‹ Cours d'économie industrielle, 1836-1838 (volume 2)Chapitre 63 sur 71 · DROITS DE DOUANES · texte numérisé non relu

DROITS DE DOUANES

Les 100 kil.— qui payaient en 1794* étaient grèves de— 4 la fin de îSio.

d'aloèa

Bfr.

aoo fr.

d'anis étoile

de cacao

5oo«—

decnreuna

ia5 —

de café"

~de canelle

de cochèniUe

sooo —

Ces droits énormes invitaient k la fraude; un décret d'octobre 1810, créa des cours prévotales pour les tarifs violés j l'effet de cette législation fut prompt. Le commerce français, qui ne pouvait vivre avec de telles entraves, fut forcé d'émigrer; aussi retrouvons-nous dans d'autres villes, mais en sens inverse , les faits de statistique observés pour Marseille. Livourne, qui n'avait en 1791 que 4<>>ooo habitants , en comptait 80,000 en

<êi4 ! Trkstt, doot la population netoit que de 4ooo individus. «n j.^&i,-.*!). compte. Main* tenait ■ 90,000. La paix neftftUk à Maille . sa Candeur primitive* et. ou^mrtfbtti^Hife vilte *enfe£mpx58,Qoo habitants, nombot qui «'acqïoîi 4tn* ira ■ jturf 4'tf ttti rongera «traordiftafre, et fbpt oft oe pfitf prévftir kltontet*** lajFraiKs aait lai» aiseo AJger la fortap? du. mMh : V: - . Itoutefottftujoar^l'bui qoe ta ma^yau» jewrs soiit , paaeé*, je* MerteUÀaiâ «e; peuvent ûiar ^i^ ta $0* litiqufî de V£mpirç» ancdirigsfwMejurs *(fpr& y$r$ l'industrie manufacturière , iie '-{9a ait mi& dpqp uiieqrôsttiMitaat fc^pftéféra^à.OftUs d#* tyojfcnais et des Bordelais. L» fVànbe rapo*ttwnt d#i*& cotes les navires étrangers qui lui apportaient les produits exotiques, Màr&ilfê Se fit une spécialité de, leur fabrication, et i)ien(tpt l'on vit^s'élever ,detoutes pafto des fabrique» d'acide sulfarique, de soude artificielle et de ààvoti, dfeô fâhheries et des raffineries de soufre et de salpêtre qui sont maintenant tone source (fabôftdance rt de richesses. Déjà à. Ushute de Napoléon, ^production de Marseille était évaluée à 12 millions dont plus de fW moitié eri savons et lé quart! *tl soiidey sels1 ou àtftles; ' . ; " • ' : '• ; ' ■ ' ■ ' '

xl 'fi&iis ces objets sont Aë< ptertrtèfre nécessité et ^àdt-ttsënt ati* htàtfsfcs ; ïà eoitedflilndtiëtt 41/bh èh -failt érï Frahce est eëriildêrâbïè; àtfcsî Màfc&ilfe Wît rb*tè*i malgré^ jWskibih toute $pêôhtfè pattr le Cdrttmercfe, beâuèbup plus indtaàtriëïle tjite 'èbrhnïeïcialê. Bepiitè qùelqtiéi? années îës batt&Uk ^ VAptût; le ïïiôcrvctortrit'qtii aé wàhîfèSte^e flëtf-

<%5) ¥cattr¥ët* rorîetrt, et aos*rëlatHHMr avec tefr éàttà

d'Afrique, de plfrs en plus I rattçaise, la ràtûènèat k stfn àmjfenne spécialité. ' • '

'Marseille è&t1 atfjéirtxTInri dans tme jôrise do pWspérké, qdi ëfcoi*gtieîlHt oeu* qui observe** le déveîoppemewt de la fortune' publique/ Quelque* chiffes va*t frire passer «ty*s vus «prit» |aotr» iitode <p*e f ai ■• acquise wor- nfeéme an p*rcou~ rant les* twmhtèhx. doc*tfrtei»ts qur otrti -été po»? b^iéfr $uf cçtte viUe, qu}; compte, aujwpïbce de $e^ tipbitanfë plusieurs hfWiu^es, c^.falgfitf j>l£ÎU? d^rde^ur et de zèle pour recyçillk tout ce qui peut être utile à la statistique et h FèustR^ej fltt ' commerce.

