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Verres colorés. Observations de nuit

Quand on observe le Soleil, il est nécessaire de garantir l’œil par l’interposition de verres colorés. Si l’on mesure des doubles hauteurs à l'horizon aruficiel, les deux images directe et réfléchie ont même éclat, et l’on peut interposer le verre coloré entre l'œil et oculaire. Il n’y a dès lors aucune erreur à craindre. Mais si l’on mesure la distance angulaire du Soleil à un autre point, l'horizon de la mer par exemple, ou la Lune, ou un point à terre, il faut interposer les verres colorés sur le trajet des rayons venant du Soleil. Le défaut de parallélisme de leurs faces introduit alors une erreur qu'on élimine comme on fait pour le défaut de parallélisme des

glaces de l’horizon artificiel ; on fait deux séries d'observations et, dans l'intervalle entre les deux, on retourne les verres colorés. On pourrait encore étudier les verres dont on se sert, mais cette opé- ] ration serait fastidieuse, eu égard au grand nombre de verres que l'on est amené à combiner pour obtenir dans chaque cas parti=" culier l’atténuation nécessaire. |

Les observations du Soleil et des points terrestres sont faciles. Celles des étoiles sont plus difficiles. On a proposé différents dis. positifs pour cela. On peut interposer entre l'œil et l'étoile un verre cylindrique qui étale l’image de l'étoile en ligne droite (sextants Laurent et Hue). Pour obvier à la difficulté de reconnaître l'horizon de nuit, on emploie des lunettes spéciales et des objecufs

à large ouverture. M. le commandant Fleuriais dédouble l’image de l'étoile au moyen d’un prisme biréfringent; on amène alors l'horizon entre les deux images de l'étoile : sa visibilité est assurée au moyen d’une lunette astronomique à large objectif. M. le commandant de Magnac, frappé de la visibilité de l'horizon dans une jumelle, a essayé d'adapter une jumelle au sextant; il en a obtenu de très bons résultats. Enfin tout récemment, M. le commandant Fleuriais, reprenant la question, en est arrivé à ne plus viser à l’ho=, rizon, mais à se servir d’une toupie gyroscopique, qui, installée dans le sextant et munie d’un collimateur spécial, remplace la verticale et l'horizon, dans les cas où celui-ci n’est pas bien net.

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