Principe de la collimation
Un point supposé éclairé, placé dans le plan focal d’un objectif, envoie à cet objectif des rayons qui en ressortent parallèles entre eux et à la direction qui joint ce point au centre optique. Ces rayons peuvent être reçus sur l'objectif d’une autre lunette, et se comportent alors relativement à celle-ci comme s'ils émanaient d’un objet infiniment éloigné. Si donc on pointe avec une lunette la
(*) Le mot de collimation a plusieurs significations en Astronomie: nous verrons ultérieurement les erreurs de collimation de la lunette méridienne et du sextant. Le sens général commun est celui de la détermination d’une direction dans un instrument. Il n’y a pas grand inconvénient à employer ce mot dans différentes acceptions qui ne prêtent pas à confusion, pourvu qu’on spécifie chaque fois quelle est celle dont il s’agit; mais il est important que le lecteur soit prévenu de cette circonstance dès le début.
croisée des fils d’une autre lunette éclairée par son oculaire, les directions des deux axes optiques seront parallèles. On remar-. quera qu’un léger déplacement latéral d’une des lunettes n’a pas. d'influence, aussi longtemps du moins que l'image reste visible & le parallélisme des axes subsiste, on peut donc en toute rigueur considérer ce pointé comme un pointé à l'infini. Une lunette ainsi disposée est appelée un collimateur. Afin de mieux assurer la“ direction, il est important quele réticule du collimateur soit suffi-. samment éloigné de son objectif : il n’y a aucun inconvénient à, allonger sa distance focale principale, dans la mesure de l’espace. dont on dispose, puisqu'il n’est souvent pas nécessaire que le réticule et l’objectif soient reliés entre eux par un tube de lunette quand il s’agit, par exemple, d'assurer la direction d’un instrument méridien, De là, les collimateurs à long foyer. L’objecuf du collimateur doit avoir à peu près la même ouverture que celui de la lunette avec laquelle on l’observe.
Une lunette peut se servir à elle-même de collimateur. L'image de la croisée des fils éclairée convenablement produit un faisceau de rayons parallèles au sortir de l'objectif. Si l’on recoit ce faisceau sur une surface plane réfléchissante perpendiculaire à sa direction, chaque rayon revient sur lui-même, traverse l'objectif et revient converger au point d’où il est parti : on a donc là le moyen de déterminer la direction d’une lunette perpendiculairement à une surface réfléchissante.
L'observation se fait en plaçant, en avant et très près de l’oculaire, soit un prisme à réflexion totale, soit plus simplement une glace mince inclinée à 45° sur l'axe de la lunette et formant chambre claire. On éclaire latéralement la face de la glace tournée vers la lunette et on place l'œil de manière à viser le réucule à travers celte glace. La face intérieure réfléchit de la lumière dans le tube et éclaire le réticule, et quand la direction convenable est obtenue par le mouvement de la lunette, l'œil voit à la fois l’image directe des fils et leur image réfléchie qu’on amène à une coïncidence pars faite en achevant le pointé par de petits mouvements appropriés: Le petit appareil qu’on ajoute à la lunette est appelé oculaire nadiral, parce que si la surface réfléchissante est horizontale, comme celle d’un liquide au repos, on peut ainsi rendre l’axe optique vertical et pointer au nadir ou au zénith.