Je yien$ de vous indiquer le dbiffire de la popu? Iation , et vous avez.vii que la proportion ava}t doublé: les quartier^ importants, ont reçu dés pii^ell^3semients considérables, a tel pomt' tjuç daus njoii.pernjei; voyage en i$q$, ï!aï eu de ta peiné a reconnaîtra le port de 1014 ; de nouveau* progrès ont etp obtenu^ depuis cette époque, et loti travaille a les augmenter encore. Marsçule

çiprtfîent onze mille maisons, et les ht {Jôijolé depuis qjx ans. Railleurs d ëstjâ rémarquer que fe progrès a été' plus considérable pendant léjs sept, années qui se sont écoulées depuis la révolution de i83o, que peudant les quinze années de la restauration • car on a calculé qu'elles $e s©t»t élevées» dte dent vingt ou(ççptqvtfirante, à deux c^t quatre vingt ' ou trois cents Yous voyez doAC que Marseille a eu tort de se montrer dé mauvaise humeur en x 85o.

cpmpté eu ce! mp Aient côpstrûçtîcms orit ^ôiiolé dep

Il est vrai que S. M. Charles X lui avait accordé en retour d'une bienveillante réception, la franchise du port ; mais cette faveur lui fut tellement à charge qu'avant la fin de la première année, elle crut devoir demander à être délivrée de ce privivilége incommode pour revenir au système des entrepôts ; car eUe s'aperçut que son industrie ne pouvait plus écouler ses produits, qui se trouvaient, pour ainsi dire, hermétiquement bloqués.

La statistique des faillites donne des résultats non moins brillants:' de 1808 à i83o on n'en a compté que 477, dont le passif total ne s'est élevé qu'à 5o millions.

Le commerce de transit est un de ceux qui ont le plus contribué à enrichir Marseille. Nos lois de douanes poussaient autrefois l'absurdité jusqu'à ne pas permettre le passage des marchandises prohibées; aussi notre commerce ne bénéficiait-il jamais des frais de transport. Aujourd'hui qu'un système mieux entendu de liberté commerciale ne force plus ces marchandises à s'en aller paf Gibraltar, par un chemin de quinze cents lieues, Ma r se H le est le bureau qui reçoit le plus, et elle est devenue l'entrepôt de la Prusse et de l'Allemagne , qui n'ont, pour ainsi dire, de relations qu'avec elle et Trieste. Voici d'ailleurs des chiffres concluants :

Le transit a été en 1 83a Pour Marseille de . . . 5o2i 000 — Le Havre . . . 3ga8 000

(4*7) J&yppne. * . . 1275000

t t , J^r^eaux. .. . 375 000 . . ,./

Ainai le transit dû Marseille est. preaçua le) <fo*irr ble du tonnage du Havre, le quadruple de. c&litit de Bay»nn& et presque qujpge £oU plu* *9fH*4émble que tek» de Bordeaux, < Le «ommeyw de Mar&eilJe i^epréieoW aujouf r d'hui plus du. oinqqième de* inapormioias «te tduteia Frane*; «9 effet, voici qu^la *o»t 1^ navires gntrés #t sortis eu moyenne en ij|fo. i t. Ijtevtreç entrés à MarseiUf 7901 ,s searti* ôftfo;

à Nantes. 385*

l' " - - an Barre. . 35$6 ••■ *> ' .

' G^t ià, voni le concevez sans peines un 1 cont*

irierce qui donne topjotifs âes pro^t» et janMi*

de pertes; aussi fera-t*on bien de 1 encouragée

Remarqms qw je ne +oué parte point encore du commercr.de Marseilto a*ec te Levant, que j'examinerai apart..

Pour se faire une idée, taoqte 'âé la prospérité de Marseille \ iï faut eh»t"e> se rappeler qu'elle exporte sed «propres produits éU qu'elle- se fait ainsi une dwvf>fe source' de -teWfaus ; nous allons en juge? par Xeé dtàHs pby& à la douane , ou Ton remmvecla mémri progression ascendante que nous **<*&$ déjà plu&cwr* folk constatée.

Marseille1. 'Droits pûfà éh 18Ï& 6,701 ,000 fr.

«.'>>-• *n\\ -h". ; *:,'; . < -AU ; -ï J'Ht .

