme ;; représente la grandeur apparente de l’objet et que
tangÔ F
est une constante spécifique de l'instrument, on voit que T
est proportionnel à d. L'instrument une fois étalonné sur des angles connus, on voit qu'il peut servir à mesurer des angles dans les limites de son champ.
On obtient le même résultat, c’est-à-dire le dédoublement d’une image, en employant une lunette dont l’objectifest scié en deux, Suivant un plan méridien de sa surface. Les deux moitiés sont mobiles parallèlement au plan de séparation. Chacune d'elles fonctionne comme un objectif complet et forme une image réelle de Vobjet visé. Leurs déplacements relatifs s’opèrent à l’aide d’une vis micrométrique simple ou double, dont les rotations sont mesurées au moyen d’un tambour divisé; on peut aussi noter les déplacements relatifs sur une échelle linéaire avec un vernier. L'instrument s’étalonne et se vérifie comme la lunette de Rochon par la mesure d’un angle connu d’avance avec précision, et son emploi est le même : on établit le contact des images de deux points par le déplacement des portions d'objectif. L'idée première de ce micromètre est due à Dollond, qui l’appliqua à l'héliomètre. La marine française emploie beaucoup le micromètre dit de LBugeol, avec cadran Lorieux : c’est une vraie longue-vue donnant les images droites ; les déplacements sont évalués à la vis micrométrique. On peut mesurer des angles jusqu’à 1°40° avec une approximation de moins de 5”.