, '.' . : îS35 '3b,oô6,o6o' "

Bfabqttl. 1 ' 6$

(49») Le Havre id. 2 5, 000,000

Nantes id. 12,000,000

Ainsi le commerce de Marseille a quintuplé de i8i5à i835î

Toutefois, Messieurs, nous n'avons pas su profiter des admirables avantages que la nature a faits à Marseille , et le port le mieux situé des ports de la Méditerrannée, le port qui est en en communication avec la Durance , le Gard , l'Ardèche , la Drôme , l'Isère , l'Ain, le Doubs et le Rhin r la Loire , l'Yonne et la Seine , soit par le Rhône, soit par la Saône, ne peut point ehcore être compté au premier rang des villes de navigation. C'est ce dont vous allez juger par le tonnage comparatif de quelques ports importants du globe*

Tonnage de Londres . > , . 573,000 tonneaux*

— New-York .* • 299,000

— New-Castle . . 202,000

— Boston • . • . 171,000

— Iiverpool. • . 161,000

— Sunderland • . 108,000

— Philadelphie . • .77,000

— Whits-Haven • 73,000

— Hull (AngleU). 72,000 * — New-Bedford « 7 1 ,000

— Bordeaux . ♦ * 70,000

— Marseille i835. 68,3 1 4

— . Le Havre . . • 68,070 Marseille ne possède une banque que depuis

deux ans; et qu'est-ce, Messieurs, qu'une banque au capital de 4 millions! Marseille n'a pas de

( 499 ) bourse, et c'est au grand air que les négocians font

les affaires ; exposés au mistral , à la poussière ou à la pluie. Marseille n'a ni bassin de carénage, ni docks , ni hangars couverts ; et les huiles , les potasses , les soudes , les soies, les cotons, séjournent sur les quais des semaines entières , qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il fasse le soleil de Provence. Enfin Marseille a encore un port d'une saleté proverbiale et qui ne le cède , dit-on , en rien à celui de Constantinople*

Au nombre des améliorations à faire à Marseille, je place encore la suppression du lazaret, qui entrave plus qu'on ne pense le développement général du commerce. C'est là sans doute un ancien usage qui a son côté respectable, mais dont les effets nuisibles sont aujourd'hui incalculables. En effet, des cargaisons entières séjournent 3o ou 40 jours dans le lazaret , et y paient un droit de a5 centimes à a francs le sac, selon la grandeur. Les hommes y sont lavés , purifiés et parfumés moyennant finances , à raison de 2 fr. quand on emploie des parfums ordinaires, et 4 fr. 5o quand on emploie des parfums extraordinaires. Le médecin croit toujours qu'il est nécessaire d'employer ceux-ci pour les nouveaux arrivans, et il se garde bien d'économiser ses visites, qui sont toujours comptées à raison de 4 francs. C'est sous l'influence de ces abus et de cette tendance fiscale que le lazaret en est venu à occuper le quinzième de l'emplacement de la ville.

Tel est, Messieurs, le mauvais côté de la situation actuelle de Marseille, celui vers lequel les

esprits réformateur* doivent tourner * lettre regards» Toutefois feerois fermement quedate peu, roe«ftmi M. Charles Du pi »v aeni obligé dp changer la .teinte qutil à donnée à cette partie :dju tnidi qui est plu* pré* q*iV)nne pense de marcher l'égal <}u Mprd. ■ - - ■-'■ . .« ; '» i'

Je temwnflrai pâp. un résmn* statistique 4n oomitierqe de Mereeitte avec lés diverse» puissance qui sont «1 refatjod avec elle. ;

Angleterre. Marfeille - Ait pfea d afiaires avec l'Angleterre à <ame .dé l'itëvaikm vraiment exorbâante de ^noa-UFflfç oa acompte 4«i^ 8^3 c

;■' Navuwqntiiéa» * •■ a6 , ' < < Navireè eortrt -»4i-: '■ ! " * ' Utt ^lart de ce* navires seqienjen t étaient français, i *J i :.'.*;» * '.'.' t : j, >* . n < -.i - * i f ! ■

h pn b:q lorapté qutt, trois. od quatre tuâmes

pour tevQQwiaiHyeiïei fias lotHénn/eâèo <>l i >-

iHeHandôè Jbe6;Hallaodais envoient. >àr Marseille

' deainonp^ge^ydefcxaàj'vises^. des bois *cii*» dugou-

. droai L;iianipont^tio»aétéBn, i8iia -v , ,,.•..<••,

•*it ; En f nomàgas da ; 796 5 oo k,ik>g ranimes,; >

-r fincéruserdfc >:3aoop . iïf« .... <

Lenid^v^m^nt: dea navires a été dans Ja pro-

, fXMftran sui vantai ; >t > : i /,;.

-•>*i-i/ Navrrea 6itt*é& < S (-.".46.!>:^ »: ■>

.o..- 'I ;\ Navire* i étudia • .;.. 38^ ■> ■-

s Jv/Vsijse., Le* reltliouà/deMarseiliéayecla Prusse <»U .diminué ôausibLeB&eût. Ainsi le CQimwœnce

de l'huile fie 12000 id. à 120

ïRttf ftfc. - Dépita ^ue = '1m <*tlrs de J Russie sotit

prohibés? èh Yrance et t|tle tiôtis âvoMs tàtit éteVé

fe' drôitfc sùf 'lés fehânvres, Marseille' n*a plus que

dix nà Vires pour4, -ce vaste débouché. Cependant,

'* tés exportations sont eftdore de ^,ood?odo fr;

Et les impârrtationfc . . f* . . ï,otod,obo "

Depuis notre belle lôf kur les céréales , Ode&a tie nous démande phi» de vin. ' r ' ' Exp. des virié^ôur Odessa en 1 #20 i^^'ooo lit. /.'.'. ... > '. . .en i835 ugntoofc?.

Suède. On observe là même décroissante potàr le commercer de Marseille avec là; Suède. En effet, cette vrlie à Vaif encore ieti iBd/J, 8$ navires qui' Faisaient le commerce aVeclà Suède, et ellç n'en avait .plus.çn .i933 qu^ 5.7. I^as fers de §gèc|e arrivant en moins, grande quantité j nous ne demandons guère plus à ce pays que âes planches. * .

Autriche^ ,6'est par Vienne et Triste que s'écoulent les; marchandises que. Ma^se^f le expédie en Autriche v et que lui arrivant celle* quelle reçoit.

En iS5a les importation* de MarseiUe ont

* *> -h ;: * ■- ,1 '; • • • ptéi de.. •; • 6fJ,69|POOT*—

Les exportations . . • . . 4>27I»ooo-^ - Quatre navra** fraftijais, seulement ont 4ié ocx capes à ee>camàtoi<cé; c'est autant que de navires ■ ^espmgnaja^ tandis qp'pn: a compté 170 navires anglais. Gecommeree est alimenté par les peaux, les 1 lai nés , les o&i les* > époug«$ ,- le» lièvres et .tes

* lapins.. * . » '

' Sardaigne* Quarante navires vont de Marseille k l'Uëde'Sardàignei Ici, Messieurs i je suis conduit» * à Vous* faire connaître une bévue «k la

( 5oa ) douane. Vous savez que nous avons mis des droits différentiels sur les huiles venant de Sardaigne et sur celles qui viennent des autres ports. Aussi , que font les négociants de Nice ? ils envoient leur huile en Sardaigne où elle est transbordée et réexpédiée pour Marseille, et la douane enregistre 18,000,000 kilogrammes d'huile venant de la Sardaigne qui n'en produit pas.

Piémont. Sept cents navires venant de Piémont sont entrés en i83a à Marseille, et un pareil nombre en est sorti par la même désignation.

Il y en a eu 4*8 entre Marseille et Livourne.

les exportations pour ce dernier pays ont été de 6,oQO,oOO fr. les importations 4^000i000

Naples. 2^5 à a5o navires ont fait le coin, merce de Marseille à Naples et de N a pies à Marseille, en i83a.

les importations pour Naples ont été en 1802 de 3o, 000,000 fr» les importations de Naples 14,006,000 fr.

Espagne. On acompte en i83? à Marseille. Navires venus d'Espagne 597

Navires partis pour l'Espagne 332

États-Romains. On a compté en iâao à Marseille :

Navires venus des États-Romains 188

" Navires sortis pour les États-Romains ' ?44

Je regrette , Messieurs , que ie temps ne me permette pas de compenser l'aridité de ces chiffres par le développement des considérations importantes auxquelles ils peuvent donner lieu ; je vous renvoie à l'excellent ouvrage que vient de publier sur le commerce de Marseille M. Julliani, l'un de nos commerçans les plus distingués*

Dans ce qui précède nous avons vu l'ensemble des opérations du commerce général de Marseille ; avant de terminer, nous nous arrêterons un instant sur les rapports spéciaux que cette place importante entretient avec le Levant.

Nous trouvons à des époques reculées les traces des relations de l'antique Massilia avec les républiques grecques et leurs colonies'; il en est question du temps d'Alexandre; on plaide à Athènes pour les expéditeurs marseillais.

Au moyen-âge, le commerce avec le Levant est la source de toute pospérité, le port de* Marseille en a pour ainsi dire le monopole ; sous les comtes de Provence, le port de Marseille fait de grandes affaires avec les Sarrazins.

Le temps me manque, Messieurs, pour * vous faire en détail l'histoire entière de Marseille dans ses rapports avec le Levant, je commencerai seulement à Louis XlV.C'est depuis lors que cette place ' a pris les plus grands développements : en effet, , si au I4"* siècle 1,200 pièces de nos draps étaient exportés en Turquie, l'annnée 1 793 voyait le port de Marseille expédier à cette destination pour i5 millions des draps du Languedoc.

Marseille dut ses richesses et sa prospérité à une bonne administration : ses revers furent causés par de mauvaises mesures réglementaires.

Voici à ce sujet ce que dit M. de Forbannais sur Pétat de notre commerce avec le Levant avant et après les réformes dues à la sollicitude deColbert.

« Le commerce du Levant, que la nature avait semble réserver exclusivement à la France, était

devenu la proie des autres gâtions ; leur industrie avait arrabé sans peine de nos mains (iw bien dont nous ne savions pas user» M. Golbert^eu fut. ïuoius le restaurateur que W créateur; mais av^o t de lire le bel édit qui établit ce commerce» il est

bon de çotwaUre Jf état déplorable au il sç trouvait.

<c Les consulats du Levant, ainsi que les autres,, avaient éjé érigés enxbarge^ héréditaires, dans uu temps où l'esprit de fioance dominait, à la fayeur des besoins. Les consulats se vendaient* s'achetyieot, couine hp effet public; op lçs faisait qxer* cer par des commis, ou par de* fonciers q^ sana s'iptéresser au bien du commerce et dej^ patio;^ se servaient de leur autorité ponç exercer des, mo-

ttopolep. Leur mauvaise conduite attirait souyent des avauiesàruosiuarcbauds; quelquefois paéme ils çweut ttpdigA'ité ds les susciter, aû# d'avoir wcpsipn deAey^r détaxes sur le^na^ppflu^ 01» dejepr.prêter ^d^ usures e*oçi?it^w^j de far Ç(WqHe depwis.wne trentaine d'années* il ^ Ipyaît irçdspfln^ammeut des dpuanes, quatre £ cinq pour pçnt.sqr |!eAtré& et la sortie des wjçcbwdjses, .ej jusqu'à mille à d#uze cents pia^çs, paj; nfyt\r&9 §aftB,qp?rdes sppw»^ si prodigieuses ejwsênjtacq#itté la i^tfpu* J^ rqi av^t ç^j^no&.p^ pj> donnera Jo^f ^'F^P^J^F^dfi.^^ WpnfowJffjr >Rfc titres, 4fj fyjre r^epp^^ec défow ?tt& £$pre^,.d'empru£^ .W*ff de> M niMWft^ À l'égard 4es dettes ai^ciepp^, ils furent obligé^ d'eu envoyer un état tirçonstahpéi iorijpoe, l'acip de consentement £état des

recettes et autres pièces : depuis on retira la propriété de tous ces consulats.

«La ville de Marseille eut permission d'établir des droits pour le paiement des dettes nationales; mais les deniers lurent ou dissipés ou mal administrés. Le plus grand désordre, cependant, venait de la part des ambassadeurs qui, au mépris deleur dignité, exerçaient des monopoles pour & en* richir. Chose étrange que ta même cause de décadence, le monopole, se retrouve dans toutes les branches du commerce.

t Pour donner une idée de notre fâcheuse position dans le Levant, il suffira d'exposer que l'échelle seule d'ALEP devait deux cent quarante huit mille, sept cent soixante et douze piastres ; celle dJALEXANDRiic en devait deux cent soixante mille , quoiqu'on eût levé trois ou quatre mille piastres par vaisseau , neuf pour cent sur toutes les marchandises, sans compter les droits du consul qui n'avait garde de s'oublier.

« Une preuve sensible de la mauvaise administration, c'est qu'en 1647, un nommé Favre, avec un seul droit de cinq pour cent, avait acquitté l'échelle d'Alexandrie, en cinqans, de quatre vingt mille cinq cents piastres. A Seyde, depuis vingt ans pn levait deux mille piastres par vaisseau, et la nation ne laissait pas d'en devoir quatre^vingt jnill^. Par ces faits particuliers; on peut jugerdes autres, et si l'on fait attention à la qualité immense d'argent qui sortait du royaume annuellement pour ce seul objet, quand même notre commerce

Blanqui. 61

( 5o6 ) se fût fait au Levant par échange, on doit concevoir une grande idée des ressources de cet état. Maigre un si prodigieux écoulement de ses richesses au Levant, en Italie, en Angleterre; malgré des guerres intestines et étrangères de près de soixantes ans , et la plaie des traitants bien plus funeste encore^ il n'était pas épuisé encore; H lui restait des marchandises et des vaisseaux.

« Le port de Marseille était presque prohibé aux négociants et étrangers, sur lesquels on levait différents droits, indépendamment de ceux dont on a déjà parlé; en voici rénumération. »

« Le droit de gabelle du port, d*un denier pour livre des marchandises qui entraient pour le compte des étrangers. .

« Les droits cf attache et d'ancrage, originaire* ment de cinq sols par vaisseau, trois sols par pu- (acre, deux sols par barque , un sol par tartane appartenant aux étrangers, avaient haussé successivement.

« Le drtoit dadoub, de quatre sous par quintal du port des vaisseaux étrangers, ou quatre francs par tonneau «

« Le droit de vintin, de carène , ou de cinq pour cent surins navires, mâts, antennes, etc., vendus aux étrangers.

« Le vintin à rompre caréne9 droit de vingt écus pat* mille quintaux, dû port des vaisseaux dépecés par les étrangers ;

« Le dfoit d'un sol'pàr mtllërole d*huile et dfe

miel, et d'un sol par baril de chair salée que les étrangers faisaient entrer ou sortir. -

« Enfin le droit d'aubaine dans toute sa ri* gueur (i) , droit que personne n'oserait affermer vingt mille livres en France , et qui la prive des. consommations immenses qu'y viendraient faire quantité d'étrangers attirés par la douceur, de son climat et les mœurs de ses habitants.

« M. Golbert, voyant tontes les branches tïu commerce en friche, sans vues, sans émulation , sans fortune, sans nu yens de l'aider, prit habile** ment et courageusement son parti. Il appela les étrangers à Marseille par des privilèges, par la suppression du droit d'aubaine, et de tous ceux qui étaient imposés sur leurs effets. Il prévit bien que les riches négociants des nations qui n'avaient pas de capitulation (traité) avec la Porte, viendraient en foule avec de gros capitaux , jouir des avantages naturels de ce port pour le commerce du Levant; qu'ils y construiraient de nouveaux navires dont l'armement donnerait de l'occupation aux ouvriers et aux matelots français, en formeraient d'autres, et enfin en attireraient d'étrangers, que l'aisance naturaliserait bientôt.

« Son principe était trop sûr pour tromper son attente; le pavillon français se multiplia en un instant dans toutes les échelles, et nos manufactures animées par cette nouvelle concurrence,

1 Ce droit inique conférant a* roi, où pàoldt a ses fermiers, ta propriété de tout les biens appartenant aux étrangers non naturalisés, morts dans tes £tat#.

( 5o8 ) s'agrandirent. Quelque chose qu'on ait dit depuis de l'excès de cette concurrence çt des effets .de l'avilissement des prix, il n'en est pas moins certain que, dans ce temps même où certaines personnes s'écriaient que tout était perdu, nos draps pénétraient dans l'Arménie et la Perse. Ce ri est jamais le gain des particuliers qu'il convient de calculer dans ces matières, mais le gain na* tional.

«Tous ces expédients que M. Colbert employa, pour favoriser le commerce que la Fcance faisait par le port de Marseille avec le Levant, réussirent si bien que les Anglais vinrent, même charger à Marseille les denrées du Levant, jusqu'à ce que leurs lois y missentrobstacle. »

a Avant de quitter !a matière du commerce du Levant, il est bon de parler encore d'une mesure prise par M. Colbert pour le favoriser. Il engagea des particuliers riches à armer des vaisseaux de force pour ce commerce ; il forma même en 1670 une compagnie à laquelle le roi avança pendant deux ans 200,000 livres sans intérêts, prenant sur cette sommç les pertes qu'elle pourrait essuyer dans le même intervalle.On assura dix livres de gra- 'tificatio.n pendant quatre ans sur chaque pièce de drapqu'elle transporterait au Levant; et enfin ony joignit entre autres privilèges le droit exclusif de la vente du séné pendant les vingt ans qu elle devait durer, à condition qu'elle établirait une raffinerie de sucre à Marseille. Quelque protection que cette compagnie eût cprouçèe ^qaoiqu elle

.(«09) fût composée de riches négociants , la. concurrence DES PARTICULIERS l'eMPORTA SUR ELLE :

fors de ta dissolution elle se trouvait en perle ; la vente du séné fut rendue libre. »

Ainsi, vous le voyez, Messieurs, et comme je vous le disais tout à l'heure, l'excès ou l'injustice de certains droits, les exactions des traitants, ruinent notre commerce; la réforme de ceux-ci, la ré duc* tion ou la suppression de ceux-là, le font renaître; les privilèges et le monopolev d'une compagnie royale sont impuissants à lutter contre la concurrence du commerce libre. Grâce à la franchise du port et à l'abolition de l'odieux droit d'aubaine, les négociant étrangers viennent s'établir à Marseille dont ils vivifient le commerce en y em- , ployant leurs capitaux.

Cet état de choses dura jusqu'à la révolution, époque à laquelle l'émancipation complète du commerce augmenta encore l étendue et les profits <J es relations que Marseille entretenait avec le Levant. Malheureusement nos discordes civiles et les hostilités de l'Angleterre contre nous arrêtèrent tout à coup et suspendirent long-temps la marche prospère du commerce Marseillais. La ressource de la paix lui donna une nouvelle vie, et sans les fautes qui furent commises par notre administration et quelques-uns de nos agens diplomatiques dans le Levant , la prospérité de cette*, ville, bien que fort grande aujourd'hui, surtout depuis la conquête d'Alger, le serait devenue plus encore.

(5io) Ëp effet, nos rapports avec le Rêvant ne se sont pa? accrus darçs une proportion égale aux développements que nous avons donnés à notre industrie et à notre commerce général

Autrefois nous étions privilégiés dans le Levant. et nos marchandises ne payaient que {les droits îto&rieurs à cftux qui frappaient Jcs produit* des autres nations; et c'est là oe qui explique comment des étrangers, des Anglais surtout, étaient venus s'établir à Marseille; nous perdîmes cet avantage immense à la révolution.

Les Anglais qui tenaient la clef des mers, clouaient, avec leur? croisières, les vaisseaux de nos armateurs au fond des ports, tandis que les leurs prenaient la place de ceux-ci dans tous les marchés du Levant, et créaient de nouvelles habitudes qui sont toujours difficiles à détruire. Un instant l'Empereur rétablit les choses sur h ur ancien pied, débloqua nos ports, et permit à nos négociants de renouer leurs anciennes relations; mais le mal était déjà fait en grande partie; nous trouvions une concurrence devenue redoutable , là où jusqu'alors nous avions été les maîtres.

Quelques temps après, d'ailleurs, les mers nous furent de nouveau fermées, et notre commerce avait déjà perdu Jjepucoup de son ancienne pros^ péri té, lorsque l'incroyable iippéritie de JVI. le Marquis de Itivière, notre ambassadeur à Constantinople, vint lui porter un coup funeste, en laissant plus que doubler les droits sur nos marchan-

dises, sans réclamations et sans même prendre les ordres de son gouvernement.

Les fautes de l'administration française; ne furent pas moins grandes que celles de ses agekis. Ainsi les produits contre lesquels noufe échangions le^ riôtres en Turquie, en Grèce, en Egypte, furent ou prohibés ou frappés de droits énormes; les laines par exemple furent taxées à 33 o/o.

Notre commerce dut souffrir et souffrit en effet d'une législation aussi vicieuse; il fut écrasé par celui de PÂngleterre dont le gouvernement n'avait pas commis la faute de repousser la seule monnaie avec laquelle les Levantains pussent payer nos marchandises.

Les manufacturiers anglais, ayant la matière première à bon marché, produisirent à plus bas prix que les nôtres , c t firent encore de beaux bénéfices en vendant à des prix qui ne nous présentaient qne de la perte.

Telles sont, Messieurs, les causes principales qui ont entravé le développement de nos rapports commerciaux avec le Levant; nous allons maintenant étudier ceux-ci relativement à chaque localité.

CONSTANTIP<OPLE.

Nous sommes les plus anciens alliés desTurcs5; depuis François Ier jusqu'à l'époque don t je viens de vous parier, nous avons joui chez eux de privilèges spéciaux. Nous possédions dans les villes des lipui de refuge, nous y avions notre état civil , notre jus-

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tice. Nos lois seules nous régissaient; un quartier des villes était exclusivement affecté à notre usage, et Ton nous désignait sous le nom de Francs , qui depuis fut donné indistinctement à tous les Européens de quelques nations qu'ils fussent, parce qu'ils y étaient arrivés d'abord sous nos auspices et y demeuraient sous la protection de nos magistrats.

Avant la révolution de 89, nous avions à Constantinople n maisons de commerce principales; on en compte aujourd'hui 27.

Nous allons chercher à Constantinople des matières premières, telles que les soies de Brousse (que les Anglais nous enlèvent aujourd'hui), de de Vopium, de la cire, dont nous tirons chaque année une quantité moindre, des noix de Galle, produit fort important, des peaux de lièvre de Thessalie dont nous n'avons j lus que de faibles besoins depuis l'adoption par la mode des chapeaux de soie; nous en tirons encore des gommes, des éponges, des essences et de là corne.

Nous y portons en échange des draps, des soieries, des verres à vitres, des curis, des denrées coloniales telles que du sucre moscouade et raffiné 9 du café, de Vindigo, de la cochenille. L'effet des réformes introduites par le sultan se fait sentir depuis quelques années sur notre commerce avec ce pays; ainsi nous envoyons aujourd'hui une quantité assez considérable de vins, de Champagne surtout.

Lés modes européennes sont journellement

adoptées clans ce pays pour lequel nous expédions raaintennntdes #/•/£#.*, des pendules, desmVtaux, des porcelaines , de f argenterie même, car dans les bonnes maisons on ne mange plus avec les doigts, et des meubles, des chaises, des fauteuils surfout, depuis que Ton a commencé . perdre l'habitude de s'asseoir par terre, sur des coussins.

Nos négociants ont a s'àdrçsper une part dje^ reproches qu'ils font à l'administration relativement au peu de progrès de nos relations comi&ereial&s avecConstantinople ; en effet si nous en avons perdu un ci grand nombre, la responsabilité de ce fâcheux résultat doit peser sur certains ex* péditeurs déloyaux, qui, après avoir vendu sur de 'beaux échantillons, n'ont livré que des marchandises inférieures ou avariées, et ont trompé encore s«r les quantités et les poids. Les Orientaux sont gens qui achètent de confiance et sont fidèles à leurs habitudes tant qu'ils n'ont pas sujet de se plaindre, mais qui se souviennent toujours d'une fraude dont ils ont été les victimes. C'est par suite des mécontentements soulevés à juste titre par tant de vols et d'escroqueries, que nous avons perdu notre supériorité commerciale et que nous avons été remplacés sur beaucoup de marchés par les Anglais, les Américaihts et les négociants de Livonrne, de Gènes, de Tries te, etc.; ils se sont établis là èù hier nous étions seuls et où nous n'occupons plus qu'un rang inférieur.

Gomme tous' les pays qui n'ont d'une civilisation avancée que les besoins sans avoir les moyens de les satisfaire, la Turquie, stérilisée par

Blaoqni. , 85

des guerres continuelles, le monopole de la vente de certaines denrées, etc. , a cru que le meilleur procédé capable d'augmenter ses revenus, c'està-dire ses moyens d'échange, était d'altérer le titre des monnaies tout en conservant à celles-ci leur valeur nominale; le para turc par exemple, qui valait effectivement i f. 60 c. en 1 802 , vaut à peine 3o cent, aujourd'hui.

Légalement il représente r f. 60 c. , mais les objets , marchandises ou denrées qu'on obtenait il y a 3o ans moyennant cette somme ou ses rouitiples, ont un peu plus que quintuplé de prix pour les Turcs qui paient en paras. Pour éviter les inconvénients graves qui résultent de cette fraude officielle, les négociants comptent par piastres et par sequins.

Unç révolution doit être occasionnée prochainement dans le commerce avec la Turquie9par la navigation à la vapeur; déjà plusieurs services de paquebots réguliers sont organisés par la France, l'Italie, l'Autriche, avec les Echelles. La facilité, l'économie et la rapidité des moyens de communication augmentant ainsi d'une manière considérable, les réformes importantes entreprises par le sultan ne peuvent qu'en être hâtées ; tous les peuples d'Europe profiteront de l'émancipation delà Turquie qui échappera à la domination russe dont la puissance réduite n'inquiétera plus les nations de l'Ouest.